VOTE HISTORIQUE PAR L’ASSEMBLEE NATIONALE

Lundi 04 décembre 2017 : 10H43

VOTE HISTORIQUE PAR L’ASSEMBLEE NATIONALE DU BUDGET 2018 :

209.600.000.000 FCFA

Si les groupes armés continuent de tuer, de braquer, d’incendier des villages entiers, bref de mettre les bâtons dans les roues du gouvernement, des efforts sont entrain d’être menés par les autorités du pays. Sur les plans économique et financier, la RCA fait des pas de géant malgré la situation sécuritaire très alarmante, tendue dans l’arrière-pays. Aujourd’hui, l’économie du pays est sur les rails. Dans le domaine financier, les recettes de l’Etat rentrent, ce qui ont permis au ministre des Finances et du Budget, Henri Marie Dondra de payer les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, les pensions et les bourses à terme échu.

Mais ce qui retient notre attention au jour d’aujourd’hui, c’est le vote historique par les députés de la nation du budget 2018 qui s’élève à 209.600.000.000 FCFA.

Dans la journée du mercredi 29 novembre 2017, à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, les élus du peuple, après des débats fructueux et constructifs, ont voté le budget pour l’exercice 2018, dans le délai légal. Une première en Centrafrique, depuis que ce pays a accédé à l’indépendance le 13 août 1960. Le plus souvent, le budget prévisionnel de l’Etat arrive tardivement sur la table de l’Assemblée Nationale, précisément à la Commission Finances. Or en réalité, ce budget prévisionnel doit en principe atterrir à l’Assemblée Nationale au plus tard le 15 septembre. Et c’est ce que les autorités actuelles du pays ont fait. Les députés de la nation ont eu tout le temps pour étudier à fond ce budget. Personne ne peut nous démentir à ce sujet. Pour tous les régimes qui se sont succédés à la tête de l’Etat Centrafricain, le vote du budget intervient toujours aux mois de janvier, février ou même mars.

Revenons à nos moutons. Pour le budget 2018, il y a deux particularités : recettes cash et recettes d’ordre. S’agissant de recettes cash, c’est l’argent qui entre effectivement dans la caisse de l’Etat et qui permet au gouvernement de faire face à ses dépenses régaliennes et d’investir dans les secteurs productifs.

Pour les recettes d’ordre, ce sont des exonérations accordées par l’Etat à certains organismes, ONG, etc. Ce sont des recettes fictives. Le gouvernement n’a jamais touché à cette somme, alors qu’elle est inscrite dans le budget. C’est pourquoi, les autorités ont jugé bon de ne pas les faire figurer dans le budget 2018. Et si nous faisons une comparaison entre le budget 2017 (237.200.000.000) et le budget 2018 ( 209.600.000.000), nous constatons qu’il y a un gap de 11,6 %. Cette différence est due aux recettes d’ordre (fictives) qui ont été supprimées, c'est-à-dire non comptabilisées pour le budget de l’exercice 2018.

Il est à noter que le déficit budgétaire pour 2018 se chiffre à 47.000.000.000F CFA. Pour combler ce déficit, le gouvernement que dirige Simplice Mathieu Sarandji, sous la très haute impulsion de son Excellence, président de la République, chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra, doit chercher des financements extérieurs auprès des bailleurs de fonds, des partenaires au développement de la RCA.

Il convient tout de même de souligner que 140 députés ont été inscrits pour le vote du budget 2018, dont 11 absents. Le nombre de votants s’élève à 129. Cent seize (116) ont voté pour, 11 contre et deux se sont abstenus. Il n’y a eu aucun bulletin nul. Donc, au final, 90 % de députés ont voté pour ce budget 2018. Les 11 autres qui ont voté contre sont les députés de l’URCA de Anicet-Georges Dologuélé, candidat malheureux au second tour de l’élection présidentielle de 2016. Ils ont justifié leur position par le fait que le gouvernement centrafricain s’est entendu avec le FMI pour payer les salaires, ce qui n’est pas normal. Donc à les croire, l’Etat ne doit pas s’endetter auprès de ces institutions de Bretton-Woods pour faire face à ces dépenses. Alors, dans quel pays au monde un Etat ne s’endette-t-il pas ? Même les Etats-Unis d’Amérique qui a une économie dynamique, est aussi endetté, à plus forte raison la RCA qui fait face aujourd’hui aux crises militaro-politiques récurrentes ? C’est bien de faire l’opposition, c’est la règle démocratique. Mais il faut que cette opposition soit objective, constructive, dans l’intérêt supérieur de la nation.

Nous devons quand même savoir que le gouvernement fait des prouesses dans certains secteurs. Certains membres du gouvernement font des pieds et des mains pour hisser la RCA. C’est sur le plan économique que beaucoup reste à faire. Le gouvernement s’y atèle et y parviendra à coup sûr.

Dans l’ensemble, nous souhaitons bon vent au gouvernement et en particulier au ministre des Finances et du Budget, Henri-Marie Dondra qui a déployé des efforts considérables afin que le budget pour l’exercice 2018 soit voté à 90 % par les députés et dans un délai légal, contrairement aux années précédentes.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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