CRI DE DETRESSE DES HABITANTS DE KOUI,...

Mardi 22 Novembre 2016 : 11H42

CRI DE DETRESSE DES HABITANTS DE KOUI, DEPLACES INTERNES A BOUAR ET ABANDONNES A LEUR TRISTE SORT

 

La ville de Koui est en ce moment vidée de sa population, suite aux attaques meurtrières menées par Sidiki et ses éléments, il y a de cela quelques mois. Plusieurs habitants de cette ville se sont réfugiés dans les villes environnantes : Bocaranga, Paoua, Bouar… pour se mettre à l’abri des exactions et violences commises par les rebelles de Sidiki. La rédaction de « Centrafric Matin », durant son séjour de trois (3) jours dans la préfecture de la Nana-Mambéré, dans le cadre d’un voyage de presse organisé par la Minusca, a eu l’opportunité de rencontrer certains habitants de Koui qui se sont réfugiés à Bouar  et mènent une vie difficile. Profitant de cette occasion, ces déplacés de Koui ont réclamé du gouvernement et de la Minusca des actions concrètes pour déloger Sidiki et ses hommes de leur localité, afin qu’ils puissent retourner et vaquer librement à leurs occupations quotidiennes.

C’était le mercredi 16 novembre 2016, aux environs de 07 heures qu’une centaine de déplacés de Koui se sont réunis à la place « Tropicana » dans un quartier de la ville de Bouar pour montrer leurs conditions de vie déplorables. Selon Adamou Sylvain Ndalet, coordonnateur des ex-combattants Anti-Balaka de la préfecture de la Nana-Mambéré, « Depuis que ces habitants de Koui se sont réfugiés dans la ville de Bouar, ils ne bénéficient d’aucun soutien des autorités locales et de la Minusca. Dès leur arrivée à Bouar, ils étaient accueillis au nombre de quinze (15) à vingt (20) personnes par ménage dont leur prise en charge est difficile à assumer. Les enfants en âge scolaire n’ont pas été inscrits pour aller étudier comme les autres car, leurs parents ont perdu leurs biens lors des évènements et n’ont aucun moyen. Sidiki et ses éléments règnent en maître absolu en ce moment dans la ville de Koui. A la moindre chose, ils tuent, pillent, incendient des villages et maisons, des champs et greniers agricoles, au su et vu des Casques Bleus. C’est pourquoi, nous demandons aux autorités centrafricaines et à la Minusca de prendre leurs responsabilités afin que Sidiki et ses hommes soient délogés dans la ville de Koui pour permettre à la population de regagner leur localité ».

Léa Ngarsso, veuve et mère de sept (7) enfants, tous des mineurs, réfugiée à Bouar s’est dit abandonnée à elle-même. « Je n’ai aucune famille à Bouar. C’est grâce à l’hospitalité d’une sœur que je suis accueillie dans sa famille avec tous mes enfants. Je ne fais rien pour le moment à Bouar car, j’ai tout perdu lors des évènements. Mes enfants ne vont pas à l’école parce que je n’ai pas de moyen financier pour les inscrire à l’école, ici à Bouar. Sidiki n’est pas un Centrafricain. C’est un étranger d’origine tchado-camerounaise qui était venu nous chasser de notre propre région. Pourquoi la Minusca n’agit-elle pas concrètement pour mettre Sidiki et ses éléments hors d’état de nuire de la RCA ? », a-t-elle déploré.

Ibrahim, un habitant de Koui, refugié à Bouar, a quant à lui, pointé d’un doigt accusateur la Minusca de maintenir et protéger Sidiki et ses hommes dans la ville de Koui. Voici son témoignage : « nous ne comprenons rien dans ce qui se passe actuellement  dans la ville de Koui. Pourtant, c’est en présence même des Casques Bleus que les rebelles de Sidiki continuent de contrôler la ville de Koui. Qui sont ces populations que la Minusca compte sécuriser du moment où ce sont les Casques Bleus qui protègent des criminels ? Nous demandons au gouvernement et à la Minusca d’agir très vite pour sauver la vie de la population de Koui en détresse ».

Koui est une ville située dans la préfecture de l’Ouham-Péndé au Nord-ouest de la RCA près de la frontière avec le Cameroun. Depuis quelques mois, cette ville était tombée entre les mains de Sidiki qui selon les informations recueillies, est de nationalité camerounaise. Aujourd’hui, ce chef rebelle camerounais (Sidiki) et ses éléments contrôlent la région de Koui et continuent de commettre des exactions sur les populations civiles même proches de ladite région.

      

Bénistant MBALLA

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