ONANGA-ANYANGA EST A BOUT DE SOUFFLE :

Jeudi 08 Déc. 2017 : 09H00

ONANGA-ANYANGA EST A BOUT DE SOUFFLE : POPULATION CIVILE, CASQUES BLEUS ET HUMANITAIRES SONT ATTAQUES, PILLES ET TUES PAR LES REBELLES

Onanga 3Quelques semaines après l’adoption du nouveau mandat de la Minusca par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, le constat est alarmant sur le terrain. De Bria à Bangassou, en passant par Batangafo, Bouca, Gambo…, les populations civiles, les Casques Bleus de la Minusca,  ainsi que le personnel des ONG humanitaires nationales et internationales sont attaqués, pillés et tués par les groupes armés. Parfait Onanga-Anyanga, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en République Centrafricaine est à bout de souffle et ne peut rien faire pour stabiliser le pays.

La résolution 2387, adoptée le 15 novembre dernier par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, dotant la Minusca d’un nouveau mandat, manque cruellement de bonnes stratégies pour renforcer les dispositifs sécuritaires sur le terrain et empêcher les attaques des groupes armés. Le déploiement de 900 casques bleus supplémentaires pour renforcer le mandat de la Minusca ne peut en aucun  cas arrêter les exactions et crimes commis par des milices armées sur les populations civiles, les Casques Bleus et les humanitaires.

Récemment dans les régions de la Haute-Kotto et du Mbomou, deux soldats de la mission onusienne (un  Egyptien et un Mauritanien) avaient été tués par des groupes armés. Ce qui porte à 14 le nombre des Casques Bleus de l’ONU qui ont perdu leur vie au cours de cette année 2017. Et à l’allure où vont actuellement les choses, le bilan risquerait de s’alourdir si des mesures adéquates ne sont pas prises pour réduire la présence et la menace des groupes armés qui pullulent sur l’ensemble du territoire de la RCA.

La situation humanitaire devient de plus en plus inquiétante et  catastrophique dans les zones sous contrôle des groupes armés. Le personnel humanitaire qui tente d’apporter des soutiens à la population civile en détresse est pris pour cible par les rebelles. Malgré la présence des Casques Bleus de la Minusca déployés dans les régions du pays, les attaques des groupes armés se multiplient contre les ONG humanitaires. Des hommes armés font des incursions dans les sièges des humanitaires, pillent les stocks, volent de l’argent et autres matériels qui servent à soulager la souffrance des populations déplacées.

Du côté de la population civile, la situation est grave. Il ne se passe pas un seul jour sans que des personnes civiles innocentes tombent sous les balles des rebelles sans âme ni conscience. Les non musulmans sont confondus aux milices Anti-Balaka ou Autodéfenses. Il en  est de même des compatriotes musulmans assimilés aux combattants Séléka (FPRC, MPC, UPC, 3R...). La confusion est si généralisée au sein des groupes armés, à telle enseigne qu’ils s’attaquent à tout le monde sans faire de distinction.

C’est depuis le 15 septembre 2014 que la Minusca est déployée en Centrafrique pour protéger la population civile, désarmer les groupes armés et stabiliser le pays. Mais la population continue d’être massacrée, violée, braquée et pillée par des hommes armés sous le regard impuissant des soldats de l’ONU. C’est l’une des principales raisons qui pousse les Centrafricains à manifester farouchement contre la mission onusienne qui selon eux, ne fait pas son travail comme il se doit pour ramener la paix et la sécurité dans le pays.

Au regard de la détérioration de la situation sécuritaire en RCA, trois solutions sont possibles pour mettre un terme aux violences des groupes armés afin de favoriser la libre circulation de la population, des casques bleus et des humanitaires. Premièrement, les Nations Unies doivent cesser de caresser les rebelles dans le sens du poil. Tous les groupes armés qui  boycottent le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) doivent être désarmés de force. Deuxièmement, les chefs rebelles considérés comme des mercenaires étrangers doivent être rapatriés dans leurs pays d’origine et mis en détention provisoire en attendant le procès de la Cour Pénale Spéciale. Enfin, les deux bataillons des FACA formées doivent être déployés aux côtés des soldats de l’ONU pour renforcer le dispositif sécuritaire sur le terrain.

Onanga-Anyanga doit cesser de jouer avec la vie de tout un peuple qui n’aspire qu’à la paix pour vaquer librement à ses occupations quotidiennes. Le degré des exactions a atteint désormais son paroxysme en RCA. Populations civiles, Casques Bleus et humanitaires constituent dorénavant la cible principale des groupes armés. Il faut changer de fusil d’épaule pour arrêter les crimes et les massacres qui se commettent dans l’ensemble du pays. Dans le cas contraire, c’est le staff de la Minusca qui doit partir.

A bon entendeur salut !

Bénistant MBALLA

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