ULTIMATUM DE L’UNION AFRICAINE AUX GROUPES ARMES :

Jeudi 14 Déc. 2017 : 09H20

L’ULTIMATUM DE L’UNION AFRICAINE AUX GROUPES ARMES :

« LE DIALOGUE INCLUSIF POUR SONNER LA FIN DE LA RECREATION »

Union africaine 2Il est prévu dans la feuille de route de l’Union Africaine (U.A), adoptée il y a de cela quelques mois à Libreville au Gabon, la tenue d’un dialogue inclusif. A travers ce dialogue inclusif, l’Union Africaine entend, « réunir tous les groupes armés autour d’une même table au cours de laquelle elle sonnera la fin de la récréation ». Autant dire que l’ultimatum est déjà lancé aux groupes armés réfractaires et réticents au programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) dont les chantiers sont en exécution.

Négociations sur négociations, accords sur accords, dialogues sur dialogues, les centrafricains continuent de vivre les pires exactions commises par les groupes rebelles. L’Union Africaine doit désormais tenir à son engagement pour arrêter  la souffrance de la population civile. Tous les groupes armés doivent être traités sur un même pied d’égalité. Car il est inadmissible de croiser les bras et observer un groupuscule de personnes malintentionnées fouler aux pieds les lois de la République et prendre en otage tout un peuple.

Les autorités du pays ont déjà fait ce qu’ils peuvent faire. Ndélé, Kaga-Bandoro, Bria, Bambari, Bangassou, Bossangoa…Touadéra a pris tous les risques d’aller rencontrer les groupes armés. Mais les leaders des groupes armés se croient toujours être les plus malins. Le FPRC, le MPC, l’UPC, les 3R et les Anti-Balaka de Mokom voltigent de revendications en revendications sans savoir ce qu’ils demandent réellement. Nous avons pensé que l’entrée des groupes armés au sein du gouvernement pourrait favoriser le retour de la paix dans le pays. Hélas, peine perdue.

Nourredine Adam, Abdoulaye Hissen, Mahamat Alkhatim s’opposent farouchement à la restauration de l’autorité de l’Etat dans les zones sous leur contrôle. Le nouveau préfet de la Nana-Gribizi en a vu de toutes les couleurs pendant la cérémonie officielle de son installation le week-end dernier. Les éléments du FRPC et MPC ont pris d’assaut sa résidence à travers des grenades jetées ça et là. La résidence du préfet et le Tribunal de Grande Instance ont été saccagés et vandalisés. Les contingents rwandais et pakistanais de la Minusca qui voulaient intervenir pour calmer les tensions ont essuyé des tirs venant des rebelles.  Le bilan des échanges de tirs a fait  état de deux éléments grièvement blessés par balles au sein du contingent rwandais.

Il y a de cela quelques mois, Abdoulaye Hissen a déclaré : « aucun coup de feu ne doit être entendu sur l’ensemble du territoire ». Ce même Abdoulaye Hissen a signé avec Ali Darassa un pacte de non agression pour favoriser la libre circulation des personnes et des biens dans les régions sous leur contrôle. Force est malheureusement de constater  que les mêmes spectacles ne cessent de se reproduire : tueries, massacres, viols, pillages, incendies, et que savons-nous encore ?

Les Centrafricains sont fatigués d’écouter des paroles flatteuses des leaders des groupes armés. La Communauté internationale doit désormais aider les autorités du pays à mettre hors d’état de nuire tous les ennemis du peuple et de la République. Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, durant son séjour en République Centrafricaine a déclaré, « il y a des efforts dans la consolidation de la paix et de la réconciliation nationale (…). Mais il faut que la Communauté internationale se mobilise pour aider la RCA… ». Après plusieurs négociations sans succès, il faut changer de fusil d’épaule. Comment la population peut espérer à une nouvelle vie si elle continue d’être massacrée, de se terrer sur les sites de fortunes et de se refugier sur les territoires étrangers ?

Un observateur expatrié a déclaré, « il faut couper les sources de financement des groupes armés ». Mais les Nations Unies continuent de croiser les bras tout en observant les milices armées s’approvisionner en armes et autres effets de guerre depuis le Tchad, le Soudan, voire les deux Congo. C’est ce qui est à l’origine de la persistance des violences à l’intérieur du pays. Aujourd’hui, les groupes armés ont pris goût dans l’exploitation illicite des ressources naturelles du pays. Peuvent-ils réellement déposer les armes pour faire la paix ?

Ce n’est pas en sacrifiant toute une population sur l’autel des seigneurs de guerre sans âme ni conscience qu’on peut exploiter les ressources naturelles du pays. L’or, le diamant, l’ivoire, pour ne citer que ces quelques exemples, ont été exploités depuis fort longtemps. Mais cela n’a jamais tari. Le peuple centrafricain réclame seulement la paix et la sécurité pour circuler en toute quiétude et vaquer librement à ses occupations quotidiennes.

L’agriculture, l’élevage, la chasse, la pêche et la cueillette constituent les activités principales de la population centrafricaine. Aujourd’hui, le monde rural est confronté à un sérieux problème de sécurité. Presque toutes les villes de provinces sont envahies par les groupes armés qui empêchent les paysans de cultiver. Et à l’allure où vont actuellement les choses, la RCA risque de connaître une grave crise alimentaire.

Comment peut-on jeter la base d’un développement durable dans un pays où les armes ne cessent de tonner de jour comme de nuit ? La Communauté internationale est-elle réellement sincère pour ses engagements envers le peuple centrafricain ? Nous attendons de voir ce qui va se passer à travers ce énième dialogue inclusif avec les groupes armés.

De grâce, nous voulons la paix et rien que la paix en République Centrafricaine.

énistant MBALLA

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