SARANDJI MET LE FEU AUX POUDRES ET SE RETRACTE,..

Mercredi 24.10.2018 : 11h11

MINISTERE DES TRANSPORTS ET DE L’AVIATION CIVILE : SARANDJI MET LE FEU AUX POUDRES ET SE RETRACTE, UNE VRAIE DEMISSION

Premier ministre sarandjiTheodore jousso 2En moins de dix (10) jours, le Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji signe cinq (5) arrêtés. Deux arrêtés suspendant les activités de l’AHS-RCA et mettant sur pied une Administration provisoire, commettant en plus un Cabinet d’audit pour scruter la gestion. En quelques jours, d’autres arrêtés suivent et rapportent les deux premiers. Aussi bizarre, aussi paradoxale que cela puisse paraître, c’est un silence de cimetière qui s’abat sur ce dossier lourd. Plus personne n’ose lever le petit doigt. Le ministre Jousso nargue le Premier ministre dans une interview à une presse allemande. Aucune réaction du Premier ministre qui a mis le feu aux poudres. Le réconfort du personnel des Transports et de l’Aviation Civile a été de très courte durée, 72 heures, un pur feu de paille. C’est la consternation, la déception qui enveloppent ce département ministériel. Cette reculade diarrhéique équivaut à un échec cuisant, un désaveu du Premier ministre qui ne pouvait que rendre son tablier.

Une chose est sûre, la brèche est ouverte et le syndicat des transports s’engouffre dans la fente. La presse entre dans la danse et l’affaire est sur la place publique. Entretemps, une commission parlementaire d’enquêtes a fait un travail titanesque et de manière transversale touchant toutes les entités sous tutelle du ministère des Transports et de l’Aviation Civile. Le rapport reflète un travail professionnel des experts en matière de finance. Il y a des cadres compétents au sein de l’Assemblée Nationale. L’Exécutif peut-il fermer les yeux pendant longtemps qu’une abeille ? Les députés, en ce qui concerne cette commission d’enquêtes ayant œuvré au ministère des Transports et de l’Aviation Civile, ont pleinement joué leur rôle constitutionnel de « contrôle de l’Action gouvernementale ».  Bravo à ces honorables députés relevant de la Commission finance de l’Assemblée Nationale ! Doit-on étouffer ce rapport d’enquêtes parlementaires, comme on tente par tous les moyens de museler le syndicat des transports et de l’aviation civile ? La rupture n’est-elle qu’un slogan creux ?

Les institutions financières internationales (FMI et BM), les Etats-Unis, l’Union Européenne, la Haute Autorité chargée de la bonne gouvernance, insistent sur la bonne gouvernance, la transparence, la crédibilité.

De retour de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New-York, s’agissant de la RCA, le représentant du Département d’Etat américain, chargé des médias en Afrique, a mis un accent particulier sur la bonne gouvernance. Il a beaucoup insisté sur la bonne gouvernance, facteur d’un réel développement du pays.

Le Premier ministre centrafricain fait deux pas en avant, cinq pas  en arrière, puis demeure indécis, ne sachant que faire et quoi dire. L’unique porte de sortie pour un tel premier ministre est de rendre son tablier. Est-il encore réellement le chef du gouvernement ? Un chef de gouvernement est le commandant de bord ; il décolle et suit sa trajectoire déjà tracée par le président de la République. Les hôtesses de l’air qui ne se conforment pas aux règlements en vigueur doivent être débarquées. Un chef de gouvernement ne peut reculer et capituler devant un de ses ministres. Il n’a plus d’autorité, ni de considération, tant pour les autres membres du gouvernement que de la population qui s’informe de la situation.

L’usage de la force, pour empêcher les syndicalistes d’organiser une manifestation de désapprobation de leur ministre, est un signe tangible de fuite en avant pour masquer le malaise profond qui couve dans ce département ministériel. La crise de confiance se cristallise et discrédite le gouvernement. C’est une épine qui fait très mal dans les pieds du gouvernement. Qu’on le veuille ou non, la crise va éclater et pourra éclabousser nombre de personnalités.

Les députés détiennent le bouton rouge qui peut déclencher un Tsunami qui emportera le gouvernement, à savoir une motion de censure pour indélicatesse, incapacité et incompétence notoires du gouvernement à s’autoréguler. Et l’on se souviendra encore longtemps de l’Angola-Gate qui a éclaboussé toute la transition, touchant la société civile. Le gouvernement prête ainsi  le flanc au Législatif pour le laminer, le lessiver, et ce sera un coup dur porté à l’Exécutif. Le temps pour l’Assemblée Nationale de laver ses propres linges sales et elle se tournera vers le gouvernement pour un nettoyage à sec et aux rayons X ou infrarouges. Le rapport de la commission d’enquêtes parlementaires circule sous manteau de main en main.

Selon nos investigations, les deux arrêtés du premier ministre comportent des anomalies, au regard du droit OHADA. Il s’agit d’une société privée et de ce fait, le gouvernement ne peut mettre en place une Administration provisoire. Cependant, un audit est possible puisque les intérêts du gouvernement sont en jeu. Pire encore, le ministre Jousso a mis à profit le retour du Chef de l’Etat d’un voyage à l’extérieur pour mettre la pression sur son Premier ministre et l’obliger à rapporter ses deux arrêtés. Malin et malin et demi, le ministre a tiré son épingle du jeu, laissant le Premier ministre dans la confusion totale, dans le brouillard. La Primature ne comporte-t-elle pas en son sein, un Conseiller juridique ? C’est un véritable coup d’épée dans l’eau où le Premier ministre risque de laisser des plumes. Tout porte à croire que les deux arrêtés ont été pris à la va-vite, de manière cavalière. Il ne reste à Sarandji que la démission pure et simple. Le gouvernement pourra-t-il museler pour longtemps le syndicat du ministère des transports et de l’aviation civile ? Du sommet à la base, l’ensemble du personnel est furieux et intransigeant, avec de l’électricité dans l’air au sein du ministère.

 

Julien BELA

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