PARCOURS DES 09 PERSONNALITES FEMININES CENTRA...

Vendredi 16 mars 2018: 09H00

PARCOURS DES 09 PERSONNALITES FEMININES CENTRAFRICAINES QUI ONT MARQUE L’HISTOIRE DE NOTRE PAYS

« Depuis 1975, plusieurs femmes sont engagées dans la vie politique centrafricaine. Parmi elles, nous citons, Elisabeth Domitien qui a occupé le poste du Premier ministre sous le régime du maréchal Jean-Bedel Bokassa. Il est à noter qu’elle est la première femme en Afrique à occuper cette fonction. Anne-Marie Goumba, quant à elle, a été député de la nation en 2005, puis membre du Parlement panafricain comme représentante de son pays, le Centrafrique, membre de l’Union Africaine. Jean-Marie Ruth Rolland décédée le 04 juin 1995, est la première femme africaine candidate à une élection présidentielle. Notre attention s’est aussi portée sur Catherine Samba-Panza qui est la deuxième femme à avoir occupé le poste de chef d’Etat en Afrique francophone.

Voici quelques femmes politiques centrafricaines qui ont marqué l’histoire de notre pays ».

 

Benjamin-Hervé LANGOSSENGUE

1°) Élisabeth Domitien

Elisabeth domitienElisabeth Domitien, née en 1925 et morte en 2005 à Bimbo, est une femme politique centrafricaine, Première ministre de 1975 à 1976.

Jeunesse : Elisabeth Domitien commence sa carrière politique dans le Mouvement pour l’évolution sociale de l’Afrique noire (MESAN), le seul parti politique légal de l’époque, dont elle devient vice-présidente en 1972.

Carrière politique : Le 02 janvier 1975, le maréchal Jean-Bedel Bokassa forme un nouveau gouvernement et crée le poste de Premier ministre. Il y nomme Elisabeth Domitien. Elle est la première femme à occuper cette fonction en Afrique.

Ses relations avec Bokassa se dégradent après qu’il a commencé à évoquer la possibilité de changer les institutions en monarchie et de devenir lui-même empereur. Elisabeth Domitien rejetant ouvertement ce projet, elle est promptement écartée et son cabinet doit démissionner le 07 avril 1976.

Avec ce rejet de la monarchie de Bokassa en septembre 1979, Élisabeth Domitien est arrêtée et subit un procès avec des charges d'extorsion commises par Bokassa durant son investiture de Premier ministre.

Elle connaît une période de prison, après cela elle est interdite de politique, bien qu'elle soit devenue une figure prééminente du pays, et un acteur majeur à la fois en tant qu'ancienne politicienne, mais aussi en tant que femme d'affaires.

Elle s'éteint le 26 avril 2005.

 

2°) Anne-Marie Goumba

Anne-Marie Goumba, née le 9 octobre 1954 au Rwanda, est une femme politique centrafricaine, députée de l'Assemblée nationale de la République centrafricaine.

Biographie : Anne-Marie Goumba est née au Rwanda. Elle rencontre à Kigali, Abel Goumba, représentant du Centrafrique pour l'Organisation mondiale de la santé avec lequel elle se mariera. Elle suit ensuite son mari pour le Centrafrique, où il deviendra bientôt Premier ministre. Elle se présente comme candidate pour l'élection législative qui se déroule en même temps de l'élection présidentielle lors des élections générales centrafricaines de 2005. Elle est élue députée dans le 5e district de Bangui, sous l'étiquette du Front patriotique pour le progrès, parti politique membre de l'Internationale socialiste. Elle siège à l'Assemblée nationale. Elle devient membre du Parlement panafricain comme représente de son pays, le Centrafrique, pays membre de l'Union africaine.

 

3°) Jeanne-Marie Ruth-Rolland

Jeanne-Marie Ruth-Rolland, née Rolland le 17 juin 1937 et morte le 4 juin 1995 à Paris, est une femme politique, ministre, enseignante et travailleuse sociale. Elle est considérée comme la première femme candidate à une élection présidentielle africaine.

Biographie : Jeanne-Marie Ruth-Rolland était la fille d'un père français et d'une mère africaine. Elle a épousé un marchand d'armes français installé à Bangui avec qui elle a eu cinq enfants. Elle a commencé sa carrière, en 1956, en tant que superviseur pour le système d'éducation du territoire français de l'Oubangui-Chari puis a continué à assumer cette fonction d'encadrement du système de l'éducation nationale après l'indépendance et la proclamation de la République centrafricaine en 1960. Elle assuma cette charge jusqu'en 1964. Ensuite, elle a travaillé comme assistante sociale et vint en aide aux enfants de la rue. Elle fut nommée à la tête des services sociaux de l'armée dans les Forces armées centrafricaines où elle acquit le grade de chef de bataillon.

En 1979, Jeanne-Marie Ruth-Rolland est devenu un conseiller du gouvernement et plus tard a été nommé ministre de la promotion de la condition de la femme. Elle a fondé et conduit le Parti républicain centrafricain.

Pendant ce temps, elle a continué à s'occuper des enfants de la rue et a été surnommée "tante Ruth", un nom qui a continué à être utilisé tout au long de sa vie. Jeanne-Marie Ruth-Rolland a été désignée présidente de la Croix-Rouge centrafricaine.

En 1981, André Kolingba est devenu président de la République centrafricaine, et en octobre 1983, Kolingba a ordonné l'arrestation de Ruth-Rolland pour sa dénonciation de détournement de fonds publics par le ministre des Affaires sociales Gaston Gambor et Ministre de l'Eau et des Forêts Sébastien Guipi. Amnesty International dénonça cette détention et demanda en vain sa libération. En août 1987 Ruth-Rolland a été condamnée à l'emprisonnement pour trois ans par un tribunal spécial pour les questions politiques pour sa critique envers le gouvernement corrompu de Kolingba. Bien que libérée en septembre 1989, elle a été de nouveau arrêtée en décembre de cette même année pour avoir refusé de se plier à l'entourage présidentiel. Elle a ensuite été détenu au camp paramilitaire de la sécurité nationale jusqu'à avril 1991.

L'année suivante, en 1992, Ruth-Rolland était candidate aux premières élections multipartis et a été élue députée pour le siège de Bakouma. Comme son propre parti politique n'avait pas été légalisé lors de l'élection, elle a couru en tant que leader du parti du Forum Civique. L'élection, cependant, a été annulée par la Cour suprême de la République centrafricaine et reportée à l'année suivante en 1993. Ruth-Rolland a pu participer sous l'étiquette de son propre Parti républicain centrafricain. Elle a été réélue députée en dépit des tentatives d'annulation du scrutin par le Président Kolingba. Par la suite, elle a été nommée ministre des Affaires sociales, de la Condition féminine et de la Solidarité nationale.

Jeanne-Marie Ruth-Rolland quitta son poste ministériel le 22 août 1993, afin de se présenter comme candidate à l'élection générale en République centrafricaine. Elle fut, la première femme en Afrique à se porter candidate à une élection présidentielle. Ruth-Rolland n'obtint que 1 % des voix. Après l'élection présidentielle, elle a repris son poste de député de Bakouma et a participé au consortium de prospection de l'or dans les régions orientales du pays.

Au cours de l'année 1994, son état de santé se dégrada. Ruth-Rolland tomba malade et fut hospitalisée à Paris, où elle mourut, à l'âge de 58 ans, le 4 juin 1995. La cause de sa mort n'a pas été donnée. Un mémorial a été érigé à Bakouma en son honneur.

 

4°) Cécile Guéret

Cécile Guéret-Séreguet, née en 1954, est une syndicaliste et femme politique centrafricaine, maire de Bangui pendant la période 2000-2003.

Militante syndicale et féministe : Membre du bureau national de l'Union syndicale des travailleurs de Centrafrique (USTC), elle est arrêtée le 9 juillet 1991 pour ses activités syndicales sous le régime de Président André Kolingba1. Activiste pendant 23 ans, elle accède à la présidence du conseil d’administration de l’Union générale des Travailleurs de Centrafrique (UGTC), en 2000. Féministe elle préside en 2015, l’Organisation des Femmes de Centrafrique (OFCA)2,

Maire de Bangui : Elle est désignée Maire de Bangui par le Président Ange-Félix Patassé en février 2000, elle est alors une des rares femmes à accéder à ce niveau de responsabilité3. Dirigeante combative, elle demeure à la tête de Ville de Bangui pendant plus de 3 ans.

 

5°) Marie-Noëlle Koyara

 

Marie-Noëlle Koyara est une femme politique centrafricaine. Elle a occupé plusieurs fonctions ministérielles jusqu'en 2016.

Formation : Elle est ingénieur agronome diplômée de l’Institut universitaire de technologie agronomique et forestière de Mbaïki.

Carrière internationale : À partir de septembre 1996, elle est représentante de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, tout d'abord au Cap-Vert, jusqu’en février 2001, puis au Burkina Faso, et après juillet 2007 en Côte d’Ivoire. Cette mission se termine en avril 2013 avec la reconnaissance des ivoiriens

Carrière politique : De 1993 à 1996, Marie-Noëlle Koyara a été ministre de l'Agriculture et de la Promotion rurale puis ministre de la Promotion de la femme, chargée des actions sociales2.

En juin 2013, elle est ministre chargée du Développement rural, dans le gouvernement Tiangaye 3, puis ministre d'État chargée du Développement rural dans le gouvernement d'André Nzapayeké3. Elle est ministre de la Défense dans les gouvernements Kamoun 2 et 3 entre janvier et octobre 2015 puis ministre d'État, chargée du Développement durable, de cette dernière date à 2016 dans le gouvernement Kamoun 4.

 

6°) Antoinette Montaigne

 

Antoinette Montaigne, née le 18 janvier 1965 à Bangassou, est une femme politique franco-centrafricaine.

Biographie : En mars 2008, elle figure en 10e position sur la liste d'Hugues Rondeau, maire CNIP sortant de Bussy-Saint-Georges ; et à la suite de la victoire de ce dernier, elle devient conseillère municipale déléguée à la Médiation juridique et sociale et à la Coopération décentralisée. Le 27 janvier 2014, elle est nommée ministre de la Communication et de la Réconciliation nationale dans le gouvernement centrafricain de transition du Premier ministre André Nzapayeké. Le 22 août 2014, elle quitte ses fonctions de ministre, pour devenir porte-parole de la Présidence centrafricaine. Contesté dans son action gouvernementale et soupçonnée de corruption, elle est limogée par décret le 5 juin 2015

 

7°) Catherine Samba-Panza

 

Catherine Samba-Panza, née le 26 juin 1954 à Fort-Lamy (aujourd'hui N'Djamena) au Tchad, est une femme d'État centrafricaine, chef de l'État de transition de la République centrafricaine du 23 janvier 2014 au 30 mars 2016.

Biographie : Jeunesse entre trois pays : Née au Tchad, d'un père camerounais et d'une mère centrafricaine, Catherine Samba-Panza grandit à Bangui où son oncle maternel, un diplomate, est son tuteur. De confession chrétienne, elle parle français et arabe. Elle entame des études de droit en France.

Diplômes et retour en Centrafrique : Elle obtient divers diplômes : une licence en sciences de l’information et de la communication, ainsi qu'un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en droit des assurances obtenus à l’université Panthéon-Assas (Paris II). Dans les années 1990, elle revient à Bangui pour intégrer la filiale en Centrafrique du groupe Allianz. Avant d'entamer sa carrière politique, elle a fondé et dirigé une société de courtage en assurance.

Une militante des droits des femmes : Elle milite au sein de l'association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC), association spécialisée dans la lutte contre les mutilations génitales et toutes les autres formes de violence que subissent les femmes centrafricaines. Elle est également formatrice en droits humains au sein du programme Afrique d'Amnesty International, ce qui l'amène à rencontrer de nombreuses organisations non gouvernementales dans la région des Grands Lacs.

En 2003, peu après le coup d'État de François Bozizé, Catherine Samba-Panza co-préside le dialogue national puis est élue présidente du comité chargé de suivre et d'évaluer régulièrement les recommandations issues de ce dialogue.

Maire de Bangui : Deux mois après que la Séléka a renversé le régime du président François Bozizé, en mai 2013, elle est nommée maire de Bangui par le nouveau régime5. Elle n'est affiliée à aucun grand parti politique.

Chef de l'État de transition :  En pleine crise en Centrafrique, le président Michel Djotodia est poussé à la démission le 10 janvier 2014. Un nouveau chef d'État de transition doit être alors élu par le Conseil national de transition, le Parlement provisoire centrafricain, avant la tenue d'élections nationales envisagées en 2015.

Catherine Samba-Panza fait partie des huit candidats retenus par le CNT parmi vingt-quatre déclarés et est l'une des favoris. Poussée par les associations féministes, non marquée politiquement par un camp, elle a le soutien de nombreux diplomates étrangers. Frôlant l’élection dès le premier tour avec 64 voix, soit une de moins pour obtenir la majorité absolue, elle l'emporte au second tour sur Désiré Kolingba, le fils de l'ancien président André Kolingba7. Elle obtient 75 voix contre 53.

Aussitôt après son élection, elle appelle les miliciens de l'ex-Seleka et anti-balaka à déposer les armes. Elle prête serment le 23 janvier 2014 et devient la première femme centrafricaine à accéder au rang de chef de l'État ; elle est également la deuxième femme chef de l'État en Afrique francophone après Rose Rogombé, présidente par intérim de la République gabonaise de juin à octobre 2009.

Vie privée : Elle est mariée à Cyriaque Samba-Panza, un homme politique centrafricain. Ce dernier a été plusieurs fois ministre, notamment sous les présidences d'André Kolingba et de François Bozizé. Ils n'ont pas d’enfants ensemble, mais Catherine Samba-Panza a eu trois enfants de son premier mariage.

(Suite au prochain numéro)

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Date de dernière mise à jour : Mer 21 mars 2018