BRIA, BAKALA, KAGA-BANDORO, KOUI …

Vendredi 23 Déc. 2016 : 10H56

BRIA, BAKALA, KAGA-BANDORO, KOUI … OU EN SOMMES-NOUS AVEC LA RENTREE SCOLAIRE 2016 – 2017

L’un des Objectifs de Développement Durable (ODD) est : l’« Education Pour Tous d’ici 2030 ». Pour atteindre un tel objectif, il faut une meilleure éducation à la base qui touche la jeunesse, principale actrice du développement dans tous les pays du monde. La Constitution de la République Centrafricaine reconnaît le droit des enfants à l’éducation. Force est malheureusement de constater que depuis bientôt quatre (4) ans, le droit à l’éducation des enfants est bafoué, foulé aux pieds par les groupes armés qui dictent leur propre loi comme bon leur semble.

C’est le cas dans l’arrière-pays et particulièrement dans les régions de Kaga-Bandoro, Ndomété, Kouango, Koui et récemment à Bria, Bakala, Ndassima pour ne citer que ces villes où les groupes armés défient sans cesse l’autorité de l’Etat en tuant, pillant, saccageant, incendiant, obligeant des milliers de personnes parmi lesquels des enfants qui étudient à fuir pour se réfugier quelque part afin de se mettre à l’abri des violences. Dans la ville de Koui par exemple, l’autorité de l’Etat n’existe que de nom, suite à l’attaque meurtrière menée par Sidiki et ses éléments sur les populations civiles, il y a de cela quelques mois. Bon nombre d’enfants qui pourtant ont déjà démarré les cours mais qui par la suite se sont réfugiés avec leurs parents dans d’autres localités de la ville de Koui n’y vont pas en ce moment. C’est le cas des déplacés internes de Koui que nous avions rencontré à Bouar et qui nous ont témoigné : « Nous regrettons amèrement ce qui nous est arrivé car nos enfants ont perdu leur éducation. Nous n’avons pas les moyens de les inscrire ici à Bouar car Sidiki et ses hommes ont détruit tous nos biens ». Ce témoignage est vraiment triste puisque c’est l’avenir de toute la République Centrafricaine qui est en danger.

Tels sont les cas à Bria, Bakala, Ndassima et bien d’autres localités du Sud-est avec les affrontements meurtriers entre les deux (2) branches de l’ex-coalition Séléka à savoir : l’UPC d’Ali Daras et le FPRC de Nourredine Adam qui ont fait de nombreuses victimes, obligeant plusieurs personnes à se réfugier dans d’autres endroits. Aujourd’hui dans ces villes, les établissements primaires et secondaires ne fonctionnement pas normalement. Certains parents ont peur même de lâcher leurs enfants pour aller étudier au risque de voir leur sang coulé en cas d’affrontement. Aujourd’hui à Bangui, les élèves sont sur le point de boucler le 1er trimestre de l’année académique 2016 – 2017 en cours. Qu’en est-il dans nos villes provinciales et surtout dans les régions où les groupes armés continuent de commettre les exactions ?

Selon le calendrier établi par les autorités en charge de l’éducation nationale, les élèves doivent étudier pendant neuf (9) mois et ce, pour terminer le programme. Voilà que depuis trois (3) années, les enseignants et les élèves n’ont pu terminer ces neuf (9) mois de cours. Ce ne sont ni Djotodia, ni Catherine Samba-Panza qui nous démentiront. Après la prise du pouvoir des ex-Séléka le 24 mars 2013, plusieurs bâtiments scolaires ont été occupés par ces derniers, empêchant les élèves d’aller étudier. Avec les exactions qu’ils commettaient, certains élèves ont terminé l’année en queue-de-poisson. C’est le même son de cloche au moment de la transition où nous avons assisté à un bouleversement total du système éducatif centrafricain, à cause des exactions que commettaient les ex-Séléka et Anti-Balaka. On peut parler de baisse de niveau puisque les enfants ne bénéficient pas d’une meilleure éducation. C’est la seule problématique que chacun doit resoudre.

Mais à l’allure où vont actuellement les choses, l’avenir de la jeunesse centrafricaine est entre le marteau et l’enclume. Et si l’on ne fait pas attentions, la RCA sera d’un moment à l’autre envahie que par des illettrés et analphabètes. Comment peut-on parler de développement, si l’éducation de la jeunesse ne fait que s’enfoncer au fond du gouffre ? Protéger la population, c’est garantir certains droits de la personne, à l’exemple du droit des enfants à l’éducation, reconnu par l’Etat centrafricain, l’UNICEF et bien d’autres structures internationales œuvrant dans ce domaine. Et la Minusca qui joue ce rôle de protection de la population civile doit au moins veiller sur le droit des Centrafricains à l’éducation. Où en sommes-nous avec cette mise en garde de la Minusca aux groupes armés de libérer les bâtiments scolaires dans l’arrière-pays ? Méditons en ensemble.

Bénistant MBALLA

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