DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES : 23.12.2016

Vendredi 23 Déc. 2016 : 10H49

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

     LE GOUVERNEMENT POSE DES CONDITIONNALITES PAR RAPPORT AU DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF Trois semaines après le mémorandum de François Bozizé souhaitant un dialogue inclusif, le pouvoir s’accorde sur le principe mais pose des conditions sur l’identité des parties prenantes à cette rencontre. Le 24 novembre 2016, l’ancien Président centrafricain en exil a demandé au pouvoir de Bangui d’organiser un dialogue politique inclusif pour le retour de la cohésion en RCA. Il a été soutenu dans sa demande par son parti le Kwa Na Kwa. Interrogé sur la proposition de François Bozizé lors de la conférence conjointe Minusca-Gouvernement tenue hier, 20 décembre, le Ministre Théodore Jousso, porte-parole du Gouvernement a donné le point de vu du pouvoir actuel en déclarant que le dialogue ne doit pas servir de tremplin. Il a souligné que le dialogue politique inclusif permet aux centrafricains de tous bords de diagnostiquer les maux qui minent le pays « mais cela se fait avec un certain nombre de conditions que lorsque les parties prenantes ne sont pas entachées de problèmes d’ordre judiciaire et les participants ne sont pas inscrits sur la liste de sanction de l’ONU», a-t-il dit. La position du gouvernement ne décourage pas le KNK qui croit à une issue favorable de sa proposition, selon son SG par intérim, Bertin Béa. Sur ce dialogue, « nous avons dit de notre côté au KNK que, ce qui a été lancé comme offre politique ce n’est que cela et dont il revient aux uns et aux autres d’apprécier. En tout état de cause nous sommes dans un pays  où sur 16 préfectures, qui constituent notre pays, dix sont occupées par des forces non conventionnelles », a-t-il précisé. Le dernier dialogue inter-centrafricain est le forum de Bangui organisé du 4 au 11 mai 2015 par la Transition et boycotté par le KNK de François Bozizé.

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LE PERSONNEL DE LA SONATU REVENDIQUE 17 MOIS D’ARRIERES DE SALAIRE

Grogne du personnel de la Société Nationale de Transport Urbain (SONATU) ce matin du 21 décembre devant le ministère des Transports. Ces derniers ont manifesté pour revendiquer le paiement de leurs 17 mois d’arriérés de salaire. La Sonatu avait fait faillite et cédera la place à une autre société de transport qui commencera ses activités dans les prochains jours. Les travailleurs de cette ancienne entreprise ont manifesté pour réclamer le paiement de leurs arriérés de salaire qui s’élèvent à 17 mois. Sur la banderole tenue par les grévistes, il est écrit « 17 mois d’arriérés de salaire, trop c’est trop ! » Sur les raisons de leur sit-in, Jean-Louis Litte, délégué du personnel de la Sonatu a expliqué que leur Ministre de tutelle ne les a pas rencontrés pour trouver un compromis aux revendications. Il nous a juste dit qu’« il ne peut rien car la Sonatu n’est pas tombée en faillite sous son pouvoir », et « c’est cette réponse qui nous a motivé la manifestation afin qu’on réponde à nos préoccupations», s’est-t-il justifié. Cette version est soutenue à moitié par Léopold Bangassou, chargé de mission en matière des transports de surface, qui a qualifié de « sauvage » cette grève.  Il a déclaré que ces grévistes avaient déposé un préavis. « Le ministre m’avait instruit de leur demander de patienter en attendant la liquidation de la Sonatu. Il a promis de les embaucher progressivement dans la nouvelle société ». Pour Léopold Bangassou, « les employés de la Sonatu devront être  reçus par le Ministre le  jeudi, mais on est surpris aujourd’hui de leur sit-in. Pour moi, c’est une grève sauvage », a qualifié Léopold Bangassou. Léopold Bangassou a précisé que, « sur les 47 receveurs de la Sonatu, 10 ont déjà été retenus pour aller récupérer les nouveaux bus de transport qui sont stationnés à Douala et que le reste des employés est prioritaire dans le recrutement de la nouvelle société ». Cette déclaration de Léopold Bangassou est rejetée énergiquement par l’ensemble du personnel de la Sonatu qui soutient que ces 10 receveurs ont fait leurs efforts personnels et individuels pour être retenus. La Sonatu est une société d’Etat affiliée à l’ACFPE. Le personnel de cette société promet de continuer la grève pendant trois jours au cas où il ne trouve pas satisfaction. ********* GREVE DU PERSONNEL DE LA SOCATEL POUR RECLAMER 05 MOIS DE SALAIRES Les travailleurs de la Société Centrafricaine des Télécommunications (SOCATEL) ont manifesté ce mercredi 21 décembre devant leur Direction Générale de Bangui-Sica pour réclamer le payement de 5 mois de salaire sur les 32.   Pour obliger la Direction Générale à payer leurs arriérés de salaires, les travailleurs de la SOCATEL sont en grève de huit jours. Devant le siège de la société à Bangui-Sica, les travailleurs de la SOCATEL brandissent des feuilles d’arbre prononçant des slogans que « nous mourons de faim, c’est la faute de notre DG ». Le coordonnateur des délégués du personnel de la SOCATEL, Théophile Yangakola a indiqué que la décision du DG les a motivés à intensifier leur mouvement de grève. Selon lui, après la grève de trois (3) jours pour réclamer le versement de 5 mois de salaire sur 32, « la réponse du DG n’était que des menaces, des insultes et des questionnaires distribués à certains travailleurs. C’est pourquoi nous avons décidé en assemblée générale hier de poursuivre le mouvement de 8 jours », s’est-il justifié. Mis à part ce comportement qu’il a dénoncé, il a ajouté d’autres raisons qui ont amplifié leurs réclamations. « Pour cette année 2016, l’Etat a remis une enveloppe de 156 millions pour les investissements à la SOCATEL et il a supporté le salaire du personnel de Janvier à Septembre. La SOCATEL n’a pas pu payer un mois de salaire après l’Etat », a-t-il précisé. Pour le délégué du personnel de la SOCATEL, Jospin Blaise Konze, le mouvement de grève continuera s’il n’y a pas gain de cause. « Le DG a fait la discrimination en payant deux mois de salaire aux autres directeurs, c’est de l’injustice. Nous poursuivrons le mouvement jusqu’à obtenir notre droit », a-t-il ajouté. Le gouvernement n’a pas encore réagi sur les propos avancés par les grévistes. Le DG de la SOCATEL n’était pas disponible pour sa version des faits. Le Chef de l’Etat Faustin Archange Touadera qui présidait une cérémonie à l’Omnisport a promis aux grévistes qu’il s’entretiendra avec leurs responsables.

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VILLAGE BONDIBA PRES DE BABOUA ATTAQUE PAR UN GROUPE ARME

Le village Bondiba situé à 80 kilomètres de la ville de Baboua, a été attaqué hier mardi 20 décembre par un groupe armé. Le bilan provisoire de cette attaque fait état d’un mort et de plusieurs blessés.  Un habitant du village Bondiba qui a réussi à gagner la ville de Baboua a témoigné que « les assaillants étaient en quête des bœufs qui ont été emportés par les éléments d’Abdoulaye Miskine ». Il a indiqué que « c’était aux environs de 16 heures sur l’axe Ndja-Bouar qu’ils ont tiré sur tous les passants et après ils se sont rendus dans le village Bondiba. Pour se protéger, la population est dans la brousse par peur d’être attaquée par ces hommes ». La même source a souligné que les forces internationales ne sont pas intervenues pour dissuader ces bandits, « le village est toujours sous contrôle de ces hommes ». Sur le bilan, « une personne a perdu la vie au cours de cette attaque et plusieurs autres ont été blessés et sont à Baboua pour des soins », a-t-il relevé. Le sous-préfet de Baboua, Robert Tora a expliqué que c’est depuis plusieurs années que les éléments de FPRC d’Abdoulaye Miskine ne cessent de causer des dégâts dans ces zones. « Nous avons parlé plusieurs fois de cette situation mais aucune solution. Et maintenant les éléments de Sidiki aussi se sont installés dans la zone, donc la population est prise en otage par ces divers groupes armés », a-t-il déploré. Depuis presque deux semaines, les éléments de Sidiki ont pris quartier dans la commune de Besson à 90 kilomètres de Baboua. Selon d’autres informations, un gendarme de cette localité serait kidnappé par ces hommes.

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DES PRODUITS AVARIES DU CICR RETROUVES SUR DES MARCHES

Des produits incinérés par le CICR sur autorisation du Ministère du commerce se sont retrouvés sur plusieurs marchés des localités proches de Bangui où sa destruction a eu lieu. De sources concordantes, ce sont 200 tonnes de haricots et de riz qui sont destinés à la destruction. Leur incinération a débuté depuis la semaine dernière sur l’axe Bangui-Boali où environ 70 tonnes de ces vivres, selon nos sources, ont été détruites après PK26. Ces produits se sont retrouvés sur les marchés des localités situés sur cet axe le week-end dernier. Dans les investigations du RJDH, un notable interrogé a confirmé les faits que nous avons relevés. Il a déclaré que « toute la quantité du haricot n’a pas été détruite. La population a réussi à éteindre le feu et a récupéré une bonne partie que les gens consomment ou vendent comme vous le voyez sur les tables au bord de la route ». Selon la cheffe de délégation adjointe de la représentation du Comité International de la Croix Rouge (CICR) en Centrafrique, Mme Marie Dubeau, la population a déjoué la vigilance de l’équipe. Elle  regrette cette situation et appelle la population à ne pas les consommer. « La population a réussi à déjouer notre vigilance, c’est pourquoi certains produits sont en circulation. Mais nous appelons tous ceux qui les détiennent à se signaler ou à ne pas les consommer parce que ce sont des produits dangereux pour la santé », a-elle indiqué. Pour éviter que cette situation se répète, la cheffe de délégation adjointe a précisé que « des mesures nécessaires sont prises avec les autorités centrafricaines pour garantir la destruction sans risque du reste des produits ». Elle a ajouté qu’« il y a d’ailleurs eu changement de site à cet effet, et les équipes de sécurité seront renforcées ». Quelle est la réaction des autorités de Bangui et les Consommateurs ? Les produits récupérés par les habitants de l’axe Bangui-Boali sont déjà vendus sur certains marchés de Bangui. Aucune mesure n’est encore prise par les Ministères de la Santé et celui du Commerce pour protéger la population contre toutes formes d’intoxication alimentaire. L’Association des Consommateurs Centrafricains dit n’avoir pas été informée de la destruction de ces vivres. Et, selon nos investigations, le CICR verse une importante somme d’argent au Département du commerce pour de telles opérations. La cheffe de délégation adjointe n’a pas démenti cela. Elle ne nous a pas indiqué le montant réel que sa structure donne au Ministère du Commerce. « Je confirme que le CICR paye quelque chose pour ces opérations. Nous payons les droits légaux notamment les impôts et autres, comme l’exigent les lois en la matière, assurons aussi les frais de mission des membres du comité que le ministère du commerce a dépêché pour ces opérations ainsi que ceux des agents de sécurité », a déclaré Marie Dubeau au RJDH. Sur le montant, des sources avancent un chiffre de 3 millions de CFA. Les cadres du département du commerce contactés sur le sujet ne se sont pas prononcés. Depuis lundi, c’est sur l’axe  Bangui-Mbaïki que le CICR et le ministère du commerce incinèrent ces produits avariés

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BIRAO SANS CHAINE PENALE

Dans un entretien avec Ramadan Abdelkader, Sous-préfet de Birao dans la Vakaga, cette autorité administrative a noté que les questions de sécurité et de chaine pénale sont deux choses à deux visages différents dans sa zone. RJDH : Bonjour monsieur le Sous-préfet Ramadan Abdelkader. Ramadan Abdelkader(RA) : Bonjour. RJDH : Comment se porte Birao à l’heure où nous parlons ? RA : Mr le journaliste, en 2014 il y avait eu une grande turbulence dans la localité. Maintenant avec l’arrivée de la Minusca, nous ne sommes plus inquiétées, il y a la quiétude parce que les forces onusiennes  multiplient  les patrouilles et leur présence dissuade les malfrats. A l’heure actuelle, je dirai que la sécurité est revenue dans la ville. RJDH : Nous avons remarqué que la police et la gendarmerie sont absentes de la ville. Est-ce qu’il y’a une prison ici pour écrouer des  personnes qui ont enfreint la loi? RA : (rire), vous allez devoir m’excuser si je souris, mais c’est un rire jaune. En ce qui concerne la chaine judiciaire, il n’y a absolument rien. Il n’y a que le tribunal qui est opérationnel mais le Procureur est absent. En ce qui concerne la police, il n’y a qu’un seul commissaire, en la personne de monsieur Sada. A la gendarmerie, il n’y a que deux adjudants qui gèrent la brigade. Ils n’ont pas d’éléments sous leur ordre pour que la gendarmerie remplisse correctement sa mission dans la localité. Cela handicape aussi les activités de l’administration. Nous souhaitons que le gouvernement puisse penser à ces institutions. RJDH : Vous déplorez une absence de personnels au commissariat de police et à la brigade de gendarmerie. Comment les responsables de ces deux entités de sécurité remplissent-t-ils leurs missions régaliennes ? RA : A défaut de gendarmes et policiers professionnels, ils ont des auxiliaires qu’ils utilisent. Et ils sont appuyés par la Minusca. RJDH : Birao est excentrique et loin de Bangui, avez-vous accès aux produits de première nécessité ? RA : En ce qui concerne les produits de première nécessité, ce n’est pas assez grave, les commerçants se ravitaillent à  Amdafok, à 60 Km d’ici. De fois, ils achètent certaines marchandises à Bria ou à Bambari. RJDH : Le prix des produits de premières nécessités est-il accessible à tout le monde? RA : Le prix dépend des villages puisque, cela dépend aussi de personnel. Vous savez sur le marché pour avoir un morceau de savon, il faut 200 à 250 Frs, c’est quand même abordable pour le dernier des paysans. RJDH : Semble-t-il qu’à Birao il y a beaucoup de problèmes. Nous avons appris que pour se soigner, il faut se rendre au Soudan, c’est-à-dire à 65 Km d’ici. RA : Effectivement certains malades sont évacués au Soudan, à Nyala pour être soignés dans les grands hôpitaux là-bas. Dieu merci, que nous avons toujours l’appui de l’ONG International Médical Corps (IMC), en ce qui concerne le personnel. N’eut été l’IMC, la population de Birao serait abandonnée à son triste sort. Je vous invite à visiter l’hôpital, vous ne trouvez pas de personnel qualifié que le ministère de la Santé a affecté là-bas, mis à part un médecin et un infirmier diplômé d’Etat. Le reste, ce ne sont que les agents de santé appuyés par l’IMC. RJDH : Au niveau du commissariat, il n’y a pas de policier, au niveau de l’hôpital, il n’y a pas de personnel qualifié et à l’enseignement ? RA : Pire encore dans l’enseignement. Les instituteurs et professeurs sont tous partis en vacances à Bangui et ne sont pas encore rentrés. Jusqu’à présent, les portes du lycée de Birao sont toujours fermées. On plaide jusqu’à présent, ils ne sont pas encore revenus. Je demande au département de l’éducation de nous affecter vite des enseignants. Pour le moment, il n’y a que l’école préfectorale qui a ouvert ses portes et l’enseignement est dispensé par les maitres-parents. RJDH : Comment faites-vous pour avoir accès à l’eau potable ou à l’électricité ? Etant centrafricain et ne bénéficiant pas de la présence de l’Etat, est ce que vous-vous sentez humilié ? RA : Nous ne nous sentons pas humiliés. L’Etat a des charges, nous pensons qu’un jour l’Etat va pouvoir se tourner vers la Vakaga pour investir comme il se doit. Vous avez parlé d’eau potable, il y a le Comité International de la Croix Rouge (CICR) qui est ici. Il essaie de creuser des puits, de réaménager certains puits et quelques rares fontaines qui sont encore fonctionnelles. RJDH : Par le passé, Birao est réputée être une ville de braconnage. Les réserves fauniques étaient vandalisées par les braconniers, cette destruction se poursuit toujours ? RA : Ce n’est pas fini. Le braconnage aujourd’hui prend de l’ampleur parce que ce ne sont pas  les braconniers locaux mais ce sont des étrangers qui pratiquent le braconnage. RJDH : Vous qui êtes Sous-préfet de Birao, comment se portent les deux groupes armés ici ? Ont-t-ils adhéré au programme DDRR ? RA : A Birao dans la Vakaga, il y a deux mouvements politico-militaires : le Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLJC) et le Front Patriotique pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC). Pour l’heure, seul le MLJC a adhéré au processus du DDRR, tandis que le FPRC n’a pas encore signé. Je pense qu’il s’adhérera parce que la population a besoin de la sécurité et de la paix pour vaquer  normalement à ses occupations. RJDH : Monsieur Ramadan Abdelkader, merci.  

*****RJDH*****

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