RENCONTRE DU P.A.N, ABDOU KARIM MECKASSOUA AVEC..

Lundi 19 juin 2017 : 09H37

RENCONTRE DU P.A.N, ABDOU KARIM MECKASSOUA AVEC LES SYNDICALISTES SUR L’INITIATIVE PARLEMENTAIRE POUR L’ADOPTION D’UN PLAN DE PAIX EN RCA

Une rencontre entre le Président de l’Assemblée Nationale (PAN), Abdou Karim Meckassoua et les syndicalistes s’est déroulée ce vendredi 16 juin 2017 de 10 heures 30 minutes à 12 heures 40 minutes dans une salle d’honneur du parlement centrafricain. L’objectif de cette rencontre est de présenter aux syndicats cette initiative parlementaire pour la paix. Le bureau de l’Assemblée Nationale dont son 1er Vice-président, Aurélien Simplice Zinghas avait pris part à cette rencontre. Plus d’une vingtaine de syndicalistes venus de différentes centrales syndicales du pays ont répondu présents à l’invitation du PAN.

Dans son propos liminaire de circonstance, l’honorable député Abdou Karim Meckassoua a remercié tout d’abord les syndicalistes avant de préciser que leur lutte repose essentiellement sur la défense des intérêts moraux de leurs membres et celle-ci ne peut se réaliser que s’il y a la paix. Abordant l’ordre de la rencontre qui était porté sur l’« initiative parlementaire pour l’adoption d’un plan de paix en RCA-Recommandation », le PAN de dire, « notre espace politique se réduit de jour en jour alors que les gens pensent que tout va bien. On constate que douze (12) préfectures sur seize (16) sont à feu et à sang. Dans ces préfectures, nos compatriotes ne recherchent que la survie.  L’Assemblée Nationale (AN) ne peut rester bras croisés. Il faut prendre une initiative. Le pays va mal. Nous devons tirer la sonnette d’alarme. Dans 140 circonscriptions électorales, nous considérons que nous sommes les mieux placés pour connaître les informations. Chaque jour qui passe, les députés ne cessent de m’interpeller que, dans telle ou telle circonscription, ce sont les tueries, les cris de détresse. A Damara, il y a eu des tirs et des morts alors que cette localité n’est pas loin de Bangui.

Un an après notre prise de fonction, on constate que 12 préfectures sur 16 sont occupés par les groupes armés. C’est pourquoi le bureau de l’AN a élaboré une initiative pour la paix. Tant qu’il y a la paix, les syndicalistes feront leur travail comme il se doit ». Il a bouclé son propos liminaire en indiquant, « c’est le 28 mai 2017 que l’AN a voté à l’unanimité le texte sous forme de mémorandum ».

Après cette brève allocution, la parole était donnée aux présidents et secrétaires généraux des centrales syndicales présents à cette rencontre de donner leurs avis sur cette initiative parlementaire pour l’adoption d’un plan de paix en République Centrafricaine. Tous ont unanimement salué cette initiative mais ont regretté que le document leur est parvenu moins de 24 heures avant cette rencontre. Signalons tout de même en passant que 14 syndicalistes ont pris la parole lors de cette rencontre. Tous ont déploré l’insécurité galopante qui gagne bon nombre de nos préfectures et empêchent les travailleurs de vaquer à leurs occupations quotidiennes. D’autres sont allés loin en affirmant qu’après le retour du pays à l’ordre constitutionnel, ils constatent que la RCA marche à reculons et ne se limite qu’à Bangui, la capitale. Chaque jour qui passe, ils ne reçoivent que des appels téléphoniques de leurs camarades travailleurs qui font état que telle ou telle ville est attaquée et que ces derniers sont dans la brousse. D’autres ont été froidement abattus par les hommes en armes qui règnent en maîtres absolus des lieux. Certains ont clairement dit qu’il semble que le gouvernement n’est pas à la hauteur de la tâche.

Ils ont émis des avis divergents sur le Dialogue Politique Inclusif qu’une partie des Forces Vives de la Nation (FVN) réclament à cor et à cri. Quant à l’amnistie, ils l’ont rejetée en bloc, estimant pour leur part que c’est cette pratique qui favorise la rébellion et incite les uns et les autres à prendre les armes pour tuer leurs compatriotes, parce qu’ils savent qu’ils seront amnistiés à la fin. D’autres syndicalistes ne sont pas passés par quatre chemins pour pointer du doigt accusateur les pays limitrophes de la RCA, les accusant de soutenir les groupes armés. Ils ont demandé à cet effet, qu’on inventorie les pays avec qui la RCA a signé des accords militaires. L’existence des comités de paix et de réconciliation et l’impact de la justice ont été décriés par les syndicalistes. La levée de l’embargo sur les armes à destination de la RCA et la dotation des FACA, en équipements militaires ont été aussi soulevées par les syndicalistes car selon eux, ce sont les militaires centrafricains qui peuvent valablement protéger les populations civiles contre les exactions des groupes armés. « Il faut passer à la vitesse supérieure que de caresser dans le sens du poils les combattants des groupes armés », ont suggéré certains syndicalistes.

Face aux actes barbares des rebelles sur les travailleurs centrafricains en particulier, et le peuple centrafricain en général, le SG de l’ODSTC a indiqué, « quand un peuple ou un agriculteur est tué, cela me touche ». C’est pour autant dire que les syndicalistes sont profondément touchés par le regain des violences qui affecte tout le monde.

En réponse aux préoccupations des syndicalistes, le PAN a signifié que le bureau de l’AN se réjouit et cela fait partie de leurs recommandations. Toutefois, il a indiqué que l’AN reste extrêmement attentive à ce qui se passe dans le pays, raison pour laquelle elle a pris ses responsivités pour l’élaboration de cette initiative parlementaire pour l’adoption d’un plan de paix en RCA.

Notons que cette initiative renferme neuf (9) pages. Les recommandations y relatives sont entre autres, les négociations et accords de paix, le comité national des victimes, le cessez-le-feu, les volontaires de la reconstruction, la médiation, l’agenda-sujets de négociation, la justice, les combattants étrangers et les comités de paix et de réconciliation. L’Assemblée Nationale s’est opposée aussi à l’idée de l’amnistie car pour lui, l’amnistie n’intervient qu’après que la justice ait fait son travail.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

  

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