SELEKA, ANTI-BALAKA, HOMMES POLITIQUES, DIRIGEANTS :

Jeudi 19 Jan 2017 : 10H50

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SELEKA, ANTI-BALAKA, HOMMES POLITIQUES, DIRIGEANTS : QUI D’ENTRE EUX TUE LA RCA D’AUJOURD’HUI ?

L’Oubangui-Chari est devenu la République Centrafricaine, le 1er décembre 1958 sous le feu président-fondateur, Barthélemy Boganda, paix à son âme. Le 13 août 1960, le feu président David Dacko proclama l’indépendance de la RCA avant d’être destitué par feu empereur Bokassa 1er. D’autres présidents se sont succédés à la magistrature suprême de l’Etat. Les jours passent et se ressemblent. Les coups d’Etat, les mutineries, les rébellions, pour ne citer que ceux-là, s’enchaînent les uns après les autres. A chaque décennie, il faut s’attendre toujours à quelque chose. Les Centrafricains ne sont pas en paix sur la terre de leurs ancêtres. Et l’on s’interroge de la manière suivante : qui des hommes politiques, des dirigeants du pays, de la Séléka et des Anti-Balaka tue la RCA d’aujourd’hui ?

Pour notre part, nous disons tout simplement que le mal centrafricain, ce sont les Centrafricains eux-mêmes. Tout ce qui arrive à la RCA est l’œuvre des hommes politiques d’abord. Car vous êtes sans ignorer que ce sont eux qui manipulent la jeunesse une fois qu’ils ont échoué aux élections ou perdu leurs postes au profit des autres. Ils digèrent toujours mal leur échec. Lorsqu’ils sont relevés de leur fonction, ils deviennent des taureaux blessés. Des réunions nocturnes s’organisent par-ci, par-là, dans le but de destituer le régime au pouvoir. Ils vont des ambassades aux ambassades, d’un pays à un autre pour chercher des voies et moyens afin de mettre les bâtons dans les roues de celui qui est pouvoir. Ailleurs, ces pratiques nuisibles ne sont plus d’actualité. Au contraire, ce sont ceux-là qui drainent des investisseurs dans le pays. En Centrafrique, c’est un autre son de cloche. Les hommes politiques sont les bourreaux de leurs concitoyens. Quand ils parviennent à leur fin, ils sont contents. D’autres leur emboîtent les pas, et c’est un éternel recommencement. Dans ce cas de piètre figure, comment le pays peut se développer ? Qui peut-on accuser ?

En outre, les dirigeants, c’est-à-dire ceux qui sont élus par le peuple pour présider à la destinée du pays pendant une époque bien déterminée, ne font pas leur travail comme il se doit. La gestion de la chose publique se transforme en gestion clanique, ethnique, régionaliste, tribale, familiale. Seuls les parents, amis et connaissances des dirigeants ont droit à des postes juteux dans l’administration centrafricaine. Les autres sont relégués au second rang ou mis dans les couloirs. Les sanctions pleuvent à longueur de journée. Les nominations se font par complaisance. Le slogan, « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », perd son credo. Les dirigeants tournent le dos à leurs gouvernés. Parfois, ces derniers sont martyrisés, traînés à la prison, à l’abattoir comme des bœufs. Les détournements de deniers publics, la corruption, la fraude, la haute mafia, sont érigés en mode de gouvernance. Les Centrafricains lambdas ne se retrouvent pas dans ce qui se passe au sommet de l’Etat. En agissant ainsi, qui tue réellement la RCA ?

Aujourd’hui, on assiste au phénomène de la Séléka et des Anti-Balaka. Tous s’accordent unanimement pour dire que ce sont les combattants de ces groupes armés qui sont à l’origine de la déconfiture généralisée du pays. Nous ne disconvenons pas. D’une manière ou d’une autre, ils ont participé activement à la ruine de la RCA, en détruisant systématiquement tous les tissus socioéconomique du pays. Les tueries à grande échelle sont à leur actif. Personne ne peut nous démentir à ce sujet. Mais ce que nous devons comprendre une fois pour toute, c’est que le mal vient d’en haut. Si les Centrafricains s’entretuent, s’entredéchirent sur toute l’étendue du territoire national, c’est l’œuvre des anciens dirigeants et des hommes politiques, les vieux crocos. Leur ombre, leurs mains invisibles, planent toujours sur cette crise larvée. Beaucoup de Centrafricains accusent certaines puissances de ce monde d’être actives dans cette crise. Mais qui les ont faits venir ? Ce sont ces personnalités, avides, assoiffées de pouvoir. ils sont connus de tous. Le moment viendra où leur identité sera dévoilée.

Bref, pour répondre à la question, qui tue la RCA, nous disons tout simplement que ce sont les fils et les filles du pays qui l’ont mise par terre, qui l’ont enfoncée dans l’abîme. Des anciens dirigeants aux hommes politiques en passant par tous les Centrafricains, chacun a contribué à la descente aux enfers du pays de feu président fondateur Barthélemy Bonganda. Ne nous voilons pas la face, la RCA a été tuée par les Centrafricains eux-mêmes qui agissent de connivence avec les puissances de ce monde, un point, un trait.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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