PEUT-ON DOCUMENTER LES CRISES...

Vendredi 21.07.2017 : 09H48

PEUT-ON DOCUMENTER LES CRISES, SANS PRENDRE LES MESURES APPROPRIEES, A QUEL JEU JOUE LA MINUSCA ?

Ananga onyanga 1Les visites des hauts responsables de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) ne se comptent plus en République Centrafricaine. Des hautes personnalités des institutions bancaires internationales (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International) ont foulé aussi le sol centrafricain. De retour dans leurs différentes institutions bancaires, après avoir palpé du doigt les difficultés auxquelles fait face l’économie centrafricaine, ils ont mené des débats francs avec les partenaires financiers pour donner un coup de main, non seulement aux autorités centrafricaines, mais aussi à la population et notamment aux victimes de la crise qui souffrent atrocement sur les sites des déplacés. Aujourd'hui, les ministères des Finances et du Budget ainsi que du Plan et de la Coopération bougent sur toute la ligne. Les travaux de reconstruction des infrastructures routières, sanitaires, scolaires vont bon train à Bangui et dans certaines régions du pays. C’est un ouf de soulagement pour la population et particulièrement la jeunesse qui peut trouver un petit boulot à exercer pour éviter le chômage ordurier qu’elle traverse depuis plus de vingt (20) ans. Voilà ce que les Centrafricains attendent de multiples visites des hauts responsables des organisations internationales pour avoir un cœur net. Malheureusement, nous ne connaissons pas exactement ce que les responsables de l’ONU viennent chercher en République Centrafricaine. L’experte indépendante des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme, Marie Thérèse Keita Bocoum a effectué plusieurs visites en RCA où elle a touché du doigt la réalité des faits, notamment les plus graves violations des Droits de l’Homme. Après son retour, c’est toujours le statu quo.  Les groupes armés qui ne se sentent nullement inquiéter continuent de tuer, piller, incendier aux yeux de tout le monde, y compris les Nations-Unies. Il y a de cela quelques mois, les responsables onusiens ont rendu public le Rapport ‘’Mapping’’ sur les exactions commises en RCA durant la période de 2003 à 2015. Qu’à cela ne tienne, la mise en marche de la Cour Pénale Spéciale (CPS) par l’arrivée du procureur et la prestation du serment des juges de ladite cour, n’ont fait ni chaud ni froid aux groupes armés. Ils persistent et signent dans les exactions. Pourquoi documenter seulement les crimes, sans pour autant prendre des mesures pour protéger la population contre les exactions ? Selon Stephen O’Brien, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU et coordonateur des secours d’urgence, « je suis inquiet de l’escalade de violences que traverse le pays depuis le début de l’année 2017, avec des conséquences sur la vie de la population et l’action des humanitaires (…). L’échec des actions de relèvement du pays risquerait de sombrer la RCA dans un nouveau cycle de violence. Il y a une réelle crise de protection des acquis de relèvement du pays ». Qui devrait réellement protéger la population et les actions de relèvement du pays ? N’est-ce pas les Casques bleus de l’ONU, déployés en RCA avec pour principale mission, « la protection des civils et la pacification du pays » ? Faut-il attendre que le pire arrive avant d’agir ? Stephen O’Brien s’est lui-même rendu à l’intérieur du pays où il a palpé du doigt la souffrance de la population de Bangassou. D’après lui, « deux mille (2000) personnes sont déplacées à l’église catholique après les conflits à caractère religieux et mènent une vie difficile ». Pourquoi ne pas prendre de mesures sécuritaires contraignantes pour protéger cette population, que de déplorer seulement leurs conditions  de vie difficile ? Est- ce réellement pour la paix que les responsables de L’ONU défilent en République Centrafricaine ? La crise centrafricaine perdure et semble devenir un véritable fonds de commerce pour les uns et les autres. Les médiations, les accords de cessez le feu, les ateliers pleuvent à longueur de journée. Mais rien ne bouge sur le plan sécuritaire. Les groupes armés, après avoir fait tant de mal à la population, sont devenus leurs enfants chéris. Ils montent dans l’avion pour aller découvrir certains continents de la planète et s’enrichir sur le dos des plus pauvres victimes de la crise qui n’ont que les yeux pour pleurer. Qu’est ce que le peuple centrafricain peut espérer après la signature de l’accord politique de Sant’ Egidio, visant à rétablir la stabilité et la paix dans le pays ? Trop c’est trop, et c’est vraiment déjà trop. Nous attendons dorénavant des mesures fortes et non des discours flatteurs qui n’ont fait qu’enfoncer le clou à la population qui erre d’un endroit à un autre à la recherche de la paix et de la stabilité. Il faut maintenir agir. Pitié !  

Bénistant MBALLA 

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