TCHAD : « UNE ARMEE, CHAIR A CANON A MOINDRE COUT

Jeudi 10.05.2018 : 09H42

 

TCHAD : « UNE ARMEE, CHAIR A CANON A MOINDRE COUT ; LE MERCENARIAT, UN REGIME TOTALITAIRE PUR ET DUR… », DIXIT SALE KEBZABO

Idriss deby itno1Personne ne peut dire mieux que l’opposant tchadien Salé Kebzabo, sur la nature politique au Tchad. Une armée ventilée à tout vent et à moindre coût, le mercenariat du régime tchadien, la dictature pure et dure, ont été révélés au monde sur RFI, ce mardi 07 mai 2018. Un autre homme politique français disait, « un dictateur mal éclairé, perd la vue », à propos du président Deby. Depuis 72 heures, la quatrième République au Tchad est en marche. Il n’y a plus de Premier ministre. Le nouveau gouvernement issu de la nouvelle Constitution qui consacre la quatrième République au Tchad, compte 29 ministres, dont deux ministres d’Etat. Ce que nous déplorons, c’est l’appel de l’opposition tchadienne à la France.

Emmanuel Macron, le président français est très jeune, 39 ans. Il n’a pas connu la colonisation. Il inaugure une nouvelle race d’hommes politiques, une nouvelle génération et incarne une autre vision du monde. La face de la France est entrain de changer à l’étranger. Macron est plus européen qu’africain, et les Africains doivent se rendre à l’évidence. Seulement, il doit nommer les Ambassadeurs de sa génération, pour que la diplomatie française reflète l’Elysée, partout où besoin sera. Les Ambassadeurs colons, esclavagistes, de vieux crocos, maintiennent le visage de la France-Afrique, une politique en Afrique francophone qui n’est qu’une coquille vide. Sarkozy est traîné en justice dans l’affaire Kadhafi, en plus du dossier de financement de sa campagne en France. La France a orienté la RCA vers la Russie pour la réhabilitation des FACA. La RCA a saisi la perche pour essayer de sortir un peu la tête de l’eau, quand bien même nous sommes encore très loin du compte.

Les Tchadiens doivent régler leur problème eux-mêmes en s’inspirant du modèle Burkinabé, célèbre dans le monde entier. Critiquer, c’est bien, mais agir, c’est mieux si les Tchadiens acceptent le statut de sujets, malléables et corvéables à souhait, cela conforte le régime de Ndjamena dans sa fuite en avant. Blaise Campaoré avait une armée d’élite capable de le maintenir au pouvoir contre vents et marées. Mais hélas, cela n’a pas empêché le Tsunami populaire de l’emporter. Le Tchad passe d’une dictature à la monarchie absolue, sans partage. La majorité parlementaire n’aura aucune incidence au Tchad, car la primature a été supprimée. C’est la main de fer qui gouverne le grand voisin du Nord. Que voulait dire Salé Kebzabo à propos d’une « armée, chair à canon et à moindre coût ? ». Le président Idriss Deby Itno rêve d’une puissance continentale incontournable, plus indispensable que jamais. Comment un régime, un Etat peut-il verser dans le mercenariat dont fait allusion l’opposant tchadien et député à l’Assemblée Nationale ? Est-ce qu’il n’évoque pas le cas centrafricain ? Peut-on être à l’avant-garde de la lutte contre le terrorisme et être soi-même un industriel du mercenariat ? Tout cela rime à quoi, pour gagner quoi et pour devenir quoi ?

Les Etats-Unis viennent d’organiser au Nigeria, une rencontre continentale avec tous les chefs d’Etat-major militaires. Les relations de bon voisinage étaient au cœur de ce sommet militaire. Certains pays attisent la flamme de la crise chez leur voisin, ce qui n’est pas de nature à consolider l’Union Africaine (UA). Les haines, les rancœurs s’amoncèlent à tel point que les intégrations sous-régionale, régionale et continentale (UA) ont du plomb dans l’aile. L’Afrique de l’Ouest s’est mobilisée pour circonscrire très vite la crise gambienne. Le bain de sang a été évité de justesse, contrairement à la RCA, à la RDC, au Congo Brazzaville, au Cameroun où il y a des crises. La RCA peut saluer le Cameroun qui partage avec ces temps très difficiles la souffrance des Centrafricains. Elle peut également saluer la Guinée-Équatoriale qui a donné un grand coup de main en formant un contingent des Forces Armées Centrafricaines. Des aventuriers en quête du gain facile ont terni l’image de la RCA, dans cette coopération si fructueuse et si agissante entre la Guinée Equatoriale et le Centrafrique. La solidarité internationale semble être au point mort en Afrique centrale.

Les Africains doivent désormais compter sur eux-mêmes et non sur la France de Macron : « Cessez de me parler comme à un colonisateur », a-t-il martelé. Faut-il tout mâcher pour cracher dans la gueule des Africains ? La déclaration de La Baule avec François Mitterrand, à propos du vent de la démocratie, a-t-il porté ses fruits ? Les peuples qui aspirent à la liberté se battent et se libèrent, c’est le cas du Burkina Faso. C’est aussi le cas de la RCA qui, sous les balles des ennemis de la République, s’est frayée un chemin vers la démocratie qui est aujourd’hui une réalité, malgré les velléités sanguinaires des groupes armés. La démocratie centrafricaine est en marche et se porte bien. Ce n’est pas un hasard si Macron a préféré s’exprimer aux étudiants de l’Université de Ouagadougou. Le Burkina Faso est et demeure une référence politique en Afrique, un peuple mûr et aguerri, qui n’a pas peur de revendiquer ses droits les plus élémentaires : les libertés individuelle et collective, le bien-être et tant d’autres. Ce peuple a démontré sa maturité à la face du monde. C’est une source intarissable d’inspiration pour tout le continent et le monde entier. Les chiens aboient, la caravane de Deby passe par la force de son poignet.

Julien BELA

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