UN CHEF D’ETAT-MAJOR DES ARMEES TRES BAVARD...

Mercredi 01/08/2018 : 10H23

UN CHEF D’ETAT-MAJOR DES ARMEES TRES BAVARD APRES SON LIMOGEAGE, INCROYABLE MAIS POURTANT VRAI : IL FAUT CREER UN PARTI POLITIQUE POUR CRITIQUER

Le general ludovic ngaifeiTouadéra, président de la République, Chef de l’Etat, est sous l’autorité du peuple centrafricain qui l’a élu et lui a donné un mandat de cinq (5) ans. Il doit rendre compte au peuple centrafricain. C’est ce peuple qui doit lui renouveler sa confiance ou la retirer le cas échéant. Touadéra est à son tour le chef suprême des Armées. C’est lui qui nomme le Chef d’Etat-major des Armées, qui doit être un homme de confiance et non un homme de conflit, de controverse, qui boude les ordres et les instructions. Le Chef d’Etat-major des Armées n’est qu’un coordonnateur des services. Peu importe ce qu’il est, fantassin, ranger, administrateur, des opérateurs des transmissions et autres. Il reçoit les ordres, les instructions et les transmet aux hommes de terrain.

Un Chef d’Etat-major des Armées n’est pas un contestataire. Il a autour de lui les spécialistes, les hommes de terrain : les spécialistes des opérations militaires, de l’armurerie,  de la logistique, les informaticiens, les spécialistes des transmissions, des renseignements militaires et bien d’autres qui traduisent les instructions en opérations militaires sur le terrain. Le général Ngaïféi a dit lui-même qu’il n’y a pas d’entente, pas de bonne relation avec le Chef Suprême des Armées, son Chef hiérarchique direct. Qu’en sera-t-il de la ministre de la défense, si le Chef Suprême des Armées se heurte à la résistance du Chef d’Etat-major des Armées ? Le Commandement du G-5 Sahel vient de changer de main. Ce n’est pas la fin du monde. Les Russes ont formé quelques bataillons pour la sécurisation du peuple centrafricain. A Bambari, aux Mbrés, un peu partout, le peuple est massacré. Dans une telle période, un Chef d’Etat-major peut-il devenir un goulot d’étranglement ?

Le général Ngaïféi aurait dû démissionner que de s’opposer à toutes les actions  de sécurisation du pays. Avec les instructeurs russes, le courant ne passe pas. Avec le Chef Suprême des Armées, le ciel de la collaboration est très sombre. Les éléments formés par les russes ne peuvent être déployés à Bambari, Sibut et Dékoa. Au lieu de se livrer à des déclarations intempestives, le général Ngaïféi aurait dû créer un parti politique, entré dans l’opposition pour critiquer et faire des déclarations. C’est un comportement qui n’honore pas un officier général. Il faut changer de casque, devenir homme politique, avec un parti politique et dire ouvertement son opposition. La situation sécuritaire en RCA impose de se serrer les coudes et non de mettre les bâtons dans les roues des efforts qui sont déployés. Il y a eu sept cents (700) FACA formées par les russes, immédiatement opérationnelles. Deux cents (200) ont été déployées à Bangassou, il reste cinq cents (500) à Bangui. Pourquoi elles n’ont pas été déployées à Bamabri, aux Mbés où les massacres et les incendies des cases se poursuivent. Le cortège des déplacés se déverse à Mala et à  Dékoa, alors qu’il y a des FACA disponibles pour aller soutenir la Minusca dans la sécurisation des populations civiles. Pire encore, le courant ne passe pas entre le Chef d’Etat-major sortant et le contingent des experts russes qui forme les FACA. Ces grains de sable dans la machine sécuritaire ne peuvent favoriser la montée en puissance de l’armée nationale. Les généraux de l’armée nationale font la honte de la nation centrafricaine. Aucun général ne s’est distingué durant toute la crise que vit le pays depuis décembre 2012. Y avait-il combien de généraux dans les rangs des FACA sous le régime Bozizé ? Ils sont nombreux, mais l’armée s’est effondrée, a été humiliée, réduite à néant, voire dissoute par Djotodia. Aucun de nos généraux n’a levé le petit doigt pour protester. Tous sont des administrateurs, des affairistes, dans les voitures climatisées, alors que le pays brûle. Les voitures portent des étoiles de la partie. Un seul général, Mobebou, a fait preuve de courage pour démissionner, parce qu’il n’a pas les mains libres pour agir.

Une nouvelle race de généraux est nécessaire pour redorer le blason des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Un Chef d’Etat-major est l’homme de confiance du Chef Suprême des Armées, il obéit ou il démissionne. La Coordination nationale de l’armée est une œuvre délicate et extrêmement sensible. Il y va de la survie de toute la nation.

Julien BELA

 

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