SPECIAL DISCOURS DE L’AN UN, 30 MARS 2017 F-A. T.

Dimanche 02/04/2017 : 10H35

SPECIAL DISCOURS DE L’AN UN, 30 MARS 2017 FAUSTIN-ARCHANGE TOUADERA DRESSE LE BILAN D’UNE ANNEE D’EXERCICE DU POUVOIR

Faustin archange touadera 3

Le 30 mars 2016, à l’issue d’un scrutin démocratique, transparent, crédible et incontestable, je prêtais serment devant Dieu et devant la Nation, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge, de sauvegarder l’intégrité du territoire, de préserver la paix, de consolider l’unité nationale et d’assurer le bien-être de mes Compatriotes.

Dans mon discours d’investiture, je vous ai promis la rupture dans la gestion de la chose publique et de la Cité.

J’avais souligné que mon investiture marquait le début d'une ère nouvelle qui nous offrait l’occasion d’écrire une nouvelle page, une belle page de l’histoire de notre pays.

Le 30 mars 2017 qui marque le premier anniversaire de mon investiture m’offre l’heureuse occasion de vous dire ce qui a pu être fait, ce que nous faisons et ce que nous aurons à faire ensemble pour notre pays.

Avant d’y procéder, je voudrais saisir cette occasion pour renouveler ma gratitude au Peuple centrafricain qui, en toute souveraineté, m’a confié sa destinée.

Je voudrais aussi saluer la présence à nos côtés de la communauté internationale, à travers l’Union Européenne, l’Union Africaine, la CEEAC, la CEMAC, la MINUSCA, la France, les Etats Unis d’Amérique, la Chine, les pays amis et tous les partenaires au développement de la République Centrafricaine dont la Banque Mondiale, le FMI, la BAD, la BDEAC.

Mes Chers Compatriotes,

Dois-je encore rappeler, que depuis décembre 2012, notre pays était plongé dans un chaos indescriptible sans précédent.

L'Etat a disparu pour laisser place à l’anarchie, à des violations graves, massives et répétées des droits de l'Homme, notamment des crimes de sang, des exécutions extrajudiciaires, des arrestations illégales et séquestrations de personnes, des prises d'otage, des viols, des incendies et destructions des maisons d'habitation, des destructions des édifices publics et privés, des édifices religieux et des récoltes. La liste est honteusement longue.

Le déferlement de cette barbarie a obligé les populations innocentes de quitter le pays, pour certains, et pour d'autres, leurs villages, champs, cours d'eau et rivières pour se réfugier dans des camps de déplacés appelés pudiquement Ledger, s'exposant ainsi à la précarité. Il y eut alors de la désolation et de la tristesse dans tout le pays.

A ce tableau sombre, il faut ajouter la résurgence du phénomène des coupeurs de route, la transhumance armée, les effets nuisibles de la LRA, le grand banditisme et la criminalité transfrontalière.

Sur le plan économique, nous avons assisté, médusés, à la destruction du tissu économique, à la prédation et aux pillages des ressources minières et fauniques du pays, aux détournements des biens publics et à la prévarication.

Le règne des bandes armées qui se sont emparées du pouvoir de l'Etat a entraîné, entre autres, la fragilité et la désorganisation de la justice avec comme corollaire le règne de l'impunité et le recours à la justice privée.

La cohésion sociale, le vivre ensemble et l'unité nationale qui sont le socle de notre Nation, ont été durement ébranlés. Les idéaux du Président Fondateur de la République, feu Barthélémy BOGANDA ont volé en éclats.

L’Armée Nationale, symbole de la souveraineté, était tombée en déconfiture, laissant ainsi le peuple à son triste sort.

La jeunesse, fer de lance du pays, était déboussolée et avait perdu tout espoir et confiance en ses dirigeants qui n'arrivaient plus à lui offrir des perspectives meilleures et un avenir radieux.

Sur le plan sécuritaire, plus de quatorze groupes armés, profitant de la faiblesse de l'Etat, avaient sanctuarisé une partie de notre territoire et soumis des paisibles populations à des souffrances indicibles.

C’est dans ce contexte particulièrement difficile et sombre que j’ai été investi à la Magistrature Suprême de l’Etat.

Bien entendu, je n'ignorais pas que la tâche était immense, difficile, mais elle était aussi exaltante.

J’ai compris qu'héritant d'une situation sécuritaire, sociale et économique dramatique et désastreuse, je devrais faire preuve de beaucoup de courage et d’abnégation.

Bien évidemment, la résilience du Peuple centrafricain et la détermination de la Communauté internationale à sortir le pays du cercle vicieux de la violence et de travailler pour un avenir radieux, ont renforcé ma conviction et ma détermination à œuvrer pour un avenir meilleur de mon Pays.

C'est ainsi que dès mon investiture, je me suis immédiatement mis au travail afin de relever les défis majeurs qui se posent à nous.

Après un diagnostic des maux qui minent le pays, je me suis fixé certaines priorités qui se traduisent par des engagements déclinés notamment en quatre axes que sont  :

- La paix, la sécurité et la réconciliation nationale ;

- L’assainissement des finances publiques et la   relance des secteurs productifs ;

- La réforme de l’administration et

- La satisfaction des besoins essentiels.

Après une évaluation à mi-parcours des 100 premiers jours, et les comptes rendus des activités du Gouvernement publiés hebdomadairement par le Ministre Secrétaire Général du Gouvernement, chargé des Relations avec les Institutions et du Suivi-Evaluation des Politiques Publiques, je me dois encore aujourd'hui de vous informer des progrès enregistrés par le Gouvernement dans les domaines prioritaires, grâce à vos soutiens.

D'aucuns diront qu'aucune disposition constitutionnelle ne m'oblige à faire cet exercice. Mais pour moi, la rupture commence par la reddition des comptes. Je veux donc inaugurer une culture politique dans notre pays, fondée sur les principes de transparence dans la gestion de la Cité.

Cet exercice est destiné à vérifier si nous avançons ensemble et dans la bonne direction.

Mes  Chers Compatriotes,

La première année qui s'achève a été consacrée naturellement à la recherche de la paix et de la sécurité, à la refondation de l'Etat de droit, à la remise en marche de l'Administration, à la recherche des voies et moyens pouvant permettre le vivre ensemble, la cohésion sociale et la réconciliation nationale.

Cette première année, nous l'avons aussi consacrée à la mobilisation des ressources en vue de soutenir les efforts de relèvement du Pays.

Par ailleurs, conscient que dans le contexte qui est le nôtre, nous ne pouvons rien faire sans la solidarité internationale, nous avons aussi entamé une offensive diplomatique en vue du retour de notre pays sur la scène internationale.

Aujourd'hui, la République Centrafricaine doit s'enorgueillir d'avoir repris sa place dans le concert des Nations civilisées.

En votre nom, j'ai pris part à tous les Sommets des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEEAC, de la CEMAC, de l'Union Africaine, des Nations-Unies et des Organisations Internationales comme la Francophonie.

Nous avons renoué et renforcé les relations diplomatiques avec beaucoup de pays. Plus que jamais, la République Centrafricaine est inscrite dans l'agenda de la Communauté internationale.

Je me réjouis du retour du siège de la CEMAC à Bangui, acté par les Chefs d'Etat de la Commission, lors du Sommet tenu à Djibloho, en Guinée Equatoriale, le 17 février 2017. Ce retour est la preuve que la paix est revenue à Bangui et progressivement dans le reste du pays.

Qu’il me soit permis de remercier les Chefs d'Etat de la CEMAC pour leur bienveillance et leur solidarité légendaire à l'égard de notre pays.

Pour revenir aux progrès réalisés, je voudrais indiquer que tout au long de l'année, nous avons eu à faire des choix difficiles et prendre des initiatives audacieuses.

1. Dans le domaine  de la paix,  la sécurité et la réconciliation en nationale,

Comme j’ai eu à le rappeler en certaines circonstances, ma priorité reste la paix, la pacification du territoire national et la réconciliation nationale.

C'est pourquoi je n'ai lésiné sur aucun moyen pour convaincre les responsables des groupes armés de l'impérieuse et l'urgente nécessité d'adhérer volontairement et consciencieusement au processus de paix, condition sine qua non du relèvement de notre pays.

Je le fais toujours parce que je demeure convaincu que la paix réside dans le dialogue et non dans la guerre.

A cet effet, j'ai mis en place la Coordination DDRR/RSS/RN et une Stratégie du Programme National de DDR.

Lors de mes nombreux déplacements à l'intérieur du pays, notamment à Bouar, Bria, Kaga-Bandoro, Mbaïki, Boukoko, Sibut, Bossangoa, Bambari, Boali et Obo, je n'ai cessé d'exhorter les groupes armés à adhérer au processus DDRR et de la Réconciliation Nationale, seule voie pour une paix durable dans notre pays.

A ce jour, des avancées significatives ont été enregistrées dans la mise en œuvre du processus. Tous les documents techniques ont été élaborés et validés. Les Comités stratégique, technique et consultatif sont opérationnels.

Sur un budget de 45 millions de Dollars américains nécessaires à la mise en œuvre du processus, nous avons reçu des annonces de 35 millions de Dollars américains.

Le pré DDR s'est déroulé à la satisfaction de tous et se poursuit dans certaines régions du pays.

Plus de 7.000 ex-combattants dont 1500 enfants associés aux groupes armés, 500 mercenaires étrangers et environ 1000 ex-FACA seront bientôt démobilisés.

Je me réjouis de l'adhésion au DDRR des deux derniers groupes armés, le FPRC de Noureddine Adam et la fraction Anti Balaba, dirigée par Maxime MOKOM.

Cette adhésion volontaire et consciente implique la renonciation à la violence comme mode de revendication politique et l'engagement solennel des groupes armés à œuvrer désormais pour le retour définitif de la paix dans notre pays.

S’agissant du redéploiement des FACA, réclamé à juste titre par le peuple centrafricain, il faut déplorer la reconduction de l'embargo sur les armes qui prive notre pays de son Armée.

Aussi, devant la lenteur observée dans la formation des FACA par l'EUTM-RCA et, vu la dégradation de la situation sécuritaire ces derniers mois dans le Nord-Est du pays, j'ai demandé au Conseil de Sécurité de l'ONU la levée de l'embargo sur les FACA et l'accélération du rythme de formation de celles-ci, afin de leur permettre d'apporter un soutien à la MINUSCA dans la pacification du pays.

En votre nom, je tiens à remercier la France qui a toujours plaidé pour l'accélération du rythme de formation dispensée par l'EUTM-RCA et renouvelé sa disposition à fournir aux éléments des FACA recyclés un appui dans le domaine de la logistique.

C'est aussi l'occasion de renouveler notre gratitude au Conseil de Sécurité des Nations-Unies qui, consciente de la nécessité de ramener la paix en Centrafrique, a donné un mandat robuste à la MINUSCA et s'est engagé à apporter un soutien sans faille au Gouvernement pour la stabilisation du pays et la réconciliation nationale.

Il convient aussi de signaler que suite à nos plaidoyers en faveur d'un retour rapide à la paix, la Commission de Consolidation de la Paix des Nations-Unies nous a assurés de son soutien dans la mobilisation des ressources annoncées à Bruxelles.

Je puis vous affirmer que les éléments des FACA déjà formés par l’EUTM-RCA seront déployés dès que les moyens létaux seront mis à leur disposition.

Je tiens à préciser qu'il ne s'agira pas d'armer des Centrafricains contre d'autres Centrafricains, mais de rétablir la sécurité et la paix en vue de créer les conditions de relèvement du pays.

Il me plaît de vous informer que dans le cadre de l'exécution du Plan de relèvement du pays, la Banque Mondiale a annoncé 6 milliards de FCFA pour la reconstruction de Bambari.

Cette contribution permettra de construire 24 centres de santé, d'apporter aide et assistance aux populations déplacées ainsi que la réinsertion des ex-combattants.

Lors de l'audience qu'il m'a accordée le 20 mars 2017 à l'Elysée, le Président français, François HOLLANDE, a annoncé le doublement de l'appui de l'AFD en termes de projets d'urgence pour la construction des infrastructures sociales de base dans la ville de Bambari.

Comme vous le savez, Bambari est une ville marquée par des destructions à l'instar des autres villes sinistrées du pays.

Le 13 mars 2017, j'ai marqué par ma présence le retour de l'autorité de l'Etat dans la ville de Bambari jadis occupée par les groupes armés issus de l'ex-coalition Séléka qui se battent entre eux pour le contrôle des ressources minières du pays.

A ce jour, 50 éléments des forces de défense et de sécurité sont opérationnels à Bambari aux côtés de la MINUSCA.

Je suis déterminé à faire de Bambari une ville sans groupes armés, sans armes.

Progressivement, le modèle de reconstruction de Bambari sera appliqué aux autres villes et régions sinistrées jusqu'à la reconstruction complète du pays.

Les contingences sécuritaires actuelles, mes chers Compatriotes, renforcent ma conviction d’opérer de façon efficace, le passage de l'Armée de projection à une Armée de garnison, afin d'avoir une surveillance accrue de l'intégrité du territoire. Il s'agit de la réforme majeure pour notre Armée et j'y mets un point d'honneur.

Cette vision est partagée par le haut commandement de l'Armée ainsi que nos partenaires techniques et financiers.

En ce qui concerne la sécurité intérieure, la Gendarmerie et la Police ont connu une montée en puissance de leurs capacités opérationnelles, grâce au redéploiement des Gendarmes et Policiers dans certaines villes de province, à savoir Bambari, Boda, Bria, Ndélé, Bozoum, Paoua, Carnot, Gadzi, Bocaranga, Bossangoa, Bouca, Nana-Bakassa et Koui.

Aujourd'hui, sur les 122 Brigades de Gendarmerie, 96 sont déjà opérationnelles. Cette opération doit s'étendre à d'autres villes de province, sur la base d'un plan prévisionnel.

Nous avons, en perspective, de créer au moins trois Légions de Gendarmerie Territoriale et Mobile et un Escadron de Gendarmerie Mobile par Groupement pour prendre en compte la densité de la population et l'augmentation du taux de criminalité dans lés villes.

Aussi, les Forces de Défense et de Sécurité doivent renforcer le contrôle de nos frontières contre les menaces asymétriques, la criminalité transfrontière, la prolifération des armes légères et des petits calibres, le blanchissement d'argent, le trafic de drogue et de stupéfiant, le terrorisme et la traite des humains.

Dans cette optique, nous avons lancé, avec le soutien de la MINUSCA, le processus de recrutement et de formation de 500 Gendarmes et Policiers afin de protéger l'ordre public et renforcer la chaîne pénale.

En ce qui concerne l’Administration territoriale, nous avons, grâce à l’appui des partenaires, mis à la disposition des Préfets et Sous-préfets 4 véhicules, 130 motocyclettes et 20 bits d'ordinateurs.

Dans les jours à venir, des véhicules de fonction seront affectés aux Préfets pour leur permettre d'effectuer des missions de sensibilisation en faveur de la réconciliation nationale et marquer la présence effective de l'Etat dans leurs juridictions.

Dans le souci de rétablir l'autorité des chefs traditionnels, outre le paiement de leurs indemnités, des appareils téléphoniques ont été distribués aux Chefs de quartiers de Bangui et quelques responsables des services déconcentrés pour une meilleure coordination des informations.

Pour une meilleure mise en œuvre de la politique de décentralisation, le projet de Code des Collectivités territoriales et des Circonscriptions administratives a été élaboré et soumis à l'Assemblée Nationale.

Aussi, j’ai instruit le Gouvernement de faire la relecture du Code électoral en vue de permettre l’organisation prochaine des élections municipales et régionales, lesquelles conditionnent la mise en place du Sénat.

En matière de Réconciliation Nationale, je dois indiquer, mes chers Compatriotes qu’un Programme National de Réconciliation et de Cohésion sociale a été élaboré et des Comités locaux de paix et de Réconciliation ainsi que le Comité Stratégique sur le Retour et la Relocalisation des déplacés internes ont été mis en place par le Gouvernement.

Comme résultat, treize (13) sites de déplacés internes ont été fermés à Bangui avec l'appui des partenaires humanitaires tels que le HCR et l'OCHA. Un programme de suivi est mis en place afin d'accompagner les retournés.

Des accords tripartites sont en phase d'être signés pour permettre le retour des réfugiés centrafricains vivant au Cameroun et au Tchad.

En perspective, nous envisageons de lancer une vaste opération de recensement des victimes de la crise sur l'ensemble du territoire national afin de leur prise en charge globale dans le cadre fie la Commission Vérité-Justice-Réparation-Réconciliation et leur réinsertion dans les activités socio-économiques du pays.

Je saisis cette occasion pour saluer la médiation de la communauté italienne Sont' Egidio et de la plateforme religieuse, ainsi que les initiatives de l'Angola, de l'Union Africaine et de la CEEAC en vue du retour à la paix dans notre pays.

Dans le domaine du Genre, j'ai instruit le Gouvernement de rendre opérationnelle l'Unité Mixte d'Intervention Rapide pour la Protection des femmes et des filles et lancer les activités du Centre de prise en charge holistique des victimes de violences.

Au cours de cette première année, notre pays est fier d'avoir introduit dans son ordonnancement juridique la loi sur la parité homme/ femme.

Cette loi, qui est le fruit d'une longue lutte des femmes centrafricaines mais aussi de notre volonté politique de rendre effective l'autonomisation des femmes, doit inciter à plus de responsabilité.

J'encourage donc les femmes centrafricaines à mettre en place le bureau de POFCA afin de permettre au Gouvernement d'avoir un intermédiaire crédible pour la mise en œuvre de la politique du genre en RCA.

Sur le plan institutionnel, en dépit des difficultés de trésorerie, le pays s'est doté, des institutions prévues par la Constitution du 30 mars 2016.

En effet, l'Assemblée Nationale, le Gouvernement, la Cour Constitutionnelle, la Haute Cour de Justice, le Conseil National de la Médiation, le Haut Conseil de la Communication, la Haute Autorité chargée de la Bonne Gouvernance et le Conseil Economique et Social ont été mis en place. Le pays fonctionnera désormais dans toute sa plénitude institutionnelle.

Ces institutions qui fonctionneront, en toute indépendance, dans le cadre de leurs compétences fixées par la Constitution et les lois de la République, contribueront à renforcer la démocratie dans notre pays.

Comme vous le savez, mes chers Compatriotes, l'injustice et l'impunité font partie des causes de nos malheurs.

C'est pourquoi, nous nous sommes attelés, avec l'appui de la communauté internationale, au renforcement de la justice, de l'Etat de droit et des Droits de l'Homme.

Concrètement, nous avons relancé la justice par le redéploiement effectif du personnel judiciaire dans les juridictions du pays, à l'exception de quelques villes encore tenues par les croupes armés.

Les Magistrats exercent leur profession de dire le droit en toute indépendance. Ils ont une grande responsabilité dans le rétablissement de l'Etat de droit et l'amélioration du climat des affaires.

A cet égard, ils doivent faire preuve d'intégrité, d'impartialité, de probité, de loyauté et surtout de diligence dans le traitement des affaires qui leur sont soumises.

J'ai le plaisir de vous informer que le Procureur Spécial de la Cour Pénale Spéciale est déjà nommé. La sélection des autres Magistrats et auxiliaires de justice tant nationaux qu'internationaux est en cours.

Cette juridiction, je le rappelle, est instituée pour enquêter, instruire et juger les violations graves des droits humains et du droit international humanitaire commises dans notre pays.

Dans ce chapitre, un Code de Justice Militaire a été adopté. Ce Code qui est le premier du genre dans notre arsenal juridique, permettra d'assurer un meilleur traitement pénal des infractions commises par les militaires et assimilés et de rapprocher la justice des justiciables par la création des tribunaux militaires et cours martiales.

La constitution de partie civile est désormais possible devant les juridictions militaires, offrant ainsi la possibilité aux victimes des infractions commises par les militaires et assimilés de demander réparation du préjudice subi.

Mon engagement en faveur des Droits de l'Homme et ma volonté à faire de la promotion et de la protection de ceux-ci une des priorités de mon quinquennat, outre le fait qu'il n'existe aucun prisonnier d'opinion, s'est traduite dans la réalité par l'élaboration de la loi portant organisation et fonctionnement de la Commission Nationale des Droits de l'Homme et des Libertés Fondamentales.

Cette Commission qui sera bientôt mise en place, pourra recevoir toutes plaintes et dénonciations et diligenter toutes enquêtes ou investigations sur les cas de violations des Droits de l'Homme et des Libertés Fondamentales.

Je voudrais préciser, afin qu'on n'en ignore, que les bourreaux du peuple centrafricain répondront de leurs actes, tôt ou tard. La peur doit changer de camp. Ce n'est qu'une question de temps, et ce temps de justice ne saurait tarder à arriver.

Le glas de l'impunité est sonné. Personne ne doit être au-dessus de la loi en République Centrafricaine.

Mes Chers Compatriotes,

2-Dans le cadre de l’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs, je dois affirmer que depuis mon investiture, le pays s'est doté de la loi organique relative au Code de transparence et de bonne gouvernance, permettant de renforcer la gouvernance économique et financière du pays.

Des mesures courageuses prises, dans le cadre du Plan National de Relèvement et de la Consolidation de la Paix (RCPCA), ont permis au pays d'obtenir, lors de la conférence internationale des donateurs et investisseurs, tenue le 17 novembre 2016 à Bruxelles, en Belgique, une importante promesse de 2 milliards 268 millions de Dollars américains.

Des négociations engagées avec les partenaires tant bilatéraux que multilatéraux, pour la mobilisation des ressources annoncées ont abouti à la signature de deux accords de financement avec la Banque Mondiale et l'Agence Française de Développement en décembre 2016.

Des efforts importants restent cependant à accomplir pour la mobilisation des fonds annoncés qui permettront, à n'en point douter, de relever d'énormes défis qui se posent au pays, au nombre desquels le DDRR, la relance économique, l'épineux problème d'emploi des jeunes, l'électricité, l'eau potable, la santé, l'assainissement et les routes.

Dans  le  domaine  des  finances  publiques,  mon  engagement a  été  celui d'accroître les ressources de l'Etat, de les sécuriser et de réduire les dépenses publiques.

En effet, il est important que l'Etat recommence à lever l'impôt pour l'affecter aux charges publiques. Longtemps, les recettes de l'Etat étaient prélevées par des personnes inappropriées en défaveur de celui-ci. Il est temps de mettre fin à cette série de pratiques illégales sur le trafic des bétails, des personnes et des biens.

Egalement, nous devons limiter la fraude et les autres prévarications qui étaient observées pour que les deniers publics ne soient utilisés que pour les besoins d'intérêt général.

Aussi, les dépenses publiques doivent-elles être maîtrisées pour qu'elles restent dans les limites des moyens de l'Etat.

Cette vision nous l'avons partagée avec les partenaires financiers extérieurs, particulièrement le FMI avec lequel nous avons signé courant 2016 un accord triennal, la Facilité Elargie de Crédit (FEC).

Le début d'exécution de ce programme a donné des résultats satisfaisants si l'on n'en juge à travers le premier rapport d'évaluation de la mise en œuvre de ce programme.

Madame Christine LAGARDE, Directrice Générale du Fonds Monétaire Internationale (FMI) et Monsieur Makhtar Diop, Directeur Général Adjoint de la Banque Mondiale étaient venus dernièrement à Bangui pour nous encourager à continuer dans cette voie.

Je réaffirme ma ferme volonté de lutter contre la corruption et la mauvaise gouvernance dans toutes ses formes afin que les fonds mobilisés puissent servir effectivement les intérêts du peuple.

Ainsi, les actes rétrogrades comme les paiements indus des travaux ou des services non exécutés, les nombreuses violations des procédures de passation des marchés publics, les minorations des taux et valeurs, les affectations de faux numéros d'identification fiscale sur les dossiers, ainsi que les flux financiers illicites seront sévèrement sanctionnés.

A cet effet, la capacité opérationnelle des institutions supérieures de contrôle, notamment la Cour des Comptes, l'Inspection Générale d'Etat, l'Inspection Générale des Finances et le Contrôle Général du Secteur Parapublic sera suffisamment renforcée.

J'ai donc instruit le Gouvernement d'accélérer le processus d'harmonisation de la législation nationale aux Conventions des Nations-Unies et de l'Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, au sein du Comité National de Lutte contre la Corruption.

Aussi, le Gouvernement devra rendre effective la déclaration du patrimoine pour tous les dirigeants et autres personnalités désignées par la Constitution.

En perspective, le Gouvernement envisage, au niveau de la coopération internationale :

- la reprise de la coopération avec le Japon pour présenter des projets en lien avec le plan national, afin d'accéder à une partie des 32 milliards de Dollars américains du plan d'actions 2013-2O17 pour le Développement de l'Afrique (TICAD) :

- la poursuite des négociations avec les fonds arabes, pour le rééchelonnement de la dette et permettre de mobiliser les financements suspendus ;

- L’organisation de la réunion ministérielle du Dialogue International pour la consolidation de la Paix et le renforcement de l'Etat, du 10 au 11 mai 2017 à Bangui, sur l'initiative de G7+ ;

- la signature de nouveaux programmes de coopération avec les partenaires techniques et financiers comme l'Union Européenne (11ier PIN), la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement.

Dans le Secteur du Tourisme, il faut rappeler que ce secteur est tributaire de la situation sécuritaire du pays. Néanmoins, onze nouveaux établissements à caractère touristique ont été ouverts en 2016.

Aussi, afin de faire du tourisme centrafricain un secteur qui contribue effectivement à la croissance, il a été créé une Agence Nationale de Développement du Tourisme.

Mes Chers Compatriotes,

Le 30 mars 2016, j'avais rappelé que la République Centrafricaine est un pays à vocation agricole et que nous devrions sortir des sentiers battus, car notre agriculture doit être repensée à travers le changement de nos méthodes et la mise en œuvre des moyens modernes.

Mon vœu est que nous parvenions très rapidement à l'autosuffisance alimentaire.

C'est pourquoi, au cours de cette première année, outre les réformes institutionnelles et juridiques qui ont été réalisées, nous avons mené simultanément plusieurs actions consistant en la réfection des voies de communication pour assurer l'interconnexion entre les localités ainsi que la remise en état des équipements pour soutenir la production agricole ou améliorer les conditions de vie de la population.

Il me plait de mentionner que le Gouvernement a lancé, le 3 février 2017, à Bossangoa, l'opération d'apurement des arriérés dus aux cotonculteurs d'un montant total de 1 milliard 400 millions de FCFA, grâce à un appui de la Banque Mondiale.

Je reste persuadé que le paiement intégral des arriérés des cotonculteurs permettra de relancer durablement la production du coton dans toutes les zones de production du pays.

L'impact de cette culture de rente sur l'amélioration des conditions de vie de la population sera considérable.

Cette action, comme j'ai eu à le dire, ouvre la voie aux réformes des filières agricoles que je veux rendre productives et compétitives durant mon mandat.

Il s'agit, outre la filière coton, des filières de café, de cacao, de palmier à huile, de la canne à sucre, sans oublier les oléagineux pour parer aux importations d'huile alimentaire dont dépendent 95% des besoins nationaux et les filières vivrières pour assurer la sécurité alimentaire.

Ainsi, la production et la commercialisation du cacao, longtemps négligées, ont fait l'objet d'une relance officielle sur toute l'étendue du territoire à Dédé-Mokouba.

C'est pour répondre à cet impératif de relance de l'agriculture que nous avons lancé les travaux de réhabilitation de l'Institut Supérieur du Développement Rural de Mbaïki.

Car, il serait hasardeux de vouloir relancer l'agriculture sans l'encadrement technique, d'où nécessité de former des Ingénieurs et Techniciens d'Agriculture.

Dans la suite logique de ma politique qui met un accent particulier sur le développement rural comme socle de relance économique et en droite ligne avec l'initiative des Chefs d'Etat et de Gouvernement, prise lors du 26ième Sommet de l'Union Africaine, j’ai initié le Programme d'Urgence Présidentiel pour Soutenir les Achats Locaux en Produits Alimentaires en Faveur des Ecoles, en abrégé PURSAL-PAFE.

Ce programme, lancé le 27 décembre 2016 à l'école primaire de Mboko, se lance le défi d'alimenter plus de 303.200 enfants, soit 60.640 ménages dans les écoles à partir des produits locaux, pour un budget de 34 milliards de FCFA, sur trois ans.

Les fonds qui seront mis à la disposition serviront à favoriser le retour à la terre des paysans longtemps déplacés, qui ont perdu leurs moyens de production mais désireux de reprendre leurs activités.

Les importations des produits seront progressivement réduites jusqu'à un seuil acceptable et les exportations des produits les plus compétitifs seront impulsées.

J’utiliserai ce programme pour acheter des produits locaux et par la même occasion, stimuler les chaînes de valeur à cycle court et créer des emplois pour nos jeunes désœuvrés.

Pour la première phase, le PURSAL-PAFE compte toucher 800 écoles sur le total de 1933 que compte le pays. Plus de 40.000 producteurs recevront des kits de productions, après des séances de formations pratiques délivrées conjointement par les agents techniques de l'Etat et les partenaires techniques au développement.

C'est pour moi l'occasion de remercier les partenaires techniques et financiers que sont la FAO, le PAM et l'ONG WHH qui ont déjà compris la vision et ont fait de ce défi une des priorités de leur mission en Centrafrique.

Ils sont déjà engagés sur quelques écoles pilotes autour de Bangui, dans la Commune de Pissa, les villes de Bouar et Sibut.

La communication autour de cette initiative se poursuit et j'invite tous ceux qui ne sont pas encore sur la liste à se joindre à nous.

En perspective, le 11ieme Programme Indicatif National du Fonds Européen de Développement se poursuivra par la formulation des stratégies d'intervention dans le secteur agricole et rural en prenant en compte un autre axe de concentration qui concerne l'éducation et la formation professionnelle des jeunes.

Concernant le sous-secteur Elevage, des efforts ont été réalisés pour assurer le ravitaillement de la ville de Bangui en bétail de boucherie malgré les difficultés liées à cette filière.

J’ai accordé une importance particulière à l’entreprenariat dans notre pays. Ma volonté est avant tout de promouvoir l'initiative privée et développer une bourgeoisie nationale. La promotion et le développement des petites et moyennes entreprises sont le moyen essentiel de la création des richesses et d'emplois.

Un programme d'action a été conçu dont la mise en œuvre va créer les conditions pour la diversification des activités entrepreneuriales, la valorisation de l'artisanat, l'émergence des petites et moyennes entreprises.

La redynamisation des principales structures à caractère corporatiste comme la Fédération des Groupements des Artisans de Centrafrique (FEGACA), l'Association Nationale des Entrepreneurs et Artisans de Centrafrique (ANEAC) et l'opérationnalisation du Centre d'Assistance aux Petites et Moyennes Entreprises (CAPMEA) permettront de créer des conditions pour la diversification des activités entrepreneuriales, la valorisation de l'artisanat et la création d'emplois et de richesse en vue de la réduction de la pauvreté.

Mes Chers Compatriotes,

Pour ce qui concerne le désenclavement de notre pays, les principales actions menées au cours de cette première année ont porté, en ce qui concerne le désenclavement extérieur du pays sur :

- Le démarrage des travaux de renforcement des chaussées aéronautiques de l’Aéroport International de Bangui M'Poko et de la réhabilitation de la voie principale PK0 -Aéroport International Bangui M'Pobo pour un montant de
12 milliards de FCFA, financés par le Fonds Saoudien ;

- les travaux de sécurisation de l'Aéroport International Bangui M'Poko par la construction d'une clôture d'un montant de 4 milliards 500 millions de FCFA, sur financement de l'Agence Française de Développement et de la Banque de Développement des Etats de l'Afrique Centrale ;

- la poursuite des travaux de construction du siège commun de l'ANAC-C, la SODIAC et la Sûreté Aéroportuaire d'un montant de 900 millions de FCFA financés par le Gouvernement ;

- la signature des accords aériens avec les EMIRATS ARABES UNIS et le RWANDA pour renforcer la desserte aérienne de notre pays.

S’agissant du désenclavement intérieur du pays, je voudrais noter que conscient de la dégradation très avancée du réseau routier national, nous avons entamé les travaux d'entretien routier sur les axes principaux afin de permettre un accès permanent aux régions coupées du reste du pays pendant la saison des pluies, de faciliter le redéploiement de l'Administration et des forces de défense et de sécurité et de relier les grands centres de production agricole.

Un accent particulier a été mis sur la réhabilitation des voies principales, des bacs et des ouvrages d'art. Une Cellule de Planification et de Coordination des Pistes Rurales est mise en place pour répondre aux besoins de la population dans ce domaine.

Dans le domaine de l'équipement, plusieurs actions ont été réalisées :

- la réhabilitation de 50 Km de voirie urbaine ;

- la consolidation du pont Saint Charles dans le 2eme Arrondissement de Bangui pour un montant de 100 millions de FCFA sur financement du Fonds d'Entretien Routier ;

- les travaux de reconstruction du pont SAPEKE pour un montant de 6 milliards de FCFA grâce à l'aide chinoise.

- Les travaux THIMO de création de Fossés maçonnés le long des voies dans tous les arrondissements de Bangui pour un montant de un milliard 100 millions de FCFA;

- Les travaux de régie réalisés par   l'ONM pour un montant de 850.000.000FCFA dans les 4ème et 2ème Arrondissements de Bangui ;

- Les travaux connexes de réhabilitation des pistes rurales et de construction de pèse essieux sur le corridor Bouar-Beleko-Garoua-Boulay pour un montant d'un (1) milliard 600 millions de FCFA ;

- La construction de deux quais/ débarcadères à Ouango et Kolongo.

Je voudrais signaler que certains travaux importants d'équipement sont en cours de réalisation. Il s'agit, entre autres :

- Du bitumage de l'Avenue IDRISS DEBY pour un montant de 2 milliards 500 millions de FCFA sur financement de l'AFD ;

- La construction du pont de l'Amitié pour un montant de 78 millions de FCFA ;

- La défluence du bras de collecteur de     NGONGONON dans le 8ème Arrondissement de Bangui pour un montant d'un (1) milliard 470 millions de FCFA ;

- les revêtements de l'Avenue BERROT-CEMAC dans les 4ème, 6ème et 8ème Arrondissements de Bangui pour un montant de 915 millions de FCFA ;

- le bitumage du boulevard Charles De Gaulle pour un montant d'un (1) milliard 931 millions de FCFA ;

- le revêtement de l'Avenue BAIKOUA pour un montant de 800 millions de FCFA ;

- le revêtement de l'avenue De la Paix pour un montant de 600 millions de FCFA ;

- Le bitumage de la route Baoro-Bouar dont les travaux démarreront en juin 2017;

- Les travaux de connectivité de la route en terre de Kaga-Bandoro-Mbrés-Ndélé y compris la construction du pont sur la Bamingui financés par la

Banque Mondiale pour un montant de 2 milliards 500 millions de FCFA, exécutés par l'UNOPS ;

-     La mise en place d'un système de géolocalisation par GPS des véhicules empruntant  le corridor  Douala-Bangui  qui  permettra de supprimer la surcharge des camions, de combattre plus efficacement la fraude douanière
et de préserver les infrastructures routières et d'accroître les revenus des transporteurs et les recettes douanières.

Bientôt seront lancés les travaux de réhabilitation de la route Sibut-Dékoa-Kaga-Bandoro sur financement du Fonds d'Entretien Routier pour un montant de 280 millions de FCFA ainsi que ceux de la route Damara-Bouca pour un montant de 100 millions de FCFA.

Nous avons par ailleurs finalisé les études technico-socio-économiques et environnementales de la route en terre Ndélé-Tiringoulou-Birao sur financement de la Banque Mondiale et l'Agence Française de Développement.

D'autres études sont réalisées pour les pistes rurales dans le bassin agricole Ouham-Ouham-Péndé sur financement de la Banque Mondiale.

Au niveau des transports de surface, des travaux suivants ont été réalisés :

- La construction de la Gare routière de Bouar et des aires de repos sur les principaux corridors ;

Sont en cours de réalisation :

La construction d'un port sec au PK26, route de Boali ;

La mise en valeur de l'espace concédé à la RCA au port autonome de Douala.

D'autres projets sont en cours de réalisation comme le renforcement de la Transéquatoriale avec l'appui de la CEEAC dans le cadre des projets intégrateurs d'un montant de 135 millions d'Euro sur financement de la BAD, le projet de route OUESSO-BANGUI-NDJAMENA et de la navigation sur le fleuve Congo et ses affluents, les rivières Oubangui et Sangha.

Par ailleurs, avec l'appui des partenaires, notamment la Banque Mondiale, nous avons lancé les travaux de réhabilitation de la route Kaga-Bandoro-Ndélé.

L'AFD quant à elle prendra en charge le relais de cette réhabilitation de la route Ndélé-Birao.

En matière de communication, mon ambition d'assurer progressivement la couverture médiatique du territoire sera matérialisée, dans les prochains jours, par le lancement des signaux de la Télévision et la Radio nationales à Boali, avec couverture des villes de Damara grâce au partenariat avec la société TELECONSULT.

A court terme, la ville de Mbaïki et ses environs seront à leurs tours couverts, puis Berberati et Bouar.

Jusqu'à la fin de l'année, plus de la moitié du pays recevra les signaux radio-télévisuels.

En perspective, la Radio et la Télévision nationales seront érigées en office. Le projet de construction des infrastructures et de modernisation des systèmes d'exploitation de la Radio et la TVCA sera bientôt réalisé.

S'agissant de la presse privée, je dois dire qu'elle est indépendante. Aucun journaliste n'a été inquiété pour des délits de presse.

Mais cette presse qui a énormément contribué à l'éclosion de la démocratie dans notre pays éprouve d'énormes difficultés. C'est pourquoi, j'ai instruit le Gouvernement qui a déjà payé la subvention due aux organes de presse, de continuer à rechercher des solutions idoines aux problèmes de la presse en général.

Dans le domaine des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information, le Gouvernement a remis en services certains bureaux de postes qui étaient laissés en abandon dont les bureaux de Lakouanga et SICA en leur confiant entre autres mission le transfert d'argent pour améliorer la trésorerie de la Poste.

Le projet sur la fibre optique connaît également une bonne évolution et sera conduit à terme au cours des années à venir.

Dans le domaine de l’Habitat, du Logement social et de l’Urbanisme, plusieurs actions ont été réalisées afin de répondre aux attentes des compatriotes en matière de logement social.

C'est ainsi que le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a lancé le projet de construction de 100 logements sociaux à Sakaï, grâce au don marocain.

Il est à signaler qu'à Ndélé, le Gouvernement, grâce à l'appui de l'Ambassade de France à Bangui, a construit 100 logements traditionnels déjà remis aux bénéficiaires.

Il faudra aussi signaler le démarrage du projet pilote de 20 logements économiques autofinancés à Sakpa, route de Mbaïki, grâce à la relance de l'Agence Centrafricaine de Promotion de l'Habitat.

Je peux aujourd'hui vous annoncer que 10.000 logements modulaires seront bientôt construits en partenariat avec l'ONG ETODIVI. L’étude de faisabilité réalisée à cet effet est concluante.

Suite à l'établissement du réseau électrique à Beloko, en prélude à la constitution d'une zone franche sur notre couloir d'accès à la côte, le Gouvernement a créé une ville frontière d'expérimentation à Beloko et Cantonnier dans la Sous-préfecture de Baboua.

Dans le cadre de l'aménagement de la ville de Bangui, le Gouvernement a entamé la construction du réseau de collecteurs en vue de réduire le débit de ruissellement sur l'Avenue de l'Indépendance, pour la prévention de l'inondation du Centre-ville, sur financement de l'AFD.

Il en est aussi de travaux d'aménagement dans les Communes de Bimbo et Begoua et à Ngaragba, en partenariat avec la Centrafricaine des Partenaires en Construction.

En perspective, nous entendons réhabiliter, à court terme, la Cité Christophe et la Tour d'Uzès afin de permettre à nos compatriotes d'avoir des logements décents.

A moyen terme, nous voulons construire une nouvelle ville avec 5.000 logements. Le projet d'accord a été signé le 14 mars 2017 avec la Chine.

Je me réjouis de la signature du protocole d'accord technique entre le Gouvernement et une société chinoise pour la construction d'une Cité administrative composée de bâtiments à usage de bureau.

Par ailleurs, sur financement déjà acquis de la BAD, le Gouvernement entend réaliser un nouveau schéma directeur d'aménagement et d'urbanisation de la ville de Bangui.

En ce qui concerne les bâtiments administratifs, il faut mentionner la réhabilitation en cours du Building Administratif, l'inauguration des projets de construction des buildings administratifs à Bossangoa, Mobaye et Obo ainsi que du Palais de justice de Mobaye.

Grâce à l'appui du Programme de Redéploiement de l'Administration Publique, financé par le Fonds Européen de Développement, certains bâtiments administratifs ont été réhabilités, tels les Sous-préfectures de Sibut et Boali.

Dans le domaine du Commerce et de l'Entreprenariat, des réformes juridiques importantes et institutionnelles ont été réalisées en vue de prendre en compte le panier de la ménagère, les difficultés financières des petites et moyennes entreprises victimes de la crise. Bientôt, nous récolterons les fruits de toutes ces réformes.

Centrafricaines, Centrafricains, Chers Compatriotes,

3-En matière de réforme de l’administration, le Gouvernement a mis en place un système de gestion du personnel de l'Etat et de la solde par la fusion des deux bases de données en vue de garantir la sécurité du fichier.

Un cadre organique de l'Administration centrafricaine a été élaboré le 28 juillet 2016 et a servi de référentiel pour l'élaboration ou la révision des textes organiques des départements ministériels. Il permet aujourd'hui d'avoir la maîtrise des emplois de responsabilité et de la masse salariale.

Dans le domaine de l'emploi et de la formation professionnelle, il y a lieu de mentionner que le Gouvernement, avec l'appui du BIT a élaboré le Document cadre de la Politique Nationale de l'emploi et de la formation professionnelle et le Programme National d'Urgence de création d'emplois décents et durables pour la consolidation de la paix et la résilience.

L'objectif est de créer au moins 40.000 emplois pour les cinq années à venir au profit des jeunes.

Plus de 15OO diplômés des secteurs sociaux viennent d'être intégrés dans la Fonction Publique. Cette intégration se poursuivra dans les autres secteurs en tenant compte du Budget de l'Etat.

Mes Chers Compatriotes,

2-Dans le domaine de la satisfaction des besoins essentiels, il convient de dire qu'au cours de cette première année, nous nous sommes attelés à garantir aux populations vulnérables un accès juste et équitable aux services sociaux de base adaptés à leurs conditions sociales, dans le respect des normes environnementales, en vue d'améliorer de manière durable leur bien-être social.

Ainsi, dans le domaine de l'éducation, environ, cinq cent (5OO) enseignants du Fondamental 1 et 2 viennent de finir
leur formation théorique dans les Centres Pédagogiques Régionaux (CPR) et vont bientôt être déployés dans les écoles pour leur stage pratique à pleine responsabilité.

Cent cinquante (15O) élèves instituteurs poursuivent encore leur formation à l'Ecole Normale des Instituteurs de Bambari ;

Deux cent (2OO) formateurs des formateurs ont été formés. Ceux-ci ont eu, à leur tour, à former quatre cent (400) enseignants.

Avec l'appui de l'UNICEF, plus de 600 Directeurs d'écoles ont réussi à s'inscrire sur la plate-forme du réseau serveur. Les partenaires commenceront à reproduire les annuaires statistiques de l'éducation dont la dernière parution date de 2011 - 2012.

Dans le domaine de la santé, des équipements ont été acquis dont 29 véhicules, 43 motos, du matériel informatique, des groupes électrogènes et 25 kits d'appareils radio, l'équipement de 170 formations sanitaires, la dotation en équipements, réactifs et consommables de laboratoire de 3 formations sanitaires et le redéploiement de 15 kits solaires dans certaines régions sanitaires.

Le projet de construction d'un Centre d'urgence médicale devant abriter le scanner et l'hémodialyse sera lancé dès le mois prochain, grâce au financement de la BAD. Ce Centre permettra de réduire les coûts d'évacuation sanitaires et sauver beaucoup de vies.

Le démarrage des activités du projet d'appui au système de santé à travers l'approche du Financement Basé sur la Performance (PBF) a été lancé par le premier Ministre, Chef du Gouvernement, le 10 septembre 2016. Ce projet couvre 5 régions sanitaires (2, 3, 4, 5 et 6).

Par ailleurs, plus de 7.852 enfants malades ont été pris en charge et des campagnes de vaccination contre la rougeole, couplée du déparasitage systématique des enfants et de la supplémentation en vitamine A ont été réalisées sur toute l'étendue du territoire national.

Grâce aux concours des partenaires comme l'OMS et l'Union Européenne, 29 véhicules, 43 motocyclettes et divers kits ont été mis à la disposition de cinq régions sanitaires, améliorant ainsi leur capacité d'action.

S'agissant de la santé animale, le Gouvernement a appuyé les projets de construction des parcs de vaccination. Plus d'un million de bovins, 25O.OOO caprins et 4OO.OOO ovins ont été vaccinés, grâce à l'appui des partenaires du secteur.

Notre action au cours de cette première année a porté aussi sur l'amélioration des infrastructures de base de notre pays.

Dans le domaine de l’Hydraulique et de l'Assainissement, il faut mentionner la réhabilitation de 112 Kiosques Borne Fontaine à Bangui. Dans les provinces, 412 forages sont rendus fonctionnels, et 12 sources d'eau traitées ainsi que la reprise des travaux de la voirie urbaine.

Les Projets d'études du plan de développement de la potabilisation de l'eau en milieu rural sur financement de la BDEAC ont été réalisés.

Le Gouvernement a mobilisé auprès de la BAD la somme de 12 milliards 17 millions de FCFA pour le financement du projet additionnel au premier sous-programme sectoriel eau potable et assainissement (PSEPA) afin de construire et réhabiliter les ouvrages et infrastructures d'alimentation en eau potable et assainissement en milieu rural des Sous-préfectures de Berberati, Bouar et Bossangoa.

En ce qui concerne l'électricité, point n'est besoin de rappeler que le pays traverse une crise énergétique depuis son indépendance. Le taux d'accès à l'énergie est de 8% à Bangui et 2% dans le reste du pays, malgré le potentiel énergétique national, à savoir 2 GW d'énergies propres.

Face à cette faible couverture des besoins en énergie qui impacte très négativement les efforts de relance économique du pays, je n'ai ménagé aucun effort depuis mon investiture avec les partenaires techniques et certains pays amis tels que la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, l'Agence Française de Développement, le Fonds saoudien et la Chine pour y apporter des solutions concrètes et importantes. Il s'agit de :

- la réhabilitation  de  la centrale thermique de Bangui faisant passer sa puissance de 2.2 à 8,5 MW ;

- la réhabilitation de la Centrale Hydroélectrique de Boali 1 qui a retrouvé sa capacité de production d'origine de 8,75 MW ;

- la remise en service des centres de province de Bossangoa, Mbaïki et dans les mois à venir de Berberati, Bouar et BéloKo.

- L'appui du Gouvernement à l'implémentation des compteurs à prépaiement afin de contribuer à l'amélioration de la trésorerie de l'ENERCA.

- l'installation de 2OO lampadaires solaires sur les Avenues des Martyrs et de la CEMAC, le tronçon Omnisport-Lycée Technique, le lycée des Martyrs, l'Hôpital Général et les Commissariats des huit (8) Arrondissements de Bangui.

Au titre des perspectives, à très court terme, plusieurs actions seront menées, entre autres :

-  le lancement durant le second trimestre de l'Appel d'offres pour le renforcement des capacités de production qui permettra non seulement d'augmenter la capacité de production de l'usine Boali 2 de 1O à 2O MW, mais également d'améliorer la fiabilité du réseau de transport haute tension.

-  la promotion de l'électrification villageoise avec le projet d'électrification de sept localités à l'Est du pays, notamment à Mobaye, Ima-Langandji, Kongbo, Alindao, Pavica, Dimbé et Kembé, à partir du barrage sur l'Oubangui.

-  la poursuite des études pour les aménagements hydroélectriques de la Lobaye et de Dimoli qui vont contribuer dans un avenir proche à la diversification des sources d'alimentation en électricité de la ville de Bangui, mais aussi permettre à notre pays de devenir un acteur du marché sous régional d'énergie électrique.

Aussi, des discussions se poursuivent pour :

-  la reprise des travaux du projet Boali 3 qui permettra d'injecter 10 MW sur le système interconnecté Boali-Bangui ;

-  la valorisation des sources d'approvisionnements durables comme l'énergie solaire dans le cadre du partenariat public-privé par la construction d'une centrale solaire de 50 MW crête pour renforcer l'offre d'électricité pour la ville de Bangui et ses environs.

La réalisation de ces importants projets doit s'accompagner d'une nouvelle culture de gestion, axée sur les résultats, car les problèmes de l'ENERCA ne sont pas seulement infrastructurels, mais aussi et surtout de gouvernance.

Mon ambition est de réduire considérablement les coupures intempestives d'électricité et améliorer les conditions de vie de mes compatriotes, au cours de ce mandat.

Pour le Sous-secteur Pétrolier aval, on a assisté au cours de cette année, à la création et réhabilitation des stations-services de standard international à Bangui et dans les provinces.

L'inauguration des stations-service de Total Centrafrique au PK9, route de Bimbo et celle de trois (3) stations-service de SARPD-OIL Centrafrique au PK 11, route de Damara, à Miskine et à Bimbo ont contribué à désengorger les stations-services à la satisfaction des consommateurs.

Aussi, la structure des prix des produits pétroliers en vue de la révision en baisse des prix à la pompe et l'agrément d'un nouveau Marketeur en l'occurrence la société « BOCOM PETROLIUM » permettent d'améliorer le circuit.

Dont le domaine du Commerce et de l'Industrie, des mesures incitatives sont prises pour promouvoir des entreprises dynamiques, doper la compétitivité intérieure et concurrencer le marché extérieur.

En perspective, en vue de renforcer les capacités nationales et susciter l'intérêt des investisseurs, le Gouvernement est instruit d'améliorer le climat des affaires par l'instauration permanente du dialogue secteur public/secteur privé.

Par ailleurs, tout doit être mis en œuvre pour assurer la maîtrise des prix des produits de première nécessité par un contrôle régulier des prix homologués et poursuivre la surveillance permanente de la qualité des produits alimentaires soumis à surveillance.

Dans le domaine de la jeunesse

Préoccupée par la question de l'emploi de la jeunesse, j'ai demandé et obtenu l'organisation d'une réunion de plaidoyer sur la jeunesse en marge de la table ronde de Bruxelles le 16 novembre. Cette rencontre de haut niveau a permis de convaincre les partenaires et bailleurs sur l'intérêt pour notre pays de créer des emplois pour les jeunes et de leur assurer un avenir meilleur.

Parallèlement, dix maisons des jeunes de Bangui, Boda, Kaga-Bandoro, Mbaïki et Bimbo ont été réhabilitées.

Dans le domaine des Sports, l'espoir que suscitait le football centrafricain s'est éventré avec la crise, au vu des résultats de la participation de l'équipe nationale aux éliminatoires de la CAN de football 2017 au Gabon, du tournoi international de Boxe de la Zone 3 à Bangui et de la participation aux jeux olympiques et paralympiques de Rio au Brésil.

C'est pourquoi, j'ai instruit le Gouvernement de tout mettre en œuvre pour redynamiser les fédérations sportives et créer les conditions pour une professionnalisation accélérée de nos sportifs, dans toutes les disciplines.

Mes Chers Compatriotes ;

Au cours de cette première année de mon mandat, j'ai mobilisé l'intégralité de mon énergie à la recherche de la paix et de la sécurité.

Vous avez tous été témoins des efforts déployés par le Gouvernement pour baliser le chemin vers la paix, la réconciliation nationale, le vivre ensemble, la cohésion sociale et le relèvement du pays.

La République Centrafricaine est semblable à une maison en ruine qu'il faut rebâtir. Elle n'a pas résisté au vent, car construite sur le sable mouvant de haine, de violence, d'intolérance, de destruction, de mal gouvernance.

Il fallait la rebâtir correctement sur un roc. Pour cela, il fallait d'abord choisir un architecte, et c'est ce que vous avez fait en portant votre choix sur ma personne pour conduire la destinée du pays.

Il fallait ensuite choisir des matériaux solides, durables, résistants aux intempéries. C'est ce que j'ai fait par la mise en place des institutions de la République et les réformes juridiques et institutionnelles profondes.

Il fallait réaliser le dossier de permis de construire et rechercher le financement, c'est ce que nous avons fait à travers le RCPCA à Bruxelles.

Les mesures audacieuses prises et les réformes des finances publiques ont eu des échos favorables.

Comme vous le savez, pour la première fois dans l'histoire de notre pays, un premier responsable du Fonds Monétaire International a effectué une visite d'évaluation des efforts faits par le Gouvernement en faveur de la paix et du redressement économique.

Nous pouvons affirmer que le fondement est solide, nous sommes sur la bonne voie.

Certes, beaucoup reste en faire ; mais des progrès palpables ont été accomplis et des résultats palpables enregistrés dans divers domaines.

Les défis demeurent cependant nombreux. Ils appellent la mobilisation de tous. Pour y parvenir, nous devons choisir un nouveau modèle de société, une société paisible, unie, solidaire, débarrassée de la haine, de l'esprit de vengeance.. je vous demande, mes chers Compatriotes, de ne pas vous laisser enfumer par des arguments fallacieux de ceux qui pensent que la solution à notre crise réside dans la guerre.

Je sais que comme moi, vous avez tous compris que la guerre est la source de pauvreté ; elle est un facteur de dégénérescence humaine.

Je réaffirme ma détermination à tout mettre en œuvre pour rétablir la paix et la sécurité sur le territoire national.

Nous devons travailler davantage à consolider l'unité nationale, à retrouver le vivre ensemble et la cohésion sociale.

Le chantier est immense. Nous avons au cours de cette année semé d'abondantes graines. La récolte sera abondante si nous aimons la paix, si nous recherchons la paix et si nous nous réconcilions entre nous.

J'ai donc besoin de vos soutiens, de vos conseils, de votre mobilisation pour relever les défis qui se posent à nous avec acuité. Le pays est en marche, il est fréquentable, mais nous devons tenir le cap.

Une moindre rechute sera fatale pour nous. J'en appelle à votre sens de patriotisme pour préserver les acquis de cette première année. Nous devons faire mieux.

Je ne dormirai pas, je ne sommeillerai pas tant que la sécurité ne sera pas rétablie sur le territoire national, tant qu'une portion du pays sera sous le joug des bandes armées.

Je vous réaffirme que l'intégrité du territoire sera protégée. La République Centrafricaine est une et indivisible. Il n'y aura pas de partition.

Que Dieu bénisse la République Centrafricaine et son peuple.

BON ANNIVERSAIRE A L’HOMME DU 30 MARS 2016

« A CŒUR VAILLANT, RIEN N’EST IMPOSSIBLE »

 

 

Je vous remercie.

 

 

 

 

 

 

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