PAUVRE PAPA BOK : LES FACA, FRUIT DE VOTRE GENIE...,

Lundi 10.04.2017 : 11H07

PAUVRE PAPA BOK : LES FACA, FRUIT DE VOTRE GENIE CREATEUR MILITAIRE, SONT EN LAMBEAUX, EN LOQUE, REDUITES A NEANT

Bok 1Faca 4François et Francis Bozizé ont brisé la colonne vertébrale de l’Armée Nationale. Les officiers et hommes de rang bien aguerris, les vrais professionnels, les militaires de carrière, ont été jetés sur la poubelle. Ils sont dans leurs familles. Malheureusement, les mesures d’accompagnement n’ont pas suivi. Aucune justification n’a été avancée, alors que, pour vider une armée de sa véritable substance, par la voie de la retraite anticipée, les mesures d’accompagnement sont automatiques. Et l’Union Européenne a financé ce programme en ce temps-là. Malheureusement, ces militaires sont entrain de broyer du noir. Et les responsables, les initiateurs de ce programme ne se sentent pas concernés. C’est alors que le Tsunami Séléka va souffler sur le pays.

La Garde Présidentielle, suréquipée que les FACA, n’a pas tenu le coup, malgré le soutien de l’Armée Sud-africaine, qui a combattu toute seule. En dehors de quelques éléments qui ont intégré la Garde Présidentielle, le gros de la troupe était mal formé ou pas du tout formé. Les FACA n’avaient qu’un seul ou deux chargeurs. Que pouvaient-elles face à la Séléka ? Et pourtant, le Chef de l’Etat, Chef Suprême des armées, est un général d’Armée. Le ministre de la Défense, est un Colonel. Comment pouvait-on en arriver là ? Peut-on admettre la débâcle de toute une armée nationale ? Une armée divisée, tribalisée à outrance valeureuse, n’en est pas une. Certains éléments de l’armée sont oubliés à Birao, égarés au sein de la Force Tripartite, totalement perdus de vue. D’autres ont été balancés au hasard à Obo dans le Haut-Mbomou. Leurs familles délaissées, abandonnées au gré des caprices de la nature. Leurs pauvres enfants, Dieu seul sait ce qu’ils sont devenus.

Le général malien, Amani Toumani Touré alias ATT, n’a pas manqué d’admiration pour les FACA, lors des mutineries à répétition sous le régime de feu président Patassé : « Je n’ai jamais vu une armée qui fait chanter les armes. Incroyable ! ». La descente aux enfers de l’Armée Nationale, a commencé depuis les mutineries, en 1996. Les Centrafricains ont vu apparaître parallèlement à l’Armée Nationale, des milices « Balawa », « Karako », « Saraouis », et le clivage ethnique plus prononcé. Les mutins étaient en majorité de l’ethnie Kolingba, opposés à celle de feu président Patassé. A l’intérieur de la ville de Bangui, un phénomène très important de relocalisation s’est opéré au sein de la population. C’est en fonction de la concentration ethnique qu’il faut se loger. Les Karako, Balawa, Saraouis filtraient les ethnies. C’est la gestapo pour tout dire en Centrafrique. C’est dans le feu de ces mutineries que l’affaire Bozizé, Chef d’Etat général de l’Armée sous Patassé, a éclaté, pour l’obliger à prendre le maquis avec ses proches. Bozizé devient rebelle et chef de guerre. Il finira par renverser son bienfaiteur et beau-frère Patassé. Au lieu de bâtir une vraie armée en sa qualité de général d’armée, il a joué avec le feu. Ce sont des malfrats qui le chassent du pouvoir avec toute sa Garde Présidentielle. Les FACA n’ayant pas les armes et munitions qu’il faut pour résister, ont jeté l’éponge, offrant aux Séléka un boulevard des stars de la guerre. Incroyable, mais pourtant   vrai, dans l’histoire des pays de la planète. Bozizé misait sur l’Afrique du Sud et l’Angola pour le sauver du naufrage, mais hélas, peine perdue. A l’exception du petit détachement sud-africain, rien d’autre. Et les Séléka, passant par Boali, arrivent à la Cathédrale de Bangui. C’est une page politique qui tourne. Les colonnes de véhicules s’enfoncent dans la Lobaye, en direction de Bétou.

 Les Centrafricains doivent boire la coupe du sang dans la pire des horreurs. Ni président, ni ministre de la Défense, ni armée, le peuple centrafricain est totalement sacrifié. « Un poulet est plus important qu’un être humain », disent les Séléka. C’est l’ère de la comptabilité macabre au jour le jour. Ils ont sauvé leur peau au détriment du peuple centrafricain. Les affres de la crise se poursuivent jusqu’à ce jour. L’insolite, c’est l’Accord de Nairobi entre Bozizé et Djotodia qui demeure en vigueur jusqu’à ce jour. Le combat des Anti-Balaka qu’a permis de réduire la férocité de la coalition Séléka, est détourné à d’autres fins. Les vrais Anti-Balaka ont eu de la peine à croire un « Accord » entre Anti-Balaka et la coalition Séléka. Le mouvement Anti-Balaka récupéré et politisé, a provoqué la scission. Il ne reste sur le théâtre des opérations que ceux qui sont devenus la branche armée du parti travailliste KNK.

Cette branche et le KNK ont soutenu Anicet-George Dologué (AGD) durant les élections. Cette proximité donnait la latitude à AGD de peser dans la balance, pour que les Anti-Balaka pro-Bozizé déposent les armes et intègrent le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Au moins sous cet angle, le dialogue était plus facile pour ramener nos frères Anti-Balaka proches de Bozizé à la raison. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Joseph Zoundéko a porté de graves accusations contre le président de l’Assemblée Nationale. Cela méritait une commission d’Enquêtes Parlementaires. Tout cela cumulé, ne donne pas une bonne image de l’Assemblée Nationale. Les députés sont les représentants de la Nation. En France, les révélations du « Canard Enchaîné » ont permis de mettre en examen deux (2) candidats en pleine campagne pour la présidentielle. Le contexte électoral n’a pas empêché la justice de faire son travail. Comment la Communauté internationale va percevoir une telle crise véritablement stérile ?

Restaurons la paix d’abord et les petits calculs politiques politiciens viendront par la suite, de grâce. Le spectacle n’honore personne, mais infantilise les acteurs politiques du pays. La patrie d’abord, les Centrafricains avant tout.              (Suite au prochain numéro)

Julien BELA

    

 

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