QUAND LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE...

Jeudi 17.03.2017

Meck et touad

QUAND LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE GAGNE PLUS QUE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE : OH MON DIEU !

 

 Le président de l’Assemblée Nationale (PAN) qui se trouve être la 2ème personnalité du pays peut-il avoir un salaire mensuel supérieur à celui du Président de la République, première personnalité et garant de la Constitutions ? Est-ce faisable sous d’autres cieux ?

En RCA, c’est une réalité. Elle est palpable. Le PAN gagne sept millions quatre-vingt-onze mille francs (7.091.000F) CFA, alors que le président de la République, chef de l’Etat ne touche que deux millions quatre cent onze mille trois cent vingt-six francs (2.411.326F) CFA. Mais qu’est-ce qui explique cette grande différence, cet écart ? Difficile de le dire. Seuls les intéressés peuvent éclairer la lanterne des centrafricains.

La RCA, après cette crise militaro-politique, est tombée plus bas que terre. Le gouvernement centrafricain, à travers le ministère des Finances et du Budget, peine à recouvrer des recettes fiscales pour faire face aux dépenses régaliennes de l’Etat. Une bonne partie du pays échappe totalement au contrôle de l’Exécutif. Ce sont les combattants des groupes armés non conventionnels qui perçoivent les taxes et impôts en lieu et place des autorités financières légales. Le chômage, la misère ordurière, le sous-emploi, la pauvreté… gagnent tout le peuple centrafricain. Il ne broie que du noir. Le panier de la ménagère est presque vide. Trouver de quoi à mettre sous les dents est très difficile. La souffrance des Centrafricains est une goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Pire encore, le salaire des fonctionnaires et agents de l’Etat est resté stationnaire depuis plusieurs années. Aucun avancement. Certains fonctionnaires vont même à pied au travail, faute de moyens financiers. Les enseignants qui ont fait que ces gens-là,  deviennent ce qu’ils sont, sont réduits à la misère, à la pauvreté absolue alors qu’ils étaient bien rémunérés et faisaient bien leur travail. Ne pouvant joindre les deux (2) bouts aujourd’hui, ils sont obligés de rançonner les élèves et étudiants. Quant aux infirmiers et médecins qui soignent ces individus, n’en parlons pas. Ceux qui s’en sortent peut-être mieux, sont les fonctionnaires et agents de l’Etat relevant des régies financières.

Pendant que les autres se confrontent à de sérieuses difficultés financières, le PAN et les élus de la Nation se taillent la part du lion. Les membres du bureau de l’Assemblée Nationale (AN) sont mieux rémunérés que les ministres et même le Premier Ministre qui est la 3ème personnalité du pays. Le 1er Vice-président de l’AN touche 2.713.416 FCFA, le 2ème Vice-président 2.633.416 et le 3ème Vice-président 2.553.416 FCFA, tandis que le Premier Ministre, chef du gouvernement se contente d’un million cent quarante un mille six cent vingt-neuf francs (1.141.629F) CFA, net à payer. Les ministres ont le même salaire que le chef du gouvernement. Et si nos mémoires sont bonnes, les députés qui ne font pas partie du bureau gagnaient 1.450.000 FCFA. Aujourd’hui, il semblerait qu’ils touchent 2.000.000 FCFA.

Et pourtant, ce sont eux qui votent les lois de Finances. Chose bizarre, ils se font tailler la part du lion pendant que leurs électeurs souffrent. S’ils avaient revu à la baisse leur émolument, la différence de cette somme aurait permis à l’Etat centrafricain de créer des emplois pour embaucher les jeunes diplômés sans emploi qui ne savent plus à quel saint se vouer pour avoir un boulot. Et les députés centrafricains doivent comprendre que voter une Loi de Finances, n’est pas synonyme de se faire la part belle. C’est l’intérêt national qui prime et non l’intérêt égoïste, partisan, personnel. Qu’ils savent qu’ils sont élus par ceux qui sont relégués au second rang. En outre, ils représentent le peuple centrafricain à l’A.N. Ce sont eux qui doivent plaider le sort de leurs électeurs auprès de l’Exécutif. Mais tel ne semble pas être le cas. Connaissent-ils leurs rôles ?

Les sommes faramineuses que perçoivent les députés centrafricains, surtout le PAN, doivent être revues à la baisse lors de l’élaboration du projet de  Loi des Finances 2018 pour reduire cette inégalité. Car, vous conviendrez avec nous que, quand le feu président burkinabé, Thomas Sankara, paix à son âme, avait accédé au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat, il avait réduit le train de vie de certains fonctionnaires et agents de l’Etat, même celui des députés burkinabé. Cet argent avait servi à l’Etat d’investir dans d’autres secteurs, surtout l’agriculture, les petits commerces… Aujourd’hui, les Burkinabé ont atteint l’autosuffisance alimentaire. Pourquoi les autorités centrafricaines ne peuvent-elles pas adopter de telles mesures pour que le pays se développe ? Le peuple centrafricain est-il condamné à vivre en dessous du seuil animal pendant qu’un groupuscule d’individus se fait du beurre sur son dos ?

7.091.000 FCFA pour le Président de l’Assemblée Nationale contre 2.411.326 FCFA  pour le Président de la République, cela dépasse l’entendement humain. Ainsi va la RCA de feu président Barthelemy Boganda !

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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