UNE VILLE MORTE, DIVERSEMENT INTERPRETEE ET APPRECIEE, ...

Mercredi 26 Octobre 2016 : 09h50

UNE VILLE MORTE, DIVERSEMENT INTERPRETEE ET APPRECIEE, MALGRE LES MAINS INVISIBLES QUI S’AGITENT DANS L’OMBRE

Manipulation minuscaLes Centrafricains ont diversement interprété et apprécié le mot d’ordre de « Ville Morte », ce lundi 24 octobre 2016. Pour les uns, il faut secouer le cocotier pour que la Minusca se réveille et protège la population civile. Les carnages de Kaga-Bandoro, au vu et au su du contingent de la Minusca, sont insupportables, intolérables, inadmissibles et révoltants. Mieux vaut que la Minusca parte et qu’on s’entretue, au lieu de parrainer les tueries. Pour les autres, c’est le contingent présent pendant la tuerie et qui a donné carte blanche aux hommes de Mahamat Alkhatim, qui doit être rapatrié pour complicité de massacres. La balle est désormais dans le camp des Nations Unies pour prendre les dispositions qui s’imposent. Pour des cas de viol, le contingent du Congo Démocratique a été rapatrié. Or, dans le cas d’espèce, il s’agit d’un cas de « Crime Contre l’Humanité » qui a eu lieu à Kaga-Bandoro. Et Parfait Onanga-Anyanga l’a reconnu, même s’il a nuancé ses propos en tant que diplomate. Les faits sont avérés.

La « Ville Morte » malheureusement s’est transformée en barricades, en agression, en atteinte à la liberté d’aller et venir. Pire encore, certains cadres de la Minusca qui dorment à l’extérieur de leur base, c’est-à-dire dans les quartiers, ont été la cible de tentatives de vol. la Ville Morte a failli prendre une autre tournure. Ce qui fait  dire au gouvernement qu’il y a des mains invisibles derrière cette manifestation. Les Centrafricains tout autant que la Minusca ont été confondus et privés de toute liberté d’action. Dans une démocratie comme la nôtre, même paralysée par la crise, il y a des pour et des contre, pour un mot d’ordre. Parmi les manifestants et ceux qui ont érigé des barricades, il y a des noms qui circulent. Voilà, « X ou Y a été accusé d’être derrière cette manif », comment ont-ils pu prononcer ces noms ? Il y a bel et bien anguille sous roche. Il a fallu le coup d’Etat manqué du 26 septembre 2015, sous Catherine Samba-Panza pour que des révélations, le grand déballage s’étalent au grand jour. Personne n’a nié les faits. Le monde d’aujourd’hui n’a pas de secret. Les désœuvrés ont transformé les barricades en bureau de travail ce mardi 25 octobre 2016, mais la population a balayé du revers de la main sa prise en otage. 

Les femmes commerçantes et ménagères exaspérées par les entraves à la circulation disent que « ceux qui n’ont rien à faire veulent empêcher les autres de vaquer à leurs occupations. Nous n’en voulons pas ». Les taxis-motos contournent les barricades et font leur chemin, transportant ceux qui veulent se déplacer d’un point à un autre. « Bangui, Ville Morte », est ressuscitée ce mardi 25 octobre, devenant « Ville Vivante », car la circulation a repris dans les arrondissements, avec quelques rares poches de résistance. Seulement, les Nations Unies doivent prendre leur responsabilité pour rapatrier le contingent coupable de complicité de crime contre l’humanité à Kaga-Bandoro. Le degré d’atrocité est insupportable, voire épouvantable et ne peut demeurer impuni.

La Ville Morte pêche en eau trouble en demandant le départ de la Minusca, sans préciser la force de substitution. Les conséquences d’un hypothétique départ seront apocalyptiques, voire génocidaires. Le chef d’Etat-major Général des armées vient de s’exprimer lors d’une conférence de presse, sur l’état des lieux des Forces Armées Centrafricaines : « Les FACA sont là » a-t-il tenu à préciser. Avec le peu d’armes qu’elles disposent, elles peuvent aider à la sécurisation de la ville de Bangui, dans la mesure du possible et petit à petit dans nos villes de province. De l’autre, la Reforme du Secteur de Sécurité est en marche, pour réhabiliter les FACA. Faut-il encore qu’elles soient dotées en armes et toute la logistique pour les actions d’envergure nationale. Beaucoup restent à faire pour rendre les FACA, la Gendarmerie et la Police véritablement opérationnelles. N’oublions pas qu’il est maintenant question d’une Armée de Garnison. En attendant les beaux jours, la Minusca doit, selon son mandat, protéger la population civile sur toute l’étendue du territoire national. La Minusca dispose des hélicoptères de combat pour intervenir en temps réel, ce qu’elle ne fait pas malheureusement. Et la population est désemparée, révoltée et exaspérée. Les carnages de Kaga-Bandoro ont constitué la goutte d’eau qui a débordé le vase. L’horreur était à son comble.

Malgré tout, les autorités maintiennent le dialogue comme unique stratégie de sortie de crise. L’embargo imposé par la France a du chemin à parcourir. Les groupes armés le savent, c’est pourquoi ils se livrent à ce sabotage, à ces cruautés d’une autre époque. Les recrutements au sein des FACA, le dédommagement des victimes invalides des conflits armés doivent se faire avec de l’argent. Si le FPRC, le RPRC, l’UPC et le MPC maintiennent le chaos, d’où viendra l’argent pour répondre à leurs exigences ? La tragédie de Kaga-Bandoro a été délibérément provoquée par les hommes du MPC. Des voleurs de groupe électrogène, surpris, méritent bien une punition. Autant venir de jour prendre par la force, que d’envoyer des voleurs qui ont servi de prétexte au déclenchement d’un véritable carnage retentissant. La Minusca a une lourde responsabilité dans ces massacres.

Le bilan de la Ville Morte fait état de cinq (5) morts et une dizaine de blessés. Et pourtant, il s’agit d’une Ville Morte, et les gens doivent rester chez eux. Un cadavre n’érige pas des barricades, ni n’agresse les gens dans la rue. Les voleurs et les pillards de tout poils y ont trouvé une opportunité afin de dépouiller les autres, de les rançonner. Les organisateurs pourront-ils prendre en charge les blessés et les morts ? Ce sont les effets collatéraux des débordements de la Ville Morte que les organisateurs doivent gérer en toute responsabilité, en âme et conscience. Le choc de Kaga-Bandoro était très fort pour que la population obtempère aux injonctions du gouvernement. C’est cette coïncidence qui a donné du tonus à la Ville Morte. Il fallait que le monde entier sache que la Minusca n’applique pas son mandat en tant que Force de maintien de la paix et de protection de la population civile en RCA.

Un groupuscule d’individus brave l’autorité de l’Etat, provoque un trouble à l’ordre public, avec morts d’hommes et personne n’est inquiétée, alors qu’une enquête judicaire doit s’ouvrir à ce sujet. Cinq (5) victimes de ces troubles à l’ordre public, c’est déjà trop. Certains ministres ne méritent pas aussi de rester au gouvernement. Quand un arrêt de justice peut entraîner un trouble à l’ordre public, la justice bloque son exécution. C’est l’affirmation de l’autorité de l’Etat. L’Etat a perdu combien en terme de recette pour la seule journée du 24 octobre 2016 ? L’autorité de l’Etat doit être implacable et absolue, car nul n’est au-dessus de la loi qui gouverne la cité. Quant aux hommes politiques, ils sont tristement célèbres, incapables de transcender les clivages, malgré leur niveau intellectuel, pour sauver leur pays. En RCA, c’est la sorcellerie politique au sens négatif du terme qui est en vogue. Une nullité politique inqualifiable, pur enfantillage, gaminerie, sur fond de misère morale, civique et intellectuelle ; ils sont les résidus de la société, des moins que rien.                                                     

Julien BELA

  

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