SEMAINE DU 18 AU 24 JUIN TRES MOUV...

Mardi 26.06.2018: 09H55

SEMAINE DU 18 AU 24 JUIN TRES MOUVEMENTEE : AFFRONTEMENTS A BAMBARI, BRIA, MBRES ET NDELE. OU VA LA RCA ?

Du lundi 18 au dimanche 24 juin 2018, la semaine a été très mouvementée, meurtrière dans certaines villes de nos provinces. Des affrontements ont opposé les combattants Séléka aux Anti-Balaka d’une part, et les Séléka de l’UPC aux Forces Armées Centrafricaines (FACA), d’autre part. Pendant que les autres se préoccupent de la paix et de la sécurité en RCA, certains compatriotes malintentionnés et des mercenaires tchadiens et nigériens recrutés par ces mêmes Centrafricains se permettent le luxe de verser le sang des innocents à longueur de journée. Les démons de l’enfer sont-ils tombés sur leurs têtes ? Qu’est-ce qui les pousse à agir de la sorte ? Sont-ils manipulés par certaines puissances de ce monde qui sont très enclins dans la crise centrafricaine ? Au vu de ces événements douloureux qui s’abattent régulièrement sur les populations civiles, où va le pays de feu président fondateur Barthelemy Boganda ? Autant de questions qui dépassent l’entendement humain.

En effet, alors que les militaires centrafricains déployés à Bangassou s’apprêtaient à quitter Bambari le mercredi 20 juin 2018, les va-t-en-guerre, les hors la loi, les criminels, les bandits de grand chemin de l’UPC s’en sont pris à ces derniers comme le 10 juin dernier. Leur réaction ne s’est pas fait attendre. D’après certaines sources concordantes, plusieurs dizaines de combattants d’Ali Daras ont été neutralisés. Les blessés ne se comptaient plus. Ne pouvant résister à la puissance de feu des FACA, ils ont pris leurs jambes au cou. C’est ainsi que nos vaillants soldats ont continué leur chemin en toute quiétude pour être accueillis en grande pompe par les habitants de Bangassou, à environ six (06) kilomètres de la ville. Le bilan de ces affrontements a été très lourd, du côté des hommes d’Ali Daras.

Dans la même journée du mercredi 20 juin, des hommes armés, assimilés  aux rebelles tchadiens, ont attaqué des pauvres civils à la périphérie de la ville de Ndélé, située au Nord de la RCA, localité où est partie la coalition Séléka pour prendre le pouvoir de Bangui le 24 mars 2013. Les natifs de la ville qui sont au sein du Front Patriotique pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam ont livré une bataille très farouche avec ces rebelles tchadiens qui ont déserté le camp de ce mouvement politico-militaire. A en croire le sultan de Ndélé, le bilan de ces affrontements fait état de vingt (20) morts. Est-ce dans les deux (2) camps ? Y-a-t-il des blessés ?  Difficile de le dire. Les populations de ladite ville étaient plongées dans une psychose généralisée. Les activités commerciales, administratives et agricoles étaient paralysées. Après des pourparlers engagés par les deux parties en conflit, un calme précaire règne à Ndélé mais la peur est toujours là.

A Bria, les Séléka et les Anti-Balaka se sont rentrés dedans à quelques kilomètres de la ville, dans plusieurs villages. Des maisons ont été incendiées par les combattants du FPRC de Nourredine Adam et Abdoulaye Hissène. Les habitants de ces villages se sont refugiés dans la brousse pour se mettre à l’abri de la folie meurtrière des hommes armés. Ces affrontements ont eu lieu le mercredi 20 juin au petit matin. Dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 juin, une contre offensive des Anti-Balaka a permis à ces derniers de repousser les combattants Séléka non loin de l’aérodrome de cette ville. Ces combats aux armes lourdes et légères ont semé la panique au sein des déplacés du site de l’aérodrome. Du coup, la ville est paralysée. Les activités tournent au ralenti. Les prix des denrées alimentaires ont sensiblement augmenté. Les conditions de vie des populations se dégradent de jour en jour et elles ne savent plus à quel saint se vouer pour avoir gain de cause. Les examens du baccalauréat, session de juin 2018, se sont déroulés dans cette situation sécuritaire alarmante sous l’œil vigilant des Casques bleus de la Minusca. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, aucun bilan n’est disponible.

Parallèlement dans la ville des Mbrès, les combattants du Mouvement Patriotique Centrafricain (MPC) de Mahamat Alkhatim et les Anti-Balaka de cette localité se sont affrontés violemment. Les habitants ont dû fuir pour se refugier dans la brousse. Des maisons auraient été incendiées par les éléments du MPC car c’est leur mode opératoire. Là aussi, le bilan n’est pas communiqué.

Dans tous ces affrontements cités ci-haut, il nous est difficile de connaître leurs mobiles, leurs causes. C’est dans cette optique que nous nous posons les questions suivantes : où va la RCA ? Que cherchent et que veulent ces groupes armés ? Faut-il continuer à les caresser dans le sens du poil ? Nous disons que trop, c’est déjà trop. Toutes les voies de sortie pacifique de la crise ont été explorées par les autorités centrafricaines et la Minusca mais en vain. Les groupes armés ne baissent pas les bras. Les exactions sur les populations civiles se poursuivent allègrement au vu et au su de la Communauté internationale présente en Centrafrique. Chaque jour, on entend des détonations d’armes de tout calibre par-ci, par-là. Les tueries, les incendies de maisons et villages entiers, les pillages des ressources naturelles, les destructions systématiques sont monnaie courante. Les Centrafricains vivent la peur au ventre sur la terre de leurs aïeux. Bon nombre d’enfants ne vont plus à l’école. Les soins n’existent que de nom dans plusieurs villes de l’arrière-pays. N’eut été les ONG humanitaires, quel serait le sort de nos compatriotes vivant dans les villages les plus reculés ? D’où nécessité pour le gouvernement et la Minusca de tout mettre en œuvre pour réduire ces affrontements intergroupes armés dont les populations civiles paient toujours le plus lourd tribut car on ne peut pas continuer dans cette voie.

Du 18 au 24 juin 2018, combien de Centrafricains ont perdu leurs vies dans les affrontements meurtriers à Bambari, Ndélé, Bria, M’Brès et peut-être dans certaines villes du pays ? Avec le déploiement progressif des FACA dans l’arrière-pays, le gouvernement et la Minusca doivent conjuguer leurs efforts pour arrêter le cycle d’affrontements très meurtriers entre les groupes armés afin de donner la chance aux Centrafricains de vaquer à leurs occupations quotidiennes.

Que cessent les affrontements pour toujours car les Centrafricains sont fatigués et veulent la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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