TOUADERA A BIRAO POUR LE REDEPLOIMENT

Lundi 06.11.2017 : 10h27

 TOUADERA A BIRAO POUR LE REDEPLOIMENT DE L’AUTORITE

DE L’ETAT : LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DOIT APPUYER LE GOUVERNEMENT

Après Bossangoa, Kaga-Bandoro, Bambari, Bangassou, Bria, Obo, Bouar…, le président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra, a repris son bâton de pèlerin. Dans la journée du jeudi 02 novembre 2017, il s’est rendu à Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, située à l’extrême Nord de la RCA. Le but principal de son déplacement est le redéploiement de l’autorité de l’Etat dans cette préfecture du pays.

Suite à la nomination des préfets et sous-préfets par un décret présidentiel, il était question de les installer dans leurs zones de juridiction respective. C’est ainsi que le chef de l’Etat s’est déplacé personnellement dans cette partie du pays où sévissent les groupes armés et les mercenaires tchadiens et soudanais. Notons tout de même en passant que la ville est sous le contrôle du MLCJ, l’une des branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka, engagé depuis plusieurs années dans la recherche de la paix et de la sécurité. L’ex-mouvement militaro-politique MLCJ n’est jamais réfractaire ou réticent au programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). D’ailleurs, les ex-combattants participent activement au développement de leur région à travers des Activités Génératrices de Revenu (AGR), contrairement aux autres groupes armés qui détruisent tout sur leur passage. Même dans les régions qu’ils contrôlent, ils commettent des exactions sur les populations civiles, les humanitaires et autres. De jour comme de nuit, des détonations d’armes se font entendre. Or, pour la ville de Birao, le calme règne. Les communautés musulmane et chrétienne se côtoient, cohabitent ensemble.

Donc, il était nécessaire que l’autorité de l’Etat soit redéployée dans la Vakaga où le MLCJ n’est jamais hostile aux projets du gouvernement. Le FPRC de Nourredine Adam et Abdoulaye Hissène, l’UPC de Ali Daras, les 3R de Sidiki et surtout le MPC de Mahamat Alkhatim qui s’était opposé farouchement à la nomination du préfet de la Nana-Gribizi, doivent emboîter les pas au MLCJ de Toumou-Déya. La guerre a trop duré, le sang a trop coulé et les Centrafricains ont trop souffert. Il est temps que les autorités administratives soient redéployées dans les villes de l’arrière-pays pour avoir l’œil sur leurs concitoyens. La RCA est revenue à l’ordre constitutionnel depuis le 30 mars 2016, avec l’investiture du président élu, Faustin Archange Touadéra. Les combattants des groupes armés ont participé aussi à l’élection de Touadéra. Nous ne comprenons pas pourquoi certains sont hostiles, réticents au redéploiement de l’autorité de l’Etat. La RCA est une et indivisible. Et la force revient toujours à la loi. Il ne sert à rien de s’opposer à ce redéploiement. Ces autorités préfectorales ne sont pas affectées dans les localités pour s’en prendre à leurs compatriotes mais plutôt pour veiller sur eux, que ce soient des ex-combattants ou des civils.

Le président Touadéra a donné le top en allant personnellement installer le préfet de la Vakaga et le sous-préfet de Birao. La volonté du chef de l’Etat de restaurer l’autorité de  l’Etat sur toute l’étendue du territoire nationale est là. Il l’a faite savoir à Birao, une ville où règne la cohésion sociale. Les habitants de cette préfecture ont intérêt à prêter main forte à ces personnalités politico-administratives pour le développement de la Vakaga qui a été, disons-le entre guillemets, marginalisée par les régimes qui se sont succédé à la tête de l’Etat centrafricain. Et ce n’est pas pour rien que Touadéra a choisi cette préfecture pour installer les nouveaux préfet et sous-préfet. Il veut certainement prouver à nos concitoyens que Vakaga n’est pas marginalisée par les nouvelles autorités. Elle fait partie intégrante de la République centrafricaine même si elle est enclavée aujourd’hui. Tôt ou tard, cette préfecture sera ouverte aux autres.

Pour des efforts entrepris par le président de la République lui-même dans la restauration de l’autorité de l’Etat dans l’arrière-pays, il est capital et urgent que toute la communauté internationale appuie le gouvernement. Car elle ne peut organiser des élections crédibles, transparentes, démocratiques et en même temps tourner le dos aux nouvelles autorités qui peinent à restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire. La Minusca, cette force onusienne déployée en Centrafrique, a non seulement le mandat de protéger les populations civiles mais aussi d’aider, d’appuyer le gouvernement dans sa recherche de paix et de sécurité. Et ces deux (2) pierres précieuses tant recherchées par le peuple centrafricain ne peuvent que passer par la restauration de l’autorité de l’Etat. C’est ce que fait Touadéra. Lui seul ne peut tout faire. Il a besoin de l’apport des filles et fils de ce pays, de l’appui accru de l’ONU, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine, des Etats-Unis, de la France, de tous les pays amis, des bailleurs de fonds, des partenaires au développement de la RCA, bref de toute la Communauté internationale pour réussir ce projet. Car ne dit-on pas que l’« Union fait la force » ?

Aidons le président Touadéra et tout son gouvernement dans le redéploiement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. C’est pour notre survie et celle de la RCA. Il faut que les combattants des groupes armés, filles et fils du pays de feu président fondateur Barthélemy Boganda le comprennent. Sans la restauration de l’autorité de l’Etat, rien ne peut se faire. Et pour que les uns et les autres ne parlent plus de marginalisation de leur région, il faut accepter ces nouveaux préfets et sous-préfets. Mettons un terme à nos intérêts égoïstes et personnels. La RCA d’abord, les Centrafricains avant tout.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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