RUPTURE ET DIASPORA DANS LES COULOIRS DE LA GOUVERNANCE, ...

Mercredi 30 Novembre 2016 : 11 heures 57

RUPTURE ET DIASPORA DANS LES COULOIRS DE LA GOUVERNANCE, LA COMPETENCE, L’INTEGRITE ET LA RIGUEUR EN QUESTION

Simplice mathieu sarandji 1

Les Centrafricains fourmillent en France, mais ils n’ont aucun impact sur la vie nationale. Sous d’autres cieux, Mali, Sénégal, et autres, la diaspora est hyper productive, riche en initiative, en réalisation socioéconomique : forages, construction d’hôtels, de villas, d’hôpitaux ou centres de santé, des écoles, etc. Des milliards de francs CFA sont déversés chaque année dans leurs pays. Lorsqu’ils décident d’y revenir, ils sont très entreprenants, avec des entreprises, des projets, des initiatives louables. Ils sont à chaque instant interpelés par la vie de leurs compatriotes dans les villes et les villages. Ils ont un patriotisme à fleur de peau, visible à l’œil nu. Mais la diaspora centrafricaine, seul le diable le sait, tourne le dos à son pays parce que tout va mal. La diaspora n’est visible que lors des élections. Elle s’accroche à telle ou telle candidature comme des huîtres qui se cramponnent aux rochers sous l’eau.

Quand elle vient à Bangui, c’est juste pour raser les murs, chercher un poste au hasard des chemins. Malgré le séjour en France pour beaucoup, on ne sait pas ce qu’ils font. Certains font la navette entre Bangui et Paris, sans savoir ce qu’ils veulent. Le séjour dans l’eau ne transforme pas un tronc d’arbre en crocodile. « Je suis en France », mais vingt, trente ans, il reste tel qu’il est parti de Bangui. Fort heureusement, la législation sociale française permet à ces vampires de vivoter, de tourner les pouces, d’attendre le passage des hautes autorités du pays à Roissy Charles De Gaule pour tendre le long bras de mendiant, raser les murs de son Hôtel, l’indisposer au pire des cas. Ce sont des listes qu’on adresse à l’autorité où chacun s’attribue un poste à sa convenance. Ils sont exigeants, imposants, mais hélas !

L’ancien premier ministres Anicet Georges Dologuélé, avait, en son temps, mené une campagne de retour au bercail de la diaspora centrafricaine à travers le monde et notamment en France. Initiative louable à l’époque, un certain nombre à joué le jeu et est revenu au pays où ils ont été immédiatement intégrés dans la fonction publique. L’intention somme toute fondamentale de Dologuélé, était que cette fameuse diaspora puisse peser dans la balance, révolutionner les débats politiques, inculquer une nouvelle manière de concevoir le monde, le développement technologique, remodeler l’environnement des affaires, pour ne citer que ces quelques cas. Le parti au pouvoir à l’époque s’y est opposé, le MLPC en l’occurrence, parlant d’importation de matière grise. La question aujourd’hui est de savoir si cette expérience a été une réussite ou un succès ? A notre entendement, c’est un échec cuisant, puisque la diaspora centrafricaine n’a jamais brillé.

Les « J’ai l’honneur … » pleuvent ici à Bangui pour chercher des postes. Que font-ils réellement en France ? Ceux qui ont les reins solides en France, qui ont des références, des qualifications et qui travaillent, oublient leur pays. Ils sont bien casés, le vent peut souffler, la pluie peut tomber, le Tsunami peut ravager le pays, ils ne sentent rien. Il n’y a que les vautours, les profiteurs, les charlatans, les huissiers de l’enfer qui font des pieds et des mains pour être nommés quelque part. Le fait d’être en France leur confère un complexe de supériorité, par rapport à quoi et à qui, on ne le sait. Le concept de « Diaspora » tend à devenir un passeport professionnel en RCA. Dans les Fora, c’est une étiquette qui sème à tout vent. Mais en réalité, nous ne percevons la compétence, le génie de la diaspora, sinon qu’elle est plus médiocre, plus incompétente, plus nulle que les cadres qui sont restés au pays. Quelques uns de la diaspora sont au gouvernement, mais le département qu’il dirige est en chute libre. Ils sont en réseau et dès que l’un atterrit quelque part, il ouvre le van aux autres. Malheureusement, cette diaspora n’a aucune valeur ajoutée pour le pays, mais des bouches grandes ouvertes supplémentaires, un vrai fardeau encombrant et nuisible.

Pendant la campagne électorale, on a vu la diaspora déferler sur Bangui, bardée de ce titre de « chargé de communication » de tel ou tel candidat, une vraie aventure sans tête, ni queue, puisque personne ne maîtrisait la communication politique autour d’une candidature. Pire encore, les échéances électorales étaient si serrées, si proches qu’ils ont perdu leur latin. Les billets d’avion, le séjour et les frais d’entretien ont été des investissements à fonds perdu pour leur locataire. Aucun plan de communication n’a vu le jour, sauf quelque bricolage de circonstance pour parer au ridicule. La diaspora centrafricaine n’a jamais brandi haut, l’Etendard de la patrie.

Le gouvernement Sarandji semble, faire la part belle à la diaspora. Est-ce réellement la rupture prônée par Faustin Archange Touadéra dès son investiture ? Il y a blanc bonnet et bonnet blanc, synonyme d’inquiétude quant à la véritable rupture. On ne gouverne pas un pays avec des circuits, fussent-ils de la diaspora. La RUPTURE implique la compétence avérée, l’intégrité, l’honnêteté et surtout la clairvoyance, la vision, l’esprit d’initiative pour rompre avec les habitudes, obsolètes, caduques, la médiocrité ronflante, l’improductivité, histoire de se caser quelque part. La RCA n’a plus besoin des bras cassés, des lombrics, des compléments d’effectif, des suppléments facultatifs. L’ampleur de la tâche de reconstruction étant monumentale, il est hors de question de jouer au sentiment, à la complaisance. Les Centrafricains ont trop souffert et veulent au plus vite des résultats concrets, visibles depuis la planète Mars.

 

Julien BELA  

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