POINTS DE VUE DE GUTERRES et TOUADERA

Jeudi 26.10.2017 : 09H21

GUTERRES DEMANDE L’AUGMENTATION DES CASQUES BLEUS, PENDANT QUE TOUADERA PROMET LE DEPLOIEMENT DES 02 BATAILLONS DES FACA FORMES PAR L’EUTM

Guterres et touaderaLe secrétaire général de l’organisation des Nations Unies, Antonio Guterres, au cours de son allocution tenue à l’hôtel  Leadger  Plazza ce mardi 24 octobre 2017 aux environs de 20 heures, n’était pas passé par quatre chemins pour dire, « cette visite est une visite pour avertir la communauté internationale et pour lui dire qu’il ya l’opportunité pour la paix en Centrafrique, il ya l’opportunité pour la réconciliation en Centrafrique. Mais il faut que la communauté internationale s’engage, il faut qu’elle  mobilise les ressources nécessaires  pour vous appuyer dans la reconstruction du pays,  dans la promotion de la paix et de la réconciliation…Nous nous adressons au conseil de sécurité en demandant l’augmentation de la force onusienne avec des capacités accrues  pour qu’elle puisse appuyer de façon très efficace vos démarches dans la recherche de la sécurité dans le pays. Et j’espère que la communauté internationale nous appuiera… »

Pour le chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra, « je profite de cette instance solennelle pour annoncer que dans les mois à venir, les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) ayant bénéficié de la formation de l’EUTM, les deux (02) bataillons seront projetés aux côtés des forces des Nations Unies sur le terrain en vue de renforcer la protection de la population… ».

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres et le président de la République centrafricaine, professeur Faustin Archange Touadéra ont fait ces déclarations devant les corps constitués de l’Etat, du corps diplomatique, des représentants des organisations internationales et nationales, des leaders de la Plate Forme des Confessions Religieuses de Centrafrique et de la société civile ,ainsi que des leaders politiques et personnalités politiques indépendantes réunis pour la circonstance.

 Selon le chef de l’Etat, neuf cent (900) Casques Bleus supplémentaires sont attendus en RCA pour renforcer le mandat de la Minusca pour mieux protéger la population. C’est une initiative à encourager car, le peuple centrafricain est fatigué de cette crise qui n’a fait que trop durer. C’est l’occasion à jamais de doter les soldats de la Minusca d’un véritable mandat « robuste » pour rétablir définitivement la sécurité et la paix dans l’ensemble du pays.

Antonio Guterres a lui-même reconnu les efforts que ne cessent de déployer les autorités centrafricaines pour restaurer la paix, la sécurité, le vivre ensemble et la réconciliation nationale dans le pays par la voie du dialogue. Mais les groupes armés ne l’entendent pas de cette oreille. Au jour le jour, ce sont les massacres, les tueries, les pillages, les viols, les incendies de villages entiers que nous enregistrons. La dernière main tendue des autorités du pays aux groupes armés est l’entrée au sein du gouvernement de certains éléments des factions rebelles de la Séléka et des Anti-Balaka. Malgré cela, les exactions se poursuivent sur les populations civiles centrafricaines à l’intérieur du pays.

Les attitudes des groupes armés, FPRC, UPC, MPC, 3R et les Anti-Balaka de Maxime Mokom font que la crise centrafricaine devient complexe et perdure à longueur de journée. Ils ont tous adhéré au programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) et ont également des représentants au sein du Comité Consultatif et de Suivi (CCS). Force est de constater malheureusement que ce sont leurs éléments qui continuent de prendre en otage la population civile dans l’arrière-pays. De Saint’ Egidio à Rome, en passant par Libreville, Brazzaville, Nairobi pour atterrir à Ndjamena, les accords pleuvent. Mais la situation sécuritaire du pays reste toujours catastrophique.

Le FPRC et l’UPC viennent de signer récemment un pacte de non agression. Nous pensons qu’à  travers ce pacte, la population civile peut circuler en toute quiétude et vaquer en toute liberté à ses occupations quotidiennes. Hélas, ce n’est pas le cas. Quelques jours après la signature de ce pacte de non agression, les violences ont repris de plus bel dans les régions du Mbomou, Haut-Mbomou et de la Haute-Kotto. Et le peuple centrafricain ne sait plus exactement ce que veulent le FPRC, l’UPC, les 3R et les Anti-Balaka de Mokom.

Antonio Guterres s’est rendu à Bangassou et a palpé du doigt la réalité de la souffrance de la population civile. De pauvres enfants qui ne peuvent plus aller à l’école pour être éduqués et subissent en même temps les actes barbares des groupes armés. Cela constitue la violation grave du droit international humanitaire. Qu’à cela ne tienne, des femmes et des vieillards sont exposés aux risques des épidémies et de la famine. La souffrance de la population civile a vraiment débordé le vase. Et les Nations Unies à travers la Minusca déployée dans le pays, doivent arrêter les massacres pour permettre aux centrafricains d’aspirer un nouvel aire.

Les deux (02) bataillons des Forces Armées centrafricaines formés par la mission européenne de training (EUTM) sont toujours là et attendent d’un pied ferme leur retour sur le terrain aux côtés des forces de la Minusca pour assurer la protection du peuple et de la nation. Il faut  que ces deux (02) bataillons  soient déployés au niveau des frontières pour empêcher l’incursion des groupes armés étrangers sur le territoire de la RCA et lutter contre les trafiquants d’armes et de munitions qui alimentent la crise dans le pays.

La procédure de la réhabilitation et du redéploiement de l’armée nationale est trop lente. Et il faut faire avec le peu que nous avons, en attendant la phase totale de la restructuration de toutes les forces de défense et de sécurité. Que l’effectif des Casques Bleus soit augmenté, que les deux (02) bataillons des FACA formés par l’EUTM soient projetés aux côtés des forces de la Minusca, l’essentiel est que la sécurité et la paix soient rétablies sur l’ensemble du pays pour  favoriser la libre circulation des personnes et des biens.

 

Bénistant MBALLA

 

 

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