UNE ASSEMBLEE NATIONALE INSOLITE : COUP D’ETAT INST..

Lundi 19 juin 2017 : 09H11

 

UNE ASSEMBLEE NATIONALE INSOLITE : COUP D’ETAT INSTITUTIONNEL,

EXECUTIF BIS, MEPRIS DU FORUM DE BANGUI ? QU’EST-CE QUI FAIT COURIR ABDOU-KARIM MECKASSOUA ?

Meckassoua 4Aucune Assemblée Nationale au monde ne peut se permettre le luxe de prendre des initiatives, en lieu et place de l’Exécutif. L’Assemblée Nationale (AN) vote des lois et fait des propositions ou émet des avis au pouvoir Exécutif, au nom du principe de la séparation des pouvoirs : l’Exécutif mène les actions gouvernementales ; le Législatif vote les lois de la République ; le pouvoir Judiciaire dit le droit. Aucun conflit de compétence n’est possible. C’est la première fois qu’une législature s’érige en Exécutif (bis). L’initiative pour la paix de l’AN n’est qu’un plagiat des recommandations du Forum National de Bangui (FNB). Les députés ne proposent rien d’extraordinaire.

Le FNB repose sur un socle populaire : consultations populaires à la base sur toute l’étendue du territoire national. Les recommandations et résolutions traduisent les convictions profondes du peuple centrafricain. Selon le président du Comité de Suivi du FNB, Joseph Bindoumi, elles sont exécutées à concurrence de 60%. Les députés sont les représentants du peuple. Peuvent-ils fouler aux pieds, les aspirations profondes du peuple qu’ils représentent ? L’Exécutif gouverne ; le Législatif formule des avis et les envoie au gouvernement, vote les lois, fait des propositions au gouvernement ; le pouvoir Judiciaire applique le droit et veille sur le respect des lois de la République. Pendant que les Centrafricains souhaitent de tout leur vœu une cohésion au sommet de l’Etat, Abdou-Karim Méckassoua veut usurper les fonctions du Chef de l’Etat, Faustin-Archange Touadéra. Après avoir consulté les partis politiques, Méckassoua rencontre la société civile ce vendredi à l’hémicycle de l’AN. De plus, d’où vient ce revirement spectaculaire ? Méckassoua au devant de la scène, en lieu et place de l’Exécutif qui gouverne. N’est-ce pas insolite ? En prenant une telle initiative, les députés méprisent Touadéra qui est élu par le peuple souverain.

Touadéra a commencé à négocier avec les groupes armés avant même son investiture. A la date d’aujourd’hui, 14 groupes armés ont adhéré au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Les groupes armés qui ont adhéré très tôt sont à 100%, constitués des Centrafricains. C’est leur pays. Mais le FPRC est à 80% des tchadiens où les généraux opèrent. De plus, le FPRC sert de pont au président tchadien Idriss Déby Itno, pour ravitailler une rébellion dans le Kassaï au Congo Démocratique, afin de déstabiliser Kabila. Après l’avoir déstabilisé, Ndjamena et Kinshasa vont coaliser pour concrétiser la partition de la RCA. Ce n’est pas la Minusca qui nous démentira. Référons-nous aussi à la dernière déclaration du feu général Joseph Zoundéko, avec deux (2) officiers supérieurs de l’armée tchadienne et ceux des services de renseignements. L’UPC quant à elle, est une rébellion totalement étrangère. Négociations avec les groupes armés, lesquels ? Quelle amnistie ? L’UPC veut forcer le gouvernement à lui trouver une place, mais c’est peine perdue. Le gouvernement d’un Etat souverain ne peut négocier avec des mercenaires étrangers : maliens, mauritaniens, tchadiens, nigériens, ougandais et autres. Il y a un grave problème d’éthique et de moralité au sein de l’Assemblée Nationale. Un autre général tchadien a été arrêté par le commissaire de Béloko, à la frontière avec le Cameroun, un agent d’infiltration en RCA.

Il y a déjà une logique de négociation bien avancée avec l’Exécutif, ayant abouti à l’adhésion de 14 groupes armés. Ceux-là sont des patriotes. Idriss Déby Itno utilise la RCA comme base arrière des rebelles qui veulent secouer Kabila. Ishibangu est le leader de cette rébellion de la RD-Congo. Le FPRC voulait attaquer Bangassou, Mobaye et Rafaï pour implanter cette rébellion de la RD-Congo. Le Tchad leur importe armes, munitions, tenues, véhicules, via le FPRC en terre centrafricaine. C’est pourquoi le Tchad a infiltré tous les organismes sous-régionaux, régionaux et continentaux pour protéger ses arrières : CEMAC, CEEAC, CEN-SAD, Union Africaine et frappe désormais à la porte de la CEDEAO, en Afrique de l’Ouest. Des hommes arrêtés, des armes saisies, des armes et tenues fournies au FPRC et à l’UPC. Déby a des valets en RCA, des antennes, des spécialistes des coups bas et des virgules dans le dos, les peaux de banane. Le FPRC et l’UPC ont une duplicité de langage, car ce sont des étrangers. Quand il y a dialogue, les uns et les autres arrêtent les hostilités. Pourquoi le FPRC se fait justicier ? Le spectacle de l’AN est ridicule. Il n’y a jamais deux Exécutifs dans un même pays. Un député doit tenir son mandat jusqu’à la fin. Ont-ils besoin de publicité de marketing show-biz pour le faire ? Les principes certes, mais quels sont les acteurs ? Quelles sont les actions ? Quel est l’intérêt pour le pays ? 

La motion de censure ayant lamentablement échoué, Méckassoua change de fusil d’épaule mais le même objectif, la Primature. De grâce, Touadéra est largement en avance et depuis longtemps. Le FPRC et l’UPC sont au service du Tchad pour déstabiliser la RD-Congo et la RCA. Ils reçoivent les ordres de Ndjamena et non de Bangui. Ils ont leur calcul derrière la tête. Déby leur a promis la partition de la RCA et ils y croient dur comme la pierre. C’est pourquoi, ils boycottent les négociations. Ils appliquent à la lettre la stratégie mise en place par l’homme fort de Ndjamena.

Les partis politiques ont aussi fait des propositions à l’Exécutif. Qu’est-ce qui fait courir le PAN ? En vertu de quoi une AN peut consulter les partis politiques et la société civile ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette démarche ? Est-ce pour obliger l’Exécutif à ouvrir le gouvernement à cette horde de criminels sans foi ni loi ? Et les veuves, les orphelins, bref les victimes qui ont tout perdu ? L’AN ne rame-t-elle pas à contre courant de la volonté du peuple centrafricain ? Les 13 groupes armés qui ont  adhéré au processus DDRR, en réalité, suffisent. Les autres sont des étrangers et doivent être traités comme tels : Rapatriement.

 

(Affaire à suivre)

 

Julien BELA  

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