SORTIE DE CRISE EN RCA : DIALOGUE OU L’USAGE DE LA ...

Jeudi 13.09.2018 : 09H51

SORTIE DE CRISE EN RCA : DIALOGUE OU L’USAGE DE LA FORCE, TOUT CHEMIN MENE A ROME

Faca 11Deux solutions sont possibles pour une  sortie définitive de la crise en République Centrafricaine. Soit les groupes armés optent pour   le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), à travers les  dialogues initiés  par l’Union Africaine et la Russie, soit ils choisissent la mort par l’usage de la force. C’est la sonnerie d’alerte maximale que nous lançons  à la Communauté internationale si elle veut réellement aider le peuple centrafricain à retrouver définitivement la paix et la stabilité.

Revendications sur revendications, dialogues sur dialogues, accords sur accords, mais aucune lueur d’espoir ne se pointe à l’horizon. La crise centrafricaine est devenue  un vrai pigeon voyageur. De Libreville à Brazzaville,  en passant par  Ndjamena, Sant'Egidio, récemment Bouar et Khartoum, les groupes armés traînent tout le monde dans la boue. Et il est très difficile aujourd’hui de connaitre  réellement ce que veulent  ces rebelles.

La population civile  de la ville de Bria vient encore une fois de plus de payer  un lourd tribut, suite aux affrontements meurtriers qui ont opposé les factions rebelles de la Séléka aux milices Anti-Balaka, la semaine passée. On dénombre une vingtaine de civils tués, de nombreux blessés, ainsi que des maisons incendiées. Et ce,  dans un contexte où le panel des facilitateurs de l’initiative africaine et la Russie  multiplient des rencontres avec les groupes armés, afin de trouver un terrain d’entente pour la sortie définitive de la crise en RCA.

C’est la preuve que même pendant 100 ans, ces va-t-en guerre, ces criminels de la pire espèce pour tout dire, n’entendent nullement la voie du dialogue pour déposer  définitivement les armes et faire la paix. Il est donc inutile que le panel des facilitateurs de l’initiative africaine puisse continuer de récolter les fameuses revendications tordues des groupes armés. D’ailleurs, aucune de ces revendications ne sera prise en compte.

Le dialogue doit être focalisé uniquement  sur le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), passage obligé pour tous les groupes armés, un point un trait. La phase pré-DDRR qui vient de s’achever il y a de cela quelques mois, a connu des avancées significatives. Certains groupes armés qui ont été démobilisés, bénéficient aujourd’hui  du soutien du gouvernement et de la Minusca qui ne cessent de voler à leur secours, à travers des formations, ainsi que des Activités Génératrices de Revenus (AGR) qu’ils exercent.

Qu’à cela ne tienne, certains groupes armés qui ont accepté de déposer volontairement leurs armes, sont formés par l’EUTM et les instructeurs militaires russes. Ils font maintenant partie du  corps des hommes en uniforme. Pourquoi un groupuscule de personnes malintentionnées qui ne sont  pas d’ailleurs  des Centrafricains puissent continuer de rouler la Communauté nationale et internationale dans la boue ?

Le dernier R du DDRR concerne les mercenaires  étrangers, à l’exemple de Nourredine Adam, Abdoulaye Hissène, Mahamat Alkhatim, Ali Darassa, Bahr, Sidiki et bien d’autres qui formulent des revendications sur revendications, sans savoir ce qu’ils demandent réellement. C’est inadmissible que des étrangers puissent continuer d’imposer leur volonté et de gouverner le peuple centrafricain.

Idriss Deby Itno peut-il accepter de dialoguer avec des sanguinaires sans âme ni conscience ? Nous pensons que non. Il en de même des autorités centrafricaines qui ne peuvent continuer de dialoguer avec des rebelles. C’est pour ramener les groupes armés à la raison que les autorités centrafricaines ont décidé d’entamer ces pourparlers. Hélas, des ignares qui n’ont aucun sens de discernement, pensent que le dialogue est une faiblesse des autorités centrafricaines. Et finalement, tout le monde ne sait plus ce que veulent réellement ces groupes armés.

La dernière chose qui reste à faire est d’utiliser la force sur ces criminels récalcitrants, afin de les contraindre à  déposer définitivement leurs armes pour faire la paix. Les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) qui sont formés et déployés dans certaines villes de l’arrière-pays, pourraient être soutenus par les instructeurs russes pour neutraliser ces charcutiers humains qui n’ont que la gâchette facile: tuer, massacrer, violer, piller et incendier à n’en point finir.

Ou bien, qu’on les rapatrie chez Deby au Tchad, en attendant l’opérationnalisation de la Cour Pénale Spéciale. Aucun pays de la sous-région ne peut accepter des criminels de la pire espèce sur son territoire. Excepté Idriss Deby Itno qui soutient depuis toujours des terroristes déguisés aux rebelles sur le territoire centrafricain.

Un jour, le Tchad subira le pire que la République Centrafricaine. L’exemple frappant est celui de l’envahissement du Nord du Tchad par des mouvements rebelles. Ça ne fait que commencer. «Ne faites plus aux autres ce que vous ne voulez pas qu’on vous le fasse », déclarent les Saintes écritures. A bon entendeur salut !

 

Amedé NGUETE

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire