TENSION GRANDISSANTE ENTRE 02 GROUPES ARMES...

Lundi 06/08/2018 : 10H32

TENSION GRANDISSANTE ENTRE 02 GROUPES ARMES A DEGAULLE : 12 COMBATTANTS DU MNLC DESARMES PAR LES 3R

A l’approche du dialogue initié par le groupe de facilitation de l’Union Africaine (UA) entre le Gouvernement et les groupes armés, la tension est grandissante entre certaines factions dissidentes de l’ex-coalition Séléka. A Kaga-Bandoro, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Gribizi, le FPRC de Nourredine Adam et Abdoulaye Hissène et le MPC de Mahamat Alkhatim se regardent en chiens de faïence. Et pour cause, l’assassinat de deux (2) combattants du FPRC par un élément du MPC. Depuis quelques semaines, les hommes d’Abdoulaye Hissène, venus de Bambari, Bria et Ndélé, lourdement armés à bord de plusieurs véhicules de marque pick-up 4X4, ont envahi la ville de Kaga-Bandoro. A en croire Abdoulaye Hissène, ce dernier veut chasser tous les combattants étrangers de cette localité. Ces rebelles étrangers sont-ils des éléments de Mahamat Alkhatim ? Difficile de le savoir. Mais si Abdoulaye a pris la ferme décision de bouter hors du territoire national ces combattants étrangers, pourquoi la présence du nigérien Ali Daras, leader de l’UPC, étranger de surcroît, est signalée à Kaga-Bandoro ? Il y a anguille sous roche. Mais jusqu’au jour d’aujourd’hui, aucun affrontement n’est signalé entre ces deux (2) groupes armés Séléka.

Comme ces agissements des branches de la Séléka ne suffisent pas, on nous signale encore des tensions ou des disputes entre les 3R de Sidiki et le MNLC de Bahr, dissident du MPC dans la préfecture de l’Ouham-Péndé. D’après les témoignages des habitants du village Degaulle, non loin de la frontière tchado-centrafricaine, « Au courant de la semaine dernière, douze (12) combattants du MNLC du soi-disant général Bahr ont été arrêtés, désarmés, dépouillés et renvoyés à nu par les combattants des 3R de Sidiki. Ils ont été appréhendés dans ce village entrain d’exploiter les diamants et ors. N’ayant pas plu aux combattants des 3R qui considèrent cette zone sous leur contrôle, ils ont décidé de les expulser sains et saufs vers leur leader Bahr. Depuis ce jour, le courant ne passe plus entre ces deux groupes armés. Le MNLC a juré de se venger. Du coup, la psychose gagne les habitants de Koui, Ngaoundaye, Ndim, Bang, Pougol et même ceux de Bocaranga. Ils ne savent plus à quel saint se vouer pour protéger. Car, quand deux (2) éléphants se battent, ce sont les herbes et arbustes qui ploient sous leurs bottes. Or, ces herbes et arbustes sont les populations civiles de ces localités que nous sommes ».

A l’exemple des 3R et du MNLC, nous connaissons dorénavant les motivations des groupes armés qui pullulent en RCA depuis plusieurs années et qui ne veulent pas déposer les armes pour faire la paix. Si ces groupes rebelles se disputent la paternité ou le contrôle de ces régions, leur objectif est clair : la prédation et l’exploitation frauduleuse des richesses naturelles de la RCA. Etant en possession de ces pierres précieuses (or, diamant et autres), ils les vendent aux ressortissants des puissances de ce monde qui les soutiennent mordicus. Ou bien, ils échangent ces pierres précieuses contre armes et munitions. C’est la raison pour laquelle ils montent en puissance, exigent du gouvernement ceci, cela et font des revendications fallacieuses qui dépassent l’entendement humain et qui ne sont que des farces pour amuser la galerie.

Le panel de facilitation de l’UA doit être intransigeant avec les groupes armés lors de ce dialogue. Il ne s’agit plus de leur faire des concessions. Car, c’est avec amertume que nous constatons que tous les fora et les dialogues ont donné plus d’importance aux groupes armés, alors qu’ils constituent une menace permanente pour les populations civiles. Au cas où les combattants des 3R et du MNLC s’affronteront, qui payeront le plus lourd tribut ? N’est-ce pas les civils ? L’époque de caresser ces bandits de grand chemin, ces hors-la-loi, ces criminels, ces tueurs patentés dans le sens du poil est révolue. L’UA, l’initiateur de ce dialogue, le gouvernement centrafricain, la Minusca et toute la Communauté internationale doivent, à l’unanimité, adopter un ton sévère à l’égard des groupes armés pour les contraindre à déposer les armes le plus tôt possible. Les Centrafricains veulent la paix, rien que la paix pour circuler sur la terre de leurs aïeux et vaquer librement à leurs occupations habituelles.

Affrontements intergroupes armés par-ci, disputes et détonations d’armes de tout calibre par-là, c’est trop et c’est déjà trop. D’ailleurs, ceux qui persévèrent dans cette voie ne sont pas des Centrafricains mais plutôt des étrangers qui ont été parachutés en RCA par la coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko. Ces combattants étrangers, en commençant par ceux de Sidiki et de Bahr qui se disputent des régions dans l’Ouham-Péndé, doivent être rapatriés dans leur pays d’origine par le panel de facilitation de l’UA, avec le concours de la Minusca, après ce dialogue. Dans le cas contraire, la RCA voguera de dialogues en dialogues, de fora en fora, de pourparlers en pourparlers sans un lendemain meilleur. L’une des pistes à explorer aujourd’hui est la pression sur les groupes armés prédateurs des richesses du sol et du sous-sol centrafricains mais à la seule condition que ceux qui prétendent nous aider n’achètent plus l’or et le diamant entre leurs mains. Sera-t-il possible ? Dieu seul le sait.

Nous exhortons tout de même les combattants des 3R et du MNLC à ne plus opter pour l’option affrontement pour résoudre leurs différends. Le dialogue est la seule arme pour affermir des divergences, résoudre un conflit entre deux (2) ou plusieurs individus. Il faut avoir pitié des populations dans les zones sous leur contrôle et mettre aussi fin aux actes barbares, indignes et inhumaines sur ces dernières.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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