UN RAPPORT ACCABLANT DE L’ONU A PRECISE LES SOURCES D’...

Lundi 13.03.2017 : 10H53

 

Antonio guterres

UN RAPPORT ACCABLANT DE L’ONU A  PRECISE LES SOURCES D’ALIMENTATION DE LA CRISE CENTRAFRICAINE : TAXES ILLEGALES, TRAFIC D’ARMES, BUSINESS DES AUTORITES, DIAMANT DU SANG. OH MON DIEU !

 

Dans un rapport daté du 05 décembre 2016, le Panel d’experts des Nations-Unies sur la République Centrafricaine a mis en évidence l’existence de systèmes de prédation économique qui alimentent l’instabilité dans le pays. Il s’agissait notamment des taxes illégales, de trafic d’armes, de business des autorités, des diamants du sang. Malgré le retour du pays à l’ordre constitutionnel depuis la date du 30 mars 2016, la RCA peine toujours à se relever et prendre l’élan de son développement socio-économique, culturel, éducatif, voire sportif. L’instabilité gagne toujours une bonne partie du territoire. La restauration de l’autorité de l’Etat peine d’être effective dans plusieurs régions du pays, entravant la libre circulation des personnes et des biens. C’est pourquoi, une analyse profonde d’un tel rapport nous permet de comprendre davantage les raisons de la persistance des violences dans le pays et de décrypter la situation  de la crise qui perdure encore.

TAXES ILLEGALES

Depuis la prise du pouvoir par l’ex-coalition Séléka le 24 mars 2013, l’autorité de l’Etat n’existe que de nom en République Centrafricaine. Les éléments de l’ex-coalition érigent des barrières illégales sur presque toute l’étendue du territoire national. Ils perçoivent des taxes, impôts et autres droits de l’Etat sur les axes routiers et fluviaux en commettant d’agressions physiques, d’actes de tortures et de viols à l’encontre des passagers. Cette situation s’est empirée avec le déclenchement des hostilités du 05 décembre 2013 par les milices Anti-Balaka. Les tueries intercommunautaires, accompagnées des barrières illégales érigées par les combattants Séléka et Anti-Balaka qui rackettaient la population, étaient devenues à un moment insupportable, obligeant ainsi les chefs d’Etats de la CEEAC de contraindre Michel Djotodia à la démission le 10 janvier 2014 à Ndjamena, au Tchad.

Après la période d’une longue transition chancelante, la Communauté internationale a décidé d’organiser les élections dans un climat sécuritaire instable pour aider le peuple centrafricain à sortir définitivement du gouffre. Force est malheureusement de constater que certains groupes armés qui n’ont pas encore intégré le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion, Rapatriement (DDRR), continuent toujours de percevoir des taxes illégales afin de  s’enrichir sur le dos des Centrafricains. Tels sont les cas actuels dans les préfectures de la Ouaka, Haute-Kotto, Nana-Gribizi, Ouham-Pende, Vakaga, Mbomou et Haut-Mbomou où les groupes armés et certains bandits de grand chemin entravent la libre circulation des personnes et des biens à travers des barrières illégales pour racketter et rançonner les populations civiles.

 

TRAFRIC D’ARMES

 

Les frontières de la RCA totalement poreuses depuis la date du 24 mars 2013 ont servi et continuent de servir de trafic d’armes, munitions et autres équipements militaires aux groupes armés. C’est le cas de la frontière Tchado-centrafricaine où certaines branches de la dissidente séléka telles, le FPRC dirigé par le numéro deux (2) de l’ex-Séléka, Nourredine Adam et le MPC de Mahamat Alkhatim s’approvisionnent  en armes depuis le territoire Tchadien. Quant à l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), dirigée par Ali Daras, selon certaines informations, se ravitaille en armes et munitions vers le Soudan, après avoir vendu des trompes d’éléphants et des pierres précieuses à un mercenaire soudanais.

C’est pour autant dire que l’’embargo, en fait de compte, ne concerne que les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et non les groupes armés non conventionnelles qui  font des trafics d’armes et circulent en toute liberté sur l’ensemble du territoire. Ils tuent, massacrent, pillent et incendient des maisons, des champs et greniers agricoles sans être inquiétés.

 

LE BUSINESS DES AUTORITES

 

Plusieurs personnalités du pays et notamment certains leaders politiques ont alimenté et continuent d’entretenir la crise centrafricaine. C’est le cas des deux (02) chefs de guerre et deux (02) anciens chefs d’Etat centrafricain, Bozizé et Djotodia, qui depuis leur pays d’exil, manipulent leurs éléments. Pour preuve, ce sont les Anti-Balaka version Mokom (pro-Bozizé) et les ex-Séléka du FPRC de Nourredine (deuxième personnalité après Djotodia) qui continuent de prendre toute la population civile en otage. Leurs attitudes démontrent à suffisance qu’ils font du business avec leurs éléments présents sur le terrain. Et personne ne peut nous dire le contraire car leurs éléments ne font que piller et exploiter frauduleusement les ressources naturelles du pays. D’après les informations que nous avions recueillies, c’est pour récupérer les zones juteuses du pays que Daras et ses éléments occupent, que Nourredine a déclenché les hostilités.

Le témoignage de feu Joseph Zoundéko sur le soutien occulte du président de l’Assemblée Nationale, Karim Méckassoua, est un exemple palpable de business entre certaines autorités du pays et les groupes armés. D’autres fils indignes du pays vont certainement compléter la liste de ces sous-marins qui tirent les ficelles dans l’ombre pour alimenter la crise car, « il n’ya pas de fumée sans feu », dit-on.

 

LES DIAMANTS DU SANG

 

Les groupes armés sont impliqués dans l’exploitation illicite de diamant, or, ivoires et autres richesses naturelles depuis le déclenchement de la crise. Le rapport a publié que le 28 mai 2016, l’Unité Spéciale Antifraude a confisqué quelques 550 carats de diamants non déclarés au collecteur Mahamat Nour et son frère Mahamat Moustapha à leur débarquement d’un vol de la compagnie aérienne MINAIR en provenance de la ville minière de Bria au centre du pays.

Les zones de Bria, Bambari, Bakala, Ippy, Ndassima… ont servi et continuent de servir à certaines branches de la Séléka de piller les ressources du pays pour se procurer en armes et munitions de guerre. C’est la haute mafia organisée par certaines puissances étrangères pour exploiter les richesses du pays. C’est le cas de la rébellion de l’Armée de Resistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony d’origine Ougandaise et qui s’est implantée dans les régions du Sud-est de la RCA. La LRA ravage tout sur son passage en présence même de l’armée Ougandaise. Tout compte fait, la LRA n’est qu’un prétexte pour piller les ressources naturelles de la RCA.

Nous osons croire que ce rapport publié par l’ONU que nous avons repris, demeure d’une importance capitale pour mieux analyser la situation actuelle du pays qui peine encore à sortir de la crise. Cela doit interpeller davantage la conscience des autorités centrafricaines et de la Communauté internationale à multiplier des actions pour sortir définitivement le peuple centrafricain de la souffrance et de la misère.

Bénistant MBALLA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire