QUI A INDUIT FRANCOIS BOZIZE EN ERREUR ?

Lundi 18/09/2017 : 10H04

QUI A INDUIT FRANCOIS BOZIZE EN ERREUR ? SES PROCHES PARENTS OU SES PAIRS DE LA CEEAC ?

Boziz 2« François Bozizé devrait normalement terminer son second mandat. Mais il ne voulait plus écouter les bons conseils. Il préférait plutôt écouter ses proches parents et mettre son espoir sur ses pairs de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) pour garder son fauteuil présidentiel. Voilà pourquoi il était chassé du pouvoir par l’ex-coalition Séléka le 24 mars 2013 », a confié une source proche du parti  Kwa Na Kwa (KNK) du président déchu François Bozizé Yangouvonda. Qui a réellement conduit François Bozizé en erreur ? Ses proches parents ou ses pairs de la CEEAC ?

 Plusieurs régimes politiques qui se sont succédés à la tête de l’Etat centrafricain n’ont jamais terminé leur second mandat. C’est le cas des anciens chefs d’Etat centrafricain comme David Dacko, Ange-Félix Patassé et François Bozizé Yangouvonda. Leur règne a été écourté soit par des coups d’Etats soit par des rebellions. Mais les cas les plus récents sont ceux des régimes du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MPLC) de feu président Ange-Félix Patassé et du Kwa Na Kwa (KNK) de l’ancien président François Bozizé, actuellement en exil en Ounagada qui ont connu des moments forts de rebellions mettant ainsi un terme à leur régime.

L’histoire des différents régimes politiques qui se succèdent au Palais de la Renaissance est nourrie de clivage, du népotisme, du clanisme, du régionalisme, du clientélisme, de la haine, de la rancœur qui ont plongé le pays dans le désarroi à travers des crises militaro-politiques sans précédent. Le cas du régime de KNK était pire que les autres régimes politiques qui l’ont précédé. L’administration centrafricaine et les sociétés d’Etat étaient ses patrimoines propres. Ce sont les proches parents de Bozizé qui régnaient en maître absolu dans presque toute l’administration et les sociétés d’Etat, transformant la gestion de la chose publique à leur patrimoine familial. Si quelqu’un veut travailler dans la fonction publique, il doit être ouvrier ou ouvrière du parti KNK et donc partisan de Bozizé.

La population centrafricaine en a vu de toutes les couleurs quant aux actes barbares posés par les proches parents de Bozizé. Dans l’administration, dans les sociétés, dans la rue, dans les caves et bars dancing, bref partout, les parents de Bozizé  pensaient détenir le titre foncier de la République Centrafricaine. Pour une histoire de rival, un fils de Bozizé a failli enterrer vivant un jeune homme au cimetière de Ndrés vers Boy-Rabé. A la moindre erreur, les parents de Bozizé déclaraient ouvertement, « est-ce que tu me connais ? ». D’autres affirmaient haut et fort, « si Bozizé reste au pouvoir, nous allons faire tout ce que nous voulons ». D’ailleurs, Bozizé a lui-même inventé un slogan en sango « bada wa la a kpa », qui était devenu une chanson universelle des ouvriers et ouvrières du KNK afin de provoquer des gens.

Un régime politique en RCA n’a  jamais été aussi sanguinaire comme le parti Kwa Na Kwa durant son règne au pouvoir. Bozizé et ses parents étaient les meilleurs centrafricains qui vivaient mieux que les autres. Ils pillaient les ressources naturelles du pays, braquaient les collecteurs de diamants, détournaient les biens de l’Etat. Pendant que des milliers de Centrafricains broyaient du noir et ont de la peine à gagner leur pain quotidien. Parmi tous les chefs d’Etat centrafricain, c’est François Bozizé qui a eu beaucoup de financements. Hélas, la RCA est restée telle qu’elle est depuis la chute de l’Empereur Bokassa 1er à ce jour. La rébellion de Bozizé a détruit les bâtiments de l’Etat, les sièges des ONG humanitaires nationales et internationale à Bangui et à l’intérieur du pays. Mais Bozizé était incapable de reconstruire ce qu’il a détruit pendant ses dix (10) années passées au pouvoir.

Le tribalisme était à l’exponentiel au sein de l’armée nationale. Les éléments de la Garde Présidentielle (GP) étaient des dieux sur terre. Les détenus de la prison de Bossembele (Guantanamo) en savent quelque chose de ces éléments de sécurité de Bozizé. Ils préféraient plutôt se retourner contre les citoyens centrafricains lambda, au lieu de faire leur travail comme il se doit. Les bérets rouges étaient considérés comme des moins que rien. C’est François Bozizé qui a complètement détruit l’armée centrafricaine. Et pourtant, il y a autant d’officiers supérieurs formés sous le régime du KNK au pouvoir. Hélas, ils n’étaient plus à la hauteur de protéger même leur président. C’est pourquoi, Bozizé a préféré compter sur des militaires d’autres pays pour le protéger.

De retour de Libreville au Gabon, Bozizé qui se croyait être plus malin, voulait rouler ses pairs de la CEEAC dans la farine et espérait sur les forces de la Micopax et les soldats Sud-Africains pour protéger son fauteuil. C’est de là que la « ligne rouge » était devenue « ligne verte », synonyme de boulevard pour les éléments de la Séléka de prendre le pouvoir le 24 mars 2013. Un général d’armée et ses fils officiers ont pris leurs jambes au cou, abandonnant des tonnes et tonnes d’armes et de munitions qui ont servi à la coalition Séléka de tuer, piller, braquer, violer, incendier sans foi ni loi à Bangui et dans les villes de l’arrière-pays. C’est Bozizé et ses proches parents qui sont à l’origine de la pire crise enclenchée en décembre 2012 par l’ex coalition Séléka que nous continuons de vivre encore les conséquences. Dans quel pays au monde, un chef d’Etat de surcroît général d’armée, peut-il compter sur l’armée d’un autre pays que son propre armée ?

Le KNK a encore du chemin à parcourir pour devenir un véritable parti politique au sens propre du terme. Un vrai parti politique regroupe en son sein des filles et fils des différentes régions du pays  pour avoir une base solide. En outre, dans un parti politique, il faut des hommes et femmes capables et qui ont des expériences dans différents domaines. Et une fois les élections remportées, on sait que celui-là maitrise tel domaine. On peut le nommer comme ministre pour bien gérer ce département. C’est comme ça que ça se passe ailleurs. Mais le constat est très amer en RCA où les partis politiques ne sont que des «  GROUPEMENTS » de personnes issues d’une même région, d’une même ethnie, d’une même religion, et que savons-nous encore ? De tels « groupements politiques » peuvent-ils réellement faire quoi dans un pays comme la RCA où le niveau d’éducation de la population est encore très bas ? Pauvre Barthélémy Boganda qui s’est sacrifié inutilement pour un peuple toujours médiocre et qui n’a ni vision, ni esprit de création et d’invention pour faire avancer le pays. Dommage !

Le régime de Touadéra doit prendre conscience de la mauvaise gestion de Bozizé pour ne pas tomber dans le même piège. Car, un adage populaire dit, « un homme averti en vaut deux ».

 

Amedé NGUETE

 

 

 

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