TOUADERA ET LA MINUSCA DOIVENT OUVRIR LES YEUX :

Mardi 16.05.2017 : 09H26

TOUADERA ET LA MINUSCA DOIVENT OUVRIR LES YEUX :

L’ACCORD DE NAIROBI N’A PAS ENCORE DIT SON DERNIER MOT, CAR 1000 COMBATTANTS LOURDEMENT ARMES

Touadera et guterresBangassou et Alindao ont fait l’objet d’une attaque de grande envergure, minutieusement préparée. Les 1000 combattants Anti-Balaka ont infiltré Bangassou sur la pointe des pieds. Une fois le dispositif en place et les troupes en ordre de bataille, tous les ponts ont été enlevés pour paralyser la Minusca dans ses mouvements. Les Anti-Balaka ont attaqué simultanément le camp de la Minusca et le quartier Tokoyo de Bangassou. Ils ont osé parce qu’ils sont lourdement et suffisamment armés pour porter un coup dur à la Minusca, l’humilier. C’est une démonstration de force de frappe. Les Anti-Balaka se sont réorganisés dans l’ombre pour surprendre les acteurs de la paix et de la réconciliation. Entre temps, leurs branches politiques ici à Bangui font feu de tout bois pour détourner l’attention des autorités du pays. Une manière de laisser la latitude aux groupes armés de se réorganiser. L’attaque de Bangassou est un test grandeur nature. Bozizé est à Campala en Ouganda. Après le départ des américains et des troupes ougandaises, la voie est désormais libre pour faire entrer des armes dans le Sud-est du pays, soit par la RDC, soit par le Sud-Soudan. Le concours de la République Démocratique du Congo sera extrêmement précieux dans ce cas de figure. Mais en plus, il faut changer le mandat de la Minusca pour qu’elle devienne une force combattante.

Le M23 en RD-Congo était dans ce genre de micmac, tuant, incendiant, violant tout sur son passage. Toutes les négociations ont été vaines. Le Conseil de Sécurité s’est vu dans l’obligation de modifier le mandat de la Minusca pour venir à bout du M23 par des combats féroces. Bozizé et Djotodia, à travers l’Accord de Nairobi, n’ont pas encore dit leur dernier mot. Ils tirent les ficelles par tous les moyens. Après les affrontements entre le FPRC et l’UPC, c’est au tour des Anti-Balaka de jouer leur partition à Alindao et Bangassou. C’est une attaque fulgurante qui a pris de court la Minusca déjà piégé. Six (6) Casques Bleus tués en si peu de temps, c’est trop. Touadéra et la Minusca doivent se réveiller et prendre la vraie mesure du danger qui guette le pays. Il est donc urgent de modifier le mandat de la Minusca, afin qu’elle soit sur ses gardes et se protège en toute éventualité afin de  sécuriser les populations civiles. Tokoyo est un quartier à dominance musulmane. Les Anti-Balaka veulent rééditer ce qu’ils ont fait au Km 5, pour opposer les musulmans aux chrétiens, afin d’embraser l’Est du pays.

« La bataille pour le contrôle des richesses » est une thèse dépassée. Il faut attaquer. C’est le retour au pouvoir par tous les moyens de Bozizé et non pour un contrôle de richesses. Il faut une diplomatie militaire en direction de la RDC pour juguler le mal. Pendant que les Anti-Balaka jouent leur carte, que font le FPRC et sa coalition ? Quand la Minusca est prise pour cible, le message est clair et n’a pas besoin d’interprète. Le Secrétaire Général des Nations Unies, monsieur Antonio Guterres se disant outragé, doit prendre les mesures qui s’imposent pour préserver la vie des contingents onusiens.

L’attaque de Tokoyo à Bangassou visait à provoquer de l’autre l’UPC pour qu’elle entre dans la danse. L’Accord de Nairobi vise aussi à affaiblir Ali Daras, ce qui rejoint la thèse du chercheur français, mettant en exergue l’implication du Tchad dans la traque de Ali Daras pour anéantir les peulhs. En cas de rapatriement suite au DDRR, que ces peulhs ne représentent plus un danger pour le Tchad, car ils sont armés. C’est l’autre facette de la médaille dans le rapprochement FPRC et Anti-Balaka. Ali Daras est l’homme à abattre, malheureusement, les populations civiles innocentes paient un lourd tribut dans ces affrontements très meurtriers. Le FPRC passe le relais aux Anti-Balaka et la question fondamentale est de savoir pourquoi les représentants des Anti-Balaka et du FPRC font le déplacement de Rome ? N’est-ce pas de la poudre aux yeux du Pape François ? Malgré son passage à Bangui, malgré plusieurs rounds à Rome, à Luanda, rien ne semble bouger. Nous en sommes à la quatrième session du Comité Consultatif et de Suivi du programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), mais hélas, la violence redouble d’intensité. C’est qu’il y a anguille politique sous roche.

La mise en place de la Cour Pénale Spéciale (CPS) provoque la panique tant au sein des branches politiques et les chefs de guerre, qu’au sein des groupes armés. C’est une recommandation de l’ensemble du peuple centrafricain à travers les consultations populaires, qui a été gravée en lettres d’or par le Forum National de Bangui. Il y a des recommandations à court, moyen et long terme. La classe politique ne voit jamais le pays, mais ses propres intérêts. L’hypocrisie, la fourberie, la trahison, les virgules dans le dos, les peaux de bananes, les tacles irréguliers, constituent la caractéristique essentielle de la classe politique centrafricaine. Certains sont experts en acrobatie politique, tout en crachant dans la main qui donne. Faut-il voir son pays ou voir un individu ? La RCA est-elle maudite ? Ô temps ! Ô meurs !

Julien BELA

 

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