« QUE FERIEZ-VOUS SUITE AUX NOUVELLES..

Lundi 17.07.2017 : 11H20

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« QUE FERIEZ-VOUS SUITE AUX NOUVELLES  D’UNE EVENTUELLE CRISE DANS LE PAYS… » ? POURQUOI ONANGA-ANYANGA A POSE CETTE QUESTION A TOUADERA ?

Un atelier de « renforcement des capacités sur la médiation et le dialogue pour la paix en RCA », s’est ouvert le mercredi 12 juillet 2017 à l’Hôtel Ledger Plazza à Bangui sous la très haute impulsion du président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin-Archange Touadéra. Cet atelier a regroupé les représentants des groupes armés, de la société civile et du pouvoir public. L’objectif était de réfléchir sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour restaurer la paix sur toute l’étendue du territoire national à travers le dialogue, rien que le dialogue, prôné par Touadéra.

Dans son allocution de circonstance, le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Centrafrique, patron de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga, a adressé une série de questions au chef de l’Etat  qui sont les suivantes : «  Que compterez-vous faire pour vos enfants et votre famille ? Que compterez-vous faire pour ramener la paix dans le pays ? Que feriez-vous suite aux nouvelles d’une éventuelle crise dans le pays ? ».

Chers lecteurs, que vous inspirent ces trois (3) questions ? Ne sont-elles pas des arbres qui cachent la forêt ? Il ne fait aucun doute. Ces questions sont trop profondes et doivent inquiéter tout un chacun de nous. Elles doivent aussi interpeller la conscience du peuple centrafricain du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Parfait Onanga-Anyanga a-t-il eu vent d’une éventuelle crise dans le pays ? Oui ou Non ? Si oui, il n’a qu’à dire la vérité aux Centrafricains que de contourner. Le peuple centrafricain avait pensé que les Casques Bleus de la Minusca pouvaient ramener la paix et la sécurité dans le pays. Force est de constater que les jours passent et se ressemblent avec les soldats onusiens. Mais les questions soulevées par Onanga dépassent notre entendement humain. Même un observateur de la vie politique centrafricaine  pourrait dire que quelque chose se trame en RCA.

Une cérémonie d’ouverture présidée par un président de la République qui se métamorphose en conférence de presse, c’est seulement en RCA que cela est possible. Mieux vaut que Parfait Onanga-Anyanga prend la place des  journalistes. Peut-être qu’il est devenu au fil des jours journaliste. C’est possible. Car certains responsables de la Minusca se sont transformé en collecteurs des pierres précieuses, à l’exemple de Oumar Ba, épinglé par le général Azor Khalid dans sa déclaration du 30 juin dernier.

« Que compterez-vous faire pour vos enfants et votre famille ? ». En d’autres termes, « que compterez-vous faire pour les Centrafricains et le pays ? ». Cette question nous parait très grave et est pleine de sens. Certainement qu’un évènement se prépare à l’horizon. Et vous êtes sans ignorer que des rumeurs folles circulent en ce moment faisant état d’une arrivée massive des criminels en Centrafrique. Un adage populaire dit, « il n’y a pas de fumée sans feu ». Si Onanga s’est permis de poser une telle question au chef de l’Etat, c’est que le feu d’une éventuelle crise en RCA s’allume quelque part dans une région du pays, pourquoi pas à Bangui. Et les autorités démocratiquement élues doivent prendre leur responsabilité. Onanga-Anyanga et ses poulains seraient déjà dépassés et débordés. Avec leur « mandat robuste » et leur « pleine capacité opérationnelle », ils sont certainement à bout de souffle. Nos compatriotes dans l’arrière-pays qui ploient sous le joug des combattants rebelles doivent prendre leur mal en patience.

Demander au président Touadéra qui n’a pas l’un de ses instruments de souveraineté, à savoir l’armée nationale de ce qu’il doit faire pour protéger ses enfants et sa famille, pour ramener la paix dans son pays face à une éventuelle crise, c’est vraiment bizarre. Et pourtant, la mission principale des Casques Bleus de la Minusca reste et demeure la protection des populations civiles et le soutien au gouvernement dans ses efforts. Curieusement aujourd’hui, le patron de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga demande au chef de l’Exécutif centrafricain de protéger son peuple et son pays. Mais, avec qui et quoi ? L’embargo sur les Forces Armées Centrafricaines (FACA), les armes, munitions et autres effets militaires à destination de la RCA est-il déjà levé ? Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) sont-elles déjà opérationnelles et redéployées sur l’ensemble du territoire national ?

Les Centrafricains disent aujourd’hui qu’ils ont déjà pris acte des trois (3) questions posées par Onanga à Touadéra mais rappellent à celui-ci et aux Casques Bleus de la Minusca leurs engagements à protéger la population centrafricaine. Car, chaque jour qui passe, le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro ne cesse d’annoncer tambour battant que la Minusca protège et continue de protéger la population civile. Les Centrafricains veulent les voir à l’oeuvre car on reconnait justement un maçon au pied du mur.

Le gouvernement que dirige Mathieu-Simplice Sarandi, sous la très haute impulsion du président de la République, professeur Faustin Archange Touadéra, ne dispose pas des moyens sécuritaires conséquents pour protéger efficacement le peuple centrafricain, faire face à une éventuelle crise dans le pays. Pourquoi Onanga-Anyanga a posé de telles questions ? Il y a anguille sous roche. D’où nécessité pour le gouvernement d’être vigilant, ainsi que les Centrafricains. Car, nous avons l’impression que la Minusca roule les autorités et le peuple dans la boue. Tantôt, elle dit  qu’elle est en RCA pour protéger les Centrafricains et aider le gouvernement. Tantôt, elle demande à l’Exécutif de faire ceci ou cela. Que veut-elle et que cherche-t-elle ?

Il convient de souligner aux Casques Bleus de la Minusca que les Centrafricains sont fatigués de cette crise. Une nouvelle crise les plongera dans un fossé profond où il leur sera difficile de sortir. Aujourd’hui ce sont les Casques Bleus qui sont déployés sur l’ensemble du territoire. Si une crise est en gestation, en préparation, c’est à eux de l’étouffer et de prendre les dispositions sécuritaires adéquates pour protéger le pays et son peuple en attendant que les FACA se redéployent un jour sur le terrain. Parfait Onanga-Anyanga, à notre humble connaissance, ne doit pas poser de telles questions à Touadéra. En principe, c’est le chef de l’Etat qui doit lui adresser ces questions car la Minusca dispose d’une armada impressionnante de guerre, capable de protéger les enfants, la famille de Touadéra et le pays tout entier.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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