TOUADERA SEUL CONTRE LES GROUPES ARMES :

Lundi 20.02.2017 : 10H00

TOUADERA SEUL CONTRE LES GROUPES ARMES : OU SONT LES PARTIS POLITIQUES ? OU EST LA SOCIETE CIVILE ? SILENCE DE MORT. SANS PAIX, MAIS INDEMNISATION DES VICTIMES

Touadera 7Les partis politiques et la société civile n’ont aucun rôle à jouer dans la crise  centrafricaine. Leurs voix se font entendre dès qu’il est question de voyager comme à Libreville, à Ndjamena, Brazzaville. Les fora comme le Forum de Bangui, ils excellent. La justice, l’indemnisation des victimes, c’est l’angle d’attaque de la société civile, principalement les ONG de défense des Droits de l’Homme qui se lèchent les babines. Le calcul est déjà calibré, elles doivent s’y accrocher mordicus, griffes et ongles. Les victimes de Jean-Pierre Bémba-Gombo ont-elles déjà été indemnisés ? Faut-il encore avoir la paix sur l’ensemble du territoire national avant de parler des victimes. Les affrontements se poursuivent et la liste des victimes se rallonge, est-il opportun de parler d’indemnisation des victimes ? Les partis politiques et la société civile, dans leurs raisonnements, sont toujours à côté de la plaque.

Ibrahim Hassan Frédé, de Sant’ Egidio, maitrise parfaitement l’évolution de la sécurité et les négociations tant à Luanda, en Angola qu’à Rome. Sur plus de quinze (15) groupes armés, environs douze (12) ont adhéré au processus DDRR. Il reste trois (3) groupes récalcitrants. Derrière Touadéra, il n’y a personne. Il est obligé de solliciter le concours des pays des Grands Lacs. Il se trouve que l’Angola assure la présidence. Il est question de connaitre les mobiles des groupes armés récalcitrants, afin de rapprocher les deux bouts. Sant’ Egidio, spécialisé dans la médiation, a aussi mis la main à la pâte, d’où l’ouverture de l’axe Luanda-Rome. La vie des Centrafricains, la paix, n’intéressent nullement les partis politiques, encore moins la fameuse société civile qui n’ont jamais demandé à la Minusca de les aider à rencontrer les groupes armés à Bambari, Bria ou Kaga-Bandoro. Tout le monde attend l’échec de Touadéra pour rebondir. L’hypocrisie, les calculs lugubres, les appétits prononcés des fonds d’indemnisation des victimes, sont propres aux Centrafricains.

Or la priorité des priorités, c’est d’abord la paix, la véritable paix pour tous les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. La Minusca est une force de paix et non de guerre. Elle est là pour aider les Centrafricains à se parler, à dialoguer pour résoudre la crise. Malheureusement, que ce soient les partis politiques, que ce soit la société civile, c’est la démission de fait, pour se cacher derrière le doigt de la main. Ils sont incapables, vu leur médiocrité et leur nullité  en culture politique, alors ils étalent leur nanisme. La justice que la société civile brandit comme l’épée de Damoclès, n’est pas une solution crédible, car la dernière session de la Cour Criminelle a démontré le contraire. Il est permis de douter de l’efficacité de la justice, fut-ce la Cour Pénale Spéciale (CPS). La justice est l’un des maillons de la crise que connait le pays.

L’amnistie générale est incontournable, si la route de la paix passe par là. L’Afrique du Sud, le Tchad, le Congo-Brazzaville, le Libéria, la Sierra-Leone et tant d’autres pays ont connu pire que nous. Les magistrats et les avocats se bousculent à cause de la manne financière. Tous les dossiers des grands criminels étaient vides lors de la dernière session de la Cour Criminelle. Ils sont tous à l’air libre. Touadéra doit maintenir le cap, et en cas d’amnistie, ce n’est pas la fin du monde. Aucun centrafricain n’osera aller à la rencontre des groupes armés. A Brazzaville, nous avons entendu, « Plus jamais ça ! ». Où en sommes-nous aujourd’hui ? Ibrahim Hassan Frédé nous a tenu en haleine durant les débats dans l’émission « Patara », sur la Radio Ndèkè-Luka, ce samedi 18 février 2017. Voilà un vrai fils du pays qui a la tête sur les épaules et qui sait ce qu’il dit. Il s’agit de la paix pour cinq millions (5.000.000) de Centrafricains qui n’en peuvent plus et non de petits calculs d’ONG sur le dos des victimes, mettant la charrue avant les bœufs.

L’axe Luanda-Rome, constitue le round de la dernière chance pour conclure une paix définitive et durable. Même ceux qui étaient aux affaires pendant la transition, qui devaient faire ce travail et qui ont lamentablement échoué, se permettent le luxe de parler de volonté politique. La mission essentielle de la transition était le désarmement. Il y a eu des victimes de Ali Darass au sein de la garde rapprochée de Nguéndet à Bambari. N’y avait-il pas de volonté politique en ce temps-là ? Le déficit de culture politique est ahurissant en Centrafrique. Touadéra-Minusca sont les seuls concernés par la paix en RCA. Où sont les cinq millions des Centrafricains ? Les victimes sont des militants des partis politiques, mais personne n’ose se prononcer. Du matin au soir, c’est la Minusca, Minusca, Minusca, comme si le peuple centrafricain s’appelle désormais « Minusca ». La société civile burkinabé a affronté les mains nues, l’armée d’élite qui a renversé la transition. Cette force spécialisée a fini par remettre le pouvoir aux autorités de la transition. Et pourtant, il y avait une armée nationale dans le pays. Mais la société civile était au front sans armes, pour déloger les putschistes hyper-armés. Voilà un peuple, voilà une société courageuse, dynamique, intransigeante avec les valeurs démocratiques et la dignité humaine.

En RCA, c’est le micro de la presse qui leur permet de raconter les âneries. Les partis politiques et les composantes de la société civile sont incapables de s’organiser pour défendre leur pays. Regardez-les. Nous avons vu une dame qui a bravé l’insécurité et a organisé les élections, pendant que les hommes lâchaient leur pays en cours de route. Madame Hoornaert N’Kouet mérite toutes les distinctions dont dispose le pays pour l’honorer. Les hommes se sont déculottés, il ne restait qu’à troquer leur pantalon contre la jupe. Hypocrites, lâches, irresponsables, inconscients, fourbes, poltrons telles sont les caractéristiques de l’homme politique centrafricain. Si nous n’avons pas le courage d’affronter nos propres défis, laissons  la Minusca et Touadéra faire ce qu’ils peuvent faire. Nous sommes un peuple mollusque, invertébré, un vrai déchet humain. Personne ne veut mettre le nez dehors, profitant de la présence de la Minusca. Il suffit que la Minusca dise, « je m’arrête, je quitte la RCA », les farfelus d’hommes politiques prendraient le large, abandonnant la population à son triste sort comme Bozizé l’a fait. Le quotidien « Centrafric Matin » encourage notre compatriote Ibrahim Hassan Frédé à s’investir davantage dans le dialogue selon l’axe Luanda-Rome. Il faut ignorer les partis politiques et la société civile, parce qu’ils ne savent pas ce que veut le peuple centrafricain, mais espèrent la manne sur le dos des victimes. Société civile centrafricaine, une honte nationale, africaine et mondiale. D’ailleurs, ses membres ne maitrisent nullement le concept de société civile, encore moins les exigences de son indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics. Dommage !

Julien BELA          

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