SARANDJI EST-IL LE PREMIER MINISTRE A VIE DE TOUADERA ?

Jeudi 14 Septembre 2017 : 08H49

SARANDJI EST-IL LE PREMIER MINISTRE A VIE DE TOUADERA ?

Ce que le peuple centrafricain attendait depuis belle lurette n’est pas arrivé. L’espoir des Centrafricains s’amenuise de jour en jour. Sarandji, Premier ministre, chef du gouvernement, garde toujours son fauteuil. Les grandes décisions annoncées tambour battant par le président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra lors de son discours à la veille du 57ème anniversaire de l’indépendance de la RCA, sont demeurées lettre morte, à en croire l’homme de la rue. Rien n’a bougé d’un iota. Sarandji conserve son poste malgré les critiques virulentes faites par les Centrafricains. Alors que les filles et fils de feu président fondateur Barthélemy Boganda réclamaient un changement significatif, force est malheureusement de constater que l’herbe est coupée sous leurs pieds. Et ils s’interrogent en ces termes :   Sarandji est-il le Premier ministre à vie de Faustin Archange Touadéra  ?

Point n’est besoin de poser une telle question. Les faits sont là. Mathieu-Simplice Sarandji, bras droit et ancien directeur de Cabinet de Touadéra quand il fut Premier ministre sous le règne de Bozizé, demeurera éternellement chef du gouvernement. Il n’y a rien à faire. La RCA est faite ainsi. Ce sont les personnalités nulles, médiocres, incapables de relever les multiples défis auxquels fait face la RCA qui conservent toujours leurs postes. Ceux qui font des pieds et des mains pour avancer le pays, sont systématiquement écartés et ne peuvent être nommés à des postes de responsabilité. Ils moisissent dans les couloirs. Aucun dirigeant ne daigne leur jeter un coup d’œil. Tout juste parce qu’ils peuvent révéler au grand jour les secrets car tout est secret dans ce pays. Si ce n’est pas un secret d’Etat, c’est un secret défense. Et à cause de tous ces secrets, le peuple meurt à petit feu.

Après dix-sept (17) mois de pilotage à vue, Sarandji est maintenu comme Premier ministre, cette situation dépasse tout entendement humain. Les Centrafricains n’auront que des yeux pour pleurer à longueur de journée. Pire encore, les postes ministériels clés reviennent toujours aux anciens ministres. Il n’y a que deux changements. C’est au niveau des ministères de la Défense Nationale et de la Sécurité. Joseph Yakété cède son fauteuil à l’ancienne ministre de la défense sous le régime transitionnel de Catherine Samba-Panza, madame Marie-Noëlle Koyara. Jean Serge Bokassa garde le ministère de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement Local, tandis que la Sécurité Publique est revenu de droit au général de brigade Henri Wanzet Linguissara. Ce revirement de situation était prévisible car de la Défense Nationale à la Sécurité Publique, rien n’allait dans le bon sens voulu par le peuple centrafricain.

Sarandji accroché mordicus à la Primature, les Centrafricains peuvent-ils cette fois-ci espérer au retour de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national ? Nos dirigeants doivent comprendre aujourd’hui que le peuple aspire à la paix, rien que la paix. Sarandji peut demeurer Premier ministre à vie, même après le retour de Moïse, il faut qu’il fasse tout pour que les Centrafricains respirent un nouvel air. Les violences  auxquelles nos compatriotes dans l’arrière-pays font face doivent cesser. Que les Centrafricains n’entendent plus des détonations d’armes lourdes et légères. Les tueries, les massacres, les incendies des maisons, les destructions systématiques des biens d’autrui, des édifices publics et privés, des locaux des ONG nationales et internationales, ne doivent plus exister. C’est le vœu des Centrafricains. Mais si nous continuons d’assister à ces actes barbares, Sarandji n’a plus sa place à la Primature. C’est une question de survie du peuple et du pays.

Malheureusement en RCA, c’est un individu qui prime sur l’intérêt supérieur de la nation. C’est ce que nous voyons avec Sarandji, et pourquoi pas avec certains ministres qui ont brillé dans la nullité et qui sont aujourd’hui maintenus à leurs postes. Le président de la République, vu le gouvernement Sarandji2, a dû chemin à parcourir pour restaurer la paix et la sécurité et évidemment redéployer l’administration publique dans les villes de nos provinces. Les Centrafricains ne verront pas le bout du tunnel dans un avenir proche. Avec ce gouvernement qui vient d’être rendu public ce mardi 12 septembre 2017, le calvaire des Centrafricains ne se poursuivrait-il pas ? Difficile de le dire. Mais grâce à l’entrée de certaines personnalités politiques de la Séléka dans le gouvernement Sarandji2 comme Gontran Djono Ahaba, les Centrafricains peuvent peut-être espérer à un dénouement de la crise. Mais sur ce point, le doute plane aujourd’hui. La branche militaire de la Séléka a-t-il approuvé cette nomination ? C’est la question qui se pose avec tant d’acuité. Attendons de voir un peu clair pour en dire plus.

Mais sans nous voiler la face, le maintien de Sarandji au poste de Premier ministre est mal perçu par les Centrafricains qui s’attendaient à sa démission et celle du gouvernement. Tel ne semble pas être le cas. Touadéra a préféré garder son ex-directeur de cabinet comme Premier ministre à vie. Le peuple centrafricain attend de lui et de son gouvernement des actions concrètes sur le terrain, surtout en matière de la sécurité, de la protection des populations civiles et de la paix sur l’ensemble du territoire national. Ce sont les attentes des Centrafricains, faut-il les rappeler à Sarandji.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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