PRESENCE SIGNALEE DE MICHEL DJOTODIA A NDELE : POUR FAIRE ...

Mardi 29 Août 2017 : 09H41

PRESENCE SIGNALEE DE MICHEL DJOTODIA A NDELE : POUR FAIRE LA PAIX OU REPRENDRE LES HOSTILITES ?

« Je suis dans mon village natal à Ndele pour m’occuper de mes propres affaires et non pour la guerre. Ceux qui veulent m’arrêter n’ont qu’à venir me chercher ici. Je les attends », peut-on lire dans un article rendu public par Diaspora-Magazine dont le titre s’intitule : « Centrafrique : Michel Djotodia prépare un retour en force ».

Il est précisé dans cet article que, « selon une source proche des ex Séléka, c’est pour participer à un conclave des leaders des ex Séléka qui sera organisé le 26 Août et personnellement présidé par Michel Djotodia pour décider des conduites à tenir par rapport à leurs avantages minimisés dans le processus de DDRR enclenché par les nouvelles autorités du pays.. ». La réunion prévue ce samedi 26 Août a-t-elle eu lieu ? De quels avantages minimisés dans le processus DDRR parlerait-on ? Michel Djotodia serait-il revenu dans son pays pour faire la paix ou reprendre les hostilités ? C’est de cette manière que s’interroge le centrafricain lambda du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.

C’est dans la ville de Ndele que la rébellion de l’ex coalition Séléka dirigée par Michel Djotodia a vu le jour. Les ex Séléka avaient justifié leur mécontentement par la « marginalisation » de leur région. La Séléka avait réussi à conquérir le pouvoir de Bangui le 24 mars 2013. Michel Djotodia s’est autoproclamé président de la République, mais n’avait pas le pouvoir de contrôler tous ces éléments qui se sont répandus comme une traînée de poudre dans toutes les préfectures avec des massacres, des tueries, des incendies de villages entiers, bref, des exactions de tout bord. Dépassés par les pires atrocités, les chefs d’Etats de la CEEAC étaient obligés de contraindre Djotodia à la démission à Ndjamena au Tchad. C’est de là qu’il  a pris le chemin de l’exil au Benin.

Plusieurs chefs d’Etat centrafricains étaient partis en exil après des coups d’Etats ou rebellions pour revenir par la suite dans leur propre pays. C’est le cas de feu empereur Bokassa 1er et feu président Ange Félix Patassé. « La vie en exil est comme une prison », a affirmé le président Patassé de son retour en RCA après un long séjour au Togo. Autant dire qu’on est mieux et heureux chez soi qu’ailleurs. Bozizé et Djotodia ont tous perdu le pouvoir et avaient pris le chemin de l’exil. Et comme on a cette tendance de dire, « les conséquences corrigent mieux que les conseils », ils ont  récolté ce qu’ils ont eux-mêmes semé durant leur vie d’exil. D’où, des agitations depuis la période de la transition à ce jour pour revenir au bercail.

Personne ne s’oppose au retour de Djotodia et Bozizé dans leur pays. Ils peuvent jouer un rôle important pour le retour de la paix en République Centrafricaine. Le FPRC, le MPC, le RPRC et l’UPC du côté Séléka et les Anti-Balaka de Maxime Mokom sont tous des éléments de Djotodia et Bozizé qui continuent de prendre la population civile centrafricaine en otage à l’intérieur du pays à travers des tueries, des incendies et pillages. C’est à eux de revenir au bercail pour sensibiliser leurs éléments qui sont encore actifs sur le terrain à déposer définitivement les armes pour faire la paix.

Le peuple centrafricain en a marre de cette crise qui perdure et n’aspire qu’à la paix et rien que la paix. C’est la constitution de la République qui interdit l’entrée des groupes armés dans le gouvernement. Et le seul passage obligé à tous les ex-combattants est le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) dont les chantiers sont en exécution. De quels avantages minimisés dans le programme DDRR par les nouvelles autorités centrafricaines parle-t-on ? Tous les quatorze (14) groupes armés se sont déjà adhérés au processus du pré-DDRR en cours. Qu’à cela ne tienne, chaque groupe armé a au moins un de ses représentants au sein du Comité Consultatif et de Suivi (CCS). Tous les représentants de chaque groupe armés sont toujours présents à chaque réunion du CCS. Et c’est d’un commun accord que les décisions sont prises. Qu’a-t-il donc ?

Même le fait de faire la pression en poussant leurs éléments à multiplier les exactions pour obtenir l’amnistie n’est pas la bonne procédure pour résoudre définitivement la crise. Au contraire, cela ne fait qu’empirer la situation. Tous les représentants des groupes armés ont pris part au Forum National de Bangui. Ils ont eux-mêmes apposé leurs signatures au bas des textes, notamment des recommandations issues des pourparlers. La Cour Pénale Spéciale n’est que la concrétisation de l’une des recommandations du Forum de Bangui. Et alors ? Diantre !

 

Bénistant MBALLA

 

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 
×