QUAND LE TEMPS DE PAIX ARRIVE, IL F....

Vendredi 04 Novembre 2016 : 11h56

QUAND LE TEMPS DE PAIX ARRIVE, IL FAUT SAVOIR LE SAISIR, AVANT QU’IL NE VOUS QUITTE : IL Y A UN TEMPS POUR LA GUERRE ET UN TEMPS POUR FAIRE LA PAIX

Seleka antibaka« Jonas Savimbi est victime d’une guerre qu’il aurait dû arrêter depuis longtemps », déclaraient les Etats-Unis après la mort de cette figure emblématique de la rébellion angolaise. Les  Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), une rébellion en somme, ont combattu pendant plus de 53 ans. Aujourd’hui, les FARC aspirent à la paix et veulent sortir du maquis. Jonas Savimbi a combattu plus de vingt (20) ans. Il n’a pas su lire les signes et s’arrêter à temps. Il y a laissé sa vie. Le Tchad a connu autant de rébellions et la guerre a duré plus de 20 ans. Le Tchad a retrouvé son unité et se développe. Il faut donc savoir arrêter une guerre, avant qu’elle ne vous abandonne en cours de route et sans pitié.

Sur 15 groupes armés, 10 ont adhéré au processus DDRR et donc à la paix, à la réconciliation nationale. Cinq (5) dont les Anti-Balaka de Mokom, le FPRC, le RPRC, le MPC et l’UPC jouent les durs. Les seigneurs de guerre ayant droit de vie et de mort sur leurs compatriotes, empêchent les populations déplacées de regagner leurs domiciles. Les populations exilées n’ont que les yeux pour pleurer, loin de leur terre natale, de leurs villages, de leurs maisons. Les ex-Séléka, toutes factions confondues, avaient atteint leur objectif, à savoir, conquérir le pouvoir par la force des armes. La coalition Séléka a réussi à chasser Bozizé du pouvoir. Personne n’a chassé les Séléka du pouvoir, mais hélas, les atrocités ont poussé Djotodia à la porte. Et la CEEAC n’a fait qu’éjecter un régime sanguinaire, dont les échos ont franchi monts et océans. En principe, l’ex-Séléka n’a aucune revendication à formuler. Djotodia n’a pu résoudre les questions d’apprivoiser le pouvoir. Les Séléka ont perdu leur temps à piller, à violer, à tuer, à massacrer, à détruire le pays. Il est temps d’arrêter ce cycle apocalyptique.

A force de tirer sur la ficelle de la guerre, les seigneurs de guerre finissent par devenir victimes de la guerre. C’est le cas de Jonas Savimbi, Issa Capi alias « 50-50 », Abdoul Danda, Bachir et tant d’autres. Ils n’ont jamais eu à l’esprit qu’ils sont aussi mortels comme tout être humain. Personne au monde n’est le plus fort pour demeurer toujours le plus fort. Les Fascistes, les Nazis ont fini par plier l’échine quand le rouleau compresseur de la paix s’est mis en marche pour libérer le monde de la guerre. La rébellion de Hisein Habré a duré aussi longtemps que possible, avec des prises d’otages, puis la prise du pouvoir au Tchad, mais Hissein Habré a fini où il est aujourd’hui. Le monopole de la force l’a abandonné, il est seul devant la justice, hué par ses victimes, accablé de tous les maux. Son silence de marbre n’empêche pas la justice de le juger. Quand le pouvoir des armes vous quitte, il vous est difficile de porter même un slip. A force de tirer sur la ficelle, elle finit par se rompre. Le FPRC, le RPRC, l’UPC, le MPC, Anti-Balaka branche Mokom, doivent comprendre que toutes les rébellions terminent leur course dans le dialogue, boulevard de la paix et de la réconciliation nationale. Il faut savoir saisir la paix avant qu’il ne soit trop tard.

« La paix est un comportement », a dit le président Houphouët Boigny. Un comportement suppose le bon sens et la raison, le sens de la mesure. Mieux encore, la RCA est entrée dans une ère démocratique, reposant sur l’Etat de droit. De ce fait, la voix de la majorité l’emporte sur celle de la minorité et par conséquent, les hostilités perdent totalement leur substance dans la mesure où il n’y a plus d’objectif pour soutenir l’état de  belligérance permanente. Toutes les revendications de départ sont déjà prises en compte dans le plan général de développement du pays. Aucune région ne restera à latrine ou ne sera marginalisée. Des projets d’urgence auraient dû déjà être déployés dans le Nord si les armes s’étaient tues. La RCA est une et indivisible, par conséquent, son développement doit être aussi global. C’est une question de temps. Le ministère des Affaires Sociales est tout indiqué pour s’occuper des victimes handicapées des conflits armés. Le plus important est que le pays retrouve la paix et se mette sur les rails. A l’instar des pays voisins, la RCA doit retrouver ses marques, ses lettres de noblesse, sa réputation de « Suisse africaine », « havre de paix », « oasis ».

Il y a un délicat problème d’éducation de la masse populaire. Bien des pays ont dépassé le stade de voir le crâne des gens, le visage, la communauté religieuse. C’est un tel ou tel. La RCA arrive maintenant à ce stade, pour intérioriser les différentes cultures. C’est une phase transitoire. Certains centrafricains n’ont jamais accepté, qu’il y a des musulmans propres à la RCA. C’est durant cette crise que beaucoup ont compris que les régions du Nord sont à dominance musulmane, ainsi que les noms. Le peuple centrafricain doit être largement éduqué, largement sensibilisé sur cette diversité culturelle. Cette crise a pris de l’ampleur grâce à l’ignorance, à l’analphabétisme, au défit cruel d’éducation du peuple tout entier. La diversité culturelle ne pose aucun problème au niveau de ceux qui sont un peu plus instruits. Avec la paix, il y aura toujours la stigmatisation des uns et des autres, mais le plus important et le plus crucial est d’informer, éduquer et communiquer avec l’ensemble du peuple.                          

 

Julien BELA

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