VILLES DE PAOUA, KABO, BATANGAFO, MOYEN SIDO, ...

Lundi 14 novembre 2016 : 10h23

VILLES DE PAOUA, KABO, BATANGAFO, MOYEN SIDO, CONSTAMMENT SOUS LES MENACES DES GROUPES ARMES

Ministre de l interieur de la securite publique et de l administration du territoire jean serge bokassa

Ô Centrafrique, pays du feu président Barthélemy Boganda, qu’est-ce qui t’arrive aujourd’hui ? Voilà plus de trois (3) ans que tes fils et filles se lamentent, gémissent comme des bœufs qu’on égorge à l’abattoir. Ils ne respirent, mangent et ne boivent que des détonations d’armes de tout calibre. Ils n’ont plus la liberté d’expression, d’aller et venir. Les combattants des groupes armés ne leur laissent aucune chance. Ceux qui résistent à leurs exactions ou n’obéissent pas aux lois dictées par ces derniers, sont systématiquement écrasés comme des mouches. D’autres subissent des sévices qu’on ne peut qualifier. C’est vraiment inimaginable. Même les hommes primitifs ne traitaient pas leurs semblables de la sorte.

Aujourd’hui, la ville de Paoua se trouve dans une situation sécuritaire très alarmante. Les groupes armés qui agissent dans cette localité sont nombreux et variés. Tantôt on nous fait dire que ce sont les hommes du mouvement Révolution-Justice (R-J) qui ont attaqué tel ou tel village, tuant des personnes et incendiant des maisons. Tantôt, ce sont les combattants Séléka qui s’en sont pris aux pauvres civils en représailles de leur position attaquée par les Anti-Balaka. D’autre part, on nous annonce que ce sont des bandits de grand chemin, des hommes en armes, des délinquants qui mettent en péril la vie des habitants de Paoua. Mais tous ces beaux monde que nous avons énuméré sont des forces non conventionnelles qui n’hésitent un seul instant à tuer, braquer, racketter leurs concitoyens. Ils n’ont que la gâchette facile. Et cette situation sécuritaire alarmante et le regain de violences très galopant dans la ville de Paoua, doivent interpeller la conscience des uns et des autres. Des remèdes immédiats doivent être pris pour stopper ces exactions à grande échelle.

En outre, ce qui prévaut en ce moment à Kabo, Batangafo, Moyen Sido et autres, est similaire. Dans ces villes précitées, les habitants ne doivent leur salut qu’à Dieu Tout-Puissant. D’après un habitant de Kabo que nous avons rencontré ce vendredi 11 novembre 2016, il n’est pas passé par quatre chemins pour pointer du doigt accusateur les hommes du MPC de Mahamat Alkhatime d’être à l’origine des actes de barbarie, perpétrés à Kabo, Batangafo, Moyen Sido. « Vraiment, nous souffrons atrocement sous les menaces de ces hommes en armes. Moi qui vous parle, j’ai été à maintes reprises arrêté et torturé par ces criminels. Si je suis vivant aujourd’hui, c’est Dieu qui en a voulu. A Kabo, nous n’avons pas de liberté. Nous sommes les valets des hommes du MPC. En l’absence de nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS), tous les litiges sont traités par ces hommes. Leurs amendes sont toujours pharaoniques. Elles varient entre cinquante (50) à cent mille francs (100.000 F) CFA. Pour les taxes sur les produits, n’en parlons pas. A l’allure où vont les choses, ces villes se videront de leurs habitants », a-t-il indiqué. Et d’ajouter, « je demande au gouvernement et à la Minusca de prendre leur responsabilité. Le gouvernement, quant à lui, doit déployer nos FDS pour nous protéger et défendre l’intégrité de notre territoire ».

Vous avez sans doute constaté avec nous que les habitants de Paoua, Batangafo, Kabo, Moyen Sido et autres, vivent sous la terreur des groupes armés, assimilés aux combattants de l’ex-coalition Séléka. C’est depuis des mois et des mois qu’ils lancent des S.O.S. Mais tout porte à croire que leur cri de détresse, de lamentation, de gémissement, est loin de trouver un écho favorable. Et pourtant, ce sont des Centrafricains comme les autres. Ils ont besoin d’une protection, de la libre circulation. Ce qui est pire encore, il leur est difficile de sortir de ces zones sous peine d’être tués par ces malfrats, ces hors-la-loi, ces criminels. L’accès des enfants à l’éducation est compromis.

Nous ne savons pas, si au moment où nous mettons cet article sous presse, les établissements scolaires ont été libérés par les groupes armés. Accéder aussi aux soins est très difficile pour ces habitants, puisque les ONG humanitaires œuvrant dans le domaine sanitaire sont l’objet d’attaques récurrentes. De ce fait, les humanitaires ne peuvent exercer leur profession convenablement.

Face aux menaces des groupes armés, il serait judicieux que les Casques Bleus de la Minusca et les forces de sécurité intérieures (gendarmes et policiers), fassent des patrouilles conjointes dans ces villes pour débusquer ces malfrats afin de les mettre hors d’état de nuire. Ces menaces des groupes armés doivent être pris au sérieux. A l’heure actuelle, le peuple centrafricain veut vivre en paix et en sécurité sur la terre de ses ancêtres.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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