RECRUTEMENT DES JEUNES DANS LA GENDARMERIE ET LA POLICE :

Mardi 24.01.2017 : 13:09

RECRUTEMENT DES JEUNES DANS LA GENDARMERIE ET LA POLICE : LE GOUVERNEMENT LEVE PEU A PEU LE DEFI SECURITAIRE

Ministre serge bokassa

Les choses sérieuses commencent déjà à se pointer à l’horizon. La présidence de la République vient d’annoncer le recrutement de cinq cents (500) jeunes centrafricains, âgés de 18 à 25 ans dans la gendarmerie et la police. Cet enrôlement se fera à Bangui et dans les seize (16) préfectures du pays. Il débutera au mois de février prochain. Nous pouvons affirmer sans nous tromper que c’est un ouf de soulagement pour les jeunes diplômés sans emploi qui moisissent dans les quartiers et villages.

C’est aussi un pas franchi par le gouvernement pour relever le défi sécuritaire dans lequel le pays se trouve. Car, vous êtes sans ignorer que le grand banditisme bat son plein dans la capitale Bangui, ainsi que dans nos villes de province. Pour ce faire, il fallait absolument recruter des jeunes valides, déterminés, dynamiques, les former et les déployer sur le terrain. En outre, l’effectif des gendarmes et des policiers laisse à désirer. Dans un commissariat de police, les éléments des forces intérieures se comptent au bout des doigts. Pour la gendarmerie, n’en parlons pas. Les brigades territoriales sont pratiquement vides et les populations civiles sont à la merci des seigneurs de guerre qui poussent comme des champignons dans la forêt de la Lobaye. Donc ce recrutement s’avère indispensable, pour la simple raison que certains de nos gendarmes et policiers sont complètement amortis et doivent faire valoir leur droit à la retraite. Ce n’est un secret pour personne. Il suffit de jeter un coup d’œil dans leurs véhicules de patrouille pour s’en rendre compte.

D’où nécessité de rajeunir la gendarmerie et la police centrafricaines pour répondre aux besoins des Centrafricains, surtout en ce qui concerne la sécurité, la lutte contre le grand banditisme et la consommation des stupéfiants qui sont devenus inquiétants. Et ce rajeunissement de la police et de la gendarmerie, doit reposer sur des critères bien définis par le gouvernement de Sarandji, sous la très haute impulsion de son Excellence, le président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin-Archange Touadéra. Les recruteurs n’ont plus droit à l’erreur. Car, dans le passé, les recrutements se faisaient sur la base clanique, tribaliste, régionaliste, ethnique. Et ce sont les conséquences que nous vivons aujourd’hui avec cette crise larvée déclenchée par la coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko, le 12 décembre 2012, dans la ville de Ndélé. Si nos mémoires sont encore bonnes, tous les jeunes qui ont pris les armes et qui ont combattu le régime de François Bozizé-Yangouvonda, ne sont autres que  ceux qui ont été désavoués par les hommes du général lors de l’enrôlement de 2012 des jeunes recrus dans l’armée centrafricaine. Et n’oubliez pas que ces recrus de 2012 sont appelés aujourd’hui, « promotion 5000 ». 

Ceux qui seront chargés de faire ce recrutement doivent adopter la « rupture », prônée par Touadéra, pour que les erreurs du passé ne se répètent pas, ne se reproduisent plus. Le slogan, «  l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », doit primer. Le recrutement familial et par complaisance, doit disparaître à jamais pour laisser la place au vrai recrutement souhaité par le peuple centrafricain tout entier. Il convient de souligner aux recruteurs que les jeunes recrus doivent être instruits, disciplinés et avoir le sens du patriotisme, de la défense et de la sauvegarde de leur patrie en danger. Ceux qui dédallent comme des lapins à la moindre détonation d’armes de tout calibre, comme nous l’avons observé, sous le régime de François Bozizé, n’ont plus droit de cité. Ces peureux doivent être mis à l’écart.

Il convient aussi de souligner que la corruption doit être bannie sous toutes ses formes dans ce recrutement. Une sanction de dernière rigueur doit être prévue pour les agents de recrutement qui se permettront le luxe d’emprunter cette voie qui n’honore personne. Le recrutement  doit se faire dans la transparence la plus absolue. La main invisible de certains dirigeants ne sera tolérée par les jeunes. Car, de tout temps, on n’entend que les noms des fils et filles d’anciens ou de nouveaux dirigeants dans de pareilles circonstances. Il ne faut aussi jamais oublier les jeunes filles dégourdies.

Nous osons espérer que certaines pistes ont été explorées et qu’il revient au gouvernement de les mettre en pratique pour éviter tous dérapages qui porteront préjudice à ce recrutement des jeunes dans la police et la gendarmerie nationales. « Qui vivra, verra », dit-on.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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