PROROGATION DU MANDAT DE LA MINUSCA :

Jeudi 16.11.2017 : 09H34

PROROGATION DU MANDAT DE LA MINUSCA :

LE GOUVERNEMENT ET LES CASQUES BLEUS DOIVENT CHANGER DE FUSIL D’EPAULE CAR TROP DE MORTS

Minusca africa carCe mercredi 15 novembre 2017 au siège des Nations Unies à New York, les membres permanents du Conseil de Sécurité vont voter une résolution pour la prorogation du mandat de la Minusca. Déployée le 15 septembre 2014 en République centrafricaine, la Minusca a fait ce qu’elle peut faire. Malheureusement, les Centrafricains sont toujours restés sur leur soif. La paix et la sécurité tant attendues par ce peuple meurtrie tardent à venir. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les groupes armés règnent en maîtres absolus des lieux. Ils sèment la terreur et la désolation au sein des populations civiles. Les humanitaires ne sont pas épargnés, même certains soldats onusiens ont perdu leur vie lors des attaques de leurs bases par les groupes armés.

La prorogation du mandat de la Minusca n’est pas mauvaise en soi. Faut-il que les Casques Bleus de la Minusca montent en puissance pour protéger réellement les civils contre les exactions des seigneurs de guerre, des bandits de grand chemin qui  ne baissent pas toujours les bras. Cette fois-ci, le mandat de la Minusca doit être robuste. Les Casques Bleus doivent passer du maintien de la paix à l’imposition de la paix par tous les moyens possibles. Les exactions des groupes armés ont débordé le vase. Chaque jour, on enregistre des morts, des blessés, des incendies de maisons, des tortures, des disparitions forcées, des intimidations, bref des actes barbares. Dix (10) morts par-ci, vingt (20) par-là, c’est déjà trop. Il faut que tout cela cesse. Les Centrafricains ne sont pas des animaux (bœufs) qu’on peut égorger à longueur de journée. Ce sont des êtres humains. Ils ont besoin de vivre dignement comme d’autres individus sous des cieux.

Les combattants des groupes armés à l’exception du MLCJ n’ont de pitié pour personne. Ils n’ont ni âme ni conscience. L’être humain qui est pourtant sacré aux yeux de Dieu Tout-Puissant, n’est qu’un objet sans valeur, un ver de terre qu’on peut piétiner sans ressentir quelque chose. C’est vraiment indigne, inhumain, bestial.

Pour ce faire, la Minusca et le gouvernement doivent changer de fusil d’épaule tout en prenant leurs responsabilités. Nous ne voulons plus entendre parler des tueries, des massacres, des incendies de maisons après la prolongation de ce mandat. Gouvernement et Minusca doivent s’impliquer davantage dans la protection des civils et adopter des stratégies communes pour contrecarrer les actes barbares des groupes armés et étouffer dans l’œuf toutes les attaques contre les civils. « Aux grands maux, de grands remèdes ». Ce sont les vœux et les attentes du peuple centrafricain, puisque le dialogue prôné par le gouvernement et la Communauté internationale n’a donné aucun résultat probant. Ce dialogue est toujours foulé aux pieds par les groupes armés. C’en est déjà trop. Les Centrafricains n’aspirent qu’à la paix, rien que la paix. Mais les rebelles ne l’entendent pas de cette oreille. Le dialogue pour eux, c’est au bout des canons, des kalachnikovs, des lance-roquettes.

Dans ce cas de piètre figure, faut-il que le gouvernement et la Minusca croisent les bras tout en regardant ces hommes en armes agir comme bon leur semble ? Cette époque est révolue. Les Centrafricains lambdas veulent voir les autorités et les Casques Bleus à l’œuvre car le sang a trop coulé sous le pont. Le peuple centrafricain est fatigué. Les contingents marocain, bangladeshi, pakistanais, mauritanien qui sont le ventre mou de la Minusca doivent se réveiller et se mettre résolument au travail. Dans le cas contraire, ils ont intérêt à plier bagages que de peser lourdement dans le budget de la Minusca pour ne rien faire. Nous voulons avoir des contingents conscients, efficaces, neutres et impartiaux, pour qu’ensemble avec les Forces Armées Centrafricaines (FACA), ils puissent ramener la paix et la sécurité en République centrafricaine. Nous citons entre autres les contingents burundais, rwandais, la force spéciale portugaise qui font un travail remarquable sur le terrain. Quand ces contingents sont déployés dans une ville, les Centrafricains sautent de joie. Mais pour d’autres, c’est la désolation, pour la simple raison qu’ils sont de connivence avec certains groupes armés. Et en agissant ainsi, ils assistent sans réagir aux massacres des populations et n’interviennent qu’en sapeurs-pompiers. Cette attitude est connue de tous. Même un bébé encore dans le ventre de sa mère en sait quelque chose.

Antonio Guterres, le Secrétaire Général de l’ONU a séjourné pendant quatre (4) jours en RCA. Il s’est rendu à Bangassou et a touché du doigt les réalités. Il a certainement été au courant des comportements, des agissements, de l’inefficacité, de l’attentisme, de l’immobilisme et de la passivité de certains poulains de Parfait Onanga-Anyanga. C’est maintenant (15 novembre 2017) ou jamais le moment, pour la Communauté internationale, d’œuvrer sincèrement et avec rigueur afin de stabiliser le pays de feu président fondateur Barthélemy Boganda.

Gouvernement et Minusca doivent déployer des efforts surhumains pour la paix et la sécurité en Centrafrique. Car, un adage populaire dit qu’on reconnait un maçon au pied du mur. C’est le moment avec cette prorogation du mandat de la Minusca. Il est temps d’adopter un ton sévère à l’encontre des groupes armés réfractaires au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR)   qui continuent de prendre tout un peuple en otage pendant cinq (5) ans.

Aujourd’hui, les yeux des Centrafricains sont rivés sur le Conseil de Sécurité de l’ONU. L’avenir de la RCA et de tout son peuple se joue ce 15 novembre 2017 au siège des Nations Unies à New York. La prolongation du mandat de la Minusca doit être positive et non négative pour les Centrafricains. Une erreur du Conseil de Sécurité entraînera définitivement la RCA dans l’abîme.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire