TENSION ELECTRIQUE ENTRE LES FACA ET LES FORCES DE SECURITE...

Mercredi 30 Août 2017 : 11H02

TENSION ELECTRIQUE ENTRE LES FACA ET LES FORCES DE SECURITE INTERIEURES : LES AUTORITES  DOIVENT INTERVENIR

Ministres securite et defenseLa crise enclenchée par l’ex-coalition Séléka et qui perdure encore n’a épargné aucune couche sociale du pays. Grands et petits, forts et faibles ont été touchés à divers degrés. Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) ont été sévèrement frappées par cette crise. Depuis le 24 mars 2013 à ce jour, l’armée centrafricaine peine à se reconstituer, à se reconstruire. Des efforts sont entrain d’être déployés par la Mission Européenne de Training (EUTM) pour entraîner et former les éléments des FACA. Le Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT 3) est entièrement formé et remis au gouvernement. Le BIT 2 est en formation. D’autres FACA sont envoyées dans certains pays africains et suivent en ce moment des entraînements et des formations intensifs. Si certains compatriotes pensent pour leur part que les FACA n’existent pas, c’est une illusion. Elles sont là mais manquent cruellement de matériels, d’équipements, d’armes et munitions pour mener à bien leurs missions régaliennes, celles de la défense de l’intégrité territoriale.

La Gendarmerie et la Police centrafricaines ont été aussi frappées. Leurs véhicules et toutes leurs armes ont été emportés par les combattants Séléka. Grâce à l’appui multiforme de la Communauté Internationale qui appuie la RCA, les Forces de Sécurité Intérieures (Police et Gendarmerie) reprennent du poil de la bête. Les policiers et gendarmes sont visibles aujourd’hui et font leur travail. Les Centrafricains les croisent dans les rues de Bangui entrain de faire leurs patrouilles diurnes et nocturnes.

Mais depuis un certain temps, le courant ne passe plus entre les FACA et les Forces de Sécurité Intérieures. Dans notre parution du lundi 28 août 2017, sous le n° 2538, nous avons brossé textuellement ce qui est arrivé au caporal Kévin Frédérick Ignaloka de la garde républicaine. A lire son témoignage, nous avons l’impression que rien ne va plus entre ces Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Les propos qui illustrent clairement la tension électrique entre les FACA et les Forces de Sécurité Intérieures se résument ainsi : « Est-ce qu’il y a encore des FACA à Bangui ? » ; « Vous les FACA, vous avez l’habitude de faire la tête » ; « En écoutant les autres détenus, deux autres FACA qui m’ont précédé, ont aussi subi des tortures ».

Les réponses données à ce militaire par les agents de l’OCRB prouvent à suffisance que les FACA, les gendarmes et les policiers se regardent aujourd’hui en chiens de faïence. Les gendarmes et policiers se croyant peut-être en position de force, veulent coûte que coûte se venger. Et l’on se pose la question de savoir, « sous les différents régimes qui se sont succédés à la tête de l’Etat centrafricain, y avait-il malentendu entre ces forces » ? Si tel en est le cas, il est temps d’agir vite pour éteindre le feu.

Pour se faire, les Directeurs Généraux (DG) de la Gendarmerie et de la Police, ainsi que le chef d’état-major des FACA doivent se réunir en urgence pour mettre un terme à cette tension qui risque une fois de plus de basculer le pays dans un chaos indescriptible. Et ce sont les populations civiles qui paieront le plus lourd tribut. Car nous savons pertinemment que les FACA sont encore en position de force, même si elles ne manœuvrent pas. Ce sont des forces tranquilles, un Tsunami en repos. Car n’oubliez pas que beaucoup d’entre eux détiennent des armes, des munitions, des grenades offensives par devers eux. Ces effets militaires sont très nuisibles pour tout citoyen centrafricain, qu’il soit civil, militaire, policier ou gendarme. C’est pourquoi nous appelons précisément les agents de l’OCRB à la retenue. FACA et Forces de Sécurité Intérieures sont des porteurs de tenue. Ils n’ont qu’une seule mission commune, protéger les personnes et leurs biens et défendre l’intégrité du territoire national. Mais si, aujourd’hui, elles s’entredéchirent, se dévorent comme des chiens, qui protégera effectivement la population civile ?

Les autorités en charge de la sécurité et de la défense sont interpellées par les Centrafricains à ce sujet. Leur arbitrage s’avère indispensable pour dénouer cette crise qui est en gestation. Car, une fois que les FACA seront opérationnelles, elles se vengeront, ce que nous ne souhaitons pas. La RCA est une et indivisible. De ce fait, les FACA et les Forces de Sécurité Intérieures doivent aussi être une et indivisible pour protéger efficacement les Centrafricains.

Aujourd’hui, les mercenaires, toutes nationalités confondues, ont pris position dans nos villes de l’arrière-pays. Qui les chassera ? N’est-ce pas les FACA, les Gendarmes et les Policiers ? Mais s’ils se comportent de cette manière, que deviendra le pays de feu Barthélemy Boganda ? Un adage populaire dit, « les habits sales se lavent en famille ». Les FACA, les gendarmes et les policiers doivent aplanir leurs divergences. Le policier doit faire son travail, le gendarme aussi, ainsi que le militaire. Si l’un d’entre eux commet une infraction, il doit être traité selon la loi et non torturé par d’autres. Cette époque est révolue.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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