TIRS EN L’AIR DES CASQUES BLEUS A BOZOUM, ...

Mardi 25/04/2017 : 10H58

TIRS EN L’AIR DES CASQUES BLEUS A BOZOUM, ET DES TIRS SPORADIQUES DANS D’AUTRES VILLES : VERITABLE ANARCHIE

Premier ministre chef du gOù va la RCA de feu président fondateur Barthélémy Boganda ? S’est-elle transformée en un pays anarchique où chacun fait ce qui lui semble bon ? Sommes-nous dans une jungle où la loi du plus fort prime sur le faible ? Autant d’interrogations qui nous laissent perplexes.

Depuis le Tsunami de l’ex-coalition Séléka, tout porte à croire que chacun agit de son propre gré. Un individu ou groupe d’individus peut se lever un petit matin et commencer à faire ce qui dépasse l’entendement humain. C’est le cas des Casques Bleus de la Minusca. En effet, dans la journée du mardi 18 avril dernier, ces soldats onusiens, de passage dans la ville de Bozoum, ont fait des tirs en l’air. Cette sommation a fait fuir de nombreux habitants dans la brousse. La ville était paralysée. Ce n’est qu’à la fin de la semaine dernière que certains habitants ont commencé à regagner leur domicile respectif et les activités ont repris timidement. Jusqu’au moment où nous mettons sous presse cet article, aucun responsable militaire ou civile de la Minusca ne s’est prononcé sur cette bavure des Casques Bleus alors que la population de cette localité réclame à cor et à cri des éclaircissements. N’est-ce pas là des actes barbares, indignes, inhumains, bestiaux commis par ceux qui prétendent protéger le peuple centrafricain ? Si les soldats onusiens qui, d’après leurs responsables, seraient des soldats disciplinés, agissent de la sorte, qu’en sera pour les groupes armés ? N’est-ce pas une voie tracée aux rebelles ? S’ils ne sont pas en mesure de protéger les populations civiles et s’ils se sentent fatigués, dépassés par les événements, mieux vaut dire la vérité que de vibrer les tympans des Centrafricains.

Mais qui sont ces Casques Bleus ? Sont-ils ceux qui agiraient de connivence avec les combattants rebelles ? Car un observateur de la vie nationale serait tenté de dire que les Casques Bleus de la Minusca ont franchi le rubicond, le seuil de l’intolérable. Il est inadmissible que ces éléments de la force internationale agissent ainsi alors que la paix commence à revenir petit à petit en RCA et que les déplacés internes envisagent de retourner chez eux. Ils doivent comprendre que tirer en l’air ou faire de sommation, c’est pousser encore une fois de plus nos compatriotes dans l’arrière-pays à regagner la brousse ou les sites des déplacées. Et les conséquences de ces actes inouïs sont diverses et variées : les populations sont exposées à toute sorte de maladies ; elles sont aussi à la merci des reptiles, des animaux sauvages ; leurs conditions de vie peuvent se dégrader considérablement.

Dans ce cas de piètre figure, qu’est-ce que la Minusca peut reprocher aux combattants des groupes armés qui sont experts, toute catégorie confondue, dans les tirs en l’air ? Nous comprenons pourquoi les rebelles ne sont inquiétés nulle part, puisque les Casques Bleus font parler leurs armes dans les villes de nos provinces, exactement comme ces derniers. La vie précaire, bestiale que mènent les populations dans l’arrière-pays n’émeut personne. Les Casques Bleus de la Minusca agissent comme les rebelles et vice versa. Et l’adage qui dit, « les oiseaux de même plumage volent ensemble », se concrétise aujourd’hui en RCA. Car, il n’y a aucune différence entre un Casque Bleu et un rebelle. « Qui se ressemble, s’assemble », c’est bien vrai. C’est ce que nous voyons aujourd’hui avec les Casques Bleus et les combattants des groupes armés dans l’arrière-pays. C’est bien dommage pour le devenir de la RCA et de son peuple. Il n’est pas étonnant que la crise perdure encore en Centrafrique.

Auparavant, dans certains quartiers de la ville de Bangui et Bimbo, des tirs se faisaient entendre chaque nuit, même pendant le jour. Et les auteurs de ces tirs n’étaient entre autres que certains éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA), indisciplinés, malintentionnés. Alors qu’au plus fort de la crise, ils avaient tous enterré leurs armes sous terre. Il n’y avait que les armes de la Séléka qui ronronnaient à n’en point finir. Aujourd’hui, la donne a changé en province. De jour en jour, des détonations d’armes légères, surtout les kalachnikovs sont monnaie courante. Pour une petite brouille entre un civil et un militaire, ce dernier fait sortir son arme et tire en l’air. Parfois, il abat purement et simplement son compatriote. Le cas le plus fréquent se déroule dans les bars dancing, les gargotes et même là où on vend de l’alcool de traite, le vin de palme et les chanvres indiens. Certains éléments des FACA n’hésitent un seul instant à faire usage de leurs armes, après qu’ils sont ivres. Est-ce vraiment normal ?

Et ceux qui paient le plus lourd tribut, ce sont des personnes atteintes des maladies cardiaques qui succombent même après ces détonations d’armes. Beaucoup de nos compatriotes ont perdu les leurs suite à ces tirs en l’air. Ce cas pourrait aussi advenir après la sommation des Casques Bleus dans la ville de Bozoum.

C’est pourquoi, nous demandons avec insistance à certains Casques Bleus, groupes armés et éléments des FACA, de cesser immédiatement avec ces pratiques qui n’honorent personne. Des efforts déployés par les uns et les autres ne doivent pas demeurer lettre morte. Les Centrafricains n’aspirent qu’à la paix et à la sécurité. Il est hors de question de continuer de tirer en l’air car il crée des psychoses au sein de la population civile.

A bon entendeur, salut !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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