« VILLE SANS ARMES », « VILLE SANS GROUPES ARMES » : LA MINUSCA ...

Vendredi 24 Fév. 2017 : 09H50

Minusca 2

« VILLE SANS ARMES », « VILLE SANS GROUPES ARMES » : LA MINUSCA NE ROULE-T-ELLE PAS LA POPULATION DE BAMBARI DANS LA FARINE ?

 

La ville de Bambari, « ville sans armes », vient d’être déclarée, « Ville sans groupes armés ». Malheureusement, la réalité sur le terrain est une autre chose avec les affrontements meurtriers entre la coalition FPRC-MPC-RPRC et l’UPC dans les préfectures de la Ouaka et de la Haute-Kotto. D’où sortent ces armes qui ont servi aux groupes armés récalcitrants de s’entretuer d’une part et de tuer la population civile d’autre part, si la ville de Bambari était réellement une « ville sans armes » ? Ali Daras et ses éléments dont leur fief était Bambari, ont-ils utilisé des cailloux pour affronter la coalition FPRC-MPC-RPRC ? La Minusca va-t-elle cesser de nous casser les oreilles avec des formules utopiques qui, en somme, ne sont que des coquilles vides ? Dans un communiqué de presse daté du 20 février 2017, la Minusca a rappelé sa détermination à œuvrer aux côtés des autorités légitimes centrafricaines pour faire de Bambari une « ville sans groupes armés » et protéger toutes les populations qui y vivent en toute impartialité.

Qu’en était-il de la ville de Kaga-Bandoro déclarée aussi « ville sans armes » ? Pourtant, c’était sous les yeux des casques-bleus de la Minusca que des centaines de personnes ont été canardées et calcinées par les hommes de Mahamat Alkhatim. Jusqu’à la date d’aujourd’hui, la ville de Bandoro continue de servir de base arrière aux mouvements MPC et FPRC pour se ravitailler en armes et munitions depuis les frontières tchado-centrafricaines et centrafricano-soudanaises. Kaga-Bandoro est en ce moment le repère protégé des drogués, des criminels, des hors la loi, des bandits de grand chemin qui y règnent en maître absolu et dictent leur loi comme bon leur semble. Même son de cloche à Bambari avec les éléments de l’UPC de Ali Daras qui tuaient, pillaient, incendiaient des villages et maisons, malgré que Bambari a été déclarée « ville sans armes ». Selon certaines informations, les hommes de l’UPC sont toujours présents et bien armés à Bambari après le départ de leur chef et continuent de circuler librement dans la ville. Malgré tout, la Minusca prétend faire de Bambari une « ville sans groupes armés ». Mythe ou réalité ?

La Minusca n’est-elle pas entrain de distraire la galerie ? Il ne fait aucun doute. Tant que ces groupes armés ne vont pas intégrer le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), Bambari ne sera jamais « ville sans armes » et « ville sans groupes armés ». Il ne faut pas confondre le calme précaire avec la sécurité pour pondre du jour au lendemain des formules vides de sens pour endormir la conscience des centrafricains. De km5 à Bambari, Bria, Bandoro, Bocaranga, Koui pour ne citer que ces quelques villes, les groupes armés sont toujours là et armés jusqu’aux dents. A la moindre incartade, ce sont les populations civiles qui sont prises pour cibles. Tels sont les cas à Bandoro, Koui et récemment à Bocaranga, Bria et la préfecture de la Ouaka. Or, s’il y a une réelle volonté d’œuvrer aux côtés des autorités légitimes centrafricaines, la Minusca doit faire non seulement de Bambari, « ville sans groupes armés »  mais aussi de toute la République Centrafricaine « un territoire sans groupes armés ». Elle  doit cesser définitivement de caresser les rebelles dans le sens du poils. Tous ceux qui continuent de mettre à rudes épreuves les fondements de la république doivent être traités comme tels.

Le sang a déjà trop coulé sous le pont et la souffrance des populations civiles a débordé le seuil de l’intolérable. Ces derniers temps, nous avons compris que la Minusca est bien capable de mettre un terme à la crise centrafricaine. Mais c’est la volonté qui manque. Si  les Casques Bleus agissaient au moment fort de la crise comme ils sont entrain de faire actuellement, nous osons croire que la sécurité et la paix devraient déjà être rétablies dans le pays. Malheureusement, ce n’était pas le cas. La Minusca est championne en formules fabriquées de toutes pièces mais qui par la suite, n’ont aucun impact dans le vécu des centrafricains de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud. « Pleine capacité opérationnelle », « villes sans armes », « mise en garde », « montée en puissance », « mandat robuste » et maintenant « ville sans groupes armés », alors que des têtes tombent et vont continuer de tomber jusqu’au dernier coup de sifflet en présence des forces onusiennes toujours omniprésentes sur les lieux des spectacles horribles des groupes armés. Pondre des formules est une chose, les mettre en application en est une autre. La Minusca doit définitivement changer de fusil d’épaule vis-à-vis des massacres perpétrés par des groupes armés et autres bandits de grand chemin sur les populations civiles centrafricaines. Toutes personnes doivent circuler librement sur l’ensemble du territoire et vaquer en toute quiétude à ses occupations quotidiennes.

 

Bénistant MBALLA

 

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