ULTIMATUM DE 72 HEURES A SIDIKI

CM N°2966 du Vendredi 24.05.2019 : 09H46

LE GOUVERNEMENT ET LA MINUSCA LANCENT UN ULTIMATUM DE 72 HEURES A SIDIKI D’ARRETER LES AUTEURS DES MASSACRES SURVENUES  DANS LES PREFECTURES DE L’OUHAM ET L’OUHAM-PENDE. SINON…

Massacre 12Maxime kazagui« Le gouvernement et la Minusca lancent un ultimatum de 72 heures à Sidiki pour arrêter les auteurs des massacres survenus dans les préfectures de l’Ouham et l’Ouham-Péndé. Sinon, nous allons prendre nos responsabilités », a annoncé Ange Maxime Kazagui, ministre de la Communication et des Media, porte-parole du gouvernement, au cours de la conférence de presse conjointe gouvernement-Minusca qui s’est déroulée ce mercredi 22 mai à Bangui.

 En effet, le mardi dernier, les éléments des 3R de Sidiki ont lancé des attaques dans les villages Koundjili, Lémouna et  Bohong, situés dans les préfectures de l’Ouham et l’Ouham-Péndé. Le bilan de ces attaques fait état de plus de quarante (40) civils tués,  des blessés dont  cinq (5) grièvement. A cela s’ajoutent les incendies des maisons des particuliers, des scènes de pillages. Jusqu’à lors, personne n’est en mesure d’expliquer la raison de ces violences aveugles qui ont  couté la vie à des pauvres populations civiles.

Pendant plus de dix jours, le gouvernement centrafricain et les leaders des quatorze (14) groupes armés se sont retrouvés dans la capitale soudanaise dans le but de trouver  un terrain d’entente pour une sortie définitive de la crise en République Centrafricaine. Le 06 février 2019, le chef de l’Etat et les leaders des quatorze (14) groupes armés ont signé à Bangui un accord dit de paix et de réconciliation. Par la suite, un gouvernement qualifié « d’Union Nationale » ou « inclusif » a été mis en place, ouvrant grandement la porte aux groupes armés. A titre d’illustration, des leaders des rebelles sont  nommés ministres, ministres conseillers à la Présidence de la République et à la Primature. D’autres sont nommés dans les institutions de l’Etat etc.

Tous les partenaires financiers de la RCA ont salué l’accord de Khartoum qu’ils espèrent être le dernier. « Il n’y aura plus un autre accord. L’accord de Khartoum sera un plus pour les groupes armés qui ne respectent pas leurs engagements », ont déclaré respectivement  Smaïl Chergui de l’Union Africaine (UA) et Jean-Pierre Lacroix de l’Organisation des Nations Unies (ONU), au cours de la deuxième réunion du Groupe de Soutien à la République Centrafricaine (GIS-RCA)  qui s’est déroulée au mois d’avril dernier à l’hôtel Ledger Plaza à Bangui. « La réussite de l’accord dépendra du strict respect des engagements pris par les parties signataires », à en croire Samuela Isopi, cheffe de la délégation de l’Union Européenne en RCA.

Malheureusement, ces déclarations semblent tomber dans les oreilles des sourds. Les éléments de certains groupes armés, pourtant signataires de l’accord de paix et de réconciliation, excellent toujours dans les exactions de tout genre sur les populations civiles à l’intérieur du pays. C’est le cas des hommes de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) d’Ali Darassa, du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) de Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine, du Mouvement Patriotique Centrafricain (MPC) de Mahamat Alkhatim, des 3R de Sidiki… qui,  tuent, incendient, rackettent et rançonnent les populations civiles dans les zones sous leur contrôle.

Visiblement, l’accord de paix et de réconciliation est entrain de voler en éclat. Si le gouvernement et la Minusca ne prennent pas des mesures rigoureuses, mais se contentent simplement de condamner les massacres et de lancer des ultimatums ou des mises en garde, la RCA risquerait bel et bien fort de connaître le pire un de ces quatre matins. Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, un rebelle reste toujours un rebelle et ne peut accepter de déposer volontairement l’arme pour faire la paix. Ceci étant, le mieux serait soit d’utiliser la force, soit de traquer les leaders qui s’entêtent, de les arrêter et de remettre à la disposition de la justice pour qu’ils puissent répondre de leurs actes criminels.

N’oublions pas surtout que c’est le non respect des précédents accords qui ont plongé le pays dans ce que nous continuons de vivre les conséquences dramatiques aux plans politico-sécuritaires et socio-économiques. Condamnation sur condamnation, mise en garde sur mise en garde, ultimatum sur ultimatum, c’est déjà trop. Le gouvernement et la Minusca doivent agir le plus tôt possible.

 

Bénistant MBALLA

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