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Vendredi 07/07/2017

BOZOUM ET ZEMIO DANS L’ŒIL DU CYCLONE : QUE FERONT LES REPRESENTANTS DES GROUPES ARMES ?

 

Au mois de mai dernier, des affrontements très meurtriers ont opposé le FPRC à la coalition Anti-Balaka-FPRC de Azor Khalid dans la ville de Bria, au lendemain de la signature de l’accord politique et de cessez-le feu immédiat entre les groupes armés et le gouvernement. Certains hommes politiques, ceux de la société civile et autres ont apposé leur auguste signature au bas de ce document sous la houlette de la communauté laïque catholique de Sant’ Egidio. Malgré la bonne volonté de certains groupes armés à mettre en application cet accord, d’autres persistent dans des exactions de tout genre sur les populations civiles. C’est le cas de Ali Daras et des éléments d’autodéfense qui sont pour la plupart du temps assimilés aux combattants Anti-Balaka. Ces affrontement inter groupes armés se poursuivent allègrement de nos jours et sont devenus diluviens, intermittents comme la pluie de ce jeudi 06 juillet 2017.

Au cours de la semaine passée, des affrontements d’une rare cruauté ont été signalés à Nzako , Zémio, Ngaoundaï, Kaga-Bandoro, et nous en passons. Ces combats ont occasionné des pertes en vies humaines et des dégâts matériels considérables : des dizaines de morts, des centaines de maisons incendiées, des locaux des ONG humanitaires saccagés et pillés par les malfrats qui poussent en RCA comme les champignons ou qui pullulent en Afrique de l’Ouest comme des sauterelles. Plusieurs personnes se sont déplacées sur des sites ou se sont refugiées dans les pays voisins pour échapper à la foudre de ces rebelles. Même dans les sites des déplacées, nos compatriotes sont aussi poursuivis et attaqués par ces hors-la-loi. C’est le cas des combattants du MPC de Mahamat Alkhatim qui s’en est pris aux déplacés de Kaga-Bandoro non loin de la base de la Minusca.

Aujourd’hui, c’est le tour de la ville de Bozoum chef-lieu de la préfecture de l’Ouham-Péndé. Elle est dans l’œil du cyclone, c’est-à-dire convoitée par les combattants du Mouvement Patriotique pour le Centrafrique (MPC) de Mahamat Alkhatim. D’après le maire de cette localité, des rumeurs folles faisant état d’une probable attaque de cette ville par le MPC, circulent au sein de la population. Une psychose généralisée s’est emparée des habitants. En prélude à cette probable attaque, les Anti-Balaka de la localité et ceux venus d’autres villes, ont désarmé les forces de sécurités intérieure présentes dans la ville et ont emporté leurs armes. Le président de la délégation spéciale de Bozoum n’est pas passé par quatre chemins pour déplorer cette situation et a appelé le gouvernement, précisément les ministres de la Sécurité Publique et de la Défense Nationale à la rescousse.

A Zémio, des détonations d’armes légères se font entendre presque tous les jours. Dans la journée du mercredi 05 juillet 2017, des combats ont opposé pour la énième fois les combattants de l’UPC aux éléments d’autodéfense. Six (6) cadavres ont été récupérés par l’église catholique et enterrés le même jour. Plus de vingt mille (20.000) habitants ont fui les affrontements dans la brousse. Certains se dirigent actuellement vers la République Démocratique du Congo ou probablement vers le Soudan du Sud. Leurs conditions de vie se détériorent de jour en jour et ils ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Les combattants de l’UPC sont déterminés à occuper la ville et les éléments d’autodéfense ne l’entendent pas de cette oreille.

Face à cette recrudescence des violences qui gagne peu à peu nos villes de l’arrière-pays, que doivent concrètement faire le gouvernement et la Minusca ? Ils n’ont qu’une seule option aujourd’hui ! L’usage de la force pour contraindre ces hors-la-loi à mettre en application les différents accords et résolutions issues des foras de Brazzaville, de Libreville, de Bangui et de Rome. Car, sans cette pratique, les groupes armés qui ont relégué au dernier rang les accords signés çà et là, vont toujours continuer à tuer, à incendier des maisons et villages entiers, à piller les ressources du sous-sol dans les régions qu’ils ont occupées. Et ces richesses pillées vont leur permettre de se  réarmer et poursuivre leur sale besogne.

Il est temps de mettre fin à ces exactions à grande échelle perpétrées par certains groupes armés. Le sang des Centrafricains a trop coulé sous le pont. Le fait de continuer toujours à caresser les rebelles dans le sens du poils, leur ouvre la voie à toute sorte d’actes barbares, inhumains, bestiaux, indignes. Il faut que cela cesse un jour. Les déplacés internes veulent retourner chez eux pour reconstruire leur vie et vaquer à leurs occupations quotidiennes. De leur côté, les refugiés en RD-Congo, Congo-Brazzaville, Tchad, Cameroun, Soudan manifestent leur désir de rentrer en République Centrafricaine, la terre de leurs aïeux. Pourquoi les groupes armés continuent indéfiniment à prendre tout un peuple en otage ?

Si nos mémoires sont bonnes, ils ont affirmé haut et fort que les Centrafricains sont fatigués. Eux aussi, ils sont fatigués. Force est malheureusement de constater qu’ils ne sont pas fatigués puisqu’ils s’affrontent quasi-quotidiennement. Et ce sont les pauvres civils fatigués, qui n’ont plus la force de fuir les affrontements, qui sont tués, massacrés comme des bœufs à l’abattoir. Ils paient le plus lourd tribut de ces combats entre les groupes armés. C’est trop, et c’est déjà trop. Il faut passer à la vitesse supérieure pour sauver des vies humaines en danger à Nzako, Zémio, Ngaoudaï, Bozoum, Bria, Kaga-Bandoro, Mobaye, Alindao, Zangba, Kabo, et la liste est longue.

Se cramponner derrière les dialogues, les accords, les mises en garde, les déclarations, c’est encourager les rebelles à prendre les villes les unes après les autres. Car les Centrafricains ont l’impression aujourd’hui qu’ils tiennent un double langage. Et pourtant, tous les représentants des 14 groupes armés sont ici à Bangui et versent des larmes de crocodile sur la population civile. C’est la géométrie variable des groupes armés avec beaucoup d’inconnus. Bozoum et Zémio sont dans l’œil du cyclone à l’heure actuelle. Demain, ce sera le tour d’autres villes et ainsi de suite. A bon entendeur, salut !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

 

LE CERCLE DE LA CRUAUTE AU-DELA DE L’HORREUR EN RDC ET EN RCA : QUELLE IMAGE ENVOIENT LES BARBARES AU RESTE DU MONDE ?

Il n’y a pas un vocable pour qualifier la manière dont les enquêteurs des Nations Unies ont été assassinés en REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO. Il en est de même des mutilations des corps des Casques Bleus à Bangassou. Comment croire que dans le monde moderne d’aujourd’hui, il y a encore des êtres humains capables de traiter leurs semblables comme des ordures, comme un singe qu’on tue et qu’on met en pièces, en carcasse. D’où remonte une telle culture au-delà de l’horreur ? Il y a des gens sans foi ni loi, des hommes cruels, sadiques, mais jamais au-dessus de l’insoutenable. Un être humain devient un sac de foin dans lequel on donne des coups de machettes, on enfonce des baïonnettes, on le transforme en passoire, en bouillie, en amas de chairs.

Dans d’autres cas, un être humain est coupé en morceaux, dépiécé, la tête mise sur un poteau de bois. Tout cela, pour obtenir quoi, pour exprimer quoi ? Est-ce la solution aux problèmes qui fâchent et poussent à prendre les armes ? Les rébellions en Centrafrique et en République Démocratique du Congo ont révélé la facette cachée des créatures de l’enfer qui cohabitent avec les êtres humains normaux. Ces images resteront gravées dans la conscience universelle puis qu’elles font le tour du monde. Même les primitifs, les hommes du paléolithique supérieur, n’ont pas franchi ce seuil du raisonnable. La rébellion a toujours été un mode de revendication hors de la loi, souvent par les armes. La rébellion ne veut pas dire s’acharner sur un corps humain, fut-il votre ennemi juré. La rébellion se déchaîne contre un système et non contre l’être humain pour le dévaloriser, lui faire subir une fin plus qu’atroce. Comment expliquer un tel phénomène ?

Toutes les constitutions à travers tous les pays de la planète terre, consacrent « la personne humaine comme sacrée ». Les Hommes, sous-entendus, hommes, femmes, enfants et vieillards ont tous des droits, notamment le droit à la vie. Nul n’a le droit d’ôter la vie à son prochain. L’humanité baigne de nos dans l’ère des « Droits de l’Homme ». Certaines ethnies ont-elles des ADN sataniques, des gènes de l’enfer ? Que gagne-t-on en mettant un être humain en pièces détachées, en bouillie, en passoire ? Même la torture fait partie des pratiques inhumaines, combattue par la conscience universelle. La peine de mort est de plus en plus, bannie comme verdict d’un procès. Ces créatures de l’enfer envoient au monde des signaux indignes de l’Afrique. Même les terroristes parviennent parfois à libérer certains de leurs otages. Quel est le véritable objectif des rebelles centrafricains et ceux de la RDC pour s’en prendre à des enquêteurs des Nations Unies et aux Casques Bleus de la Minusca ? Les gens qui sont venus nous aider à sortir d’une crise larvée et perlée depuis 1996 à ce jour, sont-ils responsables de nos déboires politiques, économiques, sociaux, culturels et sportifs ? Les Centrafricains sont l’alpha et l’Oméga de leurs malheurs. Ceux qui viennent nous aider ont certes leur force et leur faiblesse. Il s’agit d’une crise armée et les accrochages peuvent avoir lieu. Faut-il pour cela mutiler les corps ? N’eut été la communauté internationale dont les Nations Unies et les Casques Bleus, que seraient les Centrafricains aujourd’hui ? Peut-on parler d’un pays, d’un Etat, d’un peuple ?

Aucun pays au monde ne vit en autarcie. Israël et la Palestine ne sont pas abandonnés à eux-mêmes. La Syrie n’est pas seule, il y a d’un côté les Etats-Unis et leurs alliés, de l’autre la Russie. L’Irak a le soutien des Etats-Unis dans sa lutte contre les terroristes. Aucun pays ne peut-être abandonné à son triste sort, délaissé par la communauté internationale. Il y a des Casques Bleus en RDC. Après la prise du pouvoir par l’ex-Séléka, le 24 mars 2013, il n’y a plus d’objectifs politiques à atteindre. Malheureusement, les différentes rébellions avec leur géométrie variable, ont pris pour cible la population civile sans armes et sans défense : Kaga-Bandoro a payé un lourd tribut et ce n’est pas fini. Cette population civile qui avait applaudi le renversement de Bozizé, est prise en otage, massacrée, torturée, violée, des familles entières brûlées dans leur maison.

Malgré toutes ces atrocités, la communauté internationale a coupé court en organisant les élections. Force est de constater que malgré le retour à l’ordre constitutionnel, les carnages se poursuivent. Pire encore, les vrais ennemis d’hier, signent un Accord, s’entendent pour rendre le pays ingouvernable. C’est toujours le peuple centrafricain qui souffre dans son âme et dans sa chair. En RDC, le pouvoir est loin à Kinshasa, alors que les rebelles s’en prennent à la population civile et aux enquêteurs des Nations Unies. Dans les fosses communes, c’est la population civile qu’on tue comme des mouches. Les mouvements de populations, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, avec son cortège de famine, de maladie de tout genre, d’intempéries et autres calamités. Ce n’est pas le gouvernement de la RDC qui souffre. Faut-il se jeter comme des fauves sur la population civile pour exprimer sa colère, ses revendications, pour se faire entendre ? La rébellion est désormais à la mode en Afrique. Le terrorisme vient compléter le macabre tableau, et c’est l’arithmétique des cadavres qui foisonne dans les médias. Le dernier sommet de l’Union Africaine (UA) prétend éteindre les foyers de tensions sur le continent. Il y a encore du chemin à parcourir pour sortir les peuples africains de leur statut de chair à canon.

Julien BELA

 

 

 

 

 

 

  CENTRAFRIQUE : UN ABBE RACONTE SUR FACEBOOK LE CALVAIRE DE SA PAROISSE

 

« Des tirs nourris à Zémio. Impossible de sortir ». Des messages comme celui-ci, posté mardi matin sur Facebook, l'abbé Jean-Alain Zembi en publie tous les jours depuis Zémio, dans le sud-est de la Centrafrique.

Depuis le début des violences dans la ville, le 28 juin, les liaisons téléphoniques sont coupées et la ville sous contrôle d'hommes armés non identifiés.

« Il faut que l'information parvienne au monde, car nous sommes bloqués ici et les tirs continuent », a expliqué à l'AFP l'abbé Zembi, 33 ans, joint sur Whatsapp mardi depuis Libreville.

« Ils ont coupé le réseau téléphonique, et on ne peut pas sortir, c'est trop dangereux. Alors je poste sur Facebook", explique-t-il, alors que des hommes armés non identifiés, qui sévissent dans le pays depuis des années, étaient toujours dans les rues de la ville mardi après-midi, selon plusieurs témoins joints sur Whatsapp.

Comme un témoignage de l'horreur des combats, une publication du 2 juillet le montre en train de rendre hommage à des corps sans vie drapés dans un linceul et entassés dans une fosse commune.

« Six (6) corps étaient sur le sol, dans les rues autour du presbytère. Il fallait prendre le risque de sortir les récupérer si on voulait éviter la contamination sanitaire du presbytère. D'autres corps sont toujours dans les rues, il y en a beaucoup mais personne ne peut les récupérer. On n’a pas de cercueil ici, donc on a du creuser une fosse commune », raconte-il à l’AFP.

Dans cette ville à 1.000 km de Bangui, sur la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), le réseau wifi est devenu le seul moyen pour les Casques bleus de la mission de l'ONU (Minusca), les humanitaires sur place et l'abbé Jean-Alain Zembi, de communiquer avec l'extérieur.

Le 28 juin, des hommes armés non identifiés sont entrés en ville, ont pillé et brûlé des boutiques et des maisons, faisant fuir les habitants et plus de 3.000 réfugiés congolais.

« Zémio est en feu depuis le mercredi 28 juin 2017. Aidez nous », a commencé à publier le 30 juin l'abbé Zembi, deux jours après le début des combats qui ont fait au moins cinq (5)morts et empêchent les humanitaires de venir en aide aux 20.000 déplacés de la ville, selon le dernier bilan du bureau de l'ONU pour les affaires humanitaires (Ocha).

- Journal de bord -

« Les acteurs humanitaires sont contraints de limiter temporairement leurs activités à Zémio », a déclaré mardi dans un communiqué le coordinateur humanitaire de l'ONU en Centrafrique, Najat Rochdi.

« Nous sommes dans l'insécurité totale. Les gens ne mangent pas, ne boivent pas d'eau potable, et ils n'ont pas les soins nécessaires. Des maisons ont été incendiées. Presque toutes les familles des déplacées n'ont plus d'abri. Comment vont-ils faire après la crise ? Si vraiment elle (se) termine », a continué l'abbé dans la même publication, suscitant l'indignation et le soutien de plusieurs dizaines de personnes sur le réseau social.

Les publications de l'abbé Zembi sur Facebook sont un journal de bord des violences dans la ville, un appel au gouvernement et à la communauté internationale à venir en aide aux habitants de Zémio.

« A cause des crépitements d'armes, on ne peut sortir pour prendre les corps (de personnes décédées dans les rues de la ville). Quel bon souvenir l'histoire gardera-t-elle de vous? Observez bien les visages de ces enfants victimes de la guerre de Zémio, peut-être qu'ils mourront dans deux (2) ou trois (3) jours », a publié l'abbé le 30 juin.

Le 03 juillet, il poste des photos de bidons d'eau et salue l'arrivée d'une équipe de l'ONU amenant « quelques bâches et quelques bidons d'eau » au presbytère où il est bloqué.

Dans une autre publication, il décrit en photos une messe en plein air, célébrée dans l'enceinte du presbytère où « au moins 1.500 personnes » ont trouvé refuge.

"Que ça fait du bien de changer un peu, une belle célébration", poste-il.

 

AFP

 

 

LA RCA SE VIDE PEU A PEU DE SES HABITATNTS, UN GRAND DANGER POUR SON DEVELOPPEMENT

 

Le déclenchement de la crise centrafricaine par l’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko, le 10 décembre 2012, dans la ville de Ndélé, a fait trop de mal à la RCA et à son peuple. L’entrée des Anti-Balaka dans la danse, le 05 décembre 2013, a accentué la misère des Centrafricains. Mais la récente recrudescence des violences dans nos villes de province qui se poursuit allègrement aujourd’hui, a fait fuir beaucoup de nos compatriotes vers les pays voisins.

Toutes les villes situées sur le bord de la rivière Oubangui se sont vidées de ses habitants. Nous citons entre autres Kouango, Zangba, Mobaye, Ouango-Bangassou, Bangassou. D’autres localités comme Alindao, Mingala, Bria, Kaga-Bandoro ont connu le même sort. Dans les régions du Nord, à la frontière centrafricano-tchado-soudanaise, on observe ce même phénomène, sans oublier les villes situées à l’Ouest de la RCA qui font frontière avec le Cameroun.

Les affrontements entre les groupes armés, les incendies des maisons, les tueries à grande échelle et la destruction des édifices publics et privés sont à l’origine de la fuite des habitants de la RCA vers d’autres pays. Et l’on constate aujourd’hui que la RCA se vide progressivement de ses citoyens. Les villes précitées ressemblent au désert de Sahara ou de San Pédro. Quelqu’un pourrait même aller loin pour dire que ces villes ressemblent à Sodome ou Gomorrhe. Pris de peur, nos compatriotes dans ces régions ont préféré se réfugier dans les pays voisins, faute de leur protection effective par le gouvernement et la Minusca. C’est pourquoi, ils ont estimé pour leur part qu’il faille se mettre à l’abri du danger dans un pays autre que la RCA. D’autres vont même plus loin pour affirmer qu’ils sont prêts à se naturaliser Congolais, Camerounais si le gouvernement centrafricain ne cherche pas des voies et moyens pour ramener la paix et la sécurité en Centrafrique.

Ont-ils raison d’avancer de tels propos ? Oui, oui et oui. Car, on ne peut vivre dans un pays que s’il y a la paix et la sécurité. Mais depuis presque cinq (5) ans, la sécurité et la paix n’existent que de nom en RCA. Les mercenaires tchadiens, soudanais et autres, sans oublier les combattants Séléka et Anti-Balaka, créent l’insécurité grandissante dans tout le pays, empêchant les gens de circuler librement sur l’ensemble du territoire national. Les Centrafricains ne peuvent plus aller au champ, à la chasse, à la pêche, à la cueillette. Faire un pas, c’est encourir tous les dangers du monde ou risquer sa vie. Les enfants ne vont plus à l’école. Les hommes et les femmes sont pris pour cible. L’animosité des combattants des groupes armés a atteint un degré inimaginable. Aucune distinction n’est faite entre les civils et les hommes en armes. On tire sur tout ce qui bouge, même un lézard ou un criquet. L’être humain pourtant sacré à l’image de Dieu, n’est qu’un objet sans valeur aux yeux des rebelles.

Dans ce cas de piètre figure, comment voulez-vous que la RCA ne se vide pas de ses habitants ? Ils cherchent là où il y a la paix et la sécurité. C’est la raison pour laquelle ils ont pris d’assaut les pays limitrophes de la RCA. Le gouvernement a l’obligation de se jeter à l’eau pour ramener la paix et la sécurité dans leurs villes respectives afin qu’ils retournent chez eux. Un pays qui se vide progressivement de ses habitants est un grand danger pour sa survie, son devenir et son développement.

« Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende », disait Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

 

 

BANGUI : LA NUISANCE SONORE, UNE VERITABLE PLAIE POUR LA SOCIETE

 

De jour comme de nuit, les bistrots, les kiosques de téléchargement des musiques et autres Eglises font autant de bruit qu’il leur plaît. Et ce, malgré la décision du gouvernement interdisant les tapages nocturnes et diurnes. La plupart des Centrafricains ne savent plus vivre dans la quiétude.

D’après un psychologue, habitant de Bangui, l’agacement relatif au tapage diurne et nocturne a des conséquences néfastes sur les générations présentes et futures : « Voyez maintenant. Quelqu’un aujourd’hui nous parle des enfants. Ils sont mélancoliques, méchants, tapageurs, en classe comme partout ailleurs dans les familles. Tout ça, c’est l’environnement dans lequel nous sommes. Les gens vivent stressés à Bangui. »

Renchérit Vincent Bellé, gendarme à la retraite, qui indique que la mesure d’interdiction des tapages nocturnes et diurnes reste de l’application, car aucun acte n’a été pris pour abroger la précédente : « la mesure demeure. Malheureusement, la plupart des Centrafricains ne connaissent pas leurs droits. Le souhait des représentants de la loi est que chaque citoyen soit rétabli dans ses droits, dans sa quiétude, et qu’il n’y ait pas de gens qui s’arrogent des droits au delà de ce qui n’est pas prescrit. Les forces de l’ordre doivent surtout se rapprocher des églises et temple qui poussent comme des champignons, afin qu’ensemble ils puissent assainir le milieu. »

Pour la police, elle ne peut intervenir qu’en cas de plainte : « Lorsque les gens sont dans un concert, ils jouent et dansent. C’est une nuisance. Mais les gens qui sont dans la zone à côté, s’ils aiment ça, le cas du stade 20.000 places, ce n’est pas une infraction. Il faut que ces gens puissent se plaindre pour dire : cet exercice là nous gène. C’est à ce moment là que ça devient une infraction. Si les gens se sont plaints et que la police n’a pas réagi, en ce moment là, c’est la faute de la police. »

Les Centrafricains devraient apprendre, à respecter le droit d’autrui, sa liberté ainsi que sa foi pour le vivre ensemble dans le pays de Boganda « Unité-Dignité-Travail ».

 

Sinclair Aries

 

 

 

 

LE PROGRAMME D’URGENCE PRESIDENTIEL POUR SOUTENIR LES ACHATS LOCAUX EN PRODUITS ALIMENTAIRES EN FAVEUR DES ECOLES EST DEJA EN MARCHE

 

Dans sa volonté politique affichée, le président de la République, professeur Faustin Archange Touadéra, a trouvé l’une des formules adéquates pour réduire le taux de la déperdition scolaire en RCA. C’est ainsi qu’il a mis en marche le Programme d’Urgence Présidentiel pour Soutenir les Achats Locaux  en Produits Alimentaires en Faveur des Ecoles (PURSAL-PAFE).

A cet effet, dans le cadre de la mise en œuvre du PURSAL-PAFE, la FAO a signé en février 2017, un protocole d’accord avec la Concertation Nationale des Organisations Paysannes de Centrafrique (CNOP-CAF) pour le « Suivi et Encadrement des activités de productions agricoles (vivrier et maraicher),  et avicoles », avec un suivi conjoint du Secrétariat Technique.

Cette organisation a déroulé ses activités au tour des écoles pilotes de Bangui, Pissa, Sibut et Bouar. C’est dans  ce cadre que les membres du Cabinet de la Présidence se sont répartis les missions de supervision, comme prévues dans le document de projet approuvé par le président de la République, chef de l’Etat. Les objectifs de ces missions visent à voir le niveau de réalisation de la phase pilote, sensibilisation des écoles et groupements de productions ciblés, formation aux techniques agricoles, distribution des Kits de productions agricoles, mise en place des poulaillers scolaires, mise à disposition des repas scolaires aux élèves des écoles ciblées) ; à s’entretenir avec les différents acteurs pour relever les défis rencontrés et témoigner les succès enregistrés ( les prévisions sur les productions en cours avec les enseignants et associations des parents d’élèves, la perception des communautés du PURSAL-PAFE avec les chefs des quartiers, les maires et députés) ; et à rappeler aux bénéficiaires l’importance de ce programme pour le président de la République et pour leur propre bien-être ( avec toutes les parties prenantes).

Et les résultats attendus sont : le niveau de respect des engagements des partenaires  techniques et financiers (FAO et PAM) est connu ; les productions agricoles prévues sont estimés ; les besoins financiers pour les achats des productions sont estimés ; le gap entre les prévisions et la réalisation est connu ; des mesures d’amélioration et de la gestion du programme sont identifiées ; et des rapports des missions sont produits, soumis au président de la République et mis à la disposition des partenaires techniques et financiers.

 

Le Petit YEKOA

 

 

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

 

UN HOMME MORTELLEMENT BLESSE PAR LES CASQUES-BLEUS A L’AEROPORT DE BANGUI

Dans la matinée de ce mercredi 5 juillet, la base du contingent du Bangladesh à  l’aéroport International de Bangui est prise d’assaut par une cinquantaine de jeunes  qui accusent les casques bleus de la Minusca d’avoir tiré sur un jeune homme qui se baladait dans leur secteur.

Le jeune homme, à identité inconnue, a escaladé pour tomber dans la base militaire de la Minusca à l’aéroport Bangui M’Poko. Il nous est difficile d’avoir plus d’informations sur lui.

Une culotte noire, entachée de sang, telle est sa trace dans cette base militaire. Selon des sources croisées, le tireur qui est un élément de la Minusca basé dans une guérite en l’air, l’avait pris pour un voleur.

« Il est aux urgences, son état est stable », nous a répondu un infirmier que nous avons rencontré à l’hôpital Communautaire de Bangui.

Un habitant du secteur s’est interrogé la motivation de ce tir ciblé.  « Pourquoi tirer  sur lui et non en l’air pour le dissuader », a lancé quelqu’un dans la foule, regroupée au niveau de la base militaire.

Nous avons tenté en vain de joindre le porte-parole de la Minusca pour sa version des faits. Ce jeune homme a été conduit à l’hôpital par l’équipe médicale de la Minusca.

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NOUREDDINE ADAM DU FPRC APPELLE A LA TENUE D’UN DIALOGUE POLITIQUE AVANT LA MISE EN ŒUVRE DU DDRR

Le numéro 2 du FPRC, Noureddine Adam, suggère la tenue d’un dialogue politique en Centrafrique avant la mise en œuvre du DDRR. Il l’a fait savoir ce matin dans une interview accordée à nos confères de Ndéké Louka.

Nourredine Adam n’a pas caché son pessimisme sur la mise en œuvre actuelle du DDRR. Pour lui, le processus est pris en otage et utilisé comme fonds de commerce par certaines personnes dont il n’a pas souhaité citer les noms, « le DDRR est un fonds de commerce actuellement » affirme-t-il. Le numéro 2 du FPRC propose un dialogue politique inclusif pour redresser la mise en œuvre du DDRR, « il faut organiser un dialogue politique assorti d’un accord politique afin de recadrer le DDRR » fait-il savoir.

Nourredine Adam, très proche de l’ancien président Michel Djotodia, tient les rênes du FPRC depuis plusieurs mois. Son mouvement est à la tête de la coalition qui attaque depuis huit mois les positions de l’UPC de Ali Darass. Sa proposition de passer par le dialogue politique avant la mise en route du DDRR intervient après celle faite en Novembre 2016 par François Bozizé qui souhaite un dialogue politique centrafricano-centrafricain. Il est désormais clair que François Bozizé et ses tombeurs jouent la même carte, celle du dialogue politique qui pourrait ouvrir à Bozizé, Djotodia et Nourredine la voie du retour sur la scène politique.

Ces trois personnalités ayant considérablement influencé les jeux politico-sécuritaires en Centrafrique entre 2010 et 2014, sont dans le viseur de la communauté internationale. François Bozizé, en exil à Kampala, est à la fois visé par un mandat d’arrêt national et des sanctions des Nations-Unies lui interdisant de voyager et surtout d’avoir accès à ses fonds. Nourredine Adam est dans la même situation.  Même si jusque-là, Michel Djotodia n’est pas officiellement sanctionné, de sources proches de la Minusca font état de ce que son nom existe sur la liste en étude. Ces trois personnalités ont été fortement ciblées dans le rapport Mapping produit par la commission des droits de l’Homme des Nations-Unies, rapport qui pourrait servir de document de base pour le travail de la Cour Pénale Spéciale, créée pour instruire, enquêter et juger les crimes graves commis en Centrafrique entre 2003 et 2015.

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DES ELEMENTS FACA ENVOYES EN FORMATION AU RWANDA

Des soldats centrafricaines sont partis au Rwanda pour une formation militaire. L’information a été confirmée au RJDH par des sources concordantes au ministère de la défense nationale.

Selon les informations du RJDH, les soldats centrafricains sont partis depuis cinq jours. Une source proche de l’Etat-major parle de 250 soldats, « nous avons une équipe de BIT 3 qui est envoyée pour un recyclage militaire au Rwanda. Ils en ont pour les six prochains mois », a confirmé cette source qui a préféré l’anonymat.

L’information est confirmée par des sources au ministère de la défense nationale qui justifient cette mission de formation par la volonté de remettre les Faca sur pied, « c’est une initiative portée par le chef de l’Etat qui veut que l’armée soit debout dans un bref délai. Nous travaillons pour cela et c’est dans ce cadre-là qu’après le plaidoyer du chef de l’Etat auprès de ses pairs, le Rwanda a accepté d’accueillir nos soldats », explique un cadre militaire du ministère.

La formation des Forces armées centrafricaines est assurée par l’EUTM, une mission de l’Union Européenne depuis septembre 2016. Cette mission forme une compagnie (120) éléments tous les trois mois, ce qui n’est pas du gout des autorités de Bangui. Au siège des Nations-Unies en avril dernier, le président Touadéra avait qualifié de lent, le rythme de la formation des militaires centrafricains assurée par l’EUTM. Ce dernier a engagé par la suite des plaidoyers auprès de ses pairs pour que certains éléments soient admis dans leurs académies militaires.

En mai dernier, une équipe de soldats a été envoyée au Burkina Faso et une autre en Israël pour des recyclages. Le Rwanda est la troisième destination des éléments de forces de défense. Les militaires centrafricains sont envoyés dans ce pays au moment où les violences montent en puissance dans plusieurs coins du pays.

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LES FORCES DE L’ORDRE DESARMEES PAR LES ANTI-BALAKA A BOZOUM

Les autorités administratives de Bozoum, localité située au nord-ouest du pays ont décidé de la paralysie des services administratifs suite au désarmement des policiers et gendarmes par les Anti-Balaka de la localité dans la nuit de mardi au mercredi. Information confirmée ce 5 juillet au RJDH par des sources concordantes de la localité.

Les régions de Paoua, Ngaoundaye et les villages environnants dans la préfecture de l’Ouham Pendé dont Bozoum est le chef-lieu sont sous tension sécuritaire. Des informations encore non recoupées distillées dans la ville font état d’une imminente attaque des groupes assimilés aux Séléka et à la Révolution Justice (RJ) à Bozoum. C’est dans ce contexte que les policiers et gendarmes ont été désarmés par les Anti-Balaka et leurs familles menacées.

En conséquence,  les activités administratives restent paralyser dans la localité, seulement un service minimum travaille au niveau de l’Hôpital de Bozoum « c’est la nuit d’hier que les Anti-Balaka sont partis menacer un gendarme, tabassé sa famille. Chez ils ont pris son armes, les policiers sur la barrière sont aussi désarmés, c’est pourquoi les fonctionnaires et agents de l’Etat ont décidé de ne pas travailler aujourd’hui et d’autres ont choisi de rapatrier leur famille sur Bangui », a indiqué un habitant de Bozoum joint par le RJDH.

Les tentatives du RJDH d’entrer en contact avec les responsables Anti-Balaka sont vaines et ceux-ci n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations. Ces faits sont signalés alors que les Séléka, Anti-Balaka et RJ sont signataires de l’accord de Sant ’Egidio.

 

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LES FEMMES LEADERS POUSSENT LES GROUPES ARMES A LA PAIX

Les femmes leaders ont poussé les groupes armés à la paix et au respect de leurs engagements en faveur de cesser le feu et du vivre ensemble en marge de l’atelier initié par HD Centre, (centre du dialogue humanitaire à Bangui) ce 4 juillet à Bangui. Une initiative saluée par les leaders et représentants des 14 groupes armés présent à cette séance.

Le plaidoyer des femmes leaders est fait en marge de l’atelier organisé par le Centre du Dialogue Humanitaire (HD Centre) à l’hôtel Somba à Bangui. Echanges organisés avec les groupes armés dans le but de réfléchir sur les nouvelles approches du DDRR. Le plaidoyer des femmes intervient alors les groupes armés sont pointés du doigt dans les violences basées sur le genre dans les zones sous occupations et en conflit.

Le plaidoyer des femmes leaders est porté par Mme Lina Ekomo présidente de l’association des femmes leaders dans l’objectif de saluer la volonté des groupes armés à aller vers la paix, mais aussi à leur rappeler les engagements signés dont sa mise en œuvre sur le terrain souffre d’efficacité. « Nous sommes venues vers vous pour discuter avec vous et vous encourager pour qu’on aille ensemble vers la paix » a-t-elle indiqué.

Les groupes armés ont unanimement salué l’initiative des femmes et marque leur disponibilité à discuter de la paix avec les femmes mais dans un autre cadre « Vous êtes nos mamans et votre rôle est déterminant pour la paix dans ce pays. Nous voulons discuter avec vous et nous souhaiterions le faire dans un cadre avec un chronogramme précis mais pas à la va vite. Nous sommes entièrement disponible à discuter avec vous nos mamans » a précisé Mahamat Abrass, un des leaders de la Séléka.

Le Centre du Dialogue Humanitaire représenté par son chef de mission Peter Nsinkeng s’est dit engager à soutenir le dialogue entre les femmes et les groupes armés.

L’association des femmes leaders porte la question des VBG et de la responsabilité des groupes armés peu après la prestation de serment de certains juges de la Cour Pénale Spéciale à Bangui.

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LE DIRECTEUR-PAYS D’INTERNEWS SOUHAITE L’EXTENSION DU PROJET « CONNECT »

Dans une interview accordée au RDJH, le Directeur-pays de l’ONG Internationale Internews Pascal Chirhalwirwa a estimé à 70% le taux de réalisation du projet « Connect ». Il a appelé à l’extension de ce projet axé sur  la consolidation du secteur des médias et la favorisation du retour effectif des réfugiés centrafricains.

RJDH : Monsieur Pascal Chirhalwirwa bonjour,

Pascal Chirhalwirwa : bonjour !

RJDH : Vous êtes le Directeur-pays de l’ONG Internationale Internews qui lancé en Septembre 2016 un projet dénommé « CONNECT ». Quel est le bilan actuel de la réalisation de ce projet ?

P C : Le projet Connect a été lancé depuis Septembre 2016. C’est un projet de douze mois financé par l’USAID. Ce projet s’articule sur trois axes à savoir : l’amélioration de la qualité de l’information, l’amélioration de l’accès à l’information, et l’amélioration du feed-back entre les gouvernés et les gouvernants et d’une manière globale, c’est un projet qui vise la mise en liaison des citoyens centrafricains et les institutions nouvellement élues. Beaucoup de choses ont été faites depuis la mise en œuvre de ce projet. On a fini tous les programmes de formation  des journalistes ici à Bangui et en provinces. Au total, on a formé autour de 70 journalistes maintenant nous sommes dans un processus d’octroi des bourses à certains journalistes pour aller chercher des informations sur le terrain. Nous avons mis en place un Centre de Ressources pour les Médias, nous avons lancé l’appui à la radio Lengo Ti la Ouaka et nous continuons de soutenir le RJDH. Nous sommes aussi dans le processus de la mise en place d’une radio au Km5. Nous travaillons aussi avec plusieurs associations pour des émissions et  débats publics pour permettre aux citoyens d’exposer leurs problèmes. Et puis le programme sur les réfugiés est lancé à travers nos trois pays partenaires : la RDC, le Tchad et le Cameroun.

RJDH : A quelques mois de la fin du projet, estimez-vous à combien le pourcent de réalisation ? 

PC : Je peux dire que nous sommes à peu près à 70% parce qu’il y’ a deux radios prévues dans le projet qui n’ont pas encore démarré leurs activités, une radio au Km5 et une pour le RJDH, et puis les équipements qui doivent aller dans six radios en provinces. Donc, nous sommes qu’à la phase des commandes des équipements qui vont arriver d’ici  peu pour l’installation des deux radios et l’appui des celles de provinces.

RJDH : Est-ce que vous espérez d’ici peu le lancement des activités de ces radios ?

PC : Normalement si on n’a pas de problème avec la douane, les équipements arrivent au courant de ce mois de juillet et nous avons déjà commencé la formation de l’équipe du RJDH et la semaine prochaine ce sera le tour de l’équipe de la radio au Km5. Tout est au point au mois d’aout on espère que ces radios vont commencer à émettre.

RJDH : Monsieur le Directeur-pays d’Internews a effectué plusieurs missions dans les pays partenaires du projet où des recommandations ont été faites à l’endroit de votre institution. Que faites-vous de ces recommandations ?

PC : Les recommandations des réfugiés centrafricains, c’est d’avoir accès à l’information sur ce qui se passe dans leur pays. Et nous encourageons effectivement la production des informations sur les réfugiés à travers les radios qui sont proches d’eux au Cameroun, Tchad et RDC. Nous avons signé des partenariats avec deux radios par pays et ces radios produisent des informations sur le quotidien des réfugiés et ces émissions sont rediffusées ici à Bangui à travers la radio Maria-Centrafrique,  la radio Djoukou de Bayanga et le site du RJDH. Et nous espérons que ces émissions pourraient stimuler le retour volontaire des réfugiés et au niveau local une bonne préparation pour l’accueil des réfugiés qui vont retourner au pays.

RJDH : Actuellement, la tension sécuritaire au Sud du pays a augmenté le nombre des déplacés externes en RDC, est-ce que cela influence le projet ? Si oui comment !

PC : Bien sûr c’est ce que nous déplorons. Au moment où les autorités du pays et toute la communauté internationale   se mobilisent pour le retour de la paix, on déplore qu’il y ait à nouveau des groupes armés qui créent de l’insécurité  dans les provinces et qui influencent le retour des réfugiés. Ce n’est pas à encourager et on espère que le dernier accord assigné entre les groupes armés, la société civile et les autorités va être exécuté et permettra d’arrêter les hostilités et que tous les centrafricains viennent conjuguer les efforts ensemble pour le retour de la paix et la relance du développement.

RJDH : Le projet Connect tire à sa fin. Envisagez-vous son extension au regard des défis à relever ?

PC : Cela ne dépend pas de nous, mais nous essayons d’analyser. C’est vrai qu’il reste beaucoup à faire, il y’a encore beaucoup de besoins, des choses à faire pour consolider les secteurs des médias et aussi consolider les actions que nous avons mené mais nous sommes une ONG pas des financiers, nous dépendons aussi des bailleurs de fonds. Donc, s’ils estiment que le travail que nous avons fait mérite d’être poursuivi et que dans leur coopération avec la RCA il faut continuer à soutenir, je pense qu’il y’a nécessité d’une extension pour ce projet.

RJDH : Pascal Chirhalwirwa merci !

PC : c’est moi qui vous remercie !

 

***** RJDH *****

 

 

 

La France annonce son prochain decaissement d’un appui

budgetaire de 10 millions d’Euros, soit 6,5 milliards DE FCFA

Le conseiller financier pour l’Afrique à la Direction générale du Trésor français, Pascal Fourcaut et sa collègue de l'Agence Française de Développement (AFD), Magali Kreitmann, ont été reçus en audience dans la matinée du jeudi 06 juillet 2017 par le ministre des Finances et du Budget, Henri-Marie Dondra. Le prochain décaissement d’un appui budgétaire français d’un montant de 10 millions d’Euros, soit 6,5 milliards de FCFA, a été au menu de leur discussion avec le membre du gouvernement.

Au  sortir de l'audience,  le  financier français s’est confié aux journalistes. En voici l’intégralité de son interview.

Monsieur Pascal Fourcaut, bonjour ! Vous sortez d'une audience avec le ministre des Finances et du Budget. Peut-on savoir l'objet de cette visite ?

Bien sûr, nous sommes deux avec ma collègue qui représente ici l'AFD et moi-même qui vient de la Direction générale du Trésor en France. Nous avons rencontré le ministre des Finances comme nous le faisons d'ailleurs chaque année pour instruire l'aide budgétaire française à la République centrafricaine.

Peut-on avoir une idée sur l’enveloppe ?

Pour l'enveloppe, je considère que c'est aux autorités centrafricaines de dire à la fin de la mission qui va se poursuivre jusqu'à demain, quel est le montant qui, finalement, aura été décidé. La seule chose que je peux dire, c'est que ce montant est en augmentation par rapport à ce que nous avons fait l'année dernière. Pourquoi est-il est en augmentation ? Parce que nous considérons que la France aux côtés de la Centrafrique doit aider ce pays à retrouver sa croissance, à retrouver la stabilité et que notre devoir, c'est de l’aider.

La République centrafricaine, comme tous les pays de la CEMAC, est entrain de traverser une zone de turbulence au plan économique. Alors, que compte faire exactement la France pour aider ce pays à sortir de cette zone de turbulence ?

Alors ! La zone de turbulence, oui, elle est là depuis un an et demi. L’action de la France a été triple.

Premièrement, c'est une action auprès du FMI. Et il y a une réponse très positive de la Directrice générale du FMI. La ligne de solution au problème à la crise que traverse la zone en général a été fixée lors de la conférence des chefs d'Etats du 23 décembre à Yaoundé, conférence à laquelle participaient notamment, la Directrice générale du FMI et le ministre des Finances français. Aujourd'hui, cette ligne directrice qui vise à faire en sorte que le FMI s'engage davantage aux côtés de tous les pays de la zone dans le cadre des programmes, est entrain de se mettre en place. On a vu le FMI travailler avec la Centrafrique déjà plus d'un an. Le Tchad de la même façon. Le Cameroun et le Gabon viennent de signer récemment le programme avec le FMI. Donc, vous travaillez également avec le FMI. Et puis, on peut espérer que dans les semaines, les mois qui viennent, le Congo et la Guinée Equatoriale vont suivre le même exemple que les quatre autres pays de la CEMAC. Donc c'est grâce à l'action de la France auprès du FMI qu’il y a eu cet intérêt renouvelé pour la zone, et cela par le FMI.

Deuxième action de la France, c'est l'engagement pris. L'une des raisons pour lesquelles nous sommes là, comme je le disais tout à l'heure, nous allons donner plus que l'année dernière. Eh bien, l'engagement de la France, c'est celui d'appuyer le financement des programmes du FMI. Nous allons consacrer davantage des ressources à la zone.

Troisième action de la France, c'est tout simplement auprès des autres partenaires comme la Banque mondiale, la BAD, l'Union Européenne, pour qu’avec eux, nous allons justement dans le sens d’un appui plus important afin de nous permettre de dépasser la crise qui existe actuellement en raison de l'évolution des coûts des matières premières, en particulier le pétrole. Je crois que vous êtes sur la bonne voie et que bientôt, on peut espérer que cette crise sera derrière nous et qu'on n 'en parlera plus.

Vous êtes en République centrafricaine. Vous avez entendu parler de la gestion des finances publiques. Comment évolue-t-elle ? Ou encore, quel regard portez-vous sur cette gestion?

Je peux dire que la gestion des finances publiques est un souci permanent que nous avons dans tous les pays de la zone. Et en République centrafricaine, après la crise, il faut effectivement retrouver une administration des finances publiques efficace.

L'un des objectifs que je n'ai pas dit tout à l'heure est, qu’avec le FMI, il faut certes que les budgets s'ajustent aux ressources. Mais il faut aussi que les ressources domestiques augmentent. C'est extrêmement important pour l’indépendance du pays. Puisque nous-mêmes, la France, avons à faire face à cela. Quand vous écoutez notre ministre des finances, le président de la République, notre objectif est de diminuer le déficit pour arriver à diminuer notre dette, et retrouver de la marge de manœuvre et de l'indépendance vis-à-vis de nos créanciers. Je crois que ce qui vaut pour nous, vaut aussi pour vous. Et donc, il est très important que les services du ministère des Finances se mobilisent pour augmenter les revenus domestiques. C'est extrêmement important et doit se faire parallèlement à l'appui des bailleurs de fonds.

Je vous remercie.

C’est moi qui vous remercie

 

Propos recueillis par

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

 

 

 

PSYCHOSE GENERALE A BOZOUM : DES JEUNES COLPORTEURS DE FAUSSES NOUVELLES ONT ALERTE LA POPULATION D’ATTAQUE EVENTUELLE DE CETTE VILLE PAR LE MPC DE MAHAMAT ALKHATIM

La ville de Bozoum, chef-lieu de la préfecture de l’Ouham-Péndé, était dans la psychose totale, ce mercredi 05 juillet 2017. Et pour cause, des jeunes colporteurs de fausses nouvelles, venus des villages environnants, avaient alerté la population d’une attaque éventuelle de cette ville par les éléments du MPC de Mahamat Alkhatim, l’une des branches de l’ex-coalition Séléka.

A l’annonce de ces fausses nouvelles propagées par ces jeunes malintentionnés, et par mesures de précautions, les jeunes d’auto-défense de Bozoum sont obligés de s’en prendre au commissaire de la Police et au commandant de la Brigade Minière, en les désarmant de Force et s’emparant de leurs armes.

Une telle attitude qui a été vivement dénoncée et condamnée par le maire de la ville de Bozoum, qui la qualifie d’un acte délictuel, donc susceptible  de poursuites judiciaires contre les auteurs et complices.

Par ailleurs, ce dernier a lancé un appel vibrant aux autorités du pays en général, et au ministre de la Sécurité Publique en particulier, de déployer urgemment à Bozoum des éléments des Forces de Défense  et de Sécurité Intérieures (FDS) afin de mettre de l’ordre et redonner la confiance à la population.

Mais que vont gagner par la suite ces jeunes colporteurs de fausses nouvelles ? C’est la question que nous nous posons. Sachez que, « tout se paie ici bas ». Fort malheureusement à Bozoum, il y avait trop de peur que de mal au sein de la population.

Le Petit YEKOA

 

 

 

La Cour penale internationale, un signe d’espoir dans un monde trouble.

La CPI, nee de l’impEratif moral de mettre un terme A l’impunite des auteurs de crimes atroces, qui choquent la conscience de l’humanite,

a 15 ans aujourd’hui.

Ce mois de juillet 2017, la Cour pénale internationale (CPI) marque quinze années de fonctionnement, enclenché par l’entrée en vigueur du Statut de Rome, son traité fondateur, le 1er juillet 2002. Le nombre élevé de ratifications requises a été rapidement atteint, à peine quatre ans après l’adoption du traité à Rome le 17 juillet 1998, un délai extrêmement court pour un instrument d’une telle importance et d’une telle complexité technique. On y a vu le signe que la Cour était ʺune idée dont le temps était venuʺ.

Les premiers juges et le premier Procureur de la Cour furent élus peu de temps après. Les premières enquêtes et procédures judiciaires ont ensuite débuté et, le 16 mars 2006, le premier suspect fut transféré à La Haye. Bien d’autres enquêtes et affaires ont suivi. Et ce qui avait semblé un rêve impossible il y a quelques décennies, était enfin devenu réalité.

Si concrétiser ces avancées n’a pas été sans efforts, s’assurer que la CPI se développe et devienne une institution pleinement mature est une tâche également difficile, en particulier à un moment où la mondialisation et les institutions multilatérales sont remises en cause. Pour réussir, la Cour a besoin du soutien fort et continu de tous les Etats, des organisations et de la société civile.

Mettre un terme à l’impunité

La CPI est née de l’impératif moral de mettre un terme à l’impunité des auteurs de crimes atroces qui choquent la conscience de l’humanité. Comme l’énonce le traité lui‐même, ces actes ont été considérés comme une menace pour la paix, la sécurité et le bien‐être du monde, et la justice comme étant une contribution essentielle à leur prévention.

Sans aucun doute, la création de la Cour est l’une des plus grandes réalisations de la diplomatie multilatérale. Elle représente une vision commune des Etats et de la société civile de tous les continents selon laquelle certains crimes sont tellement odieux que leur poursuite doit être assurée par une institution internationale forte de caractère général et permanent.

Pourtant, la CPI, précisément en raison de sa nature globale, ne peut pas et ne doit pas faire tout ce travail seule. La Cour a été créée pour enquêter et poursuivre les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide uniquement si les systèmes nationaux ne le font pas ou ne peuvent ou veulent le faire véritablement. Ce système de complémentarité protège à la fois la souveraineté nationale et la capacité de la Cour à exercer ses fonctions dans de multiples situations à travers le monde. Dans le même temps, ce système encourage les Etats à renforcer leurs propres systèmes de justice afin de s’assurer que les auteurs de crimes soient poursuivis plus près des personnes qui en ont été victimes.

Répondre aux atrocités

En quinze ans d’opérations, la CPI a été amenée à jouer de façon croissante un rôle de premier plan parmi les mécanismes internationaux pouvant répondre aux atrocités affectant des millions de civils, y compris ceux forcés de fuir la violence. Les gouvernements et le Conseil de sécurité de l’Onu ont demandé l’intervention de la Cour, qui a ouvert des enquêtes dans neuf pays et mené des procès, tout en maintenant une indépendance et une impartialité complètes.

La CPI a prouvé de façon pratique qu’elle était capable de poursuivre, par le biais d’un processus judiciaire équitable, les auteurs des crimes les plus graves tels que l’utilisation d’enfants soldats, les attaques armées contre les populations civiles, la violence sexuelle en période de conflit et la destruction de patrimoine culturel. La Cour a poursuivi des acteurs étatiques et non étatiques, y compris certains ayant des liens avec des organisations terroristes.

La CPI soutient les droits de la défense. Lorsque les preuves n’ont pas été suffisantes pour justifier une condamnation, les accusés ont été acquittés.

La Cour s’efforce de s’adresser aux victimes et de veiller à ce qu’elles soient effectivement représentées. Les victimes peuvent participer aux procédures et demander réparation pour le préjudice subi. Un Fonds spécial au profit des victimes affilié à la Cour recueille des donations en faveur des victimes et a déjà fourni une assistance à plus de 450 000 personnes dans des pays relevant des enquêtes de la Cour.

Et surtout, la CPI a contribué à placer les concepts de justice et de responsabilité au cœur des préoccupations de la communauté internationale. Une telle institution permanente s’attaquant aux crimes les plus graves est une source d’inspiration pour la lutte contre l’impunité dans le monde entier. De nombreux Etats ont harmonisé leurs législations nationales avec le Statut de Rome pour rendre possible les poursuites domestiques. La justice et la responsabilité pénale sont aujourd’hui reconnues comme des éléments intégraux de la résolution des conflits et de la reconstruction post conflit.

Une précieuse coopération

Cependant, afin de soutenir ces avancées historiques de la justice internationale, la Cour a besoin d’un appui suffisant et concret pour enquêter et poursuivre. La Cour dépend de la coopération pour recueillir des éléments de preuve, arrêter ses suspects, protéger ses témoins et faire appliquer ses peines. La Cour a également besoin de ressources financières suffisantes pour atteindre ses objectifs.

La Cour reconnaît que cette coopération peut diminuer si les soutiens potentiels perdent confiance dans sa capacité à rendre une justice de haute qualité. La coopération et la performance sont donc interdépendantes. La Cour s’est efforcée d’améliorer son efficacité par le biais de réformes visant à améliorer ses méthodes de travail et accélérer ses procédures judiciaires. Des résultats concrets sont déjà perceptibles.

La CPI est une réussite considérable et représente une promesse de justice et de protection pour les victimes de crimes atroces. Pourtant, la Cour est loin d’avoir atteint son plein potentiel. Les demandes pour qu’elle intervienne dans d’autres situations continuent de croître. Certaines d’entre elles sont hors de sa portée, car la Cour, avec 124 Etats parties, n’est pas encore universelle. Afin de répondre à ces attentes, la Cour doit avoir les moyens juridiques et pratiques de le faire.

Les quinze dernières années ont montré que la justice pénale internationale fonctionne, et qu’elle est vraiment nécessaire. La Cour pénale internationale est un signe d’espoir dans un monde troublé. Le 15e anniversaire de sa mise en marche est l’occasion d’inciter la communauté mondiale à redoubler d’efforts pour la soutenir.

 

Silvia Fernández de Gurmendi, Présidente de la CPI

La Libre Belgique, 03 Jul 2017

 

 

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