SARANDJI PEUT-IL REJETER LE GOUV ...

Mercredi 20.09.2017 : 08H58

SARANDJI PEUT-IL REJETER LE GOUVERNEMENT QU’IL A

LUI-MEME ACCOUCHE ?

Sarandji 11« J’ai soumis au chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra les noms des compatriotes centrafricains et non des groupes armés pour ce gouvernement », peut-on lire dans un article rendu public par le Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) intitulé « un gouvernement de diversité et de défi ». Cette déclaration est faite par Simplice Mathieu Sarandji au cours de la conférence de presse qu’il avait animée à la primature un (01) jour après que son  deuxième gouvernement fut diffusé sur les ondes de la Radio Centrafrique.

Voilà un propos flagrant et ahurissant qui prouve à suffisance que Simplice Mathieu Sarandji  ne maîtrise rien en matière de politique et n’est même plus à la hauteur de sa mission. C’est sur proposition du Premier Ministre chef du gouvernement que le Président de la République signe un décret pour confirmer l’entrée au gouvernement  des personnalités proposées.  Et selon certaines informations qui nous sont parvenues, Sarandji aurait rejeté toutes les propositions faites autres que les siennes.  Peut-il rejeter le gouvernement qu’il a lui-même accouché ? Comment Sarandji peut-il  tenir un tel propos dans le contexte actuel de la République Centrafricaine qui peine toujours à retrouver la paix et la stabilité ?

« La paix n’a pas de prix », dit un sage adage populaire. La crise enclenchée depuis 2012 par l’ex-coalition Séléka est très profonde avec des conséquences néfastes qui continuent de ravager nos villes de provinces. Il  faut dans ce cas d’espèce chercher par des voies et moyens à sensibiliser et à convaincre les groupes armés à déposer définitivement  les armes et faire la paix. Et les groupes rebelles n’ont pas la même compréhension que le centrafricain lambda.  Il faut chercher à les ramener à la raison afin qu’ils puissent connaître la réalité de la paix comme condition sine qua non d’une meilleure vie et d’un développement durable.

Aujourd’hui, les Centrafricains qui sont en exil et ceux qui souffrent atrocement sur les sites de fortunes et dans la brousse n’aspirent qu’à la paix et la sécurité pour vaquer librement à leurs occupations quotidiennes. Faut-il les laisser sous l’hégémonie des groupes armés qui les déciment à leur bon vouloir ? L’entrée des groupes rebelles au sein du gouvernement Sarandji 2 pourrait être une solution de sortie de la crise en RCA. Il faut faire avec en attendant de voir l’évolution de la situation sécuritaire sur le terrain.

Nous avons toujours dit que c’est le premier ministre qui exécute la feuille de route du président de la République. Depuis que Sarandji est nommé comme premier ministre, qu’est-ce qu’il a fait concrètement en matière de la protection du peuple centrafricain et de la sécurisation du pays ? Combien de fois il s’est rendu à l’intérieur du pays pour rencontrer et discuter avec les leaders des groupes armés ? Récemment au Rwanda, le ministre de la Santé s’est fait passé pour un patient dans un hôpital de la place et a détecté des cas de rackets du personnel soignant. Il a immédiatement fait appel aux forces de l’ordre qui étaient venus embarquer les auteurs pour les mettre en prison. Voilà comment les ministres bossent sous d’autres cieux pour lutter contre les circuits mafieux qui minent les administrations et empêchent le développement du pays.

Où en sommes-nous avec la « rupture » prônée par Faustin Archange Touadéra ? Qui doit la mettre en exécution ?  N’est-ce pas son premier ministre Simplice Mathieu Sarandji ? Un  gouvernement des bureaucrates, c’est le cas de celui que dirige actuellement le premier ministre Sarandji. Malgré le fait que la presse ne cesse de dénoncer la gestion scandaleuse de la chose publique dans certains départements ministériels, cela n’a fait ni chaud ni froid aux ministres concernés. Plusieurs des ministres de Sarandji dorment tranquillement dans leur cabinet et attendent  que les solutions pour résoudre les difficultés auxquels font face les centrafricains tombent du ciel. Curieusement, ils sont tous reconduits dans le nouveau gouvernement. Même un paysan avec son niveau intellectuel plus bas ne peut former un tel gouvernement.

Les détournements des biens de l’Etat, la corruption, la fraude, l’escroquerie, bref, la mauvaise gouvernance est à  l’origine de la pire crise que nous traversons. Mais cela n’a pas encore donné matière à réflexion à nos dirigeants. Les ministres, les directeurs généraux, les chefs de service, voire les députés de la nation rivalisent dans les détournements et les circuits mafieux pour s’enrichir illicitement sur le dos de la population qui souffre. Le cas d’un député de la nation pris la main dans le sac de trafic illicite de sucre en est une parfaite illustration. Tout le monde tourne le dos aux problèmes de la sécurité et de la paix que traverse le pays et préfère plutôt privilégier ses intérêts égoïstes et personnels.

« Vous travaillez comme si votre pays ne traverse pas des moments difficiles. Vous aimez beaucoup les jours fériés et les weekends pour aller boire dans les caves et les bars-dancings», a déclaré un opérateur économique en République Centrafricaine. C’est la preuve que les centrafricains sont les ennemis du développement de leur propre pays. Il suffit de sillonner l’administration centrafricaine pour se rendre compte de ce que les fonctionnaires et agents de l’Etat viennent au travail et repartent à des heures qu’ils choisissent eux-mêmes. Pourquoi lorsque ces mêmes personnes quittent l’administration centrafricaine et vont dans une société privée ou une ONG humanitaire internationale, respectent-elles les heures de travail ? Justement c’est parce que dans le secteur privé, la rigueur est appliquée à la lettre par la hiérarchie. Et les employés ne peuvent que se soumettre.

Sarandji doit remettre à l’heure la pendule dans les départements ministériels, s’il veut réellement aller loin avec ce nouveau gouvernement. Les défis à relever sont immenses et les attentes de la population nombreuses. Il faut d’abord la paix pour jeter la base du développement durable. Les groupes armés ne sont pas des êtres surnaturels. Ils finiront un jour par comprendre que leurs enfants ont besoin d’aller à l’école pour étudier au même titre que les enfants sous d’autres cieux, de se faire soigner dans de meilleures conditions… Sarandji doit cesser définitivement de distraire la galerie.

 

Amedé NGUETE

 

 

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