TOUADERA POURSUIT DEUX LIEVRES A LA FOIS :

Mercredi 01.03.2017 : 10H20

TOUADERA POURSUIT DEUX LIEVRES A LA FOIS : LES GROUPES ARMES ET LA SITUATION SOCIO-ECONOMIQUE DU PAYS MAIS LES AUTRES, DEMISSIONNAIRES

Touadera 10

« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée », disait Descartes. A l’évidence, tous les hommes en sont pourvus qu’ils n’en ont plus besoin. A l’observation, la classe politique, la société civile, les élus de la nation, semblent en être dépourvus. Tout le monde a sur les lèvres, le même refrain. « Nous interpellons le gouvernement », soit «  le gouvernement doit prendre ses responsabilités ». Personne ne se sent concernée par ce qui se passe dans le pays. Touadéra et son peuple sont les acteurs exclusifs de la paix. La classe politique, la société civile, les députés jouent au Ponce-Pilate. Malgré l’appel de Touadéra à ses frères pour une « Union Sacrée », l’indifférence est de marbre. Le nanisme politique est le dénominateur commun de la médiocrité, caractéristique essentielle des acteurs centrafricains.

La mauvaise fois, l’hypocrisie, la fourberie, la soif du pouvoir, la haine, empêchent les Centrafricains de former un front commun, la fameuse « Union Sacrée ». La Communauté internationale, la Minusca, les observateurs de la crise centrafricaine se posent autant de questions : est-ce qu’il y a des leaders politiques dans ce pays ? La société civile existe-t-elle ? Y a-t-il des députés élus par le peuple pour plaider son sort, défendre sa cause ? Critiquer, c’est la seule prouesse des acteurs de la vie politique. L’individualisme prédomine parce que chacun veut se faire entendre, faire ses propositions, alors il y en aura combien sur la table ? Un peuple divisé contre lui-même, court le risque de sombrer définitivement. Dans le cas de la RCA, le péril est collectif, national et nécessite une véritable, « Union sacrée » pour parler d’une seule voix, avancer et ternir chaque pas pour gagner. La désolation vient de la désignation de l’Angola comme médiateur dans la crise centrafricaine. Certains s’y opposent, d’autres prétendent ne pas être au courant, d’autres encore préfèrent se tenir à l’écart, un pays des mauvais troglodytes. L’Union Africaine, la CEEAC, la CEMAC, l’Union Européenne, les chancelleries prennent des initiatives et travaillent en lieu et place des Centrafricains.

Touadéra a tracé la voie, « la Non violence et le dialogue ». Le contenu devrait revenir à la classe politique, à la société civile et aux élus de la nation. Certains députés ont choisi exclusivement leurs circonscriptions pour s’y rendre. Quel est le résultat ? Quand l’ex-coalition Séléka a envahi le pays de  2012 à 2013, personne n’a été épargnée par les exactions, la violence exponentielle, l’horreur, les tueries, les incendies, les viols et autres voies de fait. La RCA était un pays sinistré. Comment comprendre le comportement de la classe politique, de la société civile, des députés devant la recherche de la paix ? Les beaux français, les grands discours, alors que tout le monde était terré sous les lits, dans des grottes, des caves, des tiroirs géants, des plafonds des maisons. Ils ne respiraient pas du tout pour se faire entendre. Aujourd’hui, l’opportunité de restaurer la paix s’offre à tous mais hélas, Touadéra est seul avec ses conseillers. Y a-t-il véritablement le bon sens dans une telle attitude ? La paix ne concerne-t-elle que quelques uns ?

Du matin au soir, le même refrain « Minusca, Minusca, Minusca », comme si elle avait une baguette magique pour renverser la vapeur. Combien de fois, la Minusca s’est définie comme force de paix et non d’attaque ? Les Centrafricains sont spécialistes de communiqués de presse. Dès qu’ils ont la chance d’être devant un micro, diantre ! Cela fait pitié. Ce sont les autres, la Minusca et le gouvernement. Lui, il n’est nullement concerné par la paix, la violence, les tueries, les incendies, les destructions, les viols, c’est la négation pure et simple de l’être humain. Qu’on massacre la population civile, les acteurs sont indifférents, mais font des calculs pour se positionner, on ne sait jamais. L’indemnisation des victimes devient la ruée vers l’Eldorado. Toutes les ONG de défense des Droits de l’Homme s’engouffrent dans le restaurant d’Ali Baba. Et pourtant, les affrontements se poursuivent, il y a encore des victimes, la paix n’est pas encore pour demain. Elles mettent la charrue avant les bœufs, parce que c’est le « Doumbélane », la zone d’abondance. Or, la priorité des priorités, c’est d’arracher la paix et le reste s’en suivra. Tout est documenté. A-t-on besoin d’aller vite que la diarrhée ? La restauration de l’autorité de l’Etat n’est pas encore effective sur l’ensemble du territoire national. C’est un autre défi. Dans les zones occupées par les groupes armés, il y a des militants des partis politiques, les adhérents des ONG de défense des Droits de l’Homme, l’électorat des députés. Sont-ils abandonnés à leur triste sort ? Faut-il se contenter de la ville de Bangui ? La RCA est un tout, comme le corps humain. Si une partie du corps est malade, tout le reste est  malade.

Petit à petit le Km5 est devenu fréquentable aujourd’hui. La classe politique, la société civile, n’osaient s’y aventurer. Il a fallu la force tranquille du gouvernement et le ciel sécuritaire se dégage peu à peu. C’est triste d’être Centrafricain, de voir des gens instruits incapables d’user de leur bon sens. Les mentalités semblent encore prélogiques et donc déconnectées de la réalité du monde moderne. Le niveau de réflexion, du patriotisme, de l’Union sacrée n’est pas encore centrafricain. Ils prennent leur nombril pour le bout du monde, alors que l’Union fait la force. Il faut tout mâcher et cracher dans la bouche des Centrafricains. Ils avalent tranquillement sans efforts. En Angola, ce sont les groupes armés, aucune classe politique, aucune société civile, elles ne se contentent que des ombres au détriment de la réalité. Le complexe d’infériorité est flagrant, car, les interventions sont d’un autre âge, d’une autre époque, et font sourire ceux qui les écoutent. Pauvre Centrafrique de Barthélémy Boganda, un homme intelligent et en avance sur son temps. Le fossé est trop grand entre Boganda et les générations actuelles.

Julien BELA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 

Date de dernière mise à jour : Mer 01 mars 2017