TRONÇON BAMBARI-GRIMARI DANS LA GUEULE DES ANTI-BLAKA,

Jeudi 09 mars 2017 : 09H11

TRONÇON BAMBARI-GRIMARI DANS LA GUEULE DES ANTI-BLAKA,

L’AXE BAMBARI-IPPY PARTAGE ENTRE FPRC ET UPC : LA LIBRE CIRCULATION

DES BIENS ET DES PERSONNES ENTRAVEE

 

Touad et facaIl n’est plus facile d’aller d’une ville de la RCA à une autre. La liberté d’aller et venir dans les régions encore sous contrôle des groupes armés, FPRC, UPC, Anti-Balaka, branche Mokom et tant d’autres est entravée, mise à mal. Voyager est devenu pénible. C’est aux risques et périls de leur vie que les usagers sur le tronçon Bambari-Grimari et l’axe Bambari-Ippy se déplacent.

Après le départ de Ali Daras de la ville de Bambari sous la pression de la Minusca et l’exigence de la coalition FPRC-MPC-RPRC, l’axe Bambari-Ippy est confronté à de sérieux problèmes sécuritaires. D’un côté les hommes de la coalition menée par Nourredine Adam, de l’autre, les éléments de l’UPC, cette voie routière est partagée entre ces groupes armés rivaux qui se regardent aujourd’hui en chien de faïence. Longue d’au moins quatre vingt (80) kilomètres, cette voie est parsemée de plusieurs barrières érigées tant par l’UPC que le FPRC. Les rackets, les rançonnements, bref des exactions de tout genre commises sur les voyageurs, les commerçants, les propriétaires des véhicules, ne sont plus à démontrer. Sur chaque barrière, il faut verser une somme d’argent qui varie d’un passager à un autre. Quant aux formalités sur les véhicules, n’en parlons pas.

Toujours dans la préfecture de la Ouaka, principalement sur la route nationale qui relie Bambari à Grimari, l’insécurité a repris de plus bel. Les Anti-Balaka, version Mokom qui contrôlent cette voie, ne laissent aucune chance aux voyageurs. Dans la journée du lundi 06 mars 2017, un convoi escorté par la Minusca est tombé dans une embuscade tendue par ces hommes qui, au départ, se disaient libérateurs du peuple centrafricain. Ils ont vidé un véhicule de toutes ses marchandises. Dans un autre véhicule, ce sont les sacs à main des voyageurs qui ont été emportés par ces malfrats, ces hors-la-loi, ces bandits de grand chemin. Et ce, en présence des soi-disant protecteurs du peuple centrafricain, à savoir les Casques Bleus de la Minusca. D’autres actes barbares perpétrés par ces Anti-Balaka sur ce tronçon sont nombreux et variés. Si nos mémoires sont bonnes, c’était sur cet axe que des gendarmes ont été abattus froidement. Tantôt on accusait les hommes de l’UPC d’être derrière cette tuerie, tantôt les Anti-Balaka étaient pointés du doigt accusateur.

Il nous est très difficile de savoir exactement ce qui se passe dans la préfecture de la Ouaka. Est-elle sacrifiée sur l’autel du diable ? Et pourtant, c’est le cœur de la RCA et pourquoi pas de l’Afrique. Si le cœur d’un individu ou d’un animal est constamment menacé, il y a danger. Mais ce qui nous paraît obscur dans les évènements douloureux qui se déroulent sur ces deux (2) voies, c’est que le convoi est escorté par la Minusca. C’est sous leur barbe que les rebelles exigent des sommes d’argent aux usagers de ces axes, dépouillent les voyageurs de leurs biens et vident les véhicules de leurs marchandises. Ets-ce vraiment possible ? A quoi sert l’escorte ? Est-ce un pur décor ou un trompe-œil. Cette situation dépasse l’entendement humain.

Il s’avère indispensable aujourd’hui de trouver d’autres alternatives pour palier à ces exactions des groupes armés sur les principales voies routières de la RCA. Le tronçon Bangui-Garoua-Boulaï était dans cette même situation. Aujourd’hui, nous pensons qu’il y a la sécurité sur cette voie. Et ce, grâce à certains éléments des Forces Armées Centrafricaines qui escortent le convoi en partenariat avec les soldats onusiens. Cette stratégie doit être appliquée sur les autres axes pour permettre aux commerçants de voyager librement afin de  ravitailler la ville de Bangui et d’autres localités du pays en produits. Dans le cas contraire, la flambée de prix des produits de première nécessité que nous observons aujourd’hui sur les marchés prendra une dimension inquiétante. Et cette hausse de prix entraînera des remous sociaux, pour la simple raison que le salaire des fonctionnaires et agents de l’Etat ne leur permetra pas de faire face à l’augmentation sans cesse des prix de ces produits.

L’insécurité galopante sur les axes routiers est un frein au développement économique du pays et un manque à gagner pour l’Etat. Car, tant que la liberté d’aller et venir est entravée, rien ne peut se faire. Les opérateurs économiques ne pourront prendre le risque de s’aventurer dans telle ou telle région pour investir ou écouler leurs produits. Du coup, l’Etat ne pourra recouvrer les impôts et autres taxes car ceux-ci vont directement dans les poches de ces malfrats, ces profito-situationnistes.

C’est pourquoi, nous exhortons les Casques Bleus de la Minusca à redoubler de vigilance pendant qu’ils escortent les convois. Qu’ils sachent que la vie des passagers est entre leurs mains. Rester immobile, passif devant les actes barbares de ces malfrats, c’est les encourager à persévérer dans leurs exactions indignes, inhumaines, bestiales sur les populations civiles qui empruntent les axes Bambari - Grimari, Bambari - Ippy, Bambari -Alindao, Batangafo - Mbaïboum et tant d’autres.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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Commentaires (1)

Pierre IPIS
  • 1. Pierre IPIS | Lun 10 juil 2017
Merci pour ce rapport. Peut-on connaitre la localisation exacte des barrières et leurs opérateurs depuis les événements qu'ont bouleversé le pouvoir de la UPC?

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