CENTRAFRIQUE, LE TEMPS DE LA VERITABLE RUPTURE A SONNE

Mardi 22 Novembre 2016 : 11H47

CENTRAFRIQUE, LE TEMPS DE LA VERITABLE RUPTURE A SONNE : LES ALLIANCES DE FORTUNE CEDENT LA PLACE A LA RIGUEUR IMPLACABLE, A L’INTEGRITE ET A LA TRANSPARENCE SANS FAILLE

 

 Le gouvernement de ramassis, d’alliances incongrues, des courbatures, des bosses et des tortionnaires, a fait son temps. Touadéra doit passer à la vitesse supérieure, avec des cadres compétents, patriotes, capables de consentir des sacrifices pour sortir le pays du gouffre. En quelques mois seulement, les Centrafricains et la presse ont tout vu. L’incompétence notoire est à son paroxysme. La haine, la jalousie, la mauvaise foi, l’antipatriotisme, sont à ciel ouvert. Personne ne pense au pays et à ses compatriotes. On ne voit que la tête de Touadéra, « si je fais cela, c’est Touadéra qui gagne et en 2021, nous n’aurons pas d’arguments contre lui … ». Voilà comment raisonnent certains ministres de la République. Et des projets, et des partenaires sont traînés dans la boue, humiliés, ridiculisés, afin qu’ils se découragent et quittent le pays : « Si je leur donne la garantie bancaire, ils vont prendre l’argent et s’enfuir sans qu’on ne soit au courant ». Et les nationaux qui travaillent dans ces banques, ne peuvent-ils pas alerter les autorités de leur pays ? Si tous les ministres s’engageaient avec la même détermination, la fougue de réussir, le patriotisme comme le ministre Félix Moloa, nous serions loin. Or, pendant que d’autres ministres ne dorment de nuit comme de jour, d’autres tirent le pays vers le bas, l’enfoncent davantage.

Depuis leur nomination, certains ministres n’ont jamais toussé pour se faire entendre. Leurs départements se meurent. Tout porte à croire qu’il n’y a pas de ministres à la tête de ces départements. Le temps des ministres bureaucrates est révolu. Comment un ministre peut-il être inactif, reclus au fond de son Cabinet, dans un pays où tout est à reconstruire, à refaire, à revoir ? Chaque ministre doit faire appel à son génie, à sa compétence, à son savoir et son savoir-faire, puis combler un vide, être improductif, stérile, un vrai boulet pour le gouvernement et pire encore pour Touadéra. Pour transformer la RCA en un vaste chantier multiforme et multidisciplinaire, il faut que les départements ministériels bouillonnent en projets. Le ministre de l’éducation a donné un coup de maître dans la fourmilière du service des bourses. Ce qui démontre qu’un tel ministre a un œil d’aigle sur l’ensemble de son département et cette décision a été saluée par toute la population et appréciée à sa juste valeur. Un ministre vient pour révolutionner les services, insuffler une dynamique de progrès et de résultat. Les ministres centrafricains n’attendent que les « bonnes vendredi », le carburant, les honneurs et tout s’arrête là. Quel miracle le ministre du Plan, de l’Economie et de la Coopération internationale a-t-il opéré pour propulser le pays au firmament économique et financier à Bruxelles ? Doit-il remorquer tout le gouvernement, alors que beaucoup ne font absolument aucun effort. Depuis l’investiture, Touadéra s’est engagé à fond dans une diplomatie agressive pour redorer le blason de son pays sur la scène internationale. Malheureusement, le ministère des Affaires Etrangère ne le suit pas, un département morne, dépourvu de vision de soubassement diplomatique pour soutenir les actions du Chef de l’Etat. Dans un pays sinistré comme la RCA, comment un ministre des Affaires Etrangères qui doit être à l’avant garde, est terne, sans ferveur patriotique, c’est grave. Il y a encore quelques rares grands diplomates dans le pays qui peuvent faire bouger les lignes et sauver l’honneur du pays. Il y a des cadres qui aiment leur pays, qui veulent travailler pour leur pays sans voir sans voir la tête de X ou Y. Les Centrafricains d’abord, la RCA avant tout. Les hommes changent, mais la RCA demeure, la nation demeure. Les différents régimes qui se sont succédés n’ont fait aucun effort, sinon la RCA n’en serait pas là aujourd’hui. A partir de Touadéra, il faut laisser des traces, et d’autres viendront compléter pour le bonheur et le bien-être du peuple centrafricain et de la RCA. La RCA n’est qu’un gros village, et pourtant, les ministres vont et viennent en mission à l’extérieur, dans les autres pays. Curieusement, aucun sentiment de révolte intérieur pour se dire, « mon pays doit aussi être comme les autres », comme Brazzaville, Nairobi, Yaoundé, Libreville, Abidjan. Les conditions de vie en RCA ne semblent émouvoir outre mesure. Même les grands banquiers qui ont servi sous d’autres cieux, reviennent au pays comme de rien n’était. Les mentalités sont tournées vers le mal, l’enrichissement illicite malgré le retard ahurissant du pays par rapport à ses voisins avec qui, l’indépendance est arrivée en même temps. Comme disait Touadéra, « les mentalités sont exécrables, il faut du temps pour qu’elles changent … ». Au finish, qui va reconstruire le pays puisque l’intérêt personnel prime sur l’intérêt national : vol, détournement, extorsion de fonds aux partenaires qui veulent investir dans le pays, blocage des dossiers s’il n’y a pas de promesse de pot de vin.

La RCA est par terre. Les investisseurs qui viennent dans le pays pour l’aider à relever la tête, doivent graisser les pattes, avant de mettre leur argent dans le pays, créer des emplois, embaucher les jeunes qui traînent le long des routes le soir. Touadéra doit combattre de toutes ses forces cette culture, véritable goulot d’étranglement de tous les efforts de développement dans le pays. Malgré les salaires, les avantages, payés à terme échu, le Centrafricain ne met en avant que son propre ventre, ses propres poches, au lieu d’enrichir le pays pour que son salaire augmente. La corruption est rampante en RCA et ronge chaque Centrafricain des cheveux aux orteils. Presque pour tout service, il faut glisser quelque chose. Pour les cas de recrutement, c’est la traite des êtres humains. Un chômeur qui ne travaille pas, mais qui postule pour un hypothèque emploi, on le presse comme du citron jusqu’aux os. Certains dossiers qui ne sont pas accompagnés de quelques billets craquants, sont purement et simplement retirés du circuit normal et donc introuvables. Les Centrafricains n’ont plus de cœur, ni d’âme, ni de conscience encore moins, une conscience professionnelle, une déontologie. C’est la rapacité à l’exponentiel. On peut mettre tous les mécanismes, mais si les mentalités demeurent ce que nous observons tous les jours, c’est la catastrophe. Touadéra a vraiment du pain sur la planche. En terme d’argent, les Centrafricains sont plus dangereux, plus incisifs que les pirates de mer. L’administration centrafricaine est une jungle, « qui paie, avance ». Les malheurs de la RCA, ce sont les Centrafricains eux-mêmes. De l’Université à la maternelle, les étudiants, les élèves, les écoliers sont des fonctionnaires qui entretiennent les enseignants. Pour les filles, le droit de cuissage est systématique « note contre sexe » et « note contre argent » pour les garçons. En plus de l’argent contre note, les étudiants en année de soutenance « Licence, Master, Maîtrise) doivent bercer leur directeur de mémoire financièrement, depuis la nourriture au foyer, ses poches, ses mangeailles et ses buvailles, chaque jour jusqu’à la soutenance. La baisse de niveau provient en grande partie des enseignants dépravés. Quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, un bois tordu dès son jeune âge, est difficile à redresser. Ce sont les cadres centrafricains qui tuent leur pays à petit feu, mais quand il s’agit de réclamer quelque chose, ils sont les premiers. La RCA n’est que le royaume des revendications, des grèves, pendant qu’on détruit soi-même d’une manière ou d’une autre le pays.

Les sociétés d’Etat et Offices publics ont du mal à avoir un bilan positif, mais les gros salaires, les missions, les avantages pécuniaires, les véhicules qui coûtent extrêmement chers, ne font guère défaut. Un éternel paradoxe qui caractérise la gestion des sociétés d’Etat et Offices publics. Les directeurs généraux se suivent et se ressemblent, des prédateurs hors hiérarchie, qui s’entourent des cadres de leur ethnie, pour espionner le personnel, des fidèles « doungourous » entièrement à leur solde pour les applaudir, les caresser dans les sens du poils. Ce qu’ils ignorent, c’est l’impérieuse nécessité d’offrir un service public de qualité aux clients. La gestion devient clanique, clientéliste, personne ne peut dénoncer les dérapages, jusqu’à ce que la gestion vire au rouge et qu’on ne peut plus cacher, camoufler. C’est donc la faillite, la clé est jetée sous la porte. Les Centrafricains ont-ils fait les mêmes écoles, instituts ou Universités de gestion que les autres, ou, ont-ils étudié le pillage de la société, l’enrichissement illicite rapide et à outrance, difficile de le dire. La Socatel, l’ONI, et depuis un certain temps, la CNSS, font exception à la règle. La RCA est véritablement malade de ses propres cadres.

 

Julien BELA

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