VIVE TENSION DANS LA PREFECTURE DE LA OUAKA :

Jeudi02/2/2016: 22H04

VIVE TENSION DANS LA PREFECTURE DE LA OUAKA :  ACCROCHAGE ENTRE ANTI-BALAKA ET PEULHS A NGAKOBO,  AFFRONTEMENTS MEURTRIERS OPPOSANT FPRC-MPC A L’UPC

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Après une accalmie précaire observée dans la préfecture de la Ouaka ces derniers temps, le regain de violence refait surface. De Bakala à Ngakobo en passant par Ippy, c’est le chaos indescriptible. Cette préfecture est aujourd’hui sous haute tension. Tout porte à croire que les démons de l’enfer, les damnés de la terre, les hors-la-loi, les va-t-en-guerre y ont élu domicile. Il ne passe pas un jour sans que des affrontements soient signalés entre les seigneurs de guerre qui hantent et écument les habitants de la préfecture de la Ouaka. Ces heurts sont quasi-quotidiens à telle enseigne que l’on se demande, que cherchent réellement ces malfrats, ces bandits de grand chemin. A en croire un habitant de Ngakobo, ville sucrière, située au centre de la RCA, « un accrochage entre Anti-Balaka et peulhs de l’UPC d’Ali Daras a fait un mort côté Anti-Balaka et des blessés. L’homme qui aurait été tué est un chef Anti-Balaka. Cet incident malheureux s’est produit après que les Anti-Balaka ont tué un peulh le dimanche 29 Janvier. En représailles à la mort d’un des leurs, les peulhs ont attaqué la position des Anti-Balaka dans cette ville. Pris de peur, les habitants de ladite ville se sont réfugiés dans l’usine de la SUCAF. Du coup, les activités dans l’usine de fabrication du sucre ont cessé. Aujourd’hui, Ngakobo vit au ralenti. Toutes les activités commerciales sont interrompues car la tension est encore palpable et tout peut se dégénérer d’un moment à l’autre. Mais le contingent de la Minusca déployé dans cette ville a mis un dispositif en place pour que cet accrochage ne se reproduise plus ». Cette mesure sera-t-elle respectée par les Anti-Balaka, et surtout les peulhs qui sont déterminés à en découdre avec les Anti-Balaka et s’en prendre aux populations civiles ? Attendons de voir ce qui adviendra dans les jours à venir pour en dire plus. Toujours dans ladite préfecture, des affrontements très meurtriers sont signalés dans les villes de Bakala et Ippy. Ils opposent l’UPC d’Ali Daras à la coalition FPRC-MPC de Nourredine Adam et Mahamat Alkhatim. A la mi-décembre 2016, ces groupes armés réfractaires au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), se sont violemment affrontés dans les deux (2) villes. Le bilan varie d’une source à une autre. Certains parlent de cent (100) morts, d’autres deux cents (200). Mais ni la Minusca, ni le gouvernement ne se sont prononcés sur ces pertes en vies humaines considérables. S’agit-il d’un bilan exact fourni par les habitants de ces villes qui ont affirmé avoir compté les cadavres ? Si non, que les autorités en charge de la sécurité publique nous disent la vérité sur ce qui s’est passé exactement.  Comme cela ne suffit pas, ces mêmes groupes rebelles continuent encore à s’affronter. D’après un habitant de la ville d’Ippy qui a trouvé refuge dans la localité de Bambari, « les combats entre ces groupes rivaux font rage. Les morts ne se comptent plus, encore moins les blessés. Certains cadavres sont jetés dans les puits ou dans le cours d’eau Ouaka. La plupart d’autochtones ont trouvé refuge à Bambari. D’autres errent dans la brousse à la recherche d’un abri sûr et sont à la merci des reptiles, des bêtes sauvages et de la famine. Ils ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Et pourtant, les Casques Bleus de la Minusca se sont dirigés dans ces villes, et  nous ne savons pas ce qu’ils font exactement. Nous appelons le gouvernement à l’aide et la Minusca à une réelle protection de la population civile ». Ce témoignage est triste, accablant, douloureux et inquiétant pour les populations de Bakala et Ippy en particulier et la population de la préfecture de la Ouaka en général. Dans nos précédentes parutions, nous avions attiré l’attention du gouvernement et de la Minusca sur le regroupement des combattants FPRC et MPC à Kaga-Bandoro. L’objectif visé par cette coalition était de s’en prendre aux combattants de l’UPC, majoritairement peulhs. Personne n’a daigné prêter attention à nos propos. Et ce qui devrait arriver, est arrivé. A qui la faute ? En outre, la représentante adjointe du Secrétaire général de l’ONU en Centrafrique, Diane Corner, lors de son déplacement à Bambari, a décrété cette ville « zone rouge ». C’est autant dire que celle-ci ne peut en aucun cas être attaquée par les groupes armés, principalement le FPRC et le MPC. Mais les Casques Bleus de la Minusca étaient-ils déployés en RCA pour protéger uniquement la ville de Bambari ? Ils ont la lourde mission de protéger toutes les villes de nos provinces, ainsi que la capitale Bangui. Force est malheureusement de constater que certains compatriotes sont abandonnés dans la gueule des lions par nos protecteurs. Comment expliquer une telle situation ? La RCA ne se limite pas seulement à Bambari et à Bangui. En principe, toutes nos villes de l’arrière-pays devraient être déclarées « zones rouges » à l’exemple de Bambari. De ce fait, les va-t-en-guerre ne pourront s’en prendre aux populations civiles, ainsi qu’à leurs ennemis jurés qui sont les combattants de l’UPC. Ce qui se passe aujourd’hui dans les villes de Bakala, Ippy et Ngakobo, doit interpeller la conscience de nos gouvernants et des responsables de la Minusca. La préfecture de la Ouaka risque de sombrer dans un chaos indescriptible dont les conséquences seront incommensurables pour le devenir de la RCA. De plus, ces affrontements entre l’UPC et la coalition FPRC-MPC peuvent s’étendre dans d’autres préfectures. Car, n’oubliez pas que les combattants de l’UPC se trouvent présentement dans les préfectures de la Basse-Kotto, de la Haute-Kotto et une partie du Mbomou. Au vu et au su de tout ce qui se passe dans la préfecture de la Ouaka, le peuple centrafricain demande aujourd’hui à la Minusca après la prorogation de l’embargo, de prendre ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard. Des mesures draconiennes doivent être prises à l’encontre de l’UPC, du FPRC et du MPC qui persistent et signent dans les violences de tout genre. Dans le cas contraire, la préfecture de la Ouaka sera à feu et à sang, ce que nous ne voulons pas, car la situation sécuritaire qui y prévaut est alarmante. D’un côté les Anti-Balaka, version Mokom, contre les peuhls, de l’autre les combattants Séléka du FPRC-MPC s’affrontent à ceux de l’UPC, cette tension est extrêmement grave et exige de grands remèdes de la part de nos gouvernants et de la Minusca.    Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA   

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