QUI CAMMANDE QUI ENTRE LES LEADERS ...

Ven. 22.09.2017: 09H42

RESTAURATION DE L’AUTORITE DE L’ETAT :

QUI CAMMANDE QUI ENTRE LES LEADERS DES GROUPES ARMES ET LES FUTURS PREFETS ET SOUS-PREFETS NOMMES PAR LE GOUVERNEMENT ?

Seleka 15L’Etat, pour être souverain doit avoir le seul pouvoir de contrôler et diriger l’ensemble de son territoire national et prendre des grandes décisions politiques engageant la vie de son peuple et de sa patrie. C’est l’objectif visé par les autorités centrafricaines à travers la nomination des  collectivités déconcentrées de l’Etat : préfets, sous-préfets, présidents et procureurs des cours et tribunaux…, afin de favoriser le redéploiement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du pays.

Mais la situation sécuritaire en République Centrafricaine reste dominée par l’insécurité grandissante dans nos villes de provinces avec le regain de violences décrié par l’opinion nationale et internationale. Aujourd’hui, la RCA vit une ère d’impunité totale avec les milices armées qui pullulent sur presque toute l’étendue du territoire national. Quatorze (14) des seize (16) préfectures du pays sont sous la coupe réglée des groupes armés qui règnent en maître absolu des lieux.

Au mois de Novembre 2016, des affrontements avaient éclaté entre les factions rebelles de la Séléka opposant le Front Patriotique pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam et l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) sous commandement de Ali Darassa. Depuis lors, ces affrontements se poursuivent et gagnent presque toutes les régions de la Ouaka, Haute-Kotto, Basse-Kotto, Mbomou et Haut-Mbomou. Les groupes armés cherchent à étendre leur domination dans les régions stratégiques pour piller et exploiter frauduleusement les ressources naturelles du pays.

A travers l’exploitation frauduleuse de ces ressources naturelles, les groupes armés peuvent s’approvisionner en armes et munitions de guerre. C’est ce qui explique la montée en puissance des milices armées qui occupent une à une les régions du pays, sans oublier la persistance de la crise dans l’arrière-pays. A cela, il faut signaler également le cas des rackets des groupes rebelles qui érigent des barrières illégales et perçoivent les taxes, impôts et autres droits de l’Etat. Toutes ces stratégies développées par ces groupes armés ont débuté depuis le 24 mars 2013 après le renversement du pouvoir de Bangui par l’ex-coalition Séléka. La situation s’est empirée avec la contre offensive lancée par le mouvement des milices Anti-Balaka le 05 décembre de la même année.

La transition dirigée par Catherine Samba-Panza bénéficiait  d’une impunité totale. Dans la capitale Bangui, les groupes armés pillaient, tuaient, incendiaient des édifices publics et privés, des sièges des ONG humanitaires internationales et nationales, ainsi que des maisons des particuliers. L’autorité de l’Etat n’existait que de nom à Bangui et à l’intérieur du pays. Bon nombre de fonctionnaires et agents de l’Etat qui se sont réfugiés à Bangui pour se mettre à l’abri des exactions n’ont pu regagner leur poste jusqu’à la date d’aujourd’hui. Nous avons cru que cette situation pourrait s’améliorer avec le retour du pays à l’ordre constitutionnel.

Malheureusement, tel ne semble pas être le cas. La situation sécuritaire et humanitaire en République Centrafricaine ne cesse de se dégrader du jour au lendemain. Il ne se passe pas un seul jour sans que des violences soient signalées dans les préfectures, villages et communes du pays. Les affrontements prennent aujourd’hui une dimension inquiétante et se glissent doucement sur le chemin du « génocide ». C’est le constat fait par la Communauté internationale suite aux cas d’attaques survenues dans les régions de l’Est et du Sud-est ciblant les communautés, les humanitaires et les casques bleus de l’ONU.

C’est dans ce climat de terreur, de peur et de psychose généralisée qui s’est installé dans les villes de provinces que les autorités centrafricaines cherchent par des voies et moyens à restaurer l’autorité de l’Etat dans l’ensemble du pays pour favoriser le retour de la paix, de la sécurité et la réconciliation nationale au sein de la population. C’est la raison pour laquelle nous avons posé la question de savoir entre les leaders des groupes armés qui font leur loi et les autorités déconcentrées qui viennent d’être nommées par le gouvernement centrafricain, qui va commander qui dans l’arrière-pays ?

Dans notre précédent article intitulé, « Mahamat Alkhatim s’oppose farouchement à la nomination des préfets par le gouvernement centrafricain », nous avons exhorté les autorités et la Minusca à prendre des mesures sécuritaires qui s’imposent pour mieux réussir cette stratégie du redéploiement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire. D’après nos investigations sur le terrain, certains fonctionnaires et agents de l’Etat affectés dans l’arrière-pays ne peuvent prendre leur poste au risque de perdre leur vie. D’où, nécessité de prendre d’abord des dispositifs sécuritaires pour parer à toute éventualité.

Cette question soulève bien évidemment la problématique du redéploiement de toutes les forces de défense et de sécurité intérieure (policiers, gendarmes et Forces Armées Centrafricaines) pour assurer la sécurité du peuple et des institutions républicaines contre les menaces et les attaques des groupes armés. Mais que faire pour lutter contre la grande criminalité dans un pays comme la RCA qui n’a pas ses forces pour contrôler l’ensemble du territoire ? La réponse à cette question ne tarde pas à venir.

Le représentant du secrétaire général de l’ONU en RCA, Parfait Onanga-Anyanga a affirmé que l’embargo du conseil de sécurité des Nations-Unies n’empêche pas l’opérationnalisation des Forces Armées Centrafricaines. Une manière de dire clairement aux autorités centrafricaines de prendre leur responsabilité pour réarmer et redéployer l’armée nationale. Il est certes vrai que des efforts sont entrain d’être faits pour réhabiliter et redéployer les FACA. Mais la procédure est très lente et nécessite certaines mesures urgentes pour réduire la gâchette des groupes armés et favoriser la paix dans le pays. Le Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT 3), formé par la Mission Européenne de Training (EUTM) et remis au gouvernement centrafricain devrait en principe être équipé et déployé au côté des forces internationales pour sécuriser le pays.

Si le gouvernement centrafricain continue de mettre son espoir sur la Minusca, la RCA risquerait de basculer dans un chaos indescriptible. Depuis la date du 15 Septembre 2014 où la Minusca est opérationnelle dans le pays, rien n’a bougé d’un iota sur le plan sécuritaire avec les 12.500 casques bleus déployés dans le pays et qui disposent d’une armada impressionnante, mais incapables de protéger la population civile face aux massacres des groupes armés. Que valent encore ces forces internationales en RCA ? Des contingents de la Minusca sont déployés dans les régions du pays. Mais comment expliquer les actes de tueries, de pillages et d’incendies des bâtiments de l’Etat, des sièges des ONG et des maisons des particuliers ?

Désarmer les groupes armés pour pacifier l’ensemble du territoire. Voilà le véritable problème auquel est confronté l’Etat centrafricain  pour reconquérir sa souveraineté et restaurer son autorité dans l’ensemble du pays pour permettre à toute la population de circuler etde  vaquer librement à ses occupations quotidiennes.

Bénistant MBALLA

 

 

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