SI TOUADERA, FLAVIEN MBATA ET GREZENGUET LISAIENT CE « MAIL »,...

Lundi 21 Novembre 2016 : 11h06

SI TOUADERA, FLAVIEN MBATA ET GREZENGUET LISAIENT CE « MAIL », SYLVAIN PENDI MERITE-T-IL DE RESTER A LA TETE D’ECOBANK CENTRAFRIQUE ?

President justice procureur

« En ligne avec vos orientations, après avoir fait partir le CRM et Head Legal, j’ai entrepris le processus de sélection et de remplacement de trois (3) chefs de départements, notamment le Directeur des Opérations et de la Technologie, l’ancien Directeur de la banque domestique (qui assure l’intérim de la banque commerciale) et le Directeur financier. Les supports du groupe sollicités pour la validation des candidats à présenter au plus tard le mois de mars 2016 et/ou les transferts des compétences en RCA sur ces trois postes ». A la lumière de ce mail, quelles fautes ces directeurs ont commises dans l’exercice de leurs professions ? Un Karim Mahamat Ali, Directeur Général d’Ecobank Tchad et de la région CEMAC s’implique dans Ecobank-RCA. Ce même Karim Mahamat Ali a été chassé sans ménagement par le président Idriss Déby Itno, d’Ecobank-Tchad. Il est interdit de séjourner au Tchad et vit en exil. Ce qui témoigne d’une moralité douteuse de ce Karim Mahamat Ali, désormais hors du circuit Ecobank au Tchad et de la zone CEMAC.

C’est ce Karim Mahamat Ali qui a fait des pieds et des mains pour que Sylvain Pendi soit nommé à la tête d’Ecobank Centrafrique. Karim Mahamat Ali a été remplacé à la tête d’Ecobank Tchad par un ressortissant de la Côte d’Ivoire. Ainsi, Karim Mahamat et Sylvain Pendi ont mis en place un réseau propre à eux, indépendant du siège à Lomé, pour évincer tous les hauts cadres centrafricains. C’est une véritable cure d’humiliation que le DG Sylvain Pendi administre aux cadres centrafricains d’Ecobank. Pourquoi se bat-il seul sans l’intervention du siège d’Ecobank à Lomé ? Pourquoi a-t-il fait recours aux politiques dans une affaire véritablement banale de management ? Un Tchadien, un Sénégalais et un Congolais, compatriotes de Sylvain Pendi, devaient venir les remplacer. Qui a tenu Ecobank depuis son implantation jusqu’à ce jour ? Qui s’est battu durant la grave crise militaro-politique que le pays a connue, pour préserver et maintenir Ecobank Centrafrique en l’état ? Il faut des motifs graves pour remplacer les hauts cadres d’une banque, ce qui ne semble pas être le cas. Les cadres centrafricains sont humiliés, ravalés au dernier rang, au plus bas de l’échelle sociale, dans leur pays et devant les autorités du pays.

D’ailleurs, Sylvain Pendi, DG d’Ecobank sollicite l’aide des autorités pour l’aider à soulever le marteau-pilon de la justice pour bien mâter les cadres centrafricains, les réduire à leur plus simple expression. Le recours à l’autorité politique est évocateur de la volonté du DG Sylvain Pendi de réduire au silence toute velléité de ces cadres à défendre leurs intérêts moraux, professionnels et matériels. Malheureusement, Sylvain Pendi s’est donc heurté à un cadre qui n’entend pas se laisser traîner dans la boue, sans motif crédible. Ils sont rétrogradés de Directeurs à presque employés de caisse. Histoire de les frustrer et les pousser à la démission sans que cela puisse faire vague, sur la pointe des pieds à la chinoise. Deux (2) Directeurs ont été ainsi mis à la porte, mais le troisième, Didace Sabone, ne l’entend pas de cette oreille. Il a déjà occupé successivement environ cinq (5) postes de Directions au sein d’Ecobank Centrafrique. Il faut des raisons valables pour rétrograder un tel directeur, le jeter presque à la poubelle. Il a saisi le tribunal du Travail qui lui a donné raison et a exigé qu’il soit rétabli dans son statut de Directeur et le paiement de tous ses indemnités de direction, coupées arbitrairement par le DG Sylvain Pendi. Nous saluons le professionnalisme, la témérité et la résistance de la justice centrafricaine dans ce dossier. Nous espérons que la Cour d’Appel maintiendra la décision rendue en première instance. Le DG Sylvain Pendi, nanti de son orgueil, a refusé de se soumettre à la décision du Tribunal de Grande Instance de Bangui, une décision immédiatement exécutoire. Sylvain Pendi pense qu’étant à la tête d`’une banque, tout le monde doit ramper à ses pieds, même s’il martyrise les Centrafricains. C’est un Congolais orgueilleux qui peut faire des coups d’Etat pour ridiculiser les autorités, qui se seraient prêtées à son jeu, les humilier, les ridiculiser.

Brice Martial Baïdou, l’agent d’exécution, a mis le véhicule de commandement du DG Sylvain Pendi à la vente aux enchères publiques dans les normes, avec professionnalisme, et l’expertise requise en pareille circonstance. Arrêté, intimidé, mais les décisions de justice et le professionnalisme qui entourent la procédure de saisie-vente, l’ont innocenté, il est libéré et vaque à ses occupations.

Ce qui choque, c’est le silence radio du ministère de tutelle. Tout porte à croire que toutes les banques en RCA ne sont pas sous la tutelle d’un département ministériel. « Au Gabon, c’est le Gabonais d’abord ». Un tel dossier qui touche les cadres d’une banque au Gabon, le Directeur général serait rapatrié dans les 48 heures qui suivent. Les autorités gabonaises ne badinent pas avec la vie professionnelle de leurs compatriotes. Comme les banques implantées en RCA n’ont pas un ministre de tutelle, alors, la justice est le dernier rempart pour barrer la route aux esprits négriers, à la traite des cadres centrafricains. La RCA est certes en crise, mais les cadres centrafricains ne sont pas pourris, incompétents, médiocres. La rédaction de « Centrafric Matin » s’interroge s’il y a un seul Centrafricain DG quelque part à Ecobank qui est une banque panafricaine. D’ailleurs, qui va promouvoir les Centrafricains dans les grandes institutions internationales ? C’est la triste réalité centrafricaine depuis ses origines en tant que nation souveraine. Les ressortissants d’Afrique de l’Ouest inondent toutes les institutions internationales, mais les Centrafricains, c’est le néant. Quelques gesticulations à FAGAS, BDEAC, ils sont tous balayés d’un revers de la main. Même au sein de la CEMAC, c’est un constat amer, alors que la RCA abrite son siège. Les deux (2) cadres centrafricains poussés à la démission ont fait leurs valises et sont partis comme de l’amusement. La Directrice juridique a très vite trouvé un poste quelque part, et en peu de temps, elle est montée dans la haute sphère de cette entreprise qui l’a recrutée. Si elle était incompétente, elle ne pourrait être embauchée et avoir en quelques mois, une ascension fulgurante.

Après le TGI de Bangui, Sylvain Pendi, DG d’Ecobank Centrafrique, ne s’avouant pas vaincu, interjette appel. La Cour d’Appel a siégé sur le dossier le mardi dernier et le délibéré est attendu dans les jours ou les semaines qui suivent. Grâce à cette action en justice de Didace Sabone, le cycle infernal de balayage de tous les cadres centrafricains à Ecobank s’est ralenti. Ce n’est pas fini. Il n’y a aujourd’hui que la justice centrafricaine pour protéger nos compatriotes à Ecobank Centrafrique. Aucun pays au monde ne peut tolérer les extravagances d’un tel Directeur général qui se croit tout permis. Le pouvoir financier a ses limites et n’arrive jamais à mettre à genou tout le monde. De quels « sélection et remplacement » par le DG Sylvain Pendi ? Quels sont les motifs valables ? Centrafric Matin félicite le TGIB pour sa diligence, sa fermeté, son professionnalisme, sa rigueur et son intégrité. La balle est désormais dans le camp de la Cour d’Appel. Bravo à la justice centrafricaine.

Julien BELA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 
×