PROCES BOKASSA, GAGE DE LA PAIX ET ...

Vendredi 28.07.2017 : 09H28

PROCES BOKASSA, GAGE DE LA PAIX ET DE LA SECURITE : BOZIZE  ET DJOTODIA NE PEUVENT FAIRE EXCEPTION

Bok 2Jean Bedel Bokassa, paix à son âme, a été à la tête de la République Centrafricaine de 1966 à 1979, d’abord comme chef de l’Etat après avoir renversé le président David Dacko. Il s’est fait couronner empereur en 1977. Accusé de plusieurs crimes commis sous son règne, il a été jugé à deux (02) reprises, notamment en 1980 et 1986 après sa chute.

Le premier procès (jugement par contumace) avait débuté le 19 décembre 1980 à Bangui dont huit (08) chefs d’accusations étaient retenus contre Jean Bedel Bokassa. Le second a eu lieu également dans la capitale centrafricaine le 26 Novembre 1986, après qu’il a décidé de revenir volontairement pour répondre de ses actes devant la justice de son propre pays. Son procès a favorisé le retour à la paix et la sécurité car la justice a dit le droit et rien que le droit à l’endroit des victime de l’ex empereur et ses acolytes qui ont rendu la vie pénible au peuple centrafricain. Autant dire que Bozizé et Djotodia, les deux (02) anciens chefs d’Etat centrafricain et deux (02) guerriers ne peuvent faire exception.

Jean-Bedel Bokassa était un véritable patriote qui aimait son peuple et sa nation. Il n’a pas cherché à rester en exil tout en reniant ses erreurs pour enfoncer davantage le clou à la population comme Bozizé et Djotodia sont entrain de faire. Il est vrai que les charges qui étaient retenues à l’endroit de papa Bok n’est pas comparable à la publication du Rapport de l’ONU sur les  exactions commises sur la population centrafricaine pendant la rébellion de Bozizé en 2002 et durant son règne au pouvoir (10 ans), ainsi que celles commises par Michel Djotodia depuis la date du 10 décembre 2012 jusqu’à sa démission le 10 janvier 2014 à Ndjamena au Tchad. Mais malgré cela, l’ex empereur Bokassa a pris la ferme décision de revenir volontairement pour être jugé par la justice de son propre pays. L’âme de papa Bok peut reposer en paix, car, après sa libération, il était rétabli dans tous ses droits.

Les pires ennemis de la République et du peuple centrafricain sont Bozizé et Djotodia qui ne veulent pas reconnaître leurs actes et revenir se faire juger par la justice de leur pays. Ce sont eux qui continuent d’enfoncer le clou à la population et aux victimes de la crise à travers la question de l’amnistie qu’ils souhaitent coûte que coûte obtenir. Ce n’est pas maman Cathy qui nous dira le contraire. Elle a balayé d’un revers de la main l’accord qui avait été signé entre Bozizé et Djotodia à Nairobi pour obtenir l’amnistie. Le reste se passe de tout commentaire car, le peuple centrafricain du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest a encore en mémoire les événements du 26 Septembre 2015 qui ont couté chèrement la vie à plusieurs compatriotes à Bangui.

Le plan de la « somalisation » du pays a été établi depuis Nairobi. C’est ce qui se concrétise aujourd’hui sur le terrain, notamment dans l’arrière-pays. Et pour preuve, Nourredine Adam, Abdoulaye Hissen, Mahamat Alkatim, du côté Séléka et les Anti-Baka de Maxime Mokom qui ne cessent de tuer, piller, violer, incendier et détruire à l’intérieur du pays, sont tous des partisans de Nairobi donc des adeptes de Michel Djotodia et François Bozizé. Ils sont fortement soutenus par le président Tchadien Idriss Deby Itno, alpha et oméga des rebellions en République Centrafricaine.

C’est Deby qui soutient mordicus l’idée de l’amnistie pour libérer ses « DOUNGOUROU » et effacer ses traces dans les graves exactions commises sur la population centrafricaine. C’est ce que le ministre Tchadien de la justice a fait, en rejetant le rapport de l’ONU qui a mis en cause l’armée Tchadienne dans les exactions commises en RCA  au moment de la crise.

La lutte contre l’impunité et la justice sont des aspirations nationales issues des Consultations Populaires à la Base dans l’ensemble du pays et le Forum National de Bangui en 2015. C’est le Forum de Bangui qui a accouché la Cour Pénale Spéciale (CPS) avec la participation de toutes les couches de la société, y compris les partisans de Djotodia et Bozizé. Aujourd’hui, la CPS est sur le point de devenir une réalité. Quelques magistrats ont déjà prêté serment. Qu’à cela ne tienne, l’Union Européenne vient de doter la justice centrafricaine d’un nouveau bâtiment du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Bangui dont un local servira de siège à la Cour Pénale Spéciale. C’est juste à ce moment là que Deby et ses acolytes mettent un coup d’accélérateur dans les exactions pour contraindre les autorités du pays, voire la Communauté internationale à obtenir l’amnistie. Hélas peine perdue car, les va-t-en- guerre crient à l’amnistie pendant que la CPS fait son petit bonhomme de chemin.

Jean-Bedel Bokassa, condamné et emprisonné n’était pas mort à la prison de Ngaragba. Il avait été amnistié en 1993 par l’ancien président André Kolingba. C’est un acte hautement patriotique que l’ex empereur Bokassa a posé. Cela prouve à suffisamment que « nul n’est au dessus de la loi ». Autant dire que Bozizé et Djotodia ne peuvent échapper à la justice, notamment la Cour Pénale Spéciale en vue. L’amnistie n’a guère favorisé la paix en RCA. Bien au contraire, elle ouvre la voie aux multiples rebellions dont la plus dévastatrice est celle enclenchée en décembre 2012 par l’ex coalition Séléka qui a ravagé et continue de ravager le pays.

 

Bénistant MBALLA

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