Toutes les info du Lundi 30 Juillet 2018

Cm n 2765 du lun 30 juillet 2018

 

LE PAN ABDOU KARIM MECKASSOUA BRISE LE SILENCE ET CLAME SON INNOCENCE DANS LES ACCUSATIONS PORTEES CONTRE LUI

Après plus de trois (3) mois passés à l’extérieur du pays, pour question de santé, le président de l’Assemblée Nationale (PAN), Abdoul Karim Meckassoua est rentré à Bangui, il y a de cela quelques jours. Depuis son séjour sanitaire à Paris en France, Meckassoua est accusé par ses détracteurs de détournements de fonds publics, d’un complot visant à déstabiliser le régime de Bangui, de mauvaise gouvernance à l’Assemblée Nationale … Certains sont allés même plus loin pour demander sa destitution, suite à sa longue absence du pays et les soupçons qui pèsent sur lui. Pour répondre à ses détracteurs, Abdoul Karim Meckassoua, 2ème personnalité du pays a animé une conférence de presse à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, le vendredi 27 juillet 2018, de 10 heures 30 minutes à 12 heures 00. Il était entouré pour la circonstance des membres du bureau de l’Assemblée Nationale. Des dizaines de journalistes venus des médias audio-visuels et de la presse écrite, ainsi que certains députés de la nation y ont pris part.

Dans ses propos liminaires, le PAN a signifié qu’il était absent du pays à cause de sa santé. Car, dès qu’il était arrivé à Paris dans un avion, il a été transporté à l’hôpital. Sa santé était critique. Il n’a pas manqué de déplorer la situation dans laquelle se trouvent les Centrafricains. « Je n’ignore rien des massacres. La place des filles et fils de la RCA est dans les villages et villes, et non pas dans la brousse », a-t-il martelé.

Abordant la question de déstabilisation du régime, Abdou Karim Méckassoua a dit qu’il était à Paris pour se soigner et non pour déstabiliser ou fomenter un coup d’Etat. «  J’ai gardé le silence non pas par faiblesse, mais c’est mon métier d’apaiser la tension. Aujourd’hui, j’ai décidé d’informer les Centrafricains sur ce qui se passe. Ce n’est pas la 1ère fois qu’on m’accuse de déstabiliser le régime ou de préparer un coup d’Etat. Nous séparerons les bons grains de l’ivraie. Chaque fois, on dit que Méckassoua est musulman et qu’il est avec les Séléka. Mes détracteurs utilisent toujours ces propos. Oui, je suis musulman. La personnalité où sa maison a été attaquée au Km5, c’est Méckassoua. Avez-vous vu Méckassoua recevoir des Séléka, leur donner de l’argent ? Je demande à mes détracteurs d’apporter les preuves des allégations. Ceux qui disent ces choses m’ont vu gravement malade. J’ai été admis dans un grand hôpital français pour une dizaine d’analyses et d’examens. Là maintenant, je vais bien. Quoi qu’il arrive, je resterai debout car notre travail est de représenter le peuple, d’aider le pays. Je continuerai à me battre avec les armes de la légalité et non de la violence », a signifié Méckassoua.

Quant au prétendu détournement de cent millions de francs (100.000.000F) CFA qui seraient empochés par le PAN et destinés à ses soins, ce dernier de dire, « je n’ai détourné aucun centime de l’Assemblée Nationale pour ma santé. Depuis 1996 à ce jour, je n’ai pris aucun stylo de l’Etat. Sur cette question de détournement, j’ai engagé la commission de comptabilité et de contrôle pour y faire la lumière ».

Abdou Karim Méckassoua s’est exprimé aussi sur deux préoccupations majeures des Centrafricains, à savoir le Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) et le dialogue inclusif initié par le panel de facilitation de l’Union Africaine (UA). « Pour le DDRR, les finances sont disponibles mais il faut la logistique et la volonté politique. Le dialogue et la lutte contre l’impunité, cette initiative avait été entreprise par l’Assemblée Nationale, mais avait été rejetée. Le processus du dialogue en cours, l’Assemblée Nationale n’a pas changé de cap et n’entend pas le changer », a suggéré Méckassoua.

En réponse aux questions des professionnels des médias, Karim Méckassoua a affirmé, « j’ai reçu publiquement les groupes d’Autodéfense du Km5, les FACA dudit secteur et les Anti-Balaka. J’ai tenu trois (3) réunions avec eux. Puis je les ai regroupés. Ils ont solennellement affirmé que seules les FACA ont l’obligation de détenir les armes, qu’il n’y a que la justice qui doit faire son travail et qu’ils vont intégrer notre société pour faire leur travail d’antan. Je n’ai jamais fait des choses clandestinement. Jamais je n’ai eu pactisé avec la Séléka. Je me battrai  pour lutter contre toutes les manipulations.

Les relations avec Touadéra, chef de l’Exécutif et Méckassoua, garant du peuple selon la Constitution, sont excellentes. Touadéra et Méckassoua s’entendent bien ».

Quant à Bertin Béa, député de Boali 1 et Secrétaire général du parti Kwa Na Kwa (KNK) qui avait demandé sa destitution pour détournement, Méckassoua a répondu : « quand quelqu’un a mal et qu’il pleure, vous ne pouvez l’empêcher de pleurer.  Le vol et la prédation sont antérieurs à l’arrivée de Méckassoua. Tout cela sera rendu public. En attendant, je prendrai des mesures. Les détracteurs doivent se méfier de Méckassoua parce qu’il va les dénoncer ». Méckassoua s’est prononcé aussi sur les coopérations franco-centrafricaine et russo-centrafricaine en ces termes : «  cent cinquante millions (150.000.000) d’Euros, la France soutient directement et indirectement la RCA. Si ceux qui nous aident, réclament la transparence, où est le mal ? Quant à l’Opération Sangaris, j’avais dit que ce retrait était arrivé au mauvais moment. Nous n’avons aucune force d’opposer les deux puissances. Si la France veut nous aider, c’est bon. Mais si c’est la Russie, c’est aussi bon ». A propos de la dotation des députés en véhicules, promesse faite par Méckassoua, ce dernier a indiqué qu’il tiendra à ses promesses mais pas avec son argent.

Depuis l’élection de Méckassoua au perchoir de l’Assemblée Nationale, il y a de cela deux ans et demi, c’est pour la première fois qu’il a tenu une conférence de presse de ce genre. C’était sur un ton serein que le PAN s’est exprimé après son absence prolongée du pays pour raison de santé.

Voici publiée l’intégralité de ses propos liminaires à la page 05.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA   

 

 

 

AFFAIRE DRAINAGE DES EAUX DE L’OUBANGUI POUR ALIMENTER LE LAC TCHAD :

DEBY, LE BOSSU QUI NE VOIT PAS SA BOSSE

L’affaire de drainage des eaux de l’Oubangui pour alimenter le Lac Tchad refait encore surface. Elle avait été au menu d’une rencontre entre le président de l’Assemblée Nationale, Abdou Karim Méckassoua et le Secrétaire permanent de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), la semaine passée.

Or, cette question ne date pas d’aujourd’hui et les Centrafricains de tout bord se sont farouchement opposés à un tel projet, jugé très suicidaire pour la survie de la nation centrafricaine. Finalement, que veulent Idriss Déby Itno et le Tchad de la RCA et de son peuple ? C’est la problématique qui se pose aujourd’hui avec plus d’acuité.

Sans nous voiler la face, notre pays, la RCA n’a cessé de faire face à de problèmes sérieux de délestage de l’électricité tant pendant la saison sèche que la saison des pluies. Ce qui constitue un véritable handicap pour l’industrialisation et le développement socio-économique durable de notre cher et beau pays, après plus de 58 ans d’indépendance. Imaginez donc ce qui pourra advenir au cas où les eaux de l’Oubangui seraient drainées pour alimenter le Lac Tchad.

Malgré les coups bas de Deby contre le peuple centrafricain et l’instabilité du pays (coups d’Etats, soutiens aux factions Séléka), avec la bénédiction de la France, tout ceci ne suffit-il pas ? Cette fois-ci, Deby est déterminé à réduire les Centrafricains chez eux dans la misère ordurière et l’extrême pauvreté avec son projet funeste de drainage des eaux de l’Oubangui pour alimenter le Lac Tchad. Nous disons que c’est une peine perdue pour lui, car tous les Centrafricains sont unanimes pour dire non et non à la réalisation d’un tel projet. Et Deby devait l’apprendre à ses dépens. Car, « c’est dans le malheur qu’on reconnaît les vrais amis », dit un sage adage populaire. Et Deby n’aura que les yeux pour pleurer. « A chacun son tour chez le coiffeur », n’est-ce pas ?

 

Le Petit YEKOA

 

 

 

CENTRAFRIQUE SUR LE NET : L’ARMEE CENTRAFRICAINE AU CŒUR DES REFLEXIONS DES INTERNAUTES

La nomination d’un nouveau Chef d’Etat-major de l’Armée centrafricaine est l’actu phare des rédactions de presse en ligne.

Le Général Ludovic Ngaifé a été remplacé par le colonel, Mamadou Zéphirin. Cette nomination est commentée par la presse. « Le départ du général Ludovic Ngaïfé a été annoncé depuis plusieurs mois à cause des relations difficiles qu’il entretenait avec le ministère de la Défense. Cela a des conséquences négatives sur le redéploiement des Forces Armées Centrafricaines (FACA) dans les provinces », souligne apanews.net. Et corbeaunews.ca d’ajouter que « depuis plus d’une année, les relations entre le ministère de la Défense nationale et l’État-major commandé par le général Ludovic Ngaifei ne sont pas du tout cordiales ».

Décidemment, l’Armée centrafricaine s’inscrit dans une campagne de communication pour consolider le lien Armée-Nation pour la réussite de ses opérations.

Après la Kémo, les soldats déployés à Obo (Haut-Mbomou, extrême Est) ont demandé à la population plus de renseignements pour traquer les bandits armés, indique french.china.org.cn. « Une appréciation positive commence à se faire quant au redéploiement des FACA dans les provinces aux côtés des casques bleus de la MINUSCA », commente le site chinois.

« La RCA encore loin de la réconciliation », titre dw.com. Le site de la radio allemande s’est penché sur les démarches du Panel des Facilitateurs de l’Initiative Africaine pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine pour un dialogue inter-centrafricain.

Interviewé par dw.com, Paul-Crescant Beninga, membre de la société civile centrafricaine a déclaré que « ces initiatives ne sont pas l’expression de la volonté des acteurs sur le plan national ».

Et toujours sur les efforts de réconciliation, une table ronde a été organisée à l’initiative de la Russie à Bangui, le 26 juillet, signale rfi.fr. : «  Les participants ont été appelés à réagir à différentes questions : sur les racines du conflit, la situation de la crise, les recettes de la sortie de crise. Initiative africaine, forum de Bangui, justice, DDRR, renforcement des FACA, différentes thématiques ont été évoquées ».

Puis en Société, cameroon-tribune.cm revient sur la formation de cadres centrafricains grâce à la coopération entre l’ENA de Paris et celle de Bangui. Il titre : « les fonctionnaires à l’école ».

En Art, le documentaire, Zone III de la réalisatrice, Pascale Gabriella Serra a été retenu au 16e festival du Film Africain à Cologne en Allemagne qui se tiendra du 13 au 23 septembre 2018. Elle et son film sont salués sur les réseaux sociaux.

Et, Elle.fr fait un reportage sur les cuisines africaines de France, dont Table Nali, des sœurs  Clarence et Nadia Kopogo, originaires de Centrafrique.

Table Nali figure parmi les « 4 restaurants africains à tester d’urgence ».

Bonne lecture.

RJDH

 

 

 

SESSION CRIMINELLE DE LA COUR D’APPEL 2018 : « L’EPEE DE DAMOCLES »

EST SUSPENDUE SUR LA TETE DES BOURREAUX DES CENTRAFRICAINS

Débutée il y a de cela deux (02) semaines, la session criminelle de la Cour d’Appel (CA) 2018, est déjà prometteuse et riche en matière des débats contradictoires et des peines prononcées à l’encontre des acteurs et complices des actes criminels perpétrés en RCA. Ce sont donc des procès équitables, justes, étant donné que les droits de tous les accusés sont respectés et garantis, avec l’assistance effective de leur défense (avocats) dans la salle d’audience.

A titre d’illustration, c’est le cas des procès de Hamat Marcani de la Séléka, de Rose Kpiamalé habitant le quartier Ouango dans le 7ème arrondissement de la ville de Bangui et de Wilfried Epoua, un caporal des FACA.

Quant au premier accusé Hamat Marcani, il a été condamné à une peine de travaux forcés à perpétuité, pour avoir avec ses éléments, pillé et volé des biens des particuliers, incendié des maisons et tué des personnes au quartier Bazanga dans le 5ème arrondissement de la ville de Bangui, en septembre 2015. Pour la dame Rose Kpiamalé, elle a écopé de la peine de quinze (15) ans de travaux forcés, pour être reconnue légalement complice de meurtre d’un jeune homme, pour affaire  de passage de fil électrique dans sa concession. Concernant Wilfried Epoua, il a été frappé de la peine de dix (10) ans de travaux forcés, pour récidive dans les braquages des motos dans le secteur Fouj-Gobongo.

Nous précisons que toutes les peines prononcées à l’encontre de ces trois (03) accusés criminels sont assorties des sanctions pécuniaires (dommages et intérêts) qui sont évaluées à de centaines de millions de francs CFA à verser à leurs victimes. Et ceci en guise de réparation.

Ne perdons pas aussi de vue que bon nombre de dossiers vont être jugés cette semaine par la CA dans sa session criminelle de 2018. Parmi ces dossiers en vue, il y a ceux du mercenaire du FPRC de la Séléka, Abdoulaye Hissène et de Ngaïbona des Anti-Balaka, le frère cadet du « général Andjilo » déjà condamné à une peine de travaux forcés à perpétuité, lors de la session criminelle de la CA de 2018.

Pour la session criminelle de la CA 2018, nous disons que « l’épée de Damoclès » est déjà suspendue sur la tête des bourreaux des Centrafricains, précisément les groupes armés (factions Séléka et Anti-Balaka) Et quoi qu’ils fassent, là où ils sont, la justice finira par les rattraper l’un de ces quatre matins. Aussi, la Cour Pénale Spéciale (CPS) de la RCA les attend de pieds fermes pour les cueillir comme des mangues mûres, pourries et tombées du manguier. C’est alors que vient le « regret ». A qui donc la faute ?

 

Le Petit YEKOA

 

 

BANGUI : QUAND LA SAISON DES PLUIES IMPACTE

A Bangui, à chaque saison pluvieuse, les routes se dégradent naturellement. Cette dégradation avancée des routes provoque des désagrements sur les engins. Les usagers de ces routes se disent à bout de souffle. Mais la situation ne s’améliore guère. Les plaintes des usagers se font entendre tous les jours. Comme un veilleur de nuit qui attend impatiemment l’aurore, ceux-ci attendent voir des routes qui répondent aux normes.

La saison pluvieuse qui a commencé depuis quelques mois a déjà  provoqué des aléas à Bangui, capitale centrafricaine. Il est amer de constater que depuis quelques temps déjà, les crevasses sur les chaussées commencent, comme chaque année, à se faire voir. A cela il faut ajouter le glissement de terrain, l’écroulement des maisons, les ordures qui jonchent les routes et bouchent parfois les caniveaux.

Chaque année, il suffit de voir les pluies diluviennes commencer à s’abattre pour que les chaussées se dégradent. «  Cette dégradation avancée des routes à Bangui tient au fait que les chaussées soient minces, d’où faille-il faire une table rase et les bitumer de nouveau », explique un ingénieur des Travaux Publics.

Sur une partie de l’avenue des Martyrs, le constat est alarmant. Du rond point de la Réconciliation en allant au marché Combattant, les crevasses jalonnent la chaussée. Les engins, en esquivant les fentes, se coincent comme les sardines dans une boite de conserve. Moindre inadvertance, l’on risque de partir dans le décor. Charly, conducteur de taxi-moto  du secteur Combattant, se dit très prudent, car à la moindre erreur il risque de se retrouver au sol. « Depuis que les pluies ont commencé à s’abattre fortement sur Bangui, les routes se sont fortement dégradées. Je roule très prudemment afin d’éviter ces trous. Pendant ces moments, je ne tarde pas à avoir des crevaisons de roue », lâche-t-il d’un air lassé. Lassitude qui s’explique par le mauvais état des routes.

D’autres évitent certains tronçons qu’ils qualifient d’impraticables, notamment les routes boueuses, car le glissement de terrain est au rendez-vous de manière fréquente. Sur la rue qui relie le terrain de l’Ucatex à l’église ANEB de Gobongo, les motos y passent rarement pendant ou après les pluies diluviennes. En effet, cette route devient de plus en plus accidentée lorsque cette saison pluvieuse apparait.

Les autorités en charge de l’entretien des routes devraient se pencher sur un tel problème. Car le peuple en a ras-le-bol. Il ne suffit pas seulement de boucher les routes à chaque fois que les fentes apparaissent mais plutôt de penser à l’entretien, voire la reconstruction des routes. Car la plupart des avenues à Bangui sont désuètes. Etant surannées, ces grandes artères ne s’adaptent plus à l’ère actuelle. Les infrastructures sont les indices du développement d’un Etat. La RCA n’a pas encore atteint un tel niveau. Cela s’explique par un manque de sérieux de la part des autorités en charge.

Les bailleurs étrangers sont pour la plupart attirés grâce à l’essor des infrastructures qui leur permettent de convoyer leurs marchandises, d’installer leur commerce sur place. Les crises à répétition expliquent d’autre part ce retard. C’est décevant de voir la RCA rester en marge du développement des infrastructures routières par rapport à d’autres pays africains. Cependant, le pays regorge d’énormes richesses minières, lesquelles peuvent faire décoller le pays et le faire voler de ses propres ailes. Les réserves forestières sont pêle-mêle en RCA. Mais les infrastructures routières se dégradent davantage, un véritable état primitif.

Certes des efforts se déploient présentement car certaines rues sont bitumées, c’est vraiment méritoire. Mais les grandes avenues sont restées telles qu’elles étaient, alors que la priorité revient en principe aux grands axes. Même au centre ville de Bangui, il est regrettable de voir des routes non goudronnées. Parfois les bitumes sont vieillots. Il faut redorer le blason des infrastructures, car tout est antédiluvien.

 

Félicien NZAPAYEKE MAMADOU             

 

 

RENCONTRE AVEC LA PRESSE

DE LHONORABLE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE

Abdou Karim MECKASSOUA

Assemblée Nationale, 27 Juillet 2018

Me voici de retour, sur notre terre de Centrafrique et dans l’enceinte de notre Palais du Peuple.

J’ai demandé à vous rencontrer pour exprimer avant toute chose ma joie de me retrouver chez moi et avec les miens, mes compatriotes centrafricains.

Je n’ignore rien des souffrances que notre peuple continue d’endurer, encore aujourd’hui. Les massacres qui se poursuivent, les attaques ciblées contre les hommes de Dieu, etc.

Je sais que nos compatriotes vivent plus que jamais dans la peur pour leurs vies, pour leur intégrité et pour leurs biens.

Je sais qu’ils vivent aussi avec au ventre la peur ou l’espoir des lendemains qu’on leur annonce à travers les projets de Dialogue et de Concertation.

Je sais qu’il ya d’innombrables  victimes pour qui je me battrai encore et encore.

 Bref je sais que le pays va mal. Et je considère que la place des filles et fils de ce pays est dans les villages et les villes et non dans la brousse ou en exil, mais sur notre terre meurtrie, pour éviter qu’elle ne sombre tout à fait.

En mon absence qu’est-ce que vous n’avez pas entendu ? On vous a dit que j’avais fui le pays par peur d’être arrêté ou par peur d’être destitué ; que j’étais allé préparer un coup d’Etat ; que j’étais parti en détournant l’argent de l’Assemblée Nationale ; que de loin je finançais des opérations de déstabilisation du régime ; et j’en passe. On a même été jusqu’à annoncer que j’étais mort !

Vous savez bien que cela est devenu une habitude dans notre République depuis quelques temps: quand le tonnerre gronde, c’est Meckassoua ; un chien aboie, on crie « Meckassoua » ; n’importe qui commet un crime, on se dépêche de dire « Meckassoua est derrière » ; le voleur vole et va crier lui-même « c’est Meckassoua » ; on fait mal son travail ou on remplit mal sa mission, c’est encore la faute à Meckassoua…

Jusqu’à présent, j’ai gardé le silence. Non pas par faiblesse d’esprit, chers compatriotes, croyez-le bien. Mais parce que je crois dans les vertus du dialogue, parce que j’estime que c’est mon devoir d’homme d’Etat d’apaiser les tensions entre les institutions et les hauts responsables du pays. Le chef de l’Etat lui-même, peut témoigner de mes efforts inlassables pour que s’établissent entre nous et entre nos institutions des relations de coopération à la fois franches et loyales.

Or, vous pouvez le constater vous-mêmes, même mon silence, même ma retenue, on essaie de les retourner contre moi. On vous dit : « voyez vous-mêmes, il ne se défend pas, c’est donc qu’il a bien quelque chose à se reprocher ! ».

Aujourd’hui, j’ai décidé de rompre ce silence et de me libérer de la retenue que j’ai observée jusqu’à présent. Non pas pour attaquer quiconque ! Non pas pour répondre à mes détracteurs ou à ceux qui ont choisi de voir en moi leur ennemi. Non ! Je romps le silence pour m’adresser aux Centrafricains.

J’ai décidé qu’il en serait ainsi, désormais, une fois par mois en période de session parlementaire, et une fois en période d’intersession, parce que j’estime que les centrafricains doivent être informés sur ce que fait leur Représentation Nationale, des projets qu’on y construit, de ce qui s’y passe. Et que nos compatriotes méritent mieux que des rumeurs toxiques.

C’est vous dire donc, chers professionnels de la presse et des médias, que c’est la première fois que nous nous rencontrons mais que ce n’est pas la dernière.

Pour cette première, et avant de commencer nos échanges, je me dois de revenir sur les fameuses rumeurs et sur « l’affaire Meckassoua » qu’elles ont créées de toutes pièces. Et je vais m’adresser à vous en fils du pays qui fait confiance au jugement de nos compatriotes et à leur capacité d’analyse des situations. Je suis convaincu que, une fois qu’ils auront en main toutes les données de cette soi-disant « affaire Meckassoua », nos compatriotes sauront séparer le bon grain de l’ivraie, et distinguer la vérité derrière le tissu de mensonges.

Vous connaissez les principales rumeurs.

On dit quoi ?

On dit d’abord que Meckassoua est un diable étranger parce qu’il est musulman et qu’il est forcément avec les Séléka puisqu’il est musulman comme eux.

Oui, je suis musulman, et je suis centrafricain. Qu’est ce qui pose problème là dedans ? Je sais que mes détracteurs utilisent cela depuis toujours comme une arme contre moi, mais je répète : quel est le problème ?Tous vous connaissez mon engagement pour ce pays, que j’ai servi de longue date, dans différentes fonctions : Directeur de Cabinet, Ministre, Ministre d’Etat, et maintenant Président de l’Assemblée Nationale. Si mes détracteurs veulent dire que dans notre pays tout musulman est étranger, même ceux dont la centrafricanité ne fait pas doute, qu’ils le disent clairement. Nos compatriotes jugeront !

Quant à cette affaire de Séléka. Avez-vous observé que celui qu’on accuse de collusion avec ces groupes est le seul, pendant la campagne électorale de la dernière élection présidentielle, à s’être fait tirer dessus avec ses équipes par des groupes de la Séléka ? Le seul dont la concession a été attaqué et sur qui on a envoyé des équipes Séléka pour le kidnapper ? Et posez-vous la question : avez-vous vu Meckassoua recevoir des chefs Séléka, que ce soit chez lui ou dans son bureau à l’Assemblée nationale ?

L’avez-vous vu les transporter, garantir leur sécurité, et même leur verser de l’argent, privé ou public ?

On dit qu’on en a la preuve. Mais depuis qu’on le crie sur tous les toits et sur toutes les ondes, qu’est-ce qu’on attend pour produire ces preuves devant la justice de notre pays, en laquelle j’ai toute confiance ? Et pourquoi quand moi même je prends l’initiative de saisir la justice, au lieu d’apporter ces preuves qu’on prétend détenir, on préfère enterrer ma plainte ?

Mes Chers Compatriotes, ne vous laissez pas abuser. De la même manière qu’on n’est pas Anti-Balaka seulement parce qu’on est Chrétien, on n’est pas Séléka seulement parce qu’on est musulman. On est Séléka ou Anti-Balaka parce qu’on a posé des actes précis ; parce qu’on a d’une manière ou d’une autre participé au projet de ces groupes, en finançant, en donnant des ordres, en prenant les armes. Je demande à mes détracteurs, et demandez-leur seulement de citer ces actes précis et d’apporter la preuve de cette collaboration. Et vous verrez par vous-mêmes : le dossier est vide. Et plus le dossier est vide, plus on crie fort !

Que dit-on encore ?

On dit en ce qui concerne la période récente, sans avoir peur de se contredire, d’une part, que j’ai fui le pays en bonne santé pour préparer un coup d’Etat avec des étrangers et, d’autre part, que je suis allé mourir à l’étranger.

Le pire c’est que ceux qui disent cela m’ont vu avant que je ne quitte le pays et ont vu dans quel état j’étais avant de prendre ce vol pour la France. Ils ont vu que je ne pouvais quasiment plus marcher. Ils savent que j’ai été évacué sanitairement. Ils savent que mon état était si sérieux que quand, je suis arrivé en France, j’ai été transporté directement de l’aéroport à l’hôpital Cochin, un des plus grands hôpitaux français, et placé immédiatement en soins intensifs pendant plusieurs semaines.

La situation était si compliquée qu’on m’a fait faire des dizaines d’examens et analyses, que j’ai dû consulter les plus grands spécialistes des inflammations et des pieds. Dieu merci, même si je dois refaire des examens de contrôle d’ici peu, maintenant je vais beaucoup mieux.

Et avec tout cela, on m’imagine en train de courir le tout Paris pour fomenter les complots. Comment ? Avec mon lit d’hôpital à roulettes ? Avec les deux cannes sans lesquelles je ne pouvais pas marcher par la suite ? Avec mes tennis et en boitillant ?

Ceci se passe de commentaire.

En vérité, ce qui m’a frappé n’était pas une maladie ordinaire. Les médecins eux-mêmes disent que cette infection du pied était tout sauf normal. Tout est possible disent-ils : tout sauf normal. Les analyses se poursuivent et les médecins n’écartent aucune hypothèse, même celle d’un acte malveillant. J’espère que cette dernière hypothèse ne sera pas la bonne, parce que cela voudrait dire que l’esprit de mort s’est saisi du combat politique dans notre pays, que l’adversaire ou simplement le concurrent politique est une bête à abattre.

Mais, je le redis, j’attends encore que les analyses médicales donnent leur verdict.

Quoiqu’il en soit, sachez que je reste et resterai debout, parce que ce en quoi je crois et pour lequel je travaille est plus grand : c’est notre cher pays, la République Centrafricaine ; c’est notre Assemblée Nationale et la voix du peuple qu’elle représente ; c’est notre vivre ensemble qui est le bien le plus précieux de notre pays; et, pour tout dire, c’est le bonheur de chaque centrafricain.

Pour cela, je continuerai à me battre. Me battre, oui ! mais certainement pas avec les armes de la violence et de la calomnie. Je continuerai à me battre avec les armes républicaines de la légalité, de la justice et de la confiance que j’ai en les centrafricains.

Qu’a-t-on dit encore ?

Oh tant de choses, pour lesquelles d’ailleurs on veut me destituer. Une véritable armée, qui a ses généraux au sein même de l’Assemblée Nationale a été mobilisée pour faire la preuve que j’ai manqué aux devoirs de ma charge. Elle cherche encore. Quant à moi, je suis serein.

Récemment, pendant que je me soignais, on prétend encore que j’ai détourné de l’argent, dont 120 millions de FCFA en une opération. Je vous le dis solennellement : non, je n’ai pas détourné, et je n’ai pas pour habitude de le faire. Oui, il s’agit de mensonges éhontés.

Cela dit, parce qu’il y a de graves présomptions de détournement, mon devoir de Président de l’Assemblée nationale est de tout faire pour que la lumière se fasse. Il est aussi de prendre les mesures conservatoires qui s’imposent, le temps que les enquêtes mises en œuvre aboutissent. Mon devoir sera, enfin, une fois les conclusions de ces enquêtes connues, de prendre les mesures qui s’imposent. Le tout dans la transparence.

A ce propos, je vous informe que la Commission de comptabilité et de contrôle de l’Assemblée Nationale, présidée par l’Honorable KOBA, travaille actuellement à faire la lumière sur ces affaires. Je m’en réjouis et je l’encourage à travailler vite, ainsi qu’à aller jusqu’au bout de ses investigations. Il n’est pas exclu que je saisisse aussi la Cour des comptes et la Haute Autorité chargée de la bonne gouvernance.

J’exhorte les uns et les autres à ne pas faire obstacle au travail de ces institutions car la vérité sur ces pratiques doit éclater.

Je n’ai que trop parlé des rumeurs. Cela était nécessaire parce qu’il faut à un moment ou à un autre crever l’abcès pour permettre à la plaie de se cicatriser. Mais l’essentiel est ailleurs. Elle est dans l’action parlementaire au service du pays. Qu’avons nous fait en deux ans et demie, et quelle est la position de la Représentation Nationale sur les grands enjeux de notre pays ?

Mesdames et Messieurs, je me tiens à votre disposition pour répondre à toutes les questions que vous voudrez poser sur ce travail et sur ces enjeux : qu’il s’agisse du fonctionnement de la représentation nationale, des lois que nous avons adoptées, des rapports de l’Assemblée Nationale avec l’Exécutif, du Plan stratégique de développement de l’Assemblée Nationale, du rôle que joue l’Assemblée nationale dans le processus de signature des contrats sur les ressources naturelles, ou encore sur les questions de paix, de sécurité, de réconciliation et de justice.

Pour amorcer vos questions, permettez que je dise un mot, en guise de conclusion, sur le denier sujet.

La paix, la sécurité, la réconciliation et la justice sont ce que les Centrafricains désirent par dessus tout aujourd’hui ; et donc ce que nos compatriotes attendent avant tout de l’action des pouvoirs publics.

J’écoute nos populations et j’entends deux préoccupations majeures du moment.

La première concerne le DDRR. Nous savons tous que pour réussir le DDRR, il faut trois éléments : de l’argent, une logistique bien pensée, et une ferme volonté politique. Or que constatons nous ? Que les financements sont disponibles (ou en voie d’être rendus disponibles,) grâce à nos partenaires techniques et financiers et à des pays amis, mais que le dispositif est aujourd’hui en panne à cause des deux autres éléments. Or l’Assemblée n’a eu de cesse depuis le début de la législature de demander qu’on clarifie les choses, qu’on y introduise de la rigueur et du contrôle et, surtout un ministre qui rend compte, devant la représentation nationale. Elle n’a pas été suivie. Si elle l’avait été, je suis convaincu que nous n’en serions pas là.

La deuxième préoccupation est, vous le savez, le dialogue de sortie de crise. J’entends bien ce qui se dit ici et là sur l’Initiative de paix de l’Union africaine.

Je voudrais seulement rappeler ici qu’avant l’initiative africaine, exactement trois (3) mois avant la feuille de route de Libreville, il y a eu une initiative de notre Assemblée Nationale; une initiative qui recommandait à l’Exécutif une approche équilibrée et centrafricaine articulant dialogue et lutte contre l’impunité, le tout en plaçant les victimes au centre. Cette initiative a été rejetée soi-disant pour ne pas faire concurrence à l’Initiative africaine.

 Parce qu’il fallait faire bloc dans la recherche d’une solution de sortie de crise, l’Assemblée Nationale s’est finalement ralliée à l’Initiative africaine, mais pas sans demander que la dimension justice et lutte contre l’impunité soit renforcée.

Sur le processus en cours je voudrais dire essentiellement deux choses. Premièrement que, dès lors qu’on a voulu l’Initiative africaine comme seul chemin pour une sortie de crise, nul ne peut comprendre qu’on prenne dans le même temps des initiatives parallèles.

Je voudrais dire, deuxièmement, que l’Assemblée nationale n’a pas changé de cap et n’entend pas en changer. Depuis l’initiative parlementaire elle est engagée sur le terrain pour construire la paix, sur la base des principes retenus dans cette initiative. Cette action parlementaire pour la paix sera poursuivie et amplifiée.

Je n’ai été que trop long pour ces propos liminaires. Je me tiens maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions. Sentez-vous libres de les poser en Sango comme en Français.

 

Je vous remercie.

 

 

 

 

Nelson Mandela : 1990-1999, l’exercice du pouvoir (suite 03)

Jeune Afrique retrace dans ce dossier les grandes périodes de la vie de              Nelson Mandela (1918-2013). Des textes tirés pour l'essentiel de "Mandela, The Authorized Biography", par Anthony Sampson (HarperCollins                    Publishers, 2011, 704 p.).

L’Histoire aurait pu s’arrêter sur l’image de la sortie de prison et Mandela rester un héros mythique. L’autre facette du miracle est qu’il a été, en outre, un redoutable manœuvrier et un remarquable homme d’Etat.

Dans les deux années qui suivirent sa libération, Mandela reprît en main l’ANC pour en faire un parti de gouvernement. Trois jeunes se joignirent à la vieille garde : Thabo Mbeki, fils de Govan, qui avait fait des études d’économie en Grande-Bretagne et conseillé Tambo dans l’exil ; Cyril Ramaphosa, secrétaire du syndicat des mineurs, qui se tournerait vers le privé en 1996 ; Chris Hani, ancien chef du MK, secrétaire général du Parti communiste, qui serait assassiné par un Blanc en avril 1992. Mandela lui-même prit la présidence du mouvement.

 

Dans le pays, cependant, en particulier au Kwazulu-Natal de Buthelezi, les violences et les massacres se multipliaient. Mandela était convaincu – et l’on saurait, plus tard, qu’il n’avait pas tort – qu’ils étaient encouragés en sous-mains par les Afrikaners. Il n’hésitait pas à dénoncer une « troisième force qui tentait délibérément d’empêcher des négociations» entre l’ANC et le gouvernement. Et il accusait publiquement De Klerk de double jeu. L’ANC lui-même organisait des groupes paramilitaires, les « unités d’autodéfense » (SOU), pour répondre à cette violence.

Nerfs d’acier

 

C’est dans ce contexte que s’ouvrit, à la fin de 1991, ce qui devait être la dernière phase des négociations. D’un côté, De Klerk, soumis à la pression des généraux et des extrémistes réclamait la confrontation dont ils rêvaient depuis plus de quarante ans ; de l’autre, Mandela, était entouré de militants qui ne vivaient que dans l’attente du Grand Soir. Mais les Afrikaners étaient divisés, alors que Mandela tenait son équipe en main. « Quand il avait pris une décision, dira Ramaphosa, il était inébranlable. Sans lui, et ses nerfs d’acier, nous n’aurions jamais pu négocier la fin de l’apartheid.

Lorsqu’on lui demanda si De Klerk était un ‘criminel politique’, Mandela répondit : ‘Quasiment tous les membres de ce gouvernement sont des criminels politiques’

 

Les pourparlers se poursuivirent jusqu’à la fin de 1993. Dans la nuit du 17 au 18 novembre, Mandela et De Klerk s’affrontaient encore sur le vote majoritaire et la protection des minorités. L’accord se fit, et en décembre, après Albert Luthuli en 1960 et Desmond Tutu en 1984, les deux hommes se virent attribuer le prix Nobel de la paix. Sans que leurs relations personnelles se soient vraiment améliorées. Lorsqu’on lui demanda, à la télévision norvégienne, si De Klerk était un « criminel politique », Mandela répondit : « Quasiment tous les membres de ce gouvernement sont des criminels politiques. » Il avait plus d’estime et de respect pour le « vieux crocodile », Pieter Botha, auquel il rendit visite dans sa retraite de Wilderness, près du Cap, en février 1994, à l’ouverture de la campagne électorale.

Cette campagne, il l’entama à l’âge de 75 ans, deux ans de plus que n’avait Ronald Reagan à la veille de son second mandat. La route était toute tracée vers la victoire et l’élection du premier président noir d’Afrique du Sud, le 27 avril 1994.

À la tête de l’État, laissant à son vice-président Thabo Mbeki la gestion des affaires courantes, Mandela se donna comme tâche prioritaire de consolider l’unité de la nouvelle nation. Les guerres civiles qui déchiraient les pays voisins, l’Angola et l’ex-Zaïre, montraient bien que sans la paix intérieure, rien n’était possible. Par les contacts qu’il avait eus, tout au long de ses 80 ans, avec les tribus rurales, les mineurs, la population des townships, les africanistes et les communistes, les Indiens, les gardiens afrikaners, les grands patrons et les chefs d’État, il était le seul capable d’empêcher l’explosion. Comme Senghor, et contrairement à d’autres, il saurait se retirer au terme de son mandat et faire élire en douceur son vice-président Thabo Mbeki, 55 ans.

 

Une vie privée tumultueuse

 

Même militant semi-clandestin, même prisonnier, Mandela avait réussi à avoir une vie personnelle. Septuagénaire, il était encore manifestement attiré par les femmes.

Ses relations avec Winnie s’étaient rapidement envenimées à sa sortie de prison. Elle le trompait et, surtout, elle était mêlée à différents scandales, dont le meurtre d’un adolescent de 14 ans, survenu en 1988. Populaire, elle n’hésitait pas à défier les dirigeants de l’ANC. Après avoir fait preuve d’une longue patience et d’une extrême indulgence, Mandela divorcerait en mars 1996.

En juillet 1990, en visite au Mozambique, il fit la connaissance de Graça Machel, la veuve du président Samora Machel. Elle avait vingt-sept ans de moins que lui et six enfants, dont le tuteur était Oliver Tambo. Après la mort de celui-ci, Mandela les prit en charge. Il ne revit Graça qu’en 1992, mais dès lors, les rencontres se multiplièrent. En 1995, lorsque fut entamée la procédure de divorce avec Winnie, il ne cacha plus leur liaison. Tutu était choqué, Winnie parlait avec mépris de « la Portugaise » et Evelyn, sa première femme, affirmait que Madiba était toujours son époux devant Dieu (elle-même devait se remarier à 77 ans).

 

A partir de 1997, Graça l’accompagna, et il l’accompagna, dans des voyages officiels. Elle repoussait toujours l’idée de mariage, mais pour son quatre-vingtième anniversaire, le 18 juillet 1998, elle lui fit un beau cadeau : elle accepta. Deux mille invités assistaient à la cérémonie, dont Christo Brand, son ancien gardien de Robben Island, où il tenait maintenant une boutique de souvenirs. Mais pas De Klerk, ni Winnie.

 

Jeune Afrique

 

 

 

 

AVIS D’APPEL A MANIFESTATION D’INTERET POUR LA FOURNITURE ET LA LIVRAISON DE LATERITE A LA MINUSCA

 

No. De la D.E.I : EOIMINUSCA726/07/18

 

Date de la DEI : 26 juillet 2018

 

Date de clôture de la DEI : 03 août 2018, avant 17H30, heure locale de Bangui. CAR

 

            La Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en          République Centrafricaine (MINUSCA) sollicite les déclarations d’expression d’intérêt pour la fourniture et la livraison de latérite sur ses différents sites à Bangui. Le projet comprend la fourniture de la latérite, l’extraction (main-d’œuvre), la livraison, ainsi que l’utilisation               d’équipements lourds nécessaires à l’exécution du projet.

 

            Toutes les Compagnies spécialisées, équipées et en règle sont priées d’envoyer leur          déclaration d’expression d’intérêt indiquant leur numéro d’enregistrement sur le portail mondial des fournisseurs des Nations Unies « www.ungm.org ».

 

            Les déclarations d’intérêt peuvent être soumises par courriel à nguessan5@un.org ,                mingando@un.org ou transmises en mains propres au plus tard le 03 août 2018 avant 17 heures 30 (heure locale de Bangui) comme suit :

 

« EOIMINUSCA/26/07/18 »

Pour la Fourniture et la Livraison de Latérite à la MINUSCA

Dejean, Camps Castor, Base Logistique

PK 4, Bangui, CAR

 

            Les déclarations d’intérêt doivent être soumises par le biais du formulaire de réponse de   fournisseurs taisant partie intégrante de la notice (EOIMINUSCA/26/07/18), à récupérer au bureau des Achats de la MINUSCA, avant la date de clôture du présent avis d’appel à manifestation   d’intérêt.

 

Pour plus d’informations détaillées sur les annoncés, veuillez visiter :

https://minusca.unmissions.org/achats

 

 

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