RIEN NE VA PLUS A LA FRONTIERE CENTRAFRICANO-CAMEROUNAISE :

Mercredi 28 déc. 2016 : 10H21

RIEN NE VA PLUS A LA FRONTIERE CENTRAFRICANO-CAMEROUNAISE : EXACTIONS DES MILITAIRES CAMEROUNAIS, BRAQUAGES, GRIGNOTEMENT DU TERRITOIRE…

Les pays limitrophes de la RCA ne laissent aucune chance aux Centrafricains. Profitant de la crise militaro-politique enclenchée par l’ex-nébuleuse coalition Séléka et la porosité des frontières, les Camerounais, Congolais de Brazzaville, Tchadiens et Soudanais, règnent en maîtres absolus sur une partie du territoire centrafricain. Les Camerounais à l’Ouest, les Tchadiens au Nord-ouest, les Soudanais au Nord et les Congolais au Sud-ouest, y compris l’Armée de Résistance du seigneur (LRA) de l’ougandais Joseph Kony à l’Est, c’est une véritable course au partage de la Centrafrique.

Avant même l’avènement de la Séléka, les Congolais de Brazzaville avaient pris position dans une partie de la préfecture de la Lobaye. Ils ont hissé leur drapeau et cela demeure encore de nos jours. Ils l’exploitent comme bon leur semble. Les Centrafricains qui s’y sont installés depuis plusieurs années, sont chassés comme des mouches et n’ont aucun mot à dire. Même son de cloche dans la préfecture de la Vakaga. Sur le tronçon Birao-Am Dafock, les Soudanais sèment la terreur et la désolation. Les habitants de Birao qui se rendent à Am Dafock, côté soudanais pour faire leurs achats sont systématiquement dépouillés de leurs biens dès leur retour. Installés tout au long de cette voie, ils n’hésitent un seul instant à faire usage de leurs armes sur les populations civiles. Et cette situation qui a débuté depuis plusieurs années, perdure encore de nos jours.

Quant aux tchadiens, ils ne cessent de faire des incursions en territoire centrafricain. Tuer, incendier des maisons et villages, braquer, violer, sont leur mode opératoire. Confondus avec les rebelles Séléka, ils ont occupé une bonne partie des préfectures de l’Ouham, de l’Ouham-Péndé, de la Bamingui-Bangoran et de la Vakaga. Les populations dans ces régions sont leurs valets. Ils ne sont pas libres de leur mouvement d’aller et venir.

Le cas le plus frappant aujourd’hui, se passe à la frontière centrafricano camerounaise. Il ne se passe pas un jour sans que l’on parle de grignotement ou d’occupation d’une portion du territoire centrafricain par les militaires camerounais. Et c’est la préfecture de la Nana-Mambéré qui est très convoitée par nos frères camerounais, sans oublier la ville de Koui dans la préfecture de l’Ouham-Péndé qui est aujourd’hui sous les bottes du rebelle camerounais Sidiki. Après l’annexion d’une partie du territoire par ces derniers, des maisons sont automatiquement construites. Une façon de dire aux Centrafricains que cette portion de terre leur revient de droit. Les soldats du Cameroun interdisent formellement à nos concitoyens de s’y rendre. Même dire bonjour à quelqu’un n’est pas permis. A la moindre incartade, le ou les Centrafricains sont arrêtés et conduits en prison. Il est difficile à l’heure actuelle de chiffrer le nombre exact de nos compatriotes emprisonnés au Cameroun. A cela, s’ajoutent des braquages qui se développent à un rythme effréné, exponentiel. Presque tous les Centrafricains qui se trouvent à Béloko, Garoua-Boulaï et autres sont considérés comme des Anti-Balaka ou Séléka par les soldats camerounais.

Quand on leur pose la question de savoir pourquoi vous grignotez le territoire centrafricain ? Ils affirment, « c’est pour protéger le territoire camerounais ». Alors, pour protéger son territoire, faut-il se déporter dans un territoire étranger ? La RCA et le Cameroun ont-ils signé un accord dans ce sens ? Qu’on nous le dise. La situation qui prévaut en ce moment à la frontière centrafricano-camerounaise dépasse l’entendement des Centrafricains. Le Cameroun est un Etat souverain, tout comme la RCA. Il est inadmissible que les soldats camerounais profitent de la crise centrafricaine pour annexer une partie du territoire centrafricain. Il n’y a pas que la RCA qui a connu une situation pareille. Elle est arrivée à beaucoup de pays africains. Et le Cameroun ne serait pas épargné tôt ou tard.

Le ministre de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, Jean Serge Bokassa et celui des Affaires Etrangères, Charles-Armel Doubane, doivent agir vite pour décrisper cette situation avant qu’il ne soit trop tard. Si rien n’est fait dans ce sens, alors le Cameroun de Paul Biya finira par  annexer toute la préfecture de la Nana-Mambéré et pourquoi pas la Mambéré-Kadeï et la Sangha-Mbaéré ? A bon entendeur, salut !  

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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